Les énergies renouvelables : moteur de relance pour l’économie

par | Juin 30, 2020 | Actualités

Crise économique, croissance, relance de l’activité… Des thèmes qui – en cette période post-crise sanitaire, vont encore rester d’actualité pendant de nombreux mois…
Le problème dans nos économies actuelles, c’est que croissance rime rarement avec transition énergétique et développement durable. A cause de la crise du COVID, le prix du baril de pétrole a connu des prix historiquement bas, et cette énergie primaire polluante est rapidement redevenue attractive économiquement pour le secteur de l’énergie. Ceci alors que dans le même temps, les énergies renouvelables ont été capables d’assurer une part inédite de la production électrique durant la crise
Sur quoi la France peut-elle (et doit-elle) miser pour relancer l’économie, sans perdre de vue ses objectifs de transition énergétique ? Les énergies renouvelables sont-elles une solution ?

 

Le coût de production des énergies renouvelables ne cesse de baisser

Attaquons dans le vif du sujet et parlons coûts. Dans son dernier rapport « Renewable power generation costs in 2019 », l’IRENA dresse un constat clair : le coût de production des énergies renouvelable (EnR) ne cesse de diminuer depuis 2010. Et les chiffres sont parlants : diminution de 82% des coûts de production des panneaux photovoltaïques, de 47% pour le solaire thermique, de 39% pour l’éolien terrestre et de 29% pour l’éolien offshore [1].

Coût de production en USD/kWh par technologie

Une baisse rapide et phénoménale qui s’explique par le fait que les énergies renouvelables ne connaissent pas l’effet de rareté (contrairement aux énergies fossiles) et que leur développement dépend uniquement de nos avancées technologiques. En effet, là où il faut creuser toujours plus loin et effectuer toujours plus de manœuvres politiques pour accéder à des ressources fossiles, les technologies utilisées pour exploiter les EnR se font toujours plus efficaces et perfectionnées, générant au fil du temps des économies d’échelle.

Autres chiffres parlants proposés par l’IRENA : la capacité de production (en kW) qu’il est possible d’atteindre pour un même investissement (entre 2010 et 2019).
👉 Pour 1 million de dollars US investis dans les panneaux photovoltaïques en 2010, il était possible de produire 213 kW d’électricité. En 2019, il était possible de produire 1 005 kW pour le même montant investi !
👉 De même pour l’éolien terrestre : pour 1 million de dollars US investis il était possible de produire 514 kW en 2010, contre 679 kW en 2019.

Capacité de production des énergies renouvelables pour un même investissement

Source : IRENA ; « How Falling Costs Make Renewables a Cost-effective Investment »

L’option charbon n’est plus la moins coûteuse

Dans son rapport, l’IRENA met également en avant le fait que le charbon – actuellement source d’énergie la plus utilisée pour produire de l’électricité dans le monde (40% de la production) et en Europe, n’est plus la solution la plus économique.

En effet, dans 56% des projets mis en service en 2019 et étudiés par l’IRENA, il est apparu que les EnR constituaient une solution plus avantageuse en termes de coûts de production que ne l’aurait été la moins chère des solutions exploitant du fossile. Et si l’on se penche sur l’éolien, cette part grimpe à 75%.

Beaucoup seront tentés de dire que la France n’est pas concernée puisqu’elle produit majoritairement son électricité grâce au nucléaire (70,6% en 2019). Néanmoins, rappelons que notre réseau électrique est européen, et que de nombreux pays font encore tourner des centrales à gaz et à charbon. En tant que consommateurs français, nous jouons un rôle dans le maintien de ces centrales. On vous explique pourquoi ici.

 

Les énergies renouvelables créent de l’emploi

Au-delà des coûts de production en baisse, le secteur des énergies renouvelables participe aussi à la création d’emplois. En 2018, cela concernait plus de 11 millions de personnes à travers le monde (+6,80% par rapport à l’année précédente). Côté européen, les EnR embauchaient en 2017 plus d’1,2 million de personnes. Et parmi les pays qui participent le plus à la création de ces emplois, on retrouve l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la France.

Qu’en est-il de la France justement ? Notre pays représente aujourd’hui un potentiel encore trop peu exploité. Prenons l’exemple de la filière éolienne : cette dernière représentait en 2018 plus de 17 100 emplois sur le territoire, soit +37% par rapport à 2014. Certes, c’est un bon début. Mais en étant le 2ème gisement éolien offshore du continent, nous avons bon espoir que ce chiffre continue de croître ces prochaines années… Notamment grâce aux nombreux projets offshores lancés dernièrement.

Les emplois créés par les énergies renouvelables, par technologie

Penchons-nous également sur les emplois créés par technologie (graphique ci-dessus). On note que le photovoltaïque, les biocarburants et l’hydraulique constituent les filières porteuses. En 2018, elles embauchaient respectivement 3,60 millions ; 2,06 millions et 2,05 millions d’emplois. Soit à eux seuls, 70% des postes sur secteur…

Pour aller plus loin sur ce sujet, nous vous conseillons vivement notre article « Les énergies renouvelables créent de l’emploi ! ».

