Idées reçues sur l’électricité

Idées reçues sur l’électricité

Idées reçues sur l’électricité

 Ah l’électricité… Un univers technique et complexe dans lequel on n’aime généralement pas mettre les pieds. Et pourtant, à moins que vous ne vous éclairiez à la bougie (et encore), l’électricité est un sujet qui nous concerne tous. Mais voilà, problème : on entend souvent tout et son contraire, si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver… Pas de panique chers lecteurs ! Pour vous, nous avons fait le tri dans les idées reçues sur l’électricité et avons démêlé le vrai du faux !

Idée reçue n°1 : L’électricité ça pollue. 

VRAI
Tout d’abord, reprenons les bases. Le réseau électrique que nous utilisons s’alimente (en grande partie) avec des moyens de production qui utilisent des énergies fossiles telles que le gaz, le charbon ou le pétrole. Ces moyens ont pour conséquence directe d’importantes émissions de gaz à effet de serre lorsqu’ils produisent notre électricité. Sans oublier qu’il n’y pas que la production d’électricité qui pollue : il y aussi la construction de centrales, leur maintenance, leur démantèlement, etc. Et ça c’est valable pour tous les moyens de production, qu’ils exploitent des énergies fossiles ou renouvelables. En conséquence, la production d’électricité représente aujourd’hui 35% des émissions de CO2 en Europe ! 

En revanche, il est très important de noter que – contrairement aux énergies fossiles, les énergies renouvelables et le nucléaire sont des technologies qui n’émettent pas de CO2 lorsqu’elles produisent de l’électricité.

 

Idée reçue n°2 : Nous consommons de l’électricité française.

FAUX

Le réseau électrique est européen.

Notre réseau électrique représente le résultat d’un long travail de coopération entre les pays de l’UE. En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce réseau a été pensé dans une volonté de développer les échanges d’énergie à l’échelle de l’Europe. Et la France a joué un rôle important dans la construction du réseau électrique ! Les lignards français ont ainsi fait de notre pays le carrefour électrique des plus grandes économies européennes. Aujourd’hui, le réseau électrique est extrêmement dense et européen. L’électricité ne s’arrête pas aux frontières politiques des pays.

L’électricité ne va pas au plus court, mais là où la résistance est la plus faible.

En conséquence, lorsque vous allumez la lumière, l’électricité peut passer par l’Italie, le Danemark ou encore la Suisse, car elle n’a pas de chemin tracé (cf. Idée reçue n°4). Elle ne va pas au plus court, mais suit les lignes où la résistance électrique est la plus faible. Le fait de vous situer à proximité d’une centrale de production d’électricité ne détermine donc pas que l’électricité que vous consommez provienne de cette dernière. Pas très intuitif nous direz-vous ? Il ne faut pas imaginer le réseau électrique comme des tubes dans lesquels des électrons se déplacent comme des billes. Imaginez-le plutôt comme un élastique géant aux millions de ramifications, que vous voulez maintenir tendu sans qu’il ne pète. Pour l’électricité c’est pareil : il faut que l’injection (production) dans le réseau soit à chaque instant, égale au soutirage (consommation).

Le signal électrique se déplace à une vitesse de 200 000 km par seconde, soit deux tiers de la vitesse de la lumière. Pour donner une idée, à cette vitesse, on réalise cinq fois le tour de monde en 1 seconde ! Autant dire que le signal électrique transite de manière quasi instantanée dans un réseau de cuivre partagé par des millions de producteurs et de consommateurs dans l’Europe entière. Ainsi, si vous êtes à Strasbourg et que vous allumez la lumière chez vous, l’électricité peut tout aussi bien provenir d’une centrale à charbon polonaise ou d’un parc éolien des Pays-Bas ou les deux en même temps.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés
Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map

 

Idée reçue n°3 : On peut acheter et vendre de l’électricité. 

VRAI
Physiquement, l’électricité est une énergie que l’on ne peut pas stocker et qui transite quasi-instantanément dans nos fils électriques. Ainsi il est impossible de mettre de l’électricité dans une boite pour la commercialiser et la vendre. Pour répondre à cette problématique, des conventions ont été créées afin de pouvoir s’échanger commercialement de l’électricité et coller au maximum à la réalité physique.

  • La première convention appelée Responsabilité d’Équilibre valorise et quand l’électricité est produite. Un producteur est rémunéré lorsqu’il injecte de l’électricité au moment où le réseau électrique en a le besoin. Un fournisseur de son côté se doit de déclarer, pour le compte de ses clients, leur consommation en électricité afin que le réseau puisse équilibrer l’injection et le soutirage d’électricité.
  • La deuxième convention appelée Garantie d’Origine valorise comment l’électricité est produite. Si l’électricité est produite avec des énergies d’origine renouvelable, la Garantie d’Origine en est la preuve.

La somme de ces 2 conventions est l’électricité. Tout simplement.

 

Idée reçue n°4 : On ne peut pas savoir d’où vient vraiment l’électricité.

VRAI et FAUX
Tout comme l’électricité ne se stocke pas, elle n’est pas non plus traçable physiquement. Impossible donc de connaître la centrale qui a produit le MWh que vous consommez. Tous les producteurs qu’ils soient nucléaires, fossiles et renouvelables injectent de l’électricité dans le même réseau. Physiquement, nous consommons tous la même électricité, produite par l’ensemble des centrales polluantes ou non. En revanche, vous pouvez déterminer juridiquement l’origine de votre électricité. Comment ? En faisant le choix de consommer de l’électricité verte (d’origine renouvelable), c’est-à-dire grâce au seul moyen légal d’y parvenir, un document appelé la Garantie d’Origine (GO).

