Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/4] – L’essor économique des énergies renouvelables

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/4] – L’essor économique des énergies renouvelables

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/4] – L’essor économique des énergies renouvelables

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de quatre parties, nous verrons de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce dernier volet nous verrons à quel point les énergies renouvelables peuvent avoir aussi un impact économique et social.

 

L’industrie des renouvelables, un secteur industriel à fort capital humain non délocalisable

Le développement des moyens de production d’énergie renouvelable permet la création de nouveaux emplois. Ceux-ci peuvent être directement ou indirectement liés à la filière. Les emplois directs sont ceux liés par exemple à la construction des centrales et à leur maintenance. Les emplois indirects sont ceux créés par les entreprises qui fournissent les matières nécessaires pour la réalisation des activités directes.

Les énergies renouvelables ont employé 11 millions de personnes dans le monde en 2018, selon les chiffres communiqués par l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), basée à Dubaï. Ce chiffre est une augmentation de 6,7% par rapport à 2017.

 

Les emplois par technologie d’EnR

les emplois créés par les EnR, un poids économique

Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019 [1].

 

Les emplois générés par les EnR par pays

les emplois liés aux EnR par pays, vecteur de croissance économique ?

Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019 [2].

Toujours selon ce rapport, plus de 46% des emplois créés par l’industrie du renouvelable en 2018 ont été créés en Asie. La Chine est le pays à avoir employé le plus de personnes dans ce secteur en 2018, avec 4,07 millions de personnes, suivi ensuite par le Brésil, les États-Unis, et l’Inde. Cette position de la Chine s’explique essentiellement par, les investissements massifs de 126,6 milliards de dollars dans le secteur du renouvelable, soit 3 fois qu’aux USA en 2017 [3]. Et aussi par le développement important d’industries de fabrication des modules photovoltaïques. D’ailleurs, 9 industries chinoises figurent parmi le top dix des industries de fabrication de modules Photovoltaïques dans le monde [4]. Quant à la France, les énergies renouvelables ont généré 107 100 emplois en 2018. Ces emplois sont dominés par la biomasse solide et les biocarburants. Ils ont employé plus de 60 000 personnes.

Le secteur du renouvelable présente une opportunité de création d’emploi et, par extension, un argument économique. Selon les projections de l’IRENA, la décarbonisation de l’énergie dans le monde créerait 24,4 millions d’emplois d’ici 2030 dans le monde [5].

Le rapport de Greenpeace sur l’emploi en cas d’une transition énergétique

Dans son rapport sur la transition vers une énergie 100% dans le monde d’ici 2050, Greenpeace montre que les énergies renouvelables créeront plus d’emploi que les énergies fossiles. Selon ses scénarios, l’ONG estime que la part du renouvelable dans le mix mondial passera progressivement de 42% à 100% entre 2030 et 2050. Il souligne que seules les activités de productions d’acier et de la pétrochimie auront recours au pétrole en 2050.

Cette transition énergétique n’est pas sans conséquence sur l’emploi dans le secteur de l’énergie. L’étude de l’ONG montre que la croissance du marché de travail sera très dépendante des emplois créés par l’énergie renouvelable. Ainsi, à l’horizon 2030, plus de 87% des emplois mondiaux dans le secteur de l’énergie proviendront de l’énergie verte.

  • Le nombre d’emplois dans le secteur de l’énergie va croître et comptera plus de 48 millions d’employés dans le monde.
  • En 2030, les filières biomasse et PV seront les filières qui créeront plus d’emplois. Elles compteront respectivement 11,54 millions et de 10,32 millions d’emplois.
  • Entre 2015 et 2030, le nombre d’employés créés par la filière PV se verra multiplié par 10 et seront 10 fois plus que ceux générés par le charbon en 2030.
  • Les emplois dans la filière éolienne se verront multiplier par 11 entre 2015 et 2030. Ce nombre passera de 700 000 à 8,18 millions et sera 4 plus que le nombre d’emplois créé par la filière charbon.
  • En 2030, la filière biomasse créera deux fois plus d’emploi que la filière Gaz et pétrole réunie.

 

Totalité des employés du secteur de l’énergie dans le monde

  Selon politique de l’AIE (en millions d’emplois) Prévision de Greenpeace (en millions d’emplois)
  2015 2020 2025 2030
  Par source
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Renouvelables 14,62 26,91 38,68 41,56
Total des emplois (En millions) 28,69 36,23 46,66 48,02
  Par secteur
Construction et installation 4,86 8,32 14,59 15,56
Fabrication 2,38 5,49 8,87 9,58
Opération et maintenance 3,23 4,82 6,96 9
Alimentation et carburant 17,76 17,27 15,97 13,67
Export gaz et charbon 0,47 0,34 0,26 0,2
Total des emplois (En millions) 28,7 36,24 46,65 48,01
  Par technologies
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Biomasse 10,97 12,07 12,55 11,54
Hydraulique 1,45 1,01 0,83 0,71
E. Éolienne 0,7 4,22 6,91 8,18
PV 1,01 6,69 11,04 10,32
E. Géothermique 0,03 0,18 0,3 0,39
E. Solaire thermique 0,03 0,45 1,66 2,66
Océan 0 0,23 0,45 0,65
Solaire chauffage 0,36 1,59 3,94 5,64
E. Géothermique & Pompes et Thermique 0,07 0,48 0,99 1,46
Total emplois 28,69 36,24 46,65 48,01

Source: Synthèse du rapport 2015 de Greenpeace

Ratio production et nombre d’emplois créés par filière en France

Le tableau ci-dessous donne le rapport entre la production et les emplois créés en 2017 par filière de production d’électricité en France. Les emplois comptabilisés dans le calcul sont ceux directement liés aux différentes filières.

Rapport production d’électricité et création d’emplois en France en 2018

  Production d’électricité (en GWh) Emplois directs en France
Total Renouvelable (inclus énergies marines et géothermie) 111 140 48 610 2,29
Hydraulique 64 220 11 590 5,54
Eolien 27 869 18 200 1,53
Solaire 10 708 7 050 1,52
Bioénergie 7 865 9 681 0,81
Nucléaire 393 200 220 000 1,79

Source: RTE et observ’ER, baromètre des énergies renouvelables 2018 [6]  

Plusieurs observations ressortent de ces chiffres. Tout d’abord, les énergies renouvelables regroupées emploient plus que la filière nucléaire. Par exemple, pour une production de 100 GWh d’électricité, la filière nucléaire emploie (emplois direct et indirect) 172 personnes alors que pour la même quantité d’électricité produite, les filières renouvelables emploient (emplois direct et indirect) 195 personnes. Cependant en faisant une analyse par filière, l’hydraulique emploie plus que toutes les autres filières. Ainsi, pour une production de 100 GWh, la filière hydraulique emploie 419 personnes tandis que la filière du nucléaire en emploie 172 personnes. La filière de l’hydraulique emploie donc 2 fois plus que la filière nucléaire pour une production d’électricité de 100 GWh. Un argument social et économique non négligeable en faveur des EnR.

