Climatosceptique : 5 arguments à dégainer à Noël

par | Déc 15, 2021 | Lifestyle

Mise à jour le 24 mars 2022

Noël arrive à grands pas et dans son sillage… Les repas de famille ! On ne va pas vous faire un dessin : les débats animés sur l’écologie, le vaccin, l’écriture inclusive et autres élections présidentielles, promettent d’être plus chauds que la dinde qui sort du four. Tout ceci avec un oncle climatosceptique Jean Mi plus en forme que jamais !

Pour ce qui est de l’écologie et des sujets liés au développement durable, vous nous connaissez, ce n’est pas notre genre de vous laisser livré·e à vous-même. Alors voici notre sélection d’arguments à dégainer en cas d’attaque climatosceptique contre l’écologie, le réchauffement climatique ou les énergies renouvelables :

« Réchauffement climatique tu parles, t’as vu comme ça caille ?! »

argument climatosceptique les réponses qu'il faut

Premier cas typique d’une punchline climatosceptique. Bon, vous pouvez reprendre les bases et répondre que le climat ce n’est pas la météo… D’ailleurs, à court terme on parle plutôt de changement ou dérèglement climatique plutôt que de réchauffement.

Le réchauffement climatique lui est une tendance long terme. Pour parler de réchauffement climatique les experts étudient des données sur 30 ans ou plus. Donc inutile de se référer à un épisode météorologique précis, comme la journée glaciale d’il y a trois semaines, ou l’hiver 1998 où « je me souviens, on a même eu 1 mètre de neige dans le jardin cette année-là ! ».

Le réchauffement climatique est bel et bien présent. Dans son rapport sur l’état du climat mondial, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a enregistré des records de chaleur sur toute la surface du globe [1]. En effet, la température moyenne a augmenté de 1,11°C par rapport à la période préindustrielle de référence qui s’étale de 1850 à 1900. Une augmentation qui peut certes sembler dérisoire, mais qui a de réelles conséquences sur notre écosystème. Les océans en sont le parfait exemple puisque 80% de leur surface ont connu une vague de chaleur cette année. Bilan des courses : « entre niveau des mers et fonte des glaciers, la planète est clairement en train de changer sous nos yeux ».

Donc oui, des vagues de froid il y en a chaque année et il y en aura d’autres dans le futur, mais globalement les températures augmentent bel et bien. Cette augmentation a déjà de gros impacts sur notre écosystème, et cela ira en s’aggravant si rien n’est fait pour contenir le phénomène (coucou la COP26).

« Faut arrêter avec le réchauffement climatique, ce n’est rien qu’un cycle naturel… »

argument climatosceptique réchauffement climatique et effet de serre

Evidemment, comme tout climatosceptique qui se respecte, Jean-Mi possède des connaissances scientifiques qui n’ont rien à envier à celles des scientifiques eux-mêmes.

Certes, les variations climatiques sont des phénomènes naturels bien réels. Mais la question n’est pas là. Le changement climatique est causé par l’effet de serre, lui-même créé par deux sources différentes.

Il existe l’effet de serre naturel (phénomène indispensable à la vie sur Terre puisqu’il permet de maintenir une température moyenne de 15°C au lieu de -18°C) et l’effet de serre anthropique, qui lui est causé par l’activité humaine (nos fameuses émissions de CO2 et de gaz à effet de serre plus généralement). C’est cet effet de serre additionnel qui fait grimper de manière durable les températures. Et pour le coup, vu que ces émissions sont crées par l’Homme, ce n’est pas un cycle naturel ! On peut même dire, que l’Homme altère le cycle naturel de la Terre. Et pour finir de convaincre votre tonton climatosceptique, vous pourrez toujours lui apprendre que le CO2 que nous émettons a une durée de vie de 100 ans dans l’atmosphère !

Si vous souhaitez aller plus loin sur l’effet de serre et le réchauffement climatique, on a aussi un article dédié 😉

« Ne tourner qu’au renouvelable ? Retournons vivre à la préhistoire tant qu’on y est ! »

argument climatosceptique énergies renouvelables et consommation électrique

C’est vrai, il est aujourd’hui très difficile – même impossible – de couvrir la demande électrique uniquement grâce aux énergies renouvelables (EnR).