Lorsqu’un producteur d’électricité d’origine renouvelable injecte dans le réseau 1 MWh, un document électronique (une GO) garantissant la production de ce MWh, lui est délivré. Il contient un numéro unique qui permet de connaître la centrale de production, sa puissance, sa date de production mais aussi la technologie (solaire, éolien, hydraulique…). Cette GO est également un complément de rémunération. En achetant des GO, c’est comme si vous consommiez juridiquement les MWh produits dans la centrale de votre choix, en finançant ce producteur et en connaissant ainsi l’origine de votre électricité.
 
De plus, en accroissant la demande de GO, les producteurs d’électricité seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables. La consommation d’électricité verte est un excellent moyen de faire bouger concrètement les choses !

Tracer son électricité c'est possible

 

Idée reçue n°5 : Un fournisseur d’électricité fournit de l’électricité.

FAUX
Voici une idée reçue sur l’électricité qui paraît logique pour tout le monde. Et pourtant… Comme évoqué plus haut, l’électricité est produite puis transportée pour être consommée instantanément. Ce processus implique trois types d’acteurs : les producteurs, les transporteurs/distributeurs et enfin, les consommateurs. Dans ce processus, il y a un acteur qui n’a aucun rôle « physique » : c’est le fournisseur d’électricité.

Selon le Larousse, fournir signifie « approvisionner en quelque chose ». Or, votre fournisseur commercialise votre accès au réseau électrique et ne vous approvisionne pas directement en énergie. Il est ainsi l’interface entre le réseau électrique et vous, consommateur. En réalité, il a un rôle de commercialisation de l’électricité. C’est pourquoi il nous semble plus pertinent de reprendre le terme utilisé par Rte (le gestionnaire français de transport d’électricité), qui est celui de « commercialisateur d’électricité ». Un fournisseur n’est donc simplement qu’un intermédiaire financier entre le consommateur et le réseau électrique.

Il faut aussi et surtout rappeler que le fournisseur d’électricité joue le rôle de responsable d’équilibre pour le compte de ses clients. En effet, les fournisseurs s’engagent auprès de Rte à assurer l’équilibre entre injections et soutirages d’électricité dans une zone virtuelle donnée, appelée périmètre d’équilibre« J’ai tant de consommateurs qui vont consommer tant de MWh, je dois m’assurer qu’il y en aura suffisamment sur le réseau ».

 

Idée reçue n°6 : Changer de fournisseur d’électricité, c’est compliqué.

FAUX
Ça, c’est une idée reçue sur l’électricité qui a la vie dure ! Depuis 2007, tous les consommateurs d’électricité peuvent changer de fournisseur et/ou d’offre quand ils le souhaitent. Il n’y a aucune condition à réunir : vous êtes le seul maître à bord ! Vous savez pourquoi ? Parce qu’un fournisseur n’est qu’un simple intermédiaire financier. Il ne touchera jamais à votre compteur. Il ne touchera en fait à rien du tout. Le changement se fait en 5 minutes chrono et vous pouvez changer autant de fois que vous le souhaitez : les abonnements d’électricité sont sans engagement. Les seules informations dont vous aurez besoin sont : votre numéro de Point de Livraison (en abrégé, PDL) – c’est le numéro d’identification de votre compteur électrique marqué sur toutes vos factures d’électricité – et un RIB.

Où et comment trouver son point de livraison

 

Idée reçue n°7 : Changer de fournisseur d’électricité, c’est gratuit.

VRAI
A partir du moment où vous faites appel à un nouveau fournisseur, le changement s’effectue automatiquement. Le nouveau fournisseur s’occupe de tout : c’est sans frais de résiliation, sans période d’engagement et bien évidemment, sans coupure d’électricité ! Car, rappelons-le, les fournisseurs ne gèrent ni vos fils électriques ni votre compteur (ça, c’est Enedis !)…

 

Idée reçue n°8 : L’achat direct d’électricité rémunère mieux le producteur et favorise la transition énergétique.

FAUX

Qu’est-ce que l’achat direct ?

Tout d’abord : qu’est-ce que l’achat direct d’électricité ? C’est le fait d’acheter la Responsabilité d’Equilibre et les Garanties d’Origine associées auprès d’un producteur spécifique. On peut aussi l’appeler « achat groupé ». L’achat direct est un argument marketing qu’on pourrait qualifier de « greenwashing ». Il donne en effet l’impression que l’électricité provient directement d’un producteur d’électricité verte et/ou d’une centrale proche de chez vous, alors que ce n’est pas le cas (cf. Idée reçue n°2). Ce producteur, comme tous les autres (verts ou non) injecte son électricité dans le même réseau électrique utilisé par tous les français quel que ce soit leur fournisseur.  L’achat direct est également utilisé par certains fournisseurs qui présentent leurs offres d’électricité comme plus vertes, plus premium ou plus vertueuses pour l’environnement. Là encore, ce n’est pas le cas.
 

Pourquoi l’achat direct ne rémunère pas mieux le producteur ?

Mais alors, pourquoi l’achat direct ne rémunère pas mieux le producteur, ni ne favorise pas plus la transition énergétique que les autres offres ? Effectuer un achat direct d’électricité verte comprend le coût de la Responsabilité d’Équilibre auquel on ajoute le coût de la Garantie d’Origine.
C’est-à-dire qu’il y a d’un côté la Responsabilité d’Équilibre, vendue au même prix pour toutes les centrales électriques, qu’elles soient néfastes ou vertueuses (exploitant des énergies fossiles ou renouvelables) pour l’environnement. Le producteur est ainsi rémunéré en fonction de s’il injecte de l’électricité quand le réseau en a le plus besoin. De l’autre côté, il y a la Garantie d’Origine, qui valorise la qualité verte de l’électricité. Le producteur est rémunéré pour son engagement dans les énergies renouvelables grâce à la vente ses Garanties d’Origine. C’est donc la seule chose qui compte d’un point environnement : le prix de la GO. Grâce à la GO, le producteur d’électricité verte voit son électricité mieux rémunérée, donc plus compétitive que les énergies grises. En réalité peu importe s’il vend ses MWh contractuels avec ou séparément de sa GO, l’essentiel est qu’il les vende.
Faire le choix de l’électricité verte permet donc de favoriser les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles et nucléaires. Si plus de consommateurs font ce choix, c’est toute l’industrie qui sera obligée de se plier à leurs exigences. Au-delà d’une question de profits, vous avez là un moyen durable et efficace de favoriser la transition énergétique.