 

Conclusion

Ainsi, l’électricité verte apparaît clairement comme un produit moins risqué pour l’homme que le nucléaire ou les centrales à charbon. De plus, l’intérêt des énergies vertes est de générer de l’emploi et de favoriser l’activité économique. La transformation énergétique mondiale est en marche et les emplois liés soutiennent la durabilité socio-économique, ce qui constitue une raison de plus pour que les pays s’engagent en faveur des énergies renouvelables.

 

Sources :
[1] IRENA ; “Renewable Energy and Jobs Annual Review 2019”
[2] IRENA ; “Renewable Energy and Jobs Annual Review 2019”
[3] IRENA ; “Finance & Investment”
[4] TECSOL ; “9 industriels chinois dans le top 10 des fabricants de modules photovoltaïques”
[5] IRENA ; “REmap: Roadmap for A Renewable Energy Future (2016 edition)”
[6] Observ’er ; “Le Baromètre des énergies renouvelables électriques en France”

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Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme. Dans ce dossier composé de quatre parties, nous verrons plus précisément les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce troisième volet il est question des risques pour les populations humaines qui sont inhérents à l’extraction des matières nécessaires à la production d’électricité ainsi que de l’exploitation des centrales. 

Bilan humain lié aux principales sources d’énergie dans le monde

Dans son rapport sur les risques d’accidents des filières énergétiques de 1969 à 2000, l’OCDE fait une étude comparative du nombre d’accidents et de décès causés par les différentes sources d’énergie. Celui-ci se base sur les données de l’Institut Paul Schaerrer (IPS). Cette étude recense le nombre d’accidents et de décès immédiats par source d’énergie.

Ces chiffres ne tiennent compte que des décès causés par l’accident et non ceux causés chroniquement. Par exemple, l’étude ne donne que des statistiques liées à l’accident de Tchernobyl et ne comptabilise pas, notamment, les décès par irradiation.

Bilan humain : nombre d’accidents et de décès de 1969 à 2000

Recensement des accidents grave survenus selon les différentes sources d'énergies

Source : Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques, OCDE

Il apparaît que les énergies fossiles provoquent plus d’accidents et de décès que les autres sources d’énergie. Ainsi, plus de 65% des accidents résultaient des énergies fossiles avec le charbon en tête. Sur la période référencée, celui-ci a été responsable de 1119 accidents, soit près des deux tiers des accidents causés par les énergies fossiles. Il y a également une grande différence entre les pays membres de l’OCDE, c’est-à-dire les pays les plus développés économiquement, et les autres. La Chine se distingue ainsi par le taux de mortalité lié à son activité charbonnière.

“Les énergies fossiles provoquent plus d’accidents et de décès que les autres sources d’énergie.”

En faisant une analyse par nombre de décès, le charbon, le pétrole et l’hydraulique ont été les principales causes de pertes de vies. Si l’hydraulique figure en tête, c’est en raison de l’importance de l’impact de la rupture du barrage de Banqio/Shimantan en 1975 en Chine ayant causé la mort de 26000 personnes environ selon cette étude.

Si cette étude permet de quantifier le risque industriel du secteur de l’énergie, elle ne permet pas de connaître le rapport entre le nombre de décès et le volume de production d’électricité. En effet, pour se faire une meilleure idée des risques, il faut savoir combien d’énergie est produite par filière pour ensuite évaluer un taux de mortalité par rapport à celui-ci.

L’étude suivante permet de se faire une idée.

Le rapport ExternE dresse un bilan de l’impact sur la santé et la sécurité de l’homme qu’entraîne l’usage de différentes sources d’énergies pour la production de l’électricité. Ce rapport porte sur les 28 pays de l’UE et utilise les données de production d’électricité de 2014. Il souligne que pour une même quantité d’électricité produite, les effets sur la santé et la sécurité diffèrent d’une source à une autre. Le pétrole ne représentant qu’une part infime du mix énergétique nécessaire à la production d’électricité, retenons que le charbon se démarque ici aussi particulièrement par sa nocivité.

Décès annuels estimés en 2014 par source de production d’électricité

  TWh Mort par TWh Morts
Charbon 779,06 24,5 19 087
Gaz 461,4 2,8 1 292
Pétrole 69,81 18,4 1 285
Biomasse 168,53 4,63 780
Nucléaire 830,95 0,074 61

Source : Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017

L’étude donne également le nombre d’années de vie perdues par GWh produit :

Années de vie perdues par GWh

  Charbon Pétrole Gaz Nucléaire
Années de vie perdues par GWh 0,35 2,2 0,1 0,02

Source : Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017

Malheureusement, ces études ne permettent pas d’évaluer le risque des nouvelles énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque qui se sont fortement développées ces dernières années. Nous pouvons noter néanmoins, qu’uniquement sur la base des accidents et sans compter sur son effet néfaste sur le réchauffement climatique, que les différentes industries fossiles sont nettement plus risquées pour l’être humain que le nucléaire. Cette constatation doit néanmoins prendre acte du fait que les effets de l’accident de Fukushima du 11 mars 2011 ne sont pas inclus dans l’étude.

Une étude plus récente, publiée en 2015, par le Paul Scherrer Institut, permet de comparer les risques associés aux différentes filières énergétiques et ceux en incluant l’impact du réchauffement climatique. Elle se base sur les événements ayant eu lieu de 1970 à 2008, ce qui permet d’avoir un historique important tout en restant dans une réalité suffisamment récente pour prendre en compte l’évolution des normes et pratiques dans le monde industriel.

L’étude dresse un bilan sur la santé humaine liée à un déroulement normal des opérations de production d’électricité et aux accidents industriels. Elle analyse également les risques associés à la menace terroriste. Elle note que l’essentiel des risques concernant les énergies fossiles sont en amont de la production d’électricité en raison, notamment, de l’extraction minière alors que pour les filières nucléaire et hydraulique, l’essentiel des risques est inhérent à la production d’électricité sur le site.

“[…] l’essentiel des risques concernant les énergies fossiles sont en amont de la production d’électricité en raison, notamment, de l’extraction minière […]”

Concernant les risques industriels, l’étude compare différentes filières énergétiques selon le nombre de décès moyen par GWh produit et fait état des effets les plus graves en cas d’accident. Ces chiffres prennent en compte l’ensemble de la chaîne de valeur, l’exploration et l’extraction de matières premières (upstream), la transformation des matériaux en produit final, les activités de transport et de stockage, la production d’électricité et de chaleur et enfin le traitement des déchets (downstream).

