Idées reçues sur les énergies renouvelables

par | Nov 2, 2020 | Electricité Verte

« Les énergies renouvelables, ça coûte trop cher. Jamais elles ne pourront couvrir à elles seules l’ensemble des besoins énergétiques. Et en plus, elles polluent. »
Voilà un certain nombre d’idées reçues sur les énergies renouvelables qui ont surement dû arriver jusqu’à vos petites oreilles (et auxquelles vous croyez peut-être). Mais sont-elles réellement fondées ? Encore une mission pour QuiEstVert, qui démêle le vrai du faux pour vous !

1. Les énergies renouvelables (EnR) coûtent beaucoup trop cher.

FAUX

Attaquons par l’idée reçue la plus persistante : les EnR coûtent trop cher. Et bien c’est un grand FAUX. Dans l’un de ses derniers rapports, « Renewable power generation costs in 2019 », l’IRENA explique clairement et sans équivoque que le coût de production des énergies renouvelables dans le monde ne cesse de baisser depuis 2010.

Coût de production selon les technologies solaires et éolienne de 2010 à 2020

Les coûts de production des énergies renouvelables ont fortement baissé en 2010 et 2019

Entre 2010 et 2019, on a enregistré une diminution de 82% des coûts de production des panneaux photovoltaïques, de 47% pour le solaire thermique, de 39% pour l’éolien terrestre et de 29% pour l’éolien offshore.

Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement parce que contrairement aux énergies fossiles, les EnR ne sont pas limitées en quantité. Nous avons donc d’un côté les énergies fossiles, dont l’accès aux ressources est de plus en plus compliqué – aussi bien en raison des manœuvres politiques à effectuer, qu’en raison des points de forage toujours plus difficiles d’accès – et dont les coûts opérationnels ne cessent de croître. De l’autre, nous avons les énergies renouvelables, dont les technologies qui les exploitent sont de plus en plus performantes, générant ainsi des économies d’échelle sur les coûts opérationnels (construction, démantèlement, recyclage).

Et ce n’est pas tout. Non seulement les coûts des énergies renouvelables baissent, mais ils sont aussi en phase de rattraper ceux des énergies fossiles, et ça c’est une vraie bonne nouvelle ! Car selon le même rapport de l’IRENA, le charbon – première source d’énergie utilisée en Europe – ne serait plus la solution la moins coûteuse. A titre d’exemple, 75% des projets éoliens mis en service en 2019 ont été moins coûteux que ne l’aurait été la moins chère des solutions exploitant du fossile.

👉 Si le sujet vous intéresse, nous vous conseillons l’un de nos articles, dédié aux énergies renouvelables et à la relance économique.

2. Les énergies renouvelables ne peuvent pas couvrir la demande électrique.

VRAI, mais faisons en sorte que cela devienne FAUX

L’un des arguments le plus souvent brandi par les anti-EnR est celui de l’intermittence des énergies renouvelables, qui de ce fait, les empêcherait de couvrir l’ensemble de nos besoins en électricité. Effectivement certaines technologies, à l’instar des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, sont dépendantes des conditions météorologiques pour fonctionner : le soleil ne brille pas 24/24h et le vent ne souffle pas tout le temps à la même force. Par définition, ces technologies ne peuvent donc pas produire de l’électricité à la demande. Par ailleurs, il est clairement établi qu’avec les moyens de production actuels, les énergies renouvelables ne sont pas – à ce jour – en capacité de subvenir à l’ensemble de nos besoins en énergie.

Oui mais voilà : si nous développions les moyens de production renouvelables à très grande échelle (au niveau national certes, mais aussi et surtout à l’échelle européenne), cela exercerait une pression sur le réseau électrique et ainsi pourrait couvrir la majorité de la consommation électrique européenne. Comment ? En développant les moyens existants, en en construisant de nouveaux, tout en exploitant les zones à fort potentiel. Par zones à fort potentiel, nous pensons notamment à des régions du sud (comme l’Espagne ou l’Italie) en y installant davantage de panneaux solaires par exemple, ou encore aux côtes danoises et hollandaises avec davantage de parcs éoliens. A ce propos, saviez-vous que la France est le 2ème gisement éolien offshore d’Europe ? Un potentiel encore quasi inexploité aujourd’hui…

Quoiqu’il en soit, la mise en pratique d’un développement massif des EnR leur permettrait d’occuper une place majoritaire dans le mix de production européen et de couvrir ainsi une plus grande partie de nos besoins en énergie.