L'achat direct d'électricité ne permet pas d'avoir une électricité plus verte

 

Idée reçue n°9 : En souscrivant un contrat auprès d’un fournisseur vert, je reçois exclusivement de l’électricité verte dans ma prise.


Juridiquement VRAI et physiquement FAUX
L’électricité que vous consommez est le fruit de moyens de production situés sur tout le territoire européen. Le fait de contracter une offre d’électricité verte vous assure donc que le fournisseur a acquis un certain nombre de GO. Ces documents attestent qu’un volume d’électricité de source renouvelable équivalent à votre consommation a été injecté sur le réseau. Dès lors, en signant un contrat avec un fournisseur vert, vous participez au développement des énergies renouvelables. Ça c’est d’un point de vue juridique.
D’un point de vue physique, nous l’avons mentionné dans l’idée reçue n°4, l’électricité n’est pas traçable. Mais l’important n’est pas là. Ce qui compte, c’est de contribuer au développement des énergies renouvelables via l’achat de GO, pour tendre à moyen/long terme vers un mix électrique 100% renouvelable à l’échelle européenne.

 

En conclusion, voilà ce que nous pouvions dire sur l’électricité et les idées reçues dont elle fait l’objet. Et vous, est ce que vous avez appris de choses ?

 

Photo by Jonny Caspari ; Jeremy Perkins & Diz Play

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Le 10 décembre dernier, l’Energie en Lumière publiait une controverse sur la Garantie d’Origine comme outil de traçabilité pour l’électricité verte. Parmi les points de vue recueillis pour éclairer le sujet, celui d’Ivan Debay, fondateur d’Origo et président de QuiEstVert. Dans cette interview, il présente notamment les conventions qui régissent le marché de l’électricité en Europe. Il s’attarde aussi sur le mécanisme des Garanties d’Origine (GO) et le rôle crucial qu’elles jouent dans la transition énergétique européenne. Retour sur les grands axes de cette prise de parole.

 

La Garantie d’Origine, l’unique outil permettant l’existence d’offres d’électricité verte

Le marché de l’électricité est un marché de conventions qui valorisent certaines caractéristiques de l’énergie qui transite dans le réseau. Parmi ces conventions, la Responsabilité d’Equilibre et la Garantie d’Origine. La Responsabilité d’Equilibre valorise la localisation et le moment où l’électricité est injectée dans le réseau. La GO, a été créée en complément de la Responsabilité d’Equilibre pour valoriser la manière dont l’électricité est produite. Cela comprend notamment son origine géographique, la technologie et l’énergie utilisées pour sa production.

« La Garantie d’Origine valorise la manière dont est produite l’électricité et permet aux énergies renouvelables de se développer. [Elle] puise sa force dans l’obligation légale de traçabilité »

En Europe et en France, la GO est un document électronique et légal. Elle atteste que l’électricité consommée est bien d’origine renouvelable. De ce fait, il est le seul outil qui prouve le caractère vert d’une offre d’électricité.

« Personne n’a le droit de prétendre consommer de l’électricité d’origine renouvelable sans une attestation d’utilisation de Garanties d’Origine émanant du teneur de registre Powernext. La loi l’interdit. »

En accroissant la demande de GO (nous parlons ici des consommateurs finaux), les producteurs d’électricité se verront confrontés à une demande à laquelle ils auront du mal à faire face. De ce fait, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables. Vous l’aurez compris, la consommation d’électricité verte est un moyen de faire bouger concrètement les choses, en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

« La Garantie d’Origine nous permet de choisir ce qui doit alimenter le réseau […] En utilisant des Garanties d’Origine, le consommateur exerce une pression économique en faveur de la transition énergétique à l’échelle européenne. »

 

Le cercle vertueux généré par le mécanisme de la Garantie d’Origine

Au delà de jouer un rôle clé dans la transition énergétique, le mécanisme des Garanties d’Origine créé un cercle vertueux qui permet aux énergies renouvelables (EnR) de devenir rentables. Cela s’est vérifié récemment aux Pays-Bas et en Espagne, où les GO ont permis de créer des moyens de production sans subventions des Etats.

Aux Pays-Bas, d’importants projets éoliens voient le jour de cette manière. Cela s’explique par le fait que les hollandais cherchent avant tout à consommer de l’électricité provenant d’éoliennes hollandaises. Cette demande de GO spécifiques (donc plus rares), a pour effet la croissance des prix : 7€ le MWh. Ce qui est intéressant, c’est que les hollandais sont prêts à payer ce prix pour favoriser l’activité éolienne de leur pays.

« Les projets éoliens peuvent donc voir le jour sans subvention car le cumul de la rémunération liée au processus de Responsabilité d’Equilibre auquel s’ajoute la valeur de la Garantie d’Origine, permettent aux producteurs d’obtenir un gain suffisant. »

Parc éolien de Nysted

Parc éolien en mer de Nysted au Danemark 

Ainsi, la marge élevée sur le prix de ces Garanties d’Origine a permis de créer et développer de nouveaux parcs, sans aucune subvention de l’Etat.

« L’objectif de la Garantie d’Origine est d’apporter la valeur supplémentaire nécessaire pour qu’un moyen de production vertueux soit rentable. »

Du côté de l’Espagne, le photovoltaïque est rentable même si la GO vaut moins d’1€ le MWh. Cela s’explique par un prix de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre suffisamment élevé pour l’instant. C’est-à-dire que les producteurs de solaire espagnols rendent suffisamment service au réseau cherchant à s’équilibrer. Si toutefois l’investissement massif dans le solaire venait à dégrader cette situation, la GO pourrait compenser le déficit de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre.