A partir du tableau ci-dessous, nous pouvons comparer les filières en fonction de leur risque et dangerosité. Attention à bien noter que l’échelle de ce graphe est logarithmique. Le charbon tue un peu moins de 0.001 personne par GWh produit en Chine, soit environ 1000 fois plus que dans l’OCDE où il tue un peu plus de 0.00001 personne par GWh. La filière la plus risquée pour les populations humaines est celle du charbon. Le pétrole présente sur ce graphe d’importants risques aussi. Il faut cependant rappeler que le pétrole est peu utilisé pour produire de l’énergie électrique. L’hydraulique apparait également comme à haut risque, ce qui est en ligne avec les études présentées précédemment. Néanmoins, dans les pays de l’OCDE, cette dernière apparait comme beaucoup moins risquée. Enfin, le nucléaire semble comparable à l’hydraulique en termes de risque. Le nucléaire de troisième génération semble même bien plus sûr. Il faut tout de même rappeler qu’il y a à ce jour encore peu de réacteurs de 3ème génération en opération et que leur mise en service est encore récente ou à venir. Par ailleurs, concernant l’hydraulique, seuls les réservoirs apparaissent, ce qui laisse de côté l’hydraulique au fil de l’eau. Les installations hydrauliques au fil de l’eau, telles que les barrages le long du Rhône par exemple, représentent des risques moins importants que les barrages de montagne appelés réservoirs. Enfin, il est nécessaire de rappeler ici que l’hydraulique et le nucléaire ont en commun de présenter le danger d’un accident majeur sur site. La fréquence de tels événements est faible donc le rapport de morts par GWh produit doit être étudié avec un certain recul. Les filières fossiles, et le charbon en particulier, portent des risques importants en amont de la production. Les conséquences par événement sont potentiellement moins importantes mais les accidents sont beaucoup plus fréquents et leur cumul rend celles-ci beaucoup plus nocives. L’ensemble des filières renouvelables dites nouvelles (hors réservoirs hydrauliques) est de manière évidente moins risquée que les filières fossiles.

Accident selon les différentes sources d'énergies

Fig. 4. Severe accident fatality rates and maximum consequences (black points) assessed for selected electricity supply technologies with the associated energy chains.

L’étude est bien plus complète que le tableau présenté ici. En effet, il est observé qu’à court et moyen terme, l’impact du réchauffement climatique et la génération d’autres particules sont les causes majeures de mortalité et qu’à plus long terme, les effets sur les nappes phréatiques deviennent prépondérants.

En conclusion, il apparait ici que les énergies renouvelables sont moins risquées que les énergies fossiles. Le cas de l’hydraulique est particulier car il y a une forte différence entre les pays de l’OCDE où il est peu risqué et les pays hors OCDE où quelques événements dont particulièrement celui de Banqaio/Shinantan en Chine, remontent fortement les statistiques de victimes liées à des accidents. Enfin, nous devons souligner que si certains événements liés au nucléaire ont défrayé la chronique, historiquement et statistiquement cette filière se montre relativement peu risquée par rapport à la filière fossile (charbon, pétrole, gaz).

Les effets nocifs de l’industrie charbonnière en Europe

Du fait que la filière charbon se démarque par son niveau de risque, nous vous proposons un complément d’information sur cette filière. En effet, l’exploitation de la mine de charbon n’est pas seulement nocive pour les travailleurs et les populations voisines des sites industriels. Ces combustibles émettent beaucoup de gaz qui, outre leur impact sur le climat, ont un impact non négligeable sur la santé des populations humaines.

En Europe, on dénombre 280 centrales thermiques, qui ont entraîné plus de 22900 décès en 2013 selon une étude menée par les organisations Sandbag, Heal, CAN et WWF, ce qui est comparable aux 25300 décès annuels causés par les accidents de route dans l’UE. (l’Allemagne par exemple) en grandes quantités et propagées dans l’air des autres pays.

Les centrales de production électrique à partir du charbon polluent

Figure : Les décès dus à la pollution du charbon en France – Source : Europe’s dark cloud

Les craintes associées à l’énergie nucléaire

La France possède aujourd’hui 56 réacteurs nucléaires (suite à la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim), derrière les États-Unis qui en possèdent 99. Si cette industrie n’apparait pas comme la plus risquée, elle est une source d’angoisse dans notre pays. Il est donc important d’apporter quelques éléments de compréhension concernant cette source d’énergie.

Photo d'une centrale nucléaire

Centrale nucléaire en France – Photo par luctheo

Il faut faire la distinction entre risque et danger.

En science, la notion de risque est associée à la multiplication d’une probabilité et d’une conséquence (danger) mesurable.

Un danger dont la gravité peut être importante peut avoir une probabilité d’occurrence très faible. Dans ce cas, l’inquiétude devrait être limitée. Mais sait-on vraiment calculer cette probabilité ? C’est tout le problème des accidents dont la fréquence est très faible. Nous n’avons alors pas beaucoup d’éléments pour étudier la probabilité qu’ils arrivent de nouveau, notamment parce qu’il est difficile d’en déterminer exhaustivement les causes.

C’est pour cette raison que le principe de précaution a sa raison d’être. Ce principe expose que, malgré l’absence de certitude à un moment donné, dû à un manque de connaissances techniques, scientifiques ou économiques, il convient de prendre des mesures anticipatives de gestion de risques à l’égard des dommages potentiels sur l’environnement et la santé. Néanmoins, ce principe s’applique davantage à de nouvelles technologies (nanotechnologies, ondes émises par les téléphones portables) ou biotechnologies (OGM), dont les conséquences ne sont pas encore connues.

“[…] malgré l’absence de certitude à un moment donné, dû à un manque de connaissances techniques, scientifiques ou économiques, il convient de prendre des mesures anticipatives de gestion de risques à l’égard des dommages potentiels sur l’environnement et la santé […]”

Dans ce cas que dire du nucléaire ? Quels sont les dangers et sait-on avec des moyens fiables déterminer si un accident a des chances raisonnables d’avoir lieu ? Même si les accidents majeurs sont rares, il y a suffisamment d’évènements concernant le nucléaire pour rendre le risque d’accident probabilisable et les dommages mesurables. Il est donc préférable d’avoir plutôt une approche de prévention que de précaution. Concernant la gestion du risque d’accident, la démarche de prévention en France et celle dite de « défense en profondeur » qui est décrite par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Il y a essentiellement deux dangers. Le premier est celui d’un accident majeur sur une centrale nucléaire et le deuxième est la contamination par les déchets radioactifs, dont ceux liés au démantèlement des centrales. Le premier danger est traité par les études présentées précédemment.

Il apparait qu’au regard des événements passés, la filière nucléaire n’est pas la plus nocive pour les populations. Mais au vu de la faible occurrence de tels événements et de l’angoisse générée par cette industrie il semble important de creuser un peu plus le sujet. Nous vous proposons donc un focus sur ces deux aspects.

Focus sur les accidents majeurs sur des centrales nucléaires.

