Les géants des énergies fossiles ont dépensé 1 milliard en lobbying

par | Avr 3, 2019 | Actualités

Depuis les accords de Paris de 2015, c’est bien la somme d’un milliard de dollar qui a été dépensée dans le lobbying pro énergies fossiles par les 5 géants du secteur. C’est l’ONG britannique InfluenceMap chargée de suivre l’action d’influence des entreprises qui a révélé cette information dans son dernier rapport de mars 2019 « Le véritable calendrier du changement climatique des géants pétroliers »[1].

$200 millions par an de lobbying pro fossiles

ExxonMobil, Shell, Chevron, BP et Total ont dépensé chaque année 200 millions de dollar en lobbying pour « étendre leurs opérations en matière d’énergies fossiles » portant le total à 1 milliard sur les 5 ans qui nous séparent désormais des accords de Paris. Et Influencemap a uniquement concentré l’étude sur ces 5 entreprises pétrolières.

dépenses en lobby climatique

Greenwashing vous dîtes ?

En dehors des sommes astronomiques dépensées en « marketing climat » comme elles le mentionnent dans leurs communications officielles, l’ONG britannique pointe du doigt notamment les doubles jeux et discours des entreprises du pétrole. Sur plus de 110 milliards de dollars d’investissement de capitaux prévus pour 2019, seuls 3,6 milliards concernent des projets bas carbone, souligne le rapport.

lobby petrole greenwashing

ExxonMobil écrit dans son « Energy and Carbon Report » de février 2018 :

« Nous avons exprimé notre soutien en faveur d’une taxe sur le carbone et nous avons récemment rejoint le Conseil pour le leadership en faveur de la taxe sur le carbone du Climate Leadership Council. »

Or, Chet Thompson, PDG de l’American Fuel and Petrochemical Manufacturers (AFPM) que finance largement ExxonMobil, disait en mars 2019 :

« [Une taxe sur le carbone serait] une mauvaise politique publique […] Pour le moment, en tant qu’association professionnelle, nous n’appuyons pas une taxe sur le carbone. »

Autre exemple, le président de Shell, Ben Van Beurden en mars 2017 clamait à la CERAWeek :

« La prochaine étape devrait être que les gouvernements mettent en place les bonnes politiques […]. Ils devraient inclure des réglementations qui accélèrent les investissements dans les technologies à faible émission de carbone tout en stimulant la demande des consommateurs. »

A l’inverse, l’API, association financée par Shell, a étayé une opinion opposée devant la chambre des représentants des Etats-Unis en mai 2018 :

« L’Institut américain du pétrole (API) s’oppose aux mandats et aux subventions […] le niveau de pénétration du marché atteint par les véhicules électriques ne devrait pas dépendre de l’intervention du gouvernement. »

Shell qui selon le rapport dépenserait 49 millions de dollars par an en lobbying climatique a répondu : « Nous sommes très clairs quant à notre soutien à l’accord de Paris et nos démarches pour répondre aux besoins sociétaux en faveur d’une énergie plus propre« .

Image de marque d’un côté, intérêts financiers de l’autre.

Influencemap met en avant 2 types de financements : Le « Climate Lobbying » via le financement des Trade Associations et le « Climate Branding« , la création d’une image de marque green et engagée pour le climat.

L’ONG anglaise met en évidence le fait que les grands groupes pétroliers ne s’opposent frontalalement aux politiques pour le climat. En effet, cela engendrait des positions intenables et une dégradation forte de l’image de l’entreprise. Ces Trade Associations effectuent désormais ce travail « car ces groupes professionnels sont plus faciles à se cacher et à défendre« .

Autre élément clef du financement de ces Trade Assocations que nous rapporte Influencemap est qu’un « groupe professionnel mandaté pour représenter l’ensemble du secteur ainsi que la force de l’argument « emploi / croissance » qu’il défend peut s’avérer bien plus puissant qu’une sortie de la part d’une seule entreprise.« 

lobby petrole greenwashing 2

Sources : [1] Influencemap, L’Express

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