 

Nos réponses à ceux qui décrédibilisent le mécanisme de la Garantie d’Origine

Malgré les forces évidentes que présente le mécanisme des GO, certains cherchent encore à le décrédibiliser. Toutefois, les arguments brandis relèvent souvent du détail et n’ont pas leur importance dans le rôle que jouent les GO dans la transition énergétique. Voici les réponses apportées par Ivan :

  • Non, il n’existe aucune différence selon si le producteur vend ses GO séparément de son électricité ou s’il les vend au même acheteur. Le producteur est bien rémunéré dans les 2 cas.
    « Ce qui compte c’est la valeur que le producteur obtient du cumul de la Responsabilité d’Equilibre et des Garanties d’Origine. »
  • Oui, il est possible d’avoir une offre 100% solaire, même si le soleil ne brille pas 24h/24.
    « Si nous utilisons un maximum de GO solaires, les producteurs seront mieux rémunérés et enclin à investir dans la maintenance et la construction de nouveaux moyens de production. »
  • Oui, il est utile de financer des centrales déjà amorties : elles ont tout de même besoin de fonctionner et d’être entretenues.
    « Une centrale hydraulique [déjà amortie] doit être entretenue ; elle doit être considérée comme rentable pour ne pas être abandonnée au profit d’autres moyens de production […] »
  • Non, l’ARENH n’est pas un mécanisme de traçabilité de l’électricité d’origine nucléaire. Le bénéficiaire de l’ARENH n’obtient ni physiquement, ni contractuellement, de l’électricité provenant de la filière nucléaire.
    « L’ARENH ne soutient en rien le nucléaire. […] L’ARENH est une option gratuite qui oblige EDF à vendre en dessous du prix de marché. Donc si j’étais un antinucléaire, je choisirais une offre verte provenant d’un fournisseur qui utilise l’ARENH au maximum ! »

 

La transition énergétique européenne se joue en France

« La zone européenne est pertinente du fait que le réseau électrique européen est extrêmement dense et que le marché s’est organisé à cette échelle en établissant des règles communes. »

Le marché de l’électricité est le résultat d’un long travail de coopération entre les pays membre de l’UE. C’est pourquoi il est important de raisonner à échelle européenne et non nationale.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés

Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map

Il faut savoir que la France consomme environ 500 TWh d’électricité par an soit un 6ème de la consommation européenne, mais que seulement 7% de cette consommation est volontairement d’origine renouvelable. Nous produisons chaque année 110 TWh d’électricité renouvelable : 35 TWh sont consommés en interne quand 75 TWh sont disponibles pour l’exportation.

« Nous pouvons raisonnablement dire que la France pénalise l’Europe entière. »

C’est donc en ce sens que la France a un réel rôle à jouer dans la transition énergétique européenne. Rappelons que le réseau électrique, c’est 35% des émissions de CO2 en Europe !

 

Un système vertueux qui pourrait être davantage optimisé pour arriver à ses fins

Nous avons longuement parlé du mécanisme bien huilé des GO et de ses avantages. Mais comme tout système, celui-ci n’est pas parfait et pourrait être amélioré. Voici les points d’optimisation évoqués par Ivan lors de son interview.

Adapter la méthode de calcul de l’empreinte carbone proposée par l’ADEME au standard international.

Explications. Les entreprises françaises de + de 500 salariés sont aujourd’hui dans l’obligation de calculer leur bilan carbone. Le calcul actuel ne tient pas compte de l’utilisation de GO (contrairement à la norme internationale). Rectifier ce point permettrait de valoriser la participation de ces entreprises à la transition énergétique.
« En s’opposant à la valorisation de la démarche d’utilisation de GO, il (l’ADEME) lui (le consommateur) fait obstacle dans sa participation à la transition énergétique. »

Imposer la transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité des fournisseurs.

Ceci pour ne laisser aucun doute quant à la présence ou non (et la quantité) d’électricité verte dans les offres proposées aux clients finaux. Cette mesure mettrait ainsi fin aux publicités mensongères.
« La transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité ne laisserait plus aucun doute sur la part d’électricité verte, l’origine technologique et géographique des énergies associées à ces offres. »

Maintenir les producteurs propriétaires de leurs GO.

Aujourd’hui, les producteurs qui bénéficient de subventions pour leurs émissions de GO, se voient de ce fait retirer ces dernières au profit de l’Etat. Les producteurs qui souhaitent mettre en place une offre d’électricité verte sont obligés de racheter leurs GO aux enchères.
« C’est dommageable, car cette injustice peut amener les entreprises lésées à discréditer le mécanisme des GO par frustration. Or ce ne sont pas les GO en soi le problème. C’est le fait de ne pas laisser une entreprise bénéficier de l’intégralité des droits lui donnant la possibilité de maximiser la valeur de sa production électrique dans le marché. »

Mettre en place un mécanisme de « full disclosure ».

Soit une traçabilité intégrale pour tous les MWh consommés, quelle que soit la source de l’électricité (renouvelable ou non). Cela aurait pour effet de mettre les consommateurs face à la réalité de ce qu’ils consomment et les inciter à changer au profit d’une offre verte.
« En Autriche, cette pratique a eu pour conséquence d’augmenter la consommation volontaire d’électricité de source renouvelable jusqu’à près de 80% ! »

 

👉 Pour retrouver l’intégralité de l’interview d’Ivan, n’hésitez pas à consulter la version complète de la controverse publiée par l’Energie en Lumière.

 

Photo by Xavier L.