L’histoire du nucléaire civil est marquée par quatre accidents majeurs. Celui de Kychtym en URSS en 1957, celui de Three Mile Islande-Pennsylvanie aux USA qui s’est produit en 1979, celui de Tchernobyl en Ukraine (URSS) en 1986 et le tout récent de Fukushima en 2011 au Japon.

L’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques dite INES a été mise en place en 1990 suite à l’accident de Tchernobyl. Il classe l’accident de Tchernobyl et celui de Fukushima au niveau 7, soit le niveau maximal et celui de Kychtym au niveau 6 (dont il faut rappeler qu’il a eu lieu sur un complexe militaro-industriel, ce qui en fait un cas à part). Celui de Three Miles Islands n’a pas eu de conséquences sanitaires majeures observables. Les trois autres accidents sont ceux qui ont eu des effets catastrophiques sur les populations. Nous vous proposons de nous arrêter sur les deux classés niveau 7 : Tchernobyl et Fukushima.

Échelle de gravité des accidents du nucléaire

Echelle de gravité des accident nucléaire

Source : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

Tchernobyl (URSS – 1986)

L’accident de Tchernobyl est la plus grande catastrophe que l’industrie nucléaire ait causée.  Les explosions des réacteurs ont laissé dans l’atmosphère des déchets radioactifs équivalant à 200 fois la radioactivité générée par la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. L’accident s’est étendu sur un rayon très vaste. Ainsi, l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie et certains pays européens ont subi les conséquences de cet évènement.

Photo du réacteur de la centrale nucléaire de tchernobyl après l'accident

 Photo de Tchernobyl après la catastrophe prise en 1986

En 2006, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a fait un rapport donnant des ordres de grandeur des décès et contaminations dus aux radiations de 1986 à 2065. Selon l’agence, il est estimé que l’accident de Tchernobyl, qui a causé 31 décès liés à l’explosion et aux opérations menées directement après, sera responsable de 16 000 décès liés à différents cancers d’ici 2065. A noter que cette estimation pourrait être considérée comme élevée par la communauté scientifique en raison de l.

Par ailleurs, le déplacement des populations ou l’impact psychologique lié à la crainte d’être contaminé, a eu des impacts multiples pouvant aller jusqu’aux décès prématurés. Enfin, la perte d’une portion importante du territoire a un coût socio-économique lourd pour l’actuelle Ukraine.

Fukushima (2011 – Japon)

Le Japon reconnait la mort d’un employé directement imputable à la catastrophe. Cette personne a été exposée à de fortes radiations et est décédée d’un cancer peu de temps après. Le risque d’une relation de cause à effet est suffisamment important pour justifier sa reconnaissance. Outre ce cas, d’après l’OMS, les doses d’irradiations émises n’auront finalement pas été suffisamment importantes pour créer un risque significatif de cancer au sein de la population exposée.

Néanmoins les conséquences pour la population locale de cette catastrophe sont importantes. Dans une note dédiée, l’OMS déclare « On a signalé une nette augmentation de la mortalité chez les personnes âgées qui avaient été placées dans des logements provisoires, ainsi qu’un risque accru de maladies non transmissibles telles que le diabète et des problèmes de santé mentale. Le manque d’accès aux soins de santé a contribué à la détérioration de la santé. ». L’IRSN propose une analyse sur le sort des évacués et les conséquences sociales de l’accident. Le rapport fait état d’environ 160 000 personnes déplacées suite à l’association de deux catastrophes, à savoir le tsunami et l’explosion de la centrale nucléaire. Cette augmentation de la mortalité déplorée par l’OMS reste difficile à chiffrer.

Différentes études existent pour évaluer les conséquences sociales de cette catastrophe. En voici deux qui sont choisies à titre d’illustration. Elles sont choisies afin de donner une idée de l’éventail des conséquences en sachant que bien d’autres effets ont été analysés.

Une étude parue dans le US National Library of Medicine National Institutes of Health analyse le lien entre le taux de suicide et l’accident. La hausse de leur taux de suicide montre que les personnes âgées ont particulièrement souffert des opérations d’évacuation. Les résultats montrent aussi que, paradoxalement, ce taux a baissé pour la population masculine adulte (entre 30 et 69 ans) juste après l’événement, même si ce taux est monté par la suite au-delà du taux d’avant la catastrophe.

“Une catastrophe comme celle de Fukushima a des impacts très divers qui ne sont pas faciles à chiffrer. Il apparait néanmoins que les impacts significatifs sont davantage liés aux décisions rapides qui sont prises en temps de crise […]”

Une autre étude d’un organisme privé américain de recherche scientifique dédié principalement aux questions économiques, le NBER, questionne par exemple l’emploi abusif du principe de précaution au Japon. En effet, suite à la catastrophe, l’intégralité des centrales nucléaires a été immédiatement arrêtée. Or celles-ci produisaient 30% de l’électricité du pays. A savoir que ces centrales ont été redémarrées par la suite. Cette mesure a fait exploser le prix de l’électricité résultant à une précarisation des plus démunis et au décès de plusieurs milliers de personnes selon cette étude. Cet article résume la problématique à un emploi abusif du principe de précaution. Il est possible de se demander s’il s’agit réellement d’une application de ce principe. Ceci-dit, on peut aussi se demander si en temps de crise, un gouvernement ne cherche pas avant tout à se protéger de tout reproche. En particulier au sein d’une démocratie. Dès lors, ces conséquences indirectes font partie d’une réaction en chaîne ayant pour cause la catastrophe. Il est logique de les prendre en considération.

Une catastrophe comme celle de Fukushima a des impacts très divers qui ne sont pas faciles à chiffrer. Il apparait néanmoins que les impacts significatifs sont davantage liés aux décisions rapides qui sont prises en temps de crise. A noter que ces décisions sont jugées à posteriori et qu’une catastrophe amène presque obligatoirement à de telles décisions. Il faut donc les prendre en compte lorsque qu’une industrie peut engendrer de tels événements.

Alors que dire sur la situation en France qui recense 56 réacteurs sur son sol ?

Si le risque zéro n’existe pas il y a quand même des éléments rassurants à avoir en tête avec notamment une idée reçue à relativiser : les centrales vieillissantes ne présentent pas automatiquement de plus en plus de risques.

Le tableau ci-dessous énumère le nombre d’événements significatifs de sûreté (ESS) transmis à l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire) recensés selon l’âge des réacteurs. Attention, un ESS n’est pas un événement grave. Les déclarations d’incidents sont fréquentes par souci de transparence sur la gestion des centrales. Elles ne présentent pas de danger pour les populations ni pour les personnes travaillant sur le site. En France, seuls deux événements de niveau 4 (dangereux sur site mais pas pour les populations environnantes) ont eu lieu, en 1969 et 1981 sur le site désormais hors service de Saint-Laurent. Les ESS permettent d’anticiper le caractère risqué d’une centrale si la répétition et la gravité tend à augmenter. L’historique du parc français permet d’observer les statistiques sur 38 ans.