Les EnR ont produit plus que les énergies fossiles au premier semestre 2020 !

Pour la première fois en Europe, les EnR ont produit davantage d’électricité que les énergies fossiles. Un fait historique que nous avons analysé en détail dans un récent article.  Les EnR ont ainsi pris le relai sur le fossile, sans la moindre interruption ni dysfonctionnement sur le réseau. Ce fait est d’autant plus notable qu’il a eu lieu en hiver, la période de l’année où la consommation électrique est la plus élevée. Les énergies renouvelables ont ici largement démontré leur potentiel et nous donnent un aperçu de la demande électrique qu’elles pourraient couvrir si elles étaient développées à plus grande échelle.

Part (%) de la production électrique des énergies renouvelables et des énergies fossiles dans le mix de production européen au premier semestre 2020

Les énergies renouvelables ont produit plus que les énergies fossiles

 Source : rapport EMBER 2020.

Enfin, peut-être vous êtes-vous dit en lisant cette idée reçue que tout serait bien plus simple si l’on pouvait stocker l’électricité pour pallier les baisses de production. Et vous avez raison ! Notons que des technologies sont aujourd’hui à l’essai pour pouvoir emmagasiner l’électricité, ceci dans le but de l’injecter dans le réseau en cas de pic de consommation ou de baisse de production. Ces moyens existent d’ailleurs déjà dans les centrales hydroélectriques, dont la STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage), qui fonctionne grâce à un système de cycle pompage-turbinage.

3. Produire de l’électricité à partir des énergies renouvelables consomme plus d’énergie que cela n’en fournit.

FAUX

Sur toute leur durée de vie, les technologies exploitant les énergies renouvelables produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Pour vérifier cela, on calcule le temps de retour énergétique, qui est le rapport entre l’énergie utilisable et l’énergie dépensée.

Prenons l’exemple d’un panneau photovoltaïque, dont la durée de vie moyenne est de 30 ans. On constate dans le graphique ci-dessous que, selon les technologies, il faudra entre 2 et 4 ans de production énergétique au panneau pour amortir l’énergie qui aura été nécessaire à sa fabrication, son fonctionnement, sa maintenance, son démantèlement, etc. Autrement dit, un peu moins d’un 5ème de sa durée de vie !

4. Les énergies renouvelables polluent.

VRAI

Avant toute chose, précisons que nous parlerons de pollution dans cette idée reçue, nous ne traiterons que les émissions de gaz à effet de serre, mais évidemment nous savons qu’il y a d’autres pollutions environnementales à prendre en compte.

Ce qu’il faut d’abord bien avoir en tête, c’est que les énergies renouvelables n’émettent pas de CO2 lorsqu’elles produisent de l’électricité. Rien, zéro, nada, walou. En revanche, si l’on prend du recul et que l’on regarde l’ensemble du cycle de vie de ces installations (parcs éoliens, centrales hydroélectriques, parcs photovoltaïques…) on se rend compte qu’elles ont bien un impact environnemental. Des gaz à effet de serre sont en effet rejetés sur des étapes clés de leur vie, comme lors de leur fabrication, de leur maintenance ou encore de leur démantèlement.

Pour quantifier les émissions des centrales électriques (exploitant les EnR ou non), on utilise l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). Une méthode qui va tenir compte de l’ensemble des impacts qu’elles vont avoir sur l’environnement (écotoxicité, impact sur la biodiversité, pollution des sols, émissions de CO2 etc…) lors de toutes les étapes de la vie d’un produit (extraction des matières premières, fabrication, mise en service, transport, maintenance, distribution, recyclage, gestion des déchets de fin de vie etc…)

Facteur d’émission de CO2 selon la source d’énergie utilisée

les énergies renouvelables émettent beaucoup moins de CO2 que les énergies fossiles

Source : ADEME

C’est donc grâce à l’ACV que l’on sait que les EnR ont un impact environnemental, mais surtout qu’elles émettent beaucoup moins de gaz à effet de serre que les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole). C’est le cas non seulement lorsqu’elles produisent de l’électricité (les énergies fossiles étant extrêmement polluantes et émettrices de CO2), mais aussi sur l’ensemble de leur cycle de vie (les extractions de matières étant beaucoup plus importantes et polluantes pour le fossile, tout comme leur transport, etc.).