Mais cela n’a jamais été l’objectif. La transition énergétique du mix électrique a pour objectif de remplacer les moyens de production d’électricité les plus polluants (ceux qui exploitent les énergies fossiles : charbon, gaz, pétrole) par des moyens bas carbone ou sans émission… Autrement dit, les énergies renouvelables mais aussi le nucléaire. On oppose très souvent nucléaire et renouvelable, mais le débat n’est pas là. Certes, le nucléaire a ses avantages et ses inconvénients, mais le fait est qu’en France nous avons les centrales et qu’elles n’émettent pas de CO2. La priorité n’est donc pas de se passer à tout prix du nucléaire, mais bien d’éradiquer de notre mix électrique les énergies fossiles. Rappelons que ces dernières sont responsables de 31% des émissions de CO2 en Europe… [2].

« Les énergies fossiles sont responsables de 31% des émissions de CO2 en Europe. »

Par ailleurs, il faut bien avoir à l’esprit qu’aujourd’hui les EnR sont très loin d’être exploitées à leur maximum. Si l’on orchestrait un développement massif des EnR à l’échelle européenne, on augmenterait leur capacité de production et exercerait une pression sur le réseau électrique.

Prenons un exemple : une éolienne ne produit que lorsqu’il y a du vent (t’inquiète tonton Jean-Mi, on va revenir sur ce point plus bas). Mais du vent il y en a toujours quelque-part… Encore faut-il être là où il souffle pour l’utiliser. En exploitant tout le potentiel éolien (il en va de même pour le solaire ou l’hydraulique) sur l’ensemble du territoire européen, nous augmenterions la part d’énergies renouvelables dans notre mix électrique et aurions de moins en moins besoin de solliciter les moyens de production exploitant les énergies fossiles. D’ailleurs, vous pouvez apprendre à Jean-Mi que la France est actuellement le 2ème gisement éolien offshore d’Europe ! Un potentiel très largement sous-exploité aujourd’hui.

« […] la production d’électricité verte a dépassé celle issue des énergies fossiles […] »

Notons tout de même que malgré un développement toujours en cours, les énergies renouvelables ont montré de quoi elles étaient capables en début d’année 2020 (premier semestre). Fait historique, pour la première fois en Europe, la production d’électricité verte a dépassé celle issue des énergies fossiles : 40% contre 34%, selon une étude de EMBER [3]. Et ça, même en tant que climatosceptique convaincu, difficile de passer à côté ! Une production renouvelable, qui fluctue certes de mois en mois, mais qui progresse régulièrement pour prendre une part de plus en plus grande de notre mix électrique et ainsi assurer de plus en plus nos besoins électriques : la fameuse transition énergétique.

« C’est toujours sur les mêmes qu’on tape, et les industriels on en parle ? »

argument climatosceptique émissions de CO2 dus à la production d'électricité

Les industriels et grandes entreprises ont effectivement une responsabilité importante dans nos émissions de gaz à effet de serre. Mais ce n’est pas une raison pour se dédouaner ! Nous sommes TOUS à notre échelle émetteurs et émettrices de CO2.

En France, un foyer consomme en moyenne 4,6 MWh d’électricité par an [4].Et vous pourrez expliquer à tonton Jean-Mi que cette consommation électrique représente 244,9kg de CO2 émis, [5] toujours sur un an et toujours pour un seul foyer ! Donc les industriels sont responsables oui, mais nous aussi à titre individuel, que ce soit dans nos actes d’achat, dans la vie de tous les jours ou dans notre consommation d’énergie à la maison. L’électricité est un parfait exemple d’impact de notre non-consommation : le réseau électrique devant être équilibré à chaque instant (c’est la physique qui le veut ainsi), la production d’électricité diminuera exactement d’autant que votre consommation d’électricité réduira. A vous d’agir maintenant 🙂.

