Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/3]

par | Oct 29, 2019

Avec une façade maritime de plus de 3 500 km, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement d’éolien offshore en Europe ! Bonne nouvelle en apparence, et pourtant : nous ne comptons toujours pas à ce jour de parc éolien marin actif. Depuis 2011, des appels d’offres ont pourtant été lancés pour la création de 7 parcs éoliens en mer. Après bientôt 10 ans de procédures et d’études approfondies, la construction du premier site a enfin été lancée le 19 septembre 2019 et plusieurs autres devraient voir le jour d’ici 2022. L’occasion pour nous de refaire un tour d’horizon de la question de l’éolien offshore en France.

 

Pourquoi l’éolien offshore c’est cool et pourquoi les côtes françaises sont-elles des zones à fort potentiel ?

Par rapport au terrestre, l’éolien offshore possède deux atouts de taille. Tout d’abord, la mer étant plane (et oui, grosse exclu !) les vents ne rencontrent pas autant d’obstacles que sur le continent. Ce qui les rend par conséquent plus réguliers et moins turbulents. Par ailleurs, les vents marins étant plus soutenus, les éoliennes offshores peuvent produire jusqu’à 2 fois plus d’électricité qu’une éolienne terrestre.

 

Comme évoqué plus haut, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement éolien le plus important de l’Europe, avec un potentiel de 30 000 MW [1]. Par ailleurs, les côtes bretonnes et normandes font partie des côtes les plus ventées de l’hexagone, avec un vent moyen de 8,2 mètres par seconde (contre 5 en moyenne dans le centre du pays).

 

Les côtes françaises un fort potentiel pour l'éolien offshore

 

Les projets initiés en France

Construire des éoliennes au large de l’Atlantique, une idée futuriste ? Loin de là. Entre 2011 et 2013, le gouvernement français lançait deux appels d’offre pour la création de six parcs éoliens offshore, au large de la Normandie et de la Bretagne : le Tréport et Fécamp en Seine Maritime, Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor, Saint Nazaire en Loire-Atlantique et Noirmoutier en Vendée. Plus récemment, en 2017, un 3ème appel d’offre a été lancé pour un projet d’envergure à Dunkerque.

 

Les projets éoliens maritimes français lancés depuis 2011

Localisation Nombre d’éoliennes Puissance unitaire Puissance totale Décrocheur de l’appel d’offre
Le Tréport 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT)
Fécamp 83 6 MW 498 MW EDF Renouvelables
Courseulles-sur-Mer 75 6 MW 450 MW EDF Renouvelables
Saint-Brieuc 62 8 MW 496 MW Ailes Marines
Saint Nazaire 80 6 MW 480 MW EDF Renouvelables
Noirmoutier 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Îles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN)
Dunkerque 45 12 MW 600 MW EDF Renouvelables

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France [2].

 

Certains de ces projets, qui devraient voir le jour entre 2021 et 2026, seront en mesure de couvrir la consommation électrique annuelle d’un grand nombre de foyers.
A titre d’exemple, le site de Dunkerque devrait assurer la consommation de près de 500 000 ménages, soit 45% des ménages du département du Nord (selon les chiffres de 2016).

 

Carte des différents projets éoliens offshore initiés en France

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France et articles en ligne [3].

 

Le 14 juin 2019, une date importante pour les projets éoliens offshore en cours…

Le 14 juin dernier a été un jour important dans l’historique des projets éoliens en cours. L’ancien ministre de la transition écologique, François de Rugy, officialisait dans un premier temps le lancement du parc éolien de Saint Nazaire. Sept ans après avoir été annoncé, le projet mené par EDF Renouvelables verra donc le jour, avec la contribution de General Electric pour la fabrication des 80 éoliennes.

 

Dans la foulée, il annonçait également le gagnant de l’appel d’offre pour le projet de Dunkerque : (là encore) EDF Renouvelables. Le projet éolien de Dunkerque (45 éoliennes pour une production totale de 600 MW), était convoité par un grand nombre d’acteurs, notamment Total, Engie ou Vattenfall (acteur suédois). Finalement, le tarif proposé par EDF s’est avéré trois fois inférieur aux prix négociés avec le gouvernement en 2012 sur les autres projets : moins de 50€ le mégawattheure.

 

Cette visite à Saint Nazaire a été enfin l’occasion de confirmer les ambitions du Premier Ministre Edouard Philippe. Les objectifs éoliens offshore fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, ont été revus à la hausse, passant de 700 MW à 1 GW de puissance installée par an d’ici à 2028. Ce nouveau cap devrait donc se traduire par une augmentation significative du nombre d’appels d’offres pour de l’éolien offshore.

 

L’éolien offshore chez nos voisins européens

Carte éolien offshore europe

En 2016, 88% de la puissance éolienne offshore mondiale était installée en Europe. Fin 2017, on recensait un total de 92 parcs éoliens au large de 11 pays différents. Soit un total de 4 149 éoliennes offshore [4].

A noter également que 99% de la puissance éolienne offshore implantée sur le Vieux Continent, soit 15 780 MW, est produite par seulement six pays. Parmi eux :
– Le Royaume Uni, qui compte 1753 éoliennes pour une puissance de 6 835 MW
– L’Allemagne : 1 169 éoliennes pour 5355 MW
– Le Danemark : 506 éoliennes pour 1 266 MW
– Les Pays-Bas : 365 éoliennes pour 1118 MW
– La Belgique : 232 éoliennes pour 877 MW
– La Suède : 86 éoliennes pour 202 MW.

 

Finalement pourquoi l’éolien offshore met-il autant de temps à se faire une place dans le paysage français des énergies renouvelables ? La cause principale : les nombreuses batailles juridiques entre pro et anti-éoliens, qui retardent considérablement les avancées des différents projets. Un vaste débat que nous aborderons lors du deuxième article de notre dossier consacré à l’éolien offshore.

 

Photo by Nicholas Doherty and Kiwihug

 

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