Vous l’aurez compris, l’impact des énergies fossiles sur l’environnement – au travers des fortes émissions de CO2 qu’elles génèrent – ne fait aucun doute. Cet impact est beaucoup plus important que celui des énergies renouvelables et du nucléaire. Si l’on regarde ces chiffres d’un peu plus près, on remarque que le solaire présente un facteur d’émissions de CO2 plus important que les autres EnR. Cette différence est due au fait que les panneaux photovoltaïques des générations actuelles sont fabriqués à partir de métaux rares. Métaux qu’il faut extraire et qui mobilisent des hommes et des installations, le tout émettant effectivement des GES. Notons néanmoins que ces émissions restent bien en deçà de celles qui sont relatives au fossile et que des nouvelles technologies de PV n’utilisant pas ou peu de métaux rares sont déjà en cours de développement et seront bientôt installées.

5. Les énergies renouvelables émettent plus de CO2 que l’énergie nucléaire.

VRAI

Oui les énergies renouvelables émettent davantage de CO2 que le nucléaire. Et oui, cette idée reçue est fortement corrélée à la précédente. Vous l’aurez compris, les technologies exploitant les EnR génèrent des émissions de CO2 tout au long de leur cycle de vie. Comme vous le constatez dans le visuel ci-dessus, leurs émissions par kWh sont mêmes supérieures à celles du nucléaire, avec 6g de CO2eq/kWh pour le nucléaire, contre 55g pour le solaire, 14g pour l’éolien et sont égales à l’hydraulique avec 6g aussi (qui est la plus grande source source d’EnR en France). Ceci explique d’ailleurs pourquoi le mix de production français est fortement décarboné par rapport à celui de nos voisins européens : le nucléaire et les énergies renouvelables assurent en effet globalement 90% de la production électrique de notre pays.

Chez QuiEstVert, nous ne pensons pas qu’il faille se concentrer sur l’abandon du nucléaire en Europe, mais plutôt sur l’arrêt définitif des centrales électriques émettant le plus de CO2 : c’est-à-dire les centrales à charbon en priorité, suivi des centrales au gaz et du pétrole. Pourquoi ? Parce que le charbon est aujourd’hui la première source d’énergie utilisé pour produire de l’électricité en Europe et c’est aussi le moyen de production le polluant avec 1,060 kg de CO2 eq émis dans l’atmosphère pour chaque kWh produit. C’est donc sur le charbon (et les énergies fossiles en général) qu’il convient de concentrer nos efforts – et les débats – si l’on veut décarboner le mix électrique européen et accomplir notre transition énergétique.

6. Le développement des énergies renouvelables ne peut pas se faire sans subvention.

FAUX

Non seulement les EnR peuvent être développées sans subvention publique (soutien financier de l’Etat), mais surtout cela existe déjà ! En 2018, pour la première fois en Europe, un projet de parc éolien offshore financé sans subvention a été lancé aux Pays-Bas. En 2023, il sera capable d’alimenter 1 million de foyers (soit 2,5% des besoins en électricité du pays). Depuis, toujours aux Pays-Bas, 2 autres ont été lancés et également sans subvention.

Comment ce scénario est-il rendu possible ?

Lorsqu’un consommateur souscrit à un contrat d’électricité verte, il achète les Garanties d’Origine (GO) associées, qui attestent légalement l’origine renouvelable de l’électricité et participe au financement des producteurs renouvelables. Ainsi, dans les pays où la consommation volontaire d’électricité verte (donc de GO) est élevée, la Garantie d’Origine a atteint des niveaux de prix qui permettent d’investir durablement dans de nouveaux moyens de production renouvelables sans faire appel aux aides de l’Etat et en concurrençant définitivement les autres technologies. Pour reprendre l’exemple de nos voisins hollandais, où la consommation volontaire d’électricité verte était de 47,18% en 2019, la Garantie d’Origine a atteint les 7€/MWh, un prix suffisamment rentable pour lancer les projets éoliens offshore évoqués ci-dessus.