L'âge d'un réacteur nucléaire ne détermine pas son niveau de risque

Nous pouvons observer que les centrales vieillissantes ne sont pas automatiquement celles qui déclarent le plus d’anomalies. Cela indique qu’elles ne sont pas forcément les plus risquées. Donc il ne faut pas forcément fermer les centrales nucléaires à marche forcée, surtout quand celles-ci contribuent jour après jours à produire de l’électricité décarbonée.

Focus sur le traitement et le stockage des déchets nucléaires.

Outre le risque d’accident, les centrales nucléaires génèrent des éléments radioactifs qui sont sources de craintes pour l’environnement et la santé des populations humaines. Ces craintes sont essentiellement liées à la gestion des déchets nucléaires.

Il y a déchets et déchets…

En France, environ 2 kg de déchets radioactifs sont produits par an et par habitant pour toutes les activités nucléaires (production d’électricité, recherche, médecine ou industrie). La majorité d’entre eux (85% des déchets radioactifs) sont des déchets provenant de l’activité des centrales nucléaires et donc de la production d’électricité. A titre de comparaison, un habitant est responsable de 2,5 tonnes de déchets industriels et 6 tonnes de CO2.

C’est l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui s’occupe de la gestion des déchets radioactifs. De 2003 à 2018, ce sont 449 624 colis, soit 376 153 m3 de déchets nucléaires qui ont été stockés. L’ANDRA signale qu’en 2018, 57,9% de capacité de stockage ont été atteint.

Comment se passe le stockage des déchets radioactifs

Les déchets nucléaires sont classés selon leur niveau de radioactivité et la durée de vie de celle-ci.

Durée de radioactivité des déchets nucléaires dans le temps et selon leur nature

Source : ANDRA ; « Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs : 2013-2015 », 2017 

Les déchets à faible activité (TFA et FA) sont entreposés soit sur les sites des installations qui les ont générés, soit dans des centres de stockage. Ces déchets sont notamment constitués de béton ou d’acier et de matériel ayant été exposés aux radiations mais à faible dose.

Centre de stockage de déchets radioactifs dans l'Aube en France

Le Centre de stockage de l’Aube pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte est en exploitation depuis le 13 janvier 1992
Photo CYRIL ENTZMANN/DIVERGENCE

Le principal centre de stockage est celui de Morvilliers, d’une capacité totale de 650 000 mètres cubes qui arrivera à saturation d’ici 2030. Pour autant, la hausse de la production de déchets est significative. Néanmoins, il est utile de préciser que la grande masse de déchets radioactifs (97%) ne sont que faiblement dangereux pour la santé des populations humaines.

La vie d’un déchet nucléaire hautement radioactif.

Les déchets à haute activité (HA) et moyenne activité vie longue (MA-VL), c’est-à-dire les plus dangereux, représentent 3,1% du volume mais 99,8% de la radioactivité cumulée. Ce sont eux qui nécessitent une attention particulière. Ce sont notamment ces déchets qui peuvent maintenir une radioactivité très forte pendant des siècles.

Comment sont-ils constitués ?

L’uranium 235 est le plus utilisé des combustibles pour produire de l’électricité en dégageant de la chaleur par fission nucléaire. Les barres d’uranium sont en fait composées à 96,5% d’uranium 238 et seul 3,5% est de l’uranium 235 enrichi et fortement radioactif. Après quelques années, le combustible est usé et devient inutilisable car la part d’uranium 235 devient trop faible. Si l’uranium 238 reste intact, la fission du l’uranium 235 aura lui engendré différents produits, tous très radioactifs, des produits de fission, du plutonium et des actinides mineurs. L’essentiel de la masse restante (95%), composé d’uranium 238 et d’une faible part d’uranium 235 est entreposé car elle constitue un combustible potentiel pour des centrales de prochaine génération. Le reste est retraité dans l’usine Areva de la Hague et partiellement valorisé à l’usine de Marcoule dans le Gard. Le plutonium extrait permet de produire du combustible pour des centrales nucléaires, le MOX. Le reste est considéré comme des déchets hautement radioactifs. Ils sont vitrifiés pour les rendre moins contaminants.

Ces déchets vitrifiés augmentant, il est devenu important de trouver une solution pour les stocker en lieu sûr, à défaut de pouvoir réduire leur dangerosité. La mise en service du Cigéo, un centre d’enfouissement à 500 mètres sous la commune de Bure dans la Meuse est en cours de préparation. L’ensemble des déchets HA et MA-VL pourront y être stockés. Cependant celui-ci rencontre des difficultés quant à son acceptation par les populations environnantes.

Exemple d'un colis de déchet nucléaire vérifié

Écorché (maquette) d’un colis standard de déchets vitrifiés – ANDRA

A propos du démantèlement des centrales et des déchets qui en découlent

Il existe actuellement 36 installations en cours de démantèlement en France. Parmi elles, la centrale de Chooz est actuellement dans ce processus. Elle ressemble à la centrale de Fessenheim même si plus petite. Il s’agit d’opérations coûteuses en raison de l’application d’une réglementation très stricte. La Cour des comptes recommande même un allongement de 15 ans dans la feuille de route de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)  en raison de la hausse du coût de ces opérations.

“Le dilemme de démantèlement est celui du coût économique de l’application de politiques contraignantes liées à la gestion des déchets massifs inhérents aux opérations de démantèlement.”

A propos des déchets liés au démantèlement de centrales, un problème qui se pose est celui de la masse de déchets produite. L’actuelle gestion des déchets exclut toute « libération » de déchets à partir du moment où ils sont susceptibles d’être radioactifs. Nous parlons ici de déchets dits de très faible radioactivité (TFA) qui sont notamment entreposés au centre de stockage de Cires. Le CEA pose donc la question de revoir la règlementation en vigueur concernant ces déchets.

Le dilemme de démantèlement est celui du coût économique de l’application de politiques contraignantes liées à la gestion des déchets massifs inhérents aux opérations de démantèlement. En clair, une grande partie des déchets ne présentent pas de risque ni même de danger bien identifié pour la santé humaine ou l’environnement, mais il est jugé préférable d’appliquer des mesures de sécurité au cas où. La question est : combien notre société est-elle prête à payer pour cela ? En effet, dans la mesure où il est possible de mesurer la radioactivité des déchets, il serait possible de considérer comme radioactifs uniquement les déchets dépassant un certain seuil. Il faut rappeler ici que la radioactivité est présente naturellement dans notre environnement et qu’elle ne présente un danger pour l’homme qu’à partir du moment où elle dépasse certains seuils.

En conclusion

Les risques de l’industrie électrique sont inégaux selon les filières énergétiques choisies.