Les énergies renouvelables un tremplin pour l’emploi en France.

Autre information intéressante que nous mettons en avant dans un dossier complet dédié aux enjeux de la transition énergétique du mix électrique, celle du ratio entre production d’électricité et création d’emplois selon les différentes énergies (cf. tableau ci-dessous).

Rapport production d’électricité et création d’emplois en France en 2018

  Production d’électricité (en GWh) Chiffre d’affaire Emplois directs en France (emploi / GWh)
Total Renouvelable (inclus énergies marines et géothermie) 111 140 15 776 48 610 2,29
Hydraulique 64 220 3 100 11 590 5,54
Eolien 27 869 5 183 18 200 1,53
Solaire 10 708 4 688 7 050 1,52
Bioénergie 7 865 2 231 9 681 0,81
Nucléaire 393 200 46 000 220 000 1,79

Source: ENEDIS, RTE et Observ’ER, baromètre des énergies renouvelables 2018

Comment lire ces informations ? Et bien c’est très simple : pour produire 1 TWh d’électricité, les énergies renouvelables (toutes confondues) emploient directement en France 2229 personnes. La filière renouvelable est ainsi la filière énergétique avec le meilleur ratio emploi crée / GWh produit. Cependant ce chiffre est à modérer en prenant en compte que la filière hydraulique a un potentiel de développement plutôt limité sur notre territoire. En réalité, ce sont les filières photovoltaïque et éolienne qui possèdent le plus grand potentiel de développement, surtout au regard de l’énorme gisement éolien en mer inexploité que les côtes françaises représentent. 

Au vu du rapport de l’IRENA et des objectifs fixés par la PPE, la transition énergétique de notre pays et de l’Europe plus globalement va permettre un essor massif des énergies renouvelables. Il est évident qu’en plus de devenir complémentaires à la filière nucléaire, les filières photovoltaïque et éolienne françaises vont devenir un véritable tremplin pour l’emploi dans les années à venir.

 

… Et elles pourraient en créer encore plus !

Tous les chiffres énoncés plus haut sont certes encourageants, mais ne représentent encore qu’une petite partie du potentiel économique que constituent les énergies renouvelables. Et comme évoqué en introduction, nous en avons eu un aperçu pendant la crise du COVD-19.

Le cas du COVID-19

Les EnR ont respectivement représenté 26,93% et 23,61% de la production totale d’électricité en mars et avril derniers, contre une moyenne de 19,84% sur l’année 2019. Dans notre dernier article actualité « COVID-19 et énergie : 5 points à retenir », nous vous expliquons en détails les raisons de cette tendance, qui sont les suivantes :

  • En cas de forte baisse de la consommation électrique – ce qui a été le cas dernièrement, la priorité est donnée aux centrales renouvelables dont la production est dite « fatale » (= que l’on ne peut pas contrôler). Ce qui est logique : on ne peut pas empêcher l’eau de couler, ni le vent de souffler, ni le soleil de briller, etc. : autant en profiter quand les conditions météorologiques sont réunies.
  • Pendant le confinement la consommation électrique journalière moyenne a connu une baisse de 15 à 20%. Cela a mécaniquement demandé à la production de s’équilibrer, donc de baisser, laissant une plus grande part aux énergies renouvelables dans le mix de production.
  • Notons par ailleurs que les mois de mars et d’avril ont été particulièrement venteux et ensoleillés. Des conditions météorologiques qui ont largement favorisé la production éolienne et solaire sur le territoire.

 

Ces deux facteurs couplés ont engendré une diminution de la production des centrales nucléaires, centrales à gaz, fuel et à charbon un peu partout en Europe. La part des énergies renouvelables dans le mix de production électrique européen a donc nettement augmenté. Et tous les foyers n’en n’ont pas moins été alimentés en électricité !

Finalement, la crise sanitaire aura montré que même intermittentes, les énergies renouvelables sont capables d’assurer une partie plus importante de notre production électrique : la définition même de la transition énergétique.

 

Conclusion

Finalement, ce sont autant de signaux positifs qui amènent à penser que les EnR constituent un véritable levier de relance économique après la période que nous avons vécue. Pour aller plus loin et exploiter leur potentiel, il suffit de se donner les moyens de le faire en :

  • Développant les moyens de production actuels et en en construisant de nouveaux ;
  • Exploitant les zones géographiques du territoire français à fort potentiel ;
  • Faisant le choix à notre échelle (en tant que consommateurs finaux) de consommer de l’électricité verte. Un accroissement de la demande obligera justement les producteurs à investir pour mettre en œuvre le point ci-dessus.

 

[1] Baisse entre 2010 et 2019.

Sources :
IRENA ; « How Falling Costs Make Renewables a Cost-effective Investment »
IRENA ; « Renewable Energy and Jobs : Annual Review 2019 »
Reporterre ; « Remplacer charbon et nucléaire par le solaire et le vent est désormais rentable »

Photo by Martijn Baudoin

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