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques connaissent un large développement depuis quelques années, plus particulièrement depuis que la législation française a facilité l’autoconsommation. Toutefois, cette énergie, et tout particulièrement les matériaux empruntés, peuvent prêter à controverse notamment par les climato-sceptiques, et autres détracteurs de la bien-pensance écologique. Bon nombre d’entre vous avez un jour entendu parler de ces arguments venant à l’encontre du développement de cette énergie renouvelable. Terres rares, recyclage, bilan carbone, … qu’en est-il vraiment ?

 

Panneaux photovoltaïques : terres rares or not terres rares ?

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux, assez répandus dans la croûte terrestre, mais restant coûteux et difficilement accessibles. Contrairement aux idées reçues, aucun de ces 17 métaux n’est présent dans la composition des panneaux ou des cellules photovoltaïques.

 

Il existe aujourd’hui trois générations d’installations photovoltaïques :
  • La 1ère génération, couvre encore aujourd’hui près de 90 % du marché. Elle est composée majoritairement de silicium mono ou multi cristallin. C’est un élément chimique très abondant sur terre – le second après l’oxygène, mais son extraction nécessite un certain nombre de produits chimiques et surtout, une forte consommation d’électricité… La première génération de ces produits nécessite également de l’argent pour les connecteurs électriques, et bien que ce ne soit pas des terres rares, les réserves sont peu importantes. Toutefois, la recherche avance à grands pas pour trouver des substituts efficaces à ces matériaux.
  • La 2ème génération de panneaux photovoltaïques, qui couvre une plus petite partie du marché, utilise également des métaux rares (et non des terres rares), qui restent présents en faible quantité.
  • Enfin, la 3ème génération de panneaux photovoltaïques est actuellement à un stade pré commercial – recherche et développement . Sa technologie est parfois utilisée dans les calculatrices ou le rechargement des appareils nomades [1].

 

Les terres rares utilisées pour la fabrication des panneaux photovoltaiques

Photo d’échantillons de Terres rares – Source : CNRS Journal

 

Comment recycler les panneaux photovoltaïques ?

En réalité, il s’agit d’un domaine extrêmement réglementé. Le recyclage des panneaux solaires est prévu par une directive de 2002 [2], et le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) a été étendu à ces moyens de production par une directive de 2012 [3] ! Cette dernière réglementation oblige les entreprises vendant ce type de produits à financer et s’assurer du traitement des déchets.
 

 

En France, PV Cycle, un éco-organisme à but non lucratif agréé par les pouvoirs publics, assure la collecte et le recyclage de tous types de panneaux solaires photovoltaïques [4]. A noter que cette collecte s’applique à tous types de technologies, de marques, et quelque soit l’année de mise sur le marché. PV Cycle met à disposition de tous les acteurs des points de collecte gratuits afin de faciliter le transport et la logistique des déchets vers des usines spécialisées, et il en existe plus de 200 ! A ce jour, l’association déclare recycler plus de 90% des panneaux [5] qu’elle récolte !

 

Incidence de recyclage des panneaux photovoltaïques
Source : PV Cycle

 

En clair, les panneaux photovoltaïques sont-ils un bon investissement écologique ?

Selon l’ADEME, un panneau photovoltaïque installé en France émet en moyenne 55 grammes de CO2 équivalent par kilowattheure produit (gCO2-éq/kWh) [6]. Selon la technologie, il produira en trois ans l’énergie qui aura été nécessaire à sa production. C’est ce que l’on appelle le temps de retour énergétique. Sachant que la durée de vie de panneaux photovoltaïques est estimée entre 25 et 30 ans, cela reste durable !

 

Par ailleurs, un indicateur est souvent utilisé pour apprécier la performance carbone d’un outil de production d’énergie : il s’agit du Temps de Retour Carbone (TRC). Le TRC répond à la question suivante : combien de temps de production d’électricité faut-il pour amortir les émissions de gaz à effet de serre rejetées durant son cycle de vie ? A titre d’exemple, un panneau photovoltaïque (facteur d’émission CO2 moyenné) et implanté en France aura un temps de retour carbone de 15 ans. Vous pouvez observer ci-dessous un graphique représentant l’empreinte carbone cumulée d’un panneau photovoltaïque tout au long de son cycle de vie (ici 30 ans). Le temps de retour carbone (TRC) est le temps pour lequel l’empreinte carbone de l’installation est devenue nulle.

 

Temps de Retour Carbone d’un panneau photovoltaïque
Exemples de temps de retour carbone pour un panneau photovoltaïque

 

En résumé, pas de terres rares, recyclées, et bon bilan carbone, … cette technologie a tout pour plaire !

 

[1] Ministère de la Transition Écologique et Solidaire 
[2] Legifrance
[3] Eur-Lex
[4] PV Cycle
[5] PV Cycle
[6] ADEME

 

Photo by Antonio Garcia

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.

Success story : La genèse de l’initiative RE100

Success story : La genèse de l’initiative RE100

Success story : La genèse de l’initiative RE100

La transition vers une consommation d’énergies décarbonées est désormais reconnue comme une priorité au niveau mondial. Les entreprises jouent un rôle considérable dans le soutien de cette démarche. La concentration atmosphérique de CO2, qui s’élève actuellement à environ 410 particules par millions (ppm), alors qu’elle n’était que de 280 ppm en 1850. Par ailleurs en 2017, les émissions de CO2 dues à la production d’électricité au niveau mondial s’élevaient à 12,5 gigatonnes, soit 40% des émissions mondiales de CO2 (AIE [1]). Et dans tout cela, plus de 2/3 de la demande mondiale d’électricité viennent des entreprises, et principalement celles des secteurs du commerce et industrie (selon l’IRENA [2]). Leurs engagements pour une consommation d’électricité renouvelable est donc capital pour atténuer les émissions de CO2 provenant de l’industrie de la production d’électricité. Certaines d’entre elles l’ont déjà compris et se sont lancées volontairement dans un objectif 100% de consommation d’électricité verte à travers l’initiative RE100.