Et si vous êtes vraiment chaud dans la discussion, vous pourrez pousser un peu et expliquer à votre tonton climatosceptique qu’il peut passer rapidement et gratuitement à une offre d’électricité verte pour réduire ses émissions de CO2 liées à son électricité. Challenge accepted ?

« Les éoliennes non merci : elles sont moches, ne tournent pas et tuent les oiseaux »

argument climatosceptique l'intermittence des éoliennes

Okkkkk. Bon, pas de panique, on a les arguments même pour ce type de punchline climatosceptique !

N°1 : les éoliennes tuent les oiseaux.

Alors, oui il existe des accidents de vol oiseaux/éoliennes… Mais on est encore très loin du génocide. Il faut déjà̀ savoir que les cas de collisions ne concernent que les grosses espèces qui volent assez haut pour atteindre les pales d’éoliennes. Il existe aussi des études (dont celle de la Ligue de Protection pour les Oiseaux) qui ont calculé le nombre moyen d’oiseaux tués par an par une éolienne : 0,97 ! Et devinez combien sont tués à cause d’un seul chat ? 7 par an. Or il y a 14 millions de chats et  6500 éoliennes en France : on vous laisse faire le calcul… Ou encore combien d’oiseaux tués par les pesticides ou la pollution atmosphérique ? Là on peut parler d’un génocide par contre. Donc bon, niveau argument qui tient la route on a vu mieux…

N°2 : les éoliennes ne fonctionnent pas tout le temps.

L’un des arguments phares du climatosceptique convaincu et anti-énergies renouvelables, c’est celui de l’intermittence de leur production (le fait qu’une technologie ne produise pas en continu). Effectivement certaines d’entre elles, comme les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, sont dépendantes des conditions météorologiques pour fonctionner : le soleil ne brille pas 24/24h et le vent ne souffle pas tout le temps, ni à la même force. Par définition, ces technologies ne peuvent donc pas produire de l’électricité à la demande.

Oui MAIS : si nous développions ces moyens de production à grande échelle (nationale et européenne) en exploitant les zones à fort potentiel, nous effacerions petit à petit cette dépendance aux conditions météorologiques. Zones à fort potentiel vous dites ? Nous pensons ici aux régions du sud de l’Europe (comme l’Espagne, la Grèce ou l’Italie) pour l’installation de panneaux solaires, ou encore aux côtes danoises, hollandaises, écossaises ou même françaises pour l’installation de parcs éoliens en mer.

N°3 : les éoliennes détruisent le paysage.

Vous connaissez des gens capables de donner un point de vue objectif sur une œuvre de Picasso ? Non ? Et bien pour les éoliennes, c’est pareil. Un point que tout climatoscpetique, aussi récalcitrant soit-il, pourra difficilement contester…

Et des exemples similaires on en a ! Saviez-vous que la Tour Eiffel était destinée à être démontée après l’exposition universelle tant les gens étaient nombreux à la trouver hideuse ? Et saviez-vous que l’on a longtemps considéré que les phares comme des éléments inesthétiques et non naturels pour le paysage marin ? Nous sommes confrontés exactement à la même question pour les éoliennes… Maintenant, le tout est de savoir si l’on préfère supporter la vue des tours de refroidissement des centrales nucléaires et des grosses usines à gaz, ou bien la vue de parcs éoliens et de panneaux solaires A toi de voir Jean-Mi !

Ça y est, vous êtes au taquet pour faire face au tonton (ou à la tata) climatosceptique qui sévira à Noël, bonne chance !

Sources :
[1] Organisation Météorologique Mondiale ; « Résultat de la synthèse par l’OMM des données mondiales: 2021 est l’une des sept années les plus chaudes jamais enregistrées »
[2] Ministère de la Transition Ecologique ; « Chiffres clés du climat France, Europe et Monde, 2022 »
[3] EMBER ; « Renewables beat fossil fuels »
[4] CRE ; « Observatoire des marchés de détail du 3e trimestre 2021 »
[5] Calcul QuiEstVert. Facteur d’émissions de CO2 : IEA ; « Electricity market report »

Photo by Annie Spratt

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