Mathieu Boselli et Elisande Bourry nous racontent l’engagement environnemental de Valrhona

par | Nov 19, 2019

Le leader énergie et le responsable sécurité-environnement de Valrhona nous ont offert du temps pour parler des motivations de la chocolaterie à consommer de l’électricité verte. Nous apprenons que Valrhona fait de nombreux efforts pour réduire son impact environnemental. Un exemple de politique RSE à suivre !  

 

Pouvez-vous brièvement présenter Valrhona ainsi que votre rôle au sein de l’entreprise ?  

Mathieu Boselli

 

Mathieu Boselli : Je suis leader énergie chez Valrhona depuis 4 ans. Cela fait 14 ans que je suis dans l’entreprise. 

 

Elisande Bourry

Elisande Bourry : Je suis responsable sécurité-environnement depuis 6 ans chez Valrhona. Notre entreprise est une chocolaterie à Tain-l’Hermitage qui fabrique, conçoit, distribue ses produits à travers le monde. Nous sommes 850 et avons deux sites de production : un site historique et un site plus récent.  

 

Depuis quand consommez-vous de l’électricité verte et par quel biais ?  

Mathieu Boselli : Nous consommons de l’électricité verte depuis un moment déjà, mais les Garanties d’Origine (GO) ne couvraient pas l’ensemble de notre consommation. La question de passer à 100% s’est donc posée naturellement afin de consolider notre engagement envers les énergies renouvelables et en accord avec la politique environnementale du groupe. Nous sommes donc passés sous un contrat d’achat des certificats de GO avec Origo, depuis 3 ans, pour la totalité de notre consommation.

Valrhona

Quelles motivations vous ont poussés à passer à 100% d’électricité verte ? 

Mathieu Boselli : Cela s’inscrit dans une politique environnementale plus large qui est tout un ensemble d’objectifs de réduction de notre impact environnemental de 50% d’ici 2025. Ce sont des objectifs que nous nous sommes fixés dès 2013. Cela englobe plusieurs aspects tels que l’énergie, le bilan carbone, les déchets, ou encore la consommation d’eau. Notre ambition est de diviser par deux notre impact environnementalA partir de ce constat, nous avons beaucoup de chantiers à mener pour rendre nos sites de productions plus sobres. Pour nous, le fait d’acheter des certificats de GO nous permettait de faire du renouvelable sans avoir à investir sur nos sites dans les énergies vertes et à mener des projets de moyens de productionInstaller des panneaux photovoltaïques ou une éolienne aurait été tout à fait faisable, mais l’argent qu’il aurait fallu investirle rapport temps et moyens humains, l’énergie associée que cela représente pour mettre en œuvre ces projets, aurait été trop important et chronophage, nous préférions les faire porter par d’autres professionnelsMais ces projets vertueux auxquels nous croyons, nous les favorisons et les finançons à travers l’achat de certificats de GO. Nous avons affaire à des gens dont c’est le métier, qui sont spécialistes de leur sujet et qui mettent cela en œuvre à une échelle beaucoup plus rentable techniquement, économiquement, environnementalement même, plutôt que de faire nous-même quelque chose qui n’aurait pas un vrai sens technico/économique et environnemental. Ce point clé nous a amenés à nous concentrer, à investir, et travailler sur des projets de réduction de notre consommation. 

 

Pourquoi avoir choisi d’acheter des Garanties d’Origine plutôt que de passer par une offre verte, électricité et Garanties d’Origine associées ? 

Mathieu Boselli : Au début de la démarche, nous nous sommes posés la question. Nous avons étudié l’hypothèse du certificat de GO et nous nous sommes demandé si c’était vraiment « vert »comme beaucoup de monde je pense. Est-ce vraiment vertueux ? Est-ce que ce n’est pas juste un mécanisme de greenwashing ? Et puis lorsque nous avons été convaincus que c’était quelque chose de positifen comprenant son mécanisme, nous préférions nous entourer d’un opérateur indépendant de la vente délectron et dont le métier était la gestion et la vente de certificats de GO. Nous avons trouvé ce principe intéressant pour éviter d’avoir quelqu’un qui soit juge et partie, et que la notion de la négociation du prix de la fourniture d’électricité rentre en compte. On décorrèle complètement les deux et on fait appel à un opérateur dont c’est le métier.  

 

En quoi votre consommation d’électricité verte est en accord avec les valeurs de votre entreprise ?  

Elisande Bourry : La RSE est un des piliers de l’entreprise, orientée autour de 4 ambitions : le cacao, l’empreinte environnementale, la promotion et la préservation de la gastronomie, et enfin le travail avec nos fournisseurs, partenaires, collaborateurs, pour avoir une vision partagée du devenir de l’entreprise. Pour ce pilier RSE/environnementMathieu Boselli l’a déjà mentionné ; notre objectif est de réduire notre empreinte environnementale de -50% [Nous avons fait -26% l’année dernière]Concernant les énergies renouvelables, 69% de notre énergie – gaz inclut – est d’origine renouvelable. Grâce à cette consommation d’électricité verte, nous avons pu économiser 1000 tonnes de CO2 ; en fonction des années, cela représente 25% à 35% de notre bilan carbone. C’est un point clé, d’autant plus qu’aujourd’hui nous fixons d’autres ambitions autour du climat et de notre stratégie pour être aligné avec la limitation des « moins 2°C », avec des ambitions sur la neutralité carbone à l’horizon 2025.  

Valrhona

 

Avez-vous eu des freins particuliers dans votre passage à l’électricité verte ? 

Mathieu Boselli : Non, la décision s’est prise en un aller-retour de mails et une validation finale lors d’une revue de direction. Cela a été très rapide et a fait sens tout de suite. 

Elisande Bourry : C’était aussi un moyen d’en parler en interne. Nous avons pu sensibiliser les collaborateurs et les faire questionner : eux à leur niveau, que peuvent-ils faire ? 

 

Est-ce que vous avez pris d’autres engagements éco-responsables récemment ?  

Elisande Bourry : Un peu tout le tempsMathieu prend des engagements sur tous les investissements relatifs à la réduction de la consommation d’énergie, électricité et gaz. Les engagements récents importants concernent la neutralité carbone. Nous travaillons sur la lutte contre la déforestation, le déploiement de pratiques agricoles en agroforesterieNous élargissons notre ambition sur tout notre spectre. Pas seulement les entités de production, ou de fabrication de chocolats, mais également l’ensemble de l’amont et aval ayant trait à la distribution de nos produits. 

 

Un futur défi à relever ?  

Mathieu Boselli : Quand nous avons fixé en 2013 nos ambitions environnementales, nous voulions consommer 50% d’énergies renouvelables. Donc dès 2015, nous sommes passés bien au-delà grâce à l’achat d’électricité verte. Malheureusement, un tiers de notre consommation d’énergie reste du gaz naturel, et cela doit changer. A partir de là, deux types de défis restent à relever : l’un très concret ; mettre en place une unité de biomasse pour éviter d’utiliser deux tiers de ce gaz et être autonome en énergie. Nous utiliserions comme source l’un des déchets de notre activité ; la coque des fèves de cacao que nous utilisons dans notre chocolat. Et pour le tiers restant, un défi qu’Origo va nous aider à relever dans les années qui viennent ; l’approvisionnement en gaz vert de la même manière que nous percevons aujourd’hui notre électricité verte.  

 

Merci à Elisande Bourry  et Mathieu Bosellipour cette interview.

Vous pouvez retrouver leur actualité sur : https://fr.valrhona.com/

 

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