Qu’est-ce que l’initiative RE100 ?

En 2014, une initiative RE100 a été lancée à la Climate Week. Celle-ci a été inaugurée par 13 grandes entreprises parmi lesquelles nous retrouvons l’assureur Suisse Swiss RE et le mobilier Ikea. RE100 fait partie du plan d’Action Lima-Paris (LPAA) et est soutenue par deux grandes ONG : Le Carbon Disclosure Project (CDP) et le Climate Change.

L’objectif de cette initiative est de réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre avant la fin du siècle. Et ce, grâce à l’augmentation de la demande d’énergies renouvelables à la place de celles dites fossiles.

Évolution du nombre d’entreprises RE100 Évolution du nombre d’entreprises RE100 – Source : Rapport RE100, novembre 2018.

En 4 ans, le nombre d’entreprises membres de l’initiative RE100 s’est multiplié par presque 12. En novembre 2018, elles étaient au nombre de 155 et ont été responsables d’une consommation d’électricité de 228 TWh, soit la consommation d’électricité d’un pays de moyenne dimension, tel que l’Indonésie ou l’Afrique du Sud. En outre, les entreprises membres de RE100 ont consommé au total plus de 6 fois la consommation volontaire d’électricité verte en France.

Enfin, si l’on considère cette communauté comme un pays, il serait le 21ème consommateur d’électricité au monde.

listes des entreprises membre du re-100

Quelques statistiques…

RE100

En 2017, environ un quart des membres de RE100 c’est-à-dire 37 entreprises ont couvert 95% de leur consommation avec de l’électricité de source renouvelable. Par ailleurs, plus de la moitié d’entre elles avaient plus de 50%. Ce pourcentage est bien au-dessus de la consommation mondiale moyenne d’électricité verte qui est d’environ 26,5%.  Et mieux, il est plus élevé que dans certains pays leaders européens en termes de consommation d’électricité verte. Ce sont les pays comme, l’Autriche (76%), l’Allemagne (51%) ou la Suède (39%) (AIB, 2017).

Figure :  Comparaison consommation d’électricité des pays et celle des entreprises RE100

Sources : RE100, annual Report, November 2018.

 

 

 

 

Certaines entreprises RE100 ont déjà atteint leur objectif de 100% de consommation d’électricité renouvelable :

Swiss Post

La Poste Suisse qui couvre depuis 2013 ses besoins en électricité avec des énergies issues de source renouvelable.

 

Crédit agricole

Parmi les plus grands groupes bancaires européens, le groupe Crédit Agricole s’approvisionne en électricité 100% renouvelable.

 

Apple

Depuis avril 2018, Apple a alimenté toutes ses installations au niveau mondial avec de l’électricité de source renouvelable.

 

Google

Le chef de file dans la technologie Google a atteint 100% de consommation d’électricité renouvelable depuis 2017.

 

Les entreprises du RE100 ont une influence sur leur secteur

Les entreprises RE100 ne se limitent pas seulement à leur objectif de 100% de consommation d’électricité verte. Elles encouragent à leur tour les entreprises avec lesquelles elles travaillent à s’engager pour une consommation d’électricité de source renouvelable, essentiellement en partageant leur propre expérience.

Le cas d’Apple

Apple a été le premier dans ce domaine. À travers son programme « Supplier Clean Energy [3] » lancé en 2015, l’entreprise motive ses partenaires à adopter 100% d’électricité renouvelable. L’objectif de ce projet est de financer 4 gigawatts de centrale renouvelable dans le monde.A l’heure actuelle, l’entreprise a déjà atteint 3,7 gigawatts. À terme, ce projet permettra d’éviter les émissions de 5,2 millions de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de CO2 d’un million de voitures.

Enfin, ce programme d’Apple a permis le développement de 485 mégawatts de centrales éoliennes et solaires dans six localités de la Chine. Tout cela démontre le leadership environnemental d’Apple et son profond engagement pour aider ses partenaires à être aussi acteurs de la transition énergétique.

À ce jour, 29 entreprises se sont engagées à produire les produits d’Apple avec de l’électricité verte. Parmi elles, nous retrouvons notamment le groupe Arkema [4], qui s’est engagé à passer à l’électricité verte en France, aux USA et en Chine pour produire pour Apple.

le crédit agricole utilise 100% d'électricité verteLe groupe Crédit Agricole consomme 100% d’électricité d’origine renouvelable

Pour d’autres, le passage à la consommation d’électricité renouvelable représente une valeur ajoutée qui en fait un avantage compétitif face à la concurrence. Johanna C. Jobin, directrice santé et sécurité environnementales dans le monde et durabilité chez Biogen déclare :

“Ce n’est pas seulement la bonne chose à faire – cela ajoute de la valeur à notre entreprise et stimule l’innovation dans nos produits et opérations.”

Le premier impact du RE100 est très clair, c’est qu’il a incité de nombreuses entreprises à passer à l’électricité verte. L’autre effet est en rapport avec les émissions des CO2 de ces entreprises et la demande des certificats verts.

Impact de la consommation électrique des entreprises RE100 sur les émissions de CO2 et sur la demande de Garanties d’Origine

Selon le CDP, la consommation d’électricité renouvelable via l’utilisation des Certificats d’Attribution Energétique – tels que sont les Garanties d’Origine (GO) en Europe, ou les Renewable Energy Certificates (RECs) aux Etats-Unis – permet de compenser les émissions liées au Scope 2. C’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre engendrées par la consommation d’énergie.

Donc, une GO ou RECs utilisé correspond à 0 CO2 émis, puisque ceux-ci prouvent que l’électricité produite provient de sources renouvelables comme la géothermie, le solaire, l’éolienne, la biomasse, ou l’hydraulique.

Le facteur d’émission est un coefficient qui quantifie le contenu carbone lié à la production d’un produit, d’une énergie ou d’un service etc.