A noter que cette tendance ne se limite plus qu’aux Pays-Bas : en Ecosse et en Espagne, des projets similaires voient le jour, dans la filière éolienne mais aussi celle du photovoltaïque. En France nous n’en sommes pas encore à ce stade… Avec 10,90% de consommation volontaire d’électricité verte, il faudrait dans un premier temps que consommateurs finaux et professionnels s’engagement collectivement et massivement dans la consommation d’électricité d’origine renouvelable. Ceci dans le but de valoriser davantage les Garanties d’Origine émises par les producteurs français et pouvoir, à terme, créer des signaux d’investissements favorables, durables et sans subvention publique vers ces énergies.

7. Les énergies renouvelables favorisent la création d’emplois.

VRAI

Savez-vous que les énergies renouvelables ont permis d’employer 11 millions de personnes à travers le monde en 2018 ? Et que ce sont 700 000 emplois de plus par rapport à l’année précédente ? Selon son 6ème rapport sur le sujet, l’IRENA dressait en début d’année ce constat, plutôt réjouissant.

Nombre d’emplois à travers le monde liés directement aux énergies renouvelables

répartition des créations d'emplois dans le secteur des énergies renouvelables par pays

Bien que ces emplois se concentrent dans un petit nombre de pays (la Chine en tête), l’Union Européenne n’en demeure pas moins un bassin porteur pour l’emploi dans le secteur du renouvelable. En 2017, elle concentrait en effet plus d’1,2 millions de postes, dont plus de 314 000 rien que pour la filière éolienne. Et parmi les pays qui emploient le plus, on retrouve l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni, l’Espagne… Et la France !

La France qui reste à la traine mais qui n’en représente pas moins un vrai potentiel, notamment pour la filière éolienne, qui en 2017 employait 17 100 personnes (+ 37% par rapport à 2014). Parmi les régions du pays qui emploient le plus, on retrouve ainsi le bassin parisien (avec de nombreux sièges sociaux), la région Nord-Est (50% des centrales du pays), les régions Auvergne Rhône-Alpes, PACA et Occitanie (79% de la puissance installée hydraulique).

Notons enfin qu’au vu de la conjoncture économique du secteur (cf. la baisse des coûts de production vue en Idée reçue 1) et de la multitude de projets à venir (par exemple, 2 projets de parcs éoliens offshore mis en service en France d’ici 2022), il y a fort à parier que le nombre d’emplois générés par les EnR continuera de croître dans les prochaines années.

8. Les énergies renouvelables affectent la compétitivité économique des entreprises.

FAUX

Non, les énergies renouvelables n’ont pas d’impact négatif sur la compétitivité des entreprises, au contraire. Et ceci pour deux raisons.

Premièrement, il faut bien avoir à l’esprit que le réchauffement climatique engendrera (et engendre déjà) des coûts bien réels pour les entreprises. En effet, selon le rapport du CDP « Global Climate Change Analysis 2018 », les pertes financières liées au réchauffement climatique pourraient bien atteindre le milliard de dollars pour les 200 plus grandes entreprises de ce monde. Et vous imaginez bien que ce ne seront pas les seules. Ces pertes sont avant tout liées à l’augmentation des coûts d’exploitation (= installation de systèmes de refroidissement pour contrer la hausse des températures, réparations à la suite de fortes intempéries, etc.) Elles sont également le résultat d’un manque de confiance des consommateurs qui, dans le contexte d’une prise de conscience générale des problématiques environnementales, se désintéressent des enseignes qui n’intègrent pas le développement durable dans leur chaîne de valeur (= image ternie, manque de confiance, transparence etc.).

La consommation d’électricité d’origine renouvelable constitue donc une solution concrète pour ces entreprises qui souhaitent envoyer des signaux positifs à leurs clients et à leurs parties prenantes, tout en devenant actrices de la transition énergétique et ainsi participer au développement des énergies renouvelables et lutter contre le dérèglement climatique.

Et voilà !

Voici donc ce que l’on pouvait dire pour faire la lumière sur les idées reçues sur les énergies renouvelables. Des choses que vous avez apprises ? Qui vous ont surpris ? Faites-le nous savoir ! Et sinon, nous avons fait le même travail pour les Idées reçues sur l’électricité et les Idées reçues sur l’électricité verte.

 

Sources :
IRENA ; “How falling costs make renewables a cost-effective Investment”
IRENA ; “Renewable Energy and Jobs – Annual Review 2019″
EMBER ; “Renewables beat fossile fuels”
CDP ; “Global Climate Change Analysis 2018”

Photo by Mark Merner

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