Il apparait unanimement que la filière charbonnière est particulièrement nocive pour l’être humain. Celle-ci représentant encore une des principales sources d’énergies utilisées pour produire de l’électricité en Europe et dans le monde, il est urgent d’œuvrer pour son remplacement.

A propos du nucléaire, qui est la principale source de production électrique en France, il faut bien distinguer la notion de risque de celle de danger. Le danger lié à un accident majeur sur une centrale peut avoir des effets graves. Il faut néanmoins relativiser la nocivité de cette filière au regard du faible nombre d’accidents majeurs ayant eu lieu. Nous pouvons retenir qu’il est important d’évaluer les risques des filières industrielles au regard des études réalisées, mais qu’il faut aussi admettre que nous ne pouvons pas avoir une vision exhaustive de ceux-ci. Mais ne devrait-on pas au moins identifier un danger pour l’appliquer ? Il apparait par exemple que la gestion des déchets faiblement radioactifs engendre des coûts liés à des angoisses qui ne sont même pas liées à la possibilité manifeste d’incidence sur la santé humaine ou sur l’environnement. Dans ce cas, quel prix la société doit-elle payer pour leur gestion ? Et surtout, dans la lutte contre le réchauffement climatique, qui est le danger aux conséquences les plus lourdes, doit-on accélérer la fermeture des centrales nucléaires alors même qu’elles contribuent à limiter les émissions de gaz à effet de serre ?

Les énergies renouvelables présentent un profil de risque relativement bas. Il faut souligner le cas particulier des barrages hydrauliques. Au sein de l’OCDE l’histoire permet de considérer cette filière comme relativement peu risquée. Néanmoins, c’est assez différent dans les pays en dehors de l’OCDE. A noter aussi l’impact négatif très important sur les statistiques de la filière entière dû à l’accident survenu sur le barrage chinois de Banqio/Shimantan en 1975.

Nous pouvons enfin conclure qu’au-delà de l’impact positif sur le réchauffement climatique, le développement des énergies renouvelables permet d’avoir des moyens de production moins risqués pour la population. Cela montre une fois de plus qu’il faut agir pour leur développement et la transition énergétique.

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [2/4] – Le dérèglement climatique

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique

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Quels sont les intérêts des énergies renouvelables aujourd’hui ? Les objectifs principaux de la loi de transition énergétique pour la croissance verte sont notamment de lutter contre le dérèglement climatique, de préserver l’environnement pour les générations futures et de réduire les quantités de gaz à effet de serre. Pour cela, la production d’énergie doit émettre peu de CO2. Dans ce dossier composé de quatre parties, nous verrons dans ce second volet comment les énergies renouvelables peuvent considérablement aider à conserver une faible émission de CO2.

 

Réduire les émissions de CO2 et le bilan carbone lié à l’énergie

Les objectifs principaux de la loi de transition énergétique pour la croissance verte sont multiples. On y retrouve notamment la lutte contre le dérèglement climatique, la préservation de l’environnement pour les générations futures et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le dérèglement climatique causé par les émissions de CO2 anthropiquesCentrale nucléaire de Grohnde

Rappelons tout d’abord quelques bases. L’air est un mélange de plusieurs gaz. Il est naturellement composé de 78% d’azote, 21% de dioxygène et 1% d’autres gaz (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, l’ozone, etc.). Parmi ces gaz rares figurent des gaz dits « à effet de serre » (GES).

L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet la vie sur terre. Il permet d’avoir une température moyenne de + 15°C sur Terre au lieu de -18°C. Ces gaz captent en effet une partie des rayonnements solaires et absorbent les infrarouges émit par la Terre. La vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, le méthane, l’ozone et le protoxyde d’azote sont les principaux GES naturellement présents dans l’atmosphère. Le plus abondant dans l’atmosphère étant la vapeur d’eau (H2O). Il contribue le plus à l’effet de serre naturel. Le CO2 est naturellement rare dans l’atmosphère, mais contribue à l’effet de serre à quantité égale avec la vapeur d’eau par exemple.

Les émissions de CO2 responsables du dérèglement climatique

Les activités humaines, principalement l’extraction ou la combustion des énergies fossiles, sont responsables de l’émission de GES additionnels. Le GES le plus émis par l’activité humaine est le CO2. 55% des émissions anthropiques des GES sont dues aux émissions de CO2. Elles sont principalement issues des transports, des procédés industriels, des secteurs résidentiel et tertiaire.

Pendant la période préindustrielle, la concentration [1] de CO2 dans l’atmosphère était de 278 ppm (particules par million). De nos jours, elle est autour de 400 ppm [2]. Cette forte concentration de CO2, suivie de la déforestation, intensifie l’effet de serre et cause le réchauffement climatique. Elle cause aussi la destruction de la couche d’ozone, le changement de croissance et de nutrition des plantes et l’acidification des océans.

Le dérèglement climatique altère les conditions de vie sur Terre

Il y a de nombreuses conséquences sur l’environnement : la désertification ; la fonte des glaces ; l’augmentation du niveau de la mer et bien d’autres événements catastrophiques. À titre d’exemple, les régions Amérique de Nord et Europe du Nord connaissent une hausse des précipitations. Tandis que le sud de l’Afrique, le Sahel et des parties de l’Asie du Sud connaissent une baisse des précipitations [4].

Une étude portant sur le réchauffement climatique montre que nous allons vers un monde de plus en plus désertique [5]. Cela concerne aussi bien les pays développés que les pays du sud. L’étude montre que l‘Espagne, Italie, la France (la partie sud) subiraient de fréquents phénomènes de sécheresse. Ils montrent que d’ici 2050, 24 à 32 % des terres émergées pourraient être désertiques. Cela causerait notamment des problèmes migratoires et des problèmes agricoles. Toujours selon la même étude, le réchauffement climatique serait responsable des milliers de déplacés à cause des catastrophes naturelles.

le dérèglement climatique détériore les conditions de vie sur TerreLe réchauffement climatique provoque des incendies massifs dans les fôrets du monde entier 

Naturellement, les océans sont des réservoirs de CO2. Une forte concentration de CO2 dans les eaux des océans forme une réaction chimique qui acidifie les eaux. Pendant la période préindustrielle, le pH des océans était d’environ 8,15, il est d’environ 8,05 de nos jours. Ainsi plus il y a de CO2 dans l’atmosphère plus les océans seront acidifiés. Certains animaux auront du mal à construire leurs coquilles. Par exemple les mollusques, les coraux, les huîtres. Ces animaux aquatiques seront moins nombreux. Les poissons seront aussi affectés par ce phénomène. L’ensemble de la chaîne alimentaire est donc en péril.