Pour l’électricité, il correspond pour chaque KWh d’électricité produite. Il dépend de trois facteurs :  la zone géographique, les types de centrales, leur performance et les types de combustibles utilisés pour produire l’électricité.

Nous utilisons ici les données fournies par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Cette dernière donne le facteur d’émission d’un KWh au niveau mondial.

  2014 2015 2016 2017 Novembre 2018
Nombre RE100 13 36 87 119 155
Volume en TWh 19 64 80 188 217
Volume additionnel d’une année à l’autre   45 16 108 29
CO2 / kWh (gCO2kWh) 519 506 490 484 487*
Total de CO2 évité par an  9 861 000 32 384 000 39 200 000 90 992 000 105 679 000

Tableau : Les émissions CO2 évitées.

*Le facteur d’émissions pour 2018 est une estimation faite sur la base de ceux des deux dernières années. Car celui-ci n’est pas encore disponible. – Source: AIE, RE1OO

De 2014 à 2018, la consommation d’électricité des entreprises RE100 a évité chaque année, en moyenne, l’émission de 55,62 millions de tonnes de CO2 dans le monde.

Impact du RE100 sur la demande des Certificats d’Attribution Énergétique

Lancées au départ pour convaincre 100 entreprises à adopter volontairement une consommation d’énergie propre, les entreprises RE100 ont dépassé le cap de 160 membres de nos jours. L’initiative séduit de plus en plus d’entreprises dans le monde. Elles sont à la base d’une consommation d’électricité verte d’un volume de 217 TWh, soit plus de deux fois la consommation électrique d’un pays comme la Belgique. Ce volume va certainement augmenter. Dans la mesure où seulement une vingtaine d’entre elles ont atteint 100% de consommation d’électricité verte.

En 2017, les entreprises RE100 ont permis d’éviter l’équivalent des émissions annuelles de CO2 d’environ 24 millions de Français. Tous ces chiffres montrent que cet engagement volontaire est un succès. Ces effets sont seulement ceux de 155 entreprises. Qu’en serait-il si l’initiative atteignait 1000 entreprises ?

En 2018, l’approvisionnement en Garanties d’Origine ou d’autres Certificats d’Attribution Énergétique représentait 43% de la part d’électricité renouvelable consommée par les entreprises du RE100.

comment les entreprises financent une économie faible en carbone RE100

 

Sources :
AkzoNobel ; “AkzoNobel to be carbon neutral and use 100% renewable energy by 2050”
“Annex : RE100 progress and insights, annuel reort, novembre 2018” – RE100
“Formula E” – RE100
“Accelerating change : How corporate users are transforming the renewable energy market” – RE100
[1] IEA ; “Tracking the decoupling of electricity demand and associated CO2 emissions”
[2] IRENA ; “Corporate Sourcing of Renewable Energy: Market and Industry Trends”
[3] Apple ; “Supplier Clean Energy, October 2018 Program Update
[4] Arkema ; “Arkema s’engage à acheter 100 % d’énergie renouvelable pour produire ses matériaux vendus à Apple”
[5] AkzoNobel ; “AkzoNobel to be carbon neutral and use 100% renewable energy by 2050”
[6] Google ; “Découvrez où sont implantés nos centres de données”

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de cinq parties, nous verrons de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce quatrième volet il est question du bilan humain liée à l’extraction des matières premières et l’exploitation des différentes centrales de productions d’électricité.

 

Bilan humain lié aux énergies fossiles et fissiles dans le monde

Dans son rapport évaluation de risques d’accident nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques de 1969 à 2000, l’OCDE fait une étude comparative du nombre d’accidents et de décès causés par les différentes sources d’énergie. Celui-ci se base sur les données de l’Institut Paul Schaerrer [1] (IPS). Cette étude recense le nombre d’accidents et de décès par types d’énergie, les accidents et les décès immédiats par sources d’énergie.

Il faut noter que ces chiffres sont des décès réels, ils ne tiennent compte que des décès causés par l’accident et non ceux causés chroniquement. Pour le nucléaire, l’étude ne donne que des statistiques liées à l’accident de Tchernobyl, et ne comptabilise pas, notamment, les décès par irradiation.

Bilan humain : nombre d’accidents et de décès de 1969 à 2000

  OCDE Non OCDE Monde
  Accidents Morts Accidents Morts Accidents Morts
Charbon 75 2259 1044 18017 1119 20276
Pétrole 165 3713 232 16505 397 20218
Gaz naturel 90 1043 45 1000 135 2043
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 59 1905 46 2016 105 3921
Hydraulique 1 14 10 29924 11 29938
Nucléaire 0 0 1 31 1 31
Total 390 8934 2299 83658 2689 92592

Source : Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques, OCDE [2]

Il apparaît que les énergies fossiles provoquent plus d’accidents et de décès que les autres sources d’énergie. Ainsi, plus de 65% des accidents résultaient des énergies fossiles avec le charbon en tête. Sur la période référencée par l’étude de l’OCDE, celui-ci a été responsable de 1 119 accidents soit 63,72 % des accidents causés par les énergies fossiles. Il faut noter qu’ils se sont principalement déroulés dans des pays non membres de l’OCDE, ainsi, on y recense plus de 85% des accidents liés au charbon. La Chine enregistre, à elle seule, 63% de ces accidents. En revanche, l’hydraulique n’est responsable que de 11 accidents sur cette même période, soit 0,03% toutes sources d’énergie confondues.

“Les énergies fossiles provoquent plus d’accidents et de décès que les autres sources d’énergie.”