Analyses des cycles de vie des différents types de moyens de production d’électricité

La production d’électricité est à l’origine de 39% des émissions de CO2 dans le monde en 2017 [6] selon l’Agence Internationale de l’Énergie. En France, 27,9 millions de tonnes de CO2 dues à la production d’électricité ont été émises en 2017. Cela représente une hausse de +20,5% par rapport à 2016. Les sources de ces émissions sont pour la majorité les combustibles fossiles (charbon, fioul, gaz).

Cela ne correspond qu’au CO2 émis durant la production. Mais pour pouvoir comparer les moyens de production entre eux en termes d’émissions, il faut aussi prendre en compte les émissions dues à la fabrication, l’installation, la maintenance et le démantèlement des centrales. Pour cela on utilise l’analyse du cycle de vie (ACV). Cet indicateur s’intéresse aux impacts environnementaux d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie – de l’extraction et du traitement des matières premières, des processus de fabrication, du transport et de la distribution, de l’utilisation et de la réutilisation du produit fini et, finalement, du recyclage et de la gestion des déchets en fin de vie.

Par exemple pour un parc d’éoliens, son cycle de vie peut se présenter ainsi :

Cycle de vie d’un parc éolien

Cycle de vie d'un parc éolien

Source : ADEME « Impacts environnementaux de l’éolien français »

Cette analyse du cycle de vie s’appliquent aux différentes technologies utilisées pour produire de l’électricité que sont les combustibles fossiles (charbon, fioul ou gaz), le nucléaire et les énergies renouvelables (éolien, solaire ou hydraulique).

On observe alors qu’une centrale à charbon émet en moyenne 1060 g de CO2 par kilowattheure (kWh) produit et une centrale au gaz 730 g. Pour les énergies renouvelables, un kWh de solaire photovoltaïque émet entre 50 et 150 g de CO2 émis (cela dépend du lieu de fabrication des panneaux photovoltaïques), un kWh d’éolien 3 à 22 g, et un kWh d’hydraulique 6 g de CO2. Quant au nucléaire, en tenant compte du futur démantèlement des centrales vieillissantes, 1 kWh d’électricité produite représente 6 g de CO2 émis.

Tableau des émissions directes de CO2

Emission directe de CO2

Source : Origo, impact environnemental des énergies renouvelables

La comparaison est donc plus proche de la réalité en prenant en compte l’ACV et montre bien que les combustibles fossiles ne peuvent et ne devraient plus être une option pour produire de l’électricité, au vu de leur important taux d’émission de CO2 lors de la production électrique et au cours de leur cycle de vie.

Les énergies renouvelables dites vertes et le nucléaire émettent bien moins CO2. Ceci même, en prenant en compte l’ACV, le bilan carbone de ces moyens de production n’est pas totalement neutre. Au premier abord, les énergies vertes et le nucléaire seraient quand même les moyens de production les plus respectueux de l’environnement au vu de leurs faibles émissions de CO2. Il faut tout de même garder à l’esprit que le nucléaire émet des déchets radioactifs que l’on ne sait pas encore recycler et qui doivent être stockés sous terre ou dans des entrepôts.

 

Pour mieux comprendre les intérêts des énergies renouvelables pour notre planète ainsi que pour l’homme, nous vous invitons à découvrir le 3ème volet de notre dossier sur les enjeux de la transition énergétique du réseau électrique européen abordant les risques et impacts des énergies fossiles et fissiles.

 

Sources :
[1] Sud Ouest ; “Les concentrations de CO2 dans l’atmosphère battent des records”
[2] WMO ; “Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre”
[3] Global Climat ; “Vers 410 ppm de CO2 en 2017”
[4] Climate Change 
[5] Climate Change
[6] IEA 

Photos by Wolfgang Stemme ; Ylvers

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [1/4] – Indépendance énergétique et géopolitique

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [1/4] – Indépendance énergétique et géopolitique

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique

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L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Elles représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution. Elles sont également une industrie moins dangereuse pour l’homme et favorables aux développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier de quatre parties, nous verrons uniquement les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Pour commencer, nous allons tout d’abord revoir la notion d’indépendance énergétique. Nous verrons ensuite comment elle peut être influencée par la géopolitique mondiale.

 

Comprendre l’indépendance énergétique

Tout d’abord, de quoi parle-t-on lorsque l’on évoque l’indépendance énergétique ? L’indépendance énergétique d’un pays représente son autonomie liée à son besoin en énergie. On appelle taux d’indépendance énergétique le rapport entre les productions et les consommations nationales d’énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, uranium, hydraulique, autres énergies renouvelables).

Notons que les énergies naturellement disponibles et directement utilisables que l’on qualifie de « primaires » sont notamment les énergies fossiles (pétrole, le charbon, le gaz naturel), fissiles (l’uranium) ou renouvelables (vent, hydraulique, biomasse, rayonnement solaire, géothermie). L’électricité présente à l’état naturel comme les éclairs ou l’électricité statique n’est d’ailleurs pas exploitable.

Ainsi, un taux supérieur à 100% signifie que la production nationale est supérieure à la demande intérieure, ce qui en fait un solde exportateur. L’unité de mesure de l’indépendance énergétique est souvent la « tonne équivalente pétrole » (tep).

 

Enjeux géopolitiques de l’indépendance énergétique

Atteindre l’indépendance énergétique est un sujet mis en avant dans la loi sur la transition énergétique. Mais pourquoi ? Tout d’abord parce qu’être autonome énergétiquement, c’est éviter tout problème d’approvisionnement (par exemple en cas de conflits avec les pays producteurs). Par ailleurs, l’indépendance est importante économiquement afin de maîtriser et stabiliser le coût de l’énergie ce qui est difficile quand certains pays sont en situation, seuls ou réunis en cartel, d’influencer les prix. On se rappelle notamment du choc pétrolier de 1973 dont les conséquences sur le prix et l’approvisionnement du pétrole se sont mesurées dans le monde entier. Plus récemment, de nombreuses guerres ont elles aussi été liées à des enjeux énergétiques. Nous pensons notamment aux guerres en Irak en 2003 ou, plus récemment, en Ukraine en 2014.

station essence

“On se rappelle notamment du choc pétrolier de 1973 dont les conséquences sur le prix et l’approvisionnement
du pétrole se sont mesurés dans le monde entier.”

Un exemple de situation complexe en termes d’indépendance énergétique est celui de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie. Selon les chiffres d’Eurostat, 40% des importations de gaz en UE proviennent du gaz russe [1]. Rémi Bourgeot [2], économiste spécialiste de la politique européenne, explique que « l’énergie est au cœur de la relation Europe-Russie ». La crise ukrainienne de 2014 a donc été centrale pour la question énergétique dans la mesure où :

  • elle a montré (encore une fois) que la géopolitique a une influence sur les conditions d’approvisionnement d’un pays, et, lorsque ce dernier est fortement dépendant des importations, sur les conditions de sa subsistance même
  • elle a également montré que ces questions de sécurité d’approvisionnement ont une influence jusqu’aux consommateurs finaux eux-mêmes. La rupture des approvisionnements gaziers en provenance de la Russie vers l’Ukraine a eu lieu en plein hiver 2008-2009 : des ménages ce sont ainsi retrouvés privés de chauffage, ce qui – en Ukraine – peut vite devenir compliqué…

Notons enfin que les conflits géopolitiques autour de l’énergie sont bel et bien réels et que les relations entre les pays sont influencées par leurs intérêts énergétiques. L’indépendance énergétique des pays est donc d’une grande importance. Les énergies renouvelables, disponibles localement, constituent ainsi bonne alternative pour atteindre un haut taux d’indépendance.

 

La France hyper-dépendante de l’approvisionnement en matières premières

En 2018, le calcul établi par le Ministère de la Transition écologique donne un taux d’indépendance de 55,4%. Selon lui, la consommation primaire d’énergie de la France a été de 248,2 Mtep (Million de tonnes équivalent pétrole) et la production d’énergie primaire de 137,7 Mtep.

Valeur en millions de tep 1973 1990 2002 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Total production primaire 43,5 111,2 135,5 138 139,3 139,9 132,2 131,9 137,7
Électricité primaire 8 86,8 119,6 118,8 121,8 121,7 120,11 120,11  120,93*
dont nucléaire 3,8 81,7 113,8 110,4 113,7 114 105,1 104,97 107,6
dont hydraulique, éolien, photovoltaïque 4,1 5 5,7 8,3 8 7,7  7,9 7,8* 7,8*
Énergies renouvelables thermiques et déchets 9,8 10,7 10,9 17,6 16,2 17 16,6* 16,8* 16,8*
Pétrole 2,2 3,5 2,4 1,2 1,2 1,2 1,2* 1,2* 1,2*
Gaz naturel 6,3 2,5 1,4 0,3 0 0 0 0 0

*Valeur moyenne sur les trois dernières années.

Tableau : Évolution du taux d’indépendance énergétique en France depuis 1973.
Source : Ministère de la transition écologique et solidaire.

Des observateurs reprochent à l’indicateur officiel de ne pas tenir compte du fait que 100% du combustible nucléaire est actuellement importé[3]. Par ailleurs, le terme « électricité primaire » indiqué ci-dessus porte à confusion. Dire que l’électricité est une « source d’énergie » est même un abus de langage. Il est plus juste de la qualifier d’« énergie secondaire » ou de « vecteur énergétique ».

Une forte production d’électricité issue du nucléaire

La France se distingue des autres pays européens du fait de sa forte production d’électricité par le nucléaire. En effet, avec 58 réacteurs nucléaires, le parc français a permis une production électrique nationale de 393,2 TWh en 2018 (+3,7% par rapport à 2017). Cela représentait ainsi 71,7 % de la production d’électricité française[4].


“La France se distingue des autres pays européens du fait de sa forte production d’électricité par le nucléaire.”

En considérant la production d’électricité à partir d’uranium comme de l’énergie importée, la production d’énergie primaire française baisse de 107,6 Mtep ce qui ramène le taux d’indépendance à 12,1%. De plus, en considérant qu’une part de l’électricité est exportée, le taux d’indépendance énergétique en France serait aux environs de 10%.

Il faut ensuite savoir que, depuis 2001, plus aucune mine d’uranium n’est présente sur le sol français. La France est donc obligée d’acheter ou de produire de l’uranium à l’étranger. En 2014, 40% de l’uranium utilisé venaient du Niger, où l’entreprise française Areva possède plusieurs mines d’uranium. Les 60% restants venaient du Kazakhstan, de l’Australie et du Canada, qui sont les plus gros producteurs mondiaux d’uranium. Si les relations entre la France et ces pays venaient à se détériorer, l’approvisionnement en uranium pourrait être compromis. En réalité la France n’est donc pas si indépendante, du moins énergétiquement parlant.

Une très forte dépendance vis à vis des énergies fossiles

Combustible Quantité importée (Mtep) Part de la production électrique Taux d’importation Pays d’approvisionnement
Uranium 99 73% 100% Canada, Australie, Niger, Kazakhstan, Namibie
Gaz 5 4% 98% Norvège, Pays-Bas, Russie, Algérie
Charbon 3 4% 99% USA, Australie, Colombie, Russie, Afrique du Sud
Pétrole 0,7 1% 99% Russie, Arabie Saoudite, Nigéria, Norvège, Algérie

Tableau : Importation d’énergie en France par source de provenance
Sources : EDF, Ministère du développement durable, Connaissance des Énergies

Le pays est également très dépendant du pétrole, du gaz et du charbon. Depuis 2015, la France dépend totalement de l’extérieur pour ces besoins en gaz naturel et en charbon. Pour le pétrole, le taux d’indépendance très faible montre aussi la forte dépendance de notre pays vis-à-vis de l’extérieur pour son approvisionnement en cette énergie.

Finalement, pour atteindre cette indépendance énergétique, il est nécessaire de développer et d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français. Elles sont un atout qui permet de s’affranchir des enjeux géopolitiques et des prix que les marchés internationaux imposent, de diversifier les moyens de production et les sources d’approvisionnement et enfin de sécuriser l’approvisionnement en énergies grâce aux sources d’énergies renouvelables qui sont abondantes et disponibles localement.

 

L’indépendance énergétique, un enjeu d’avenir

En conclusion, l’indépendance énergétique représente donc un enjeu d’avenir. En favorisant une production d’énergie locale, notre pays limiterait ses importations. Cela aurait pour effet direct plus d’indépendance énergétique, tout en favorisant l’émergence de territoires privés d’électricité. Cela impliquerait également le développement des énergies renouvelables.

Pour mieux comprendre les intérêts des énergies renouvelables pour notre planète ainsi que pour l’homme, nous vous invitons à découvrir la 2ème partie de notre dossier sur les enjeux de la transition énergétique de notre mix électrique abordant les défis de l’électricité d’origine renouvelable face au réchauffement climatique.

Nous pourrons enfin conclure sur cette citation de Louis Cartou : « L’énergie c’est plus que la puissance, c’est la vie même qui en dépend : sans soleil toute vie cesse, sans énergie, il n’y a plus ni industrie, ni agriculture, ni transports. Dans ces conditions, celui qui détient l’énergie exerce sur celui qui en dépend un pouvoir absolu de vie ou de mort » (« La politique de l’énergie », 1983).

 

Sources :
[1] EC Europea ; “From where do we import energy and how dependent are we?”
[2] La Croix ; “Rémi Bourgeot : “L’énergie est au coeur de la relation Europe-Russie” “
[3] CDE ; “Réserves d’uranium naturel dans le monde”
[4] Rte ; “Bilan électrique 2018”

Photo by Diego Carneiro ; Frédéric Paulussen

Parcourez les autres chapitres du dossier

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

L’essor économique des énergies renouvelables

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