En faisant une analyse par nombre de décès, le charbon et l’hydraulique ont été les principales causes de pertes de vies. En effet, le charbon a été source de 22% des décès soit 20 272 morts en 30 ans. Ils sont majoritairement dus aux éboulements de mines lors des extractions du charbon, aux gaz nuisibles émis lors de cette manœuvre et de son utilisation pour produire de l’électricité. Pour sa part, l’hydraulique a causé 32,33% des décès soit 29 938 morts sur la même période. La quasi-totalité de ces décès a été provoquée par la rupture du barrage de banqio/shimantan en 1975 en Chine [3].

Les décès indirects liés aux nucléaires

L’histoire du nucléaire civil est marquée par trois principaux accidents. Celui de Three Mile Islande-Pennsylvanie aux USA qui s’est produit le 28 mars 1979. Celui de Tchernobyl en Ukraine (URSS) en 1986 et le tout récent en 2011 au Japon.

L’échelle de gravité d’Institut de radioprotection et de radionucléaire l’IRSN [4], qui comporte 8 niveaux (0 à 7), classe les deux derniers accidents aux niveaux 7.

Échelle de gravité des accidents du nucléaire

Échelle de gravité des accidents du nucléaire.Source : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

Three Mile Islande-Pennsylvanie

L’accident nucléaire de Three Mile Islande-Pennsylvanie aux USA a causé des dégâts financiers et sanitaires. En effet, les opérations de nettoyage se sont déroulées sur 5 ans et ont coûté un milliard de dollars.

Tchernobyl

L’accident de Tchernobyl est la plus grande catastrophe que l’industrie nucléaire ait causée. Celui-ci est classé au dernier niveau de l’échelle de gravité. En effet, les explosions des réacteurs ont laissé dans l’atmosphère d’énormes déchets radioactifs. Ces derniers équivalaient à 200 fois la radioactivité générée par la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. L’accident s’est étendu sur un rayon très vaste. Ainsi, l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie et certains pays européens ont subi les conséquences de cet évènement catastrophique.

En 2006, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) [5] a fait un rapport donnant des ordres de grandeur des décès et contaminations dus aux radiations de 1986 à 2065. Tchernobyl a été responsable de 1 000 cas de cancers de la thyroïde et 4 000 cas d’autres cancers en Europe.

 photo de la catastrophe de Tchernobyl 1986Photo de Tchernobyl après la catastrophe prise en 1986

Selon les estimations, de l’agence, l’accident de Tchernobyl serait responsable :

  • De 16 000 cas de cancer de la thyroïde et de 25 000 cas d’autres cancers. Avec une estimation de 16 0000 décès.
  • Les 2/3 du cancer de la thyroïde se produiront en Biélorussie.

Il a fallu deux ans et 600 0000 personnes pour nettoyer le ravage causé par l’accident de Tchernobyl. Les employés ayant travaillé juste quelques jours après la catastrophe ont été contaminés par la radioactivité et un nombre important de ces personnes sont décédées [6].

“Tchernobyl a été responsable de 1 000 cas de cancers de la thyroïde et 4 000 cas d’autres cancers en Europe.”

Certains éléments sont nuisibles pour la santé humaine, tels que l’iode 131 et le césium 137. Si le premier se fixe sur la glande thyroïde, le second à une durée de vie de 300 ans dans l’atmosphère. Ainsi, un an après la catastrophe, une grande quantité de lait contenant une dose élevée de césium 137 fut produite. Ces laits ont été retirés du marché. Une proportion importante de cette substance dans l’environnement présente pour la population, un énorme risque de cancer radio induit très mortel.

Fukushima

Après 25 ans, le monde a de nouveau été frappé par une catastrophe nucléaire ; celui de Fukushima. Un rapport de l’Association pour le contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) en 2016 fait un état des lieux des conséquences de l’accident.

À cette date, on comptait environ 100 000 personnes déplacées à cause de la catastrophe de Fukushima. On dénombrait 1 867 décès liés aux évacuations. Cette catastrophe nucléaire a causé une énorme souffrance psychologique chez les familles évacuées. Ainsi, selon une étude des autorités régionales en 2014, 67,5% des familles déplacées souffraient de stress mental et physique [7].

L’étude montre également que la catastrophe de Fukushima a été responsable d’un nombre élevé de suicides. À titre d’exemple, en 2015, le nombre de personnes qui se sont suicidées suite à cet accident était de 2 007 pour les habitants de Fukushima. Alors que dans les villes de Miyagi et d’Iwate l’on dénombrait respectivement 918 et 455 cas cette même année.

Nombre suicides post-catastrophe de 2011 au Japon

Nombre suicides post-catastrophe Fukushima de 2011 au JaponSource : ACRO, Fukushima cinq ans après : quel impact sanitaire ?

La décontamination de la centrale de nucléaire de Fukushima coûtera environ 125 milliards de dollars et durera environ 30 ans[8]

Les décès indirects liés au charbon

Faisons un état des lieux des accidents liés à l’extraction de charbon dans quelque pays du monde :

Chine

La Chine est le pays où l’industrie minière du charbon tue le plus dans le monde. En 2000, le taux de mortalité des accidents miniers du charbon était de 5 morts/MTec soit 100 fois le taux présent aux USA et 6 fois le taux en Russie [9]. La chine a connu sa plus importante catastrophe de l’industrie charbonnière meurtrière en 1942, dans la mine de Benxi (1549 morts).

Ville Date Nombre de morts Incidents
Fuxin févr.-05 213 Explosion
Guangdong août-05 123 Inondation
Linfen déc.-07 105 Explosion
Wanjialing avr.-10 23 Inondation

Tableau : Quelques incidents miniers récents en Chine – Source : Connaissance des Énergies

USA

Les USA ont connu de nombreuses catastrophes minières. Celle de Monongah [10] survenue le 6 décembre 1907 est la pire de par son bilan humain. Elle fut responsable de la mort de 362 mineurs.

Etats Date Nombre de morts Incidents
Kentucky déc.-70 38 Explosion
Utah déc.-84 27 Incendie
Kentucky mars.-76 26 Explosion
Alabama sept.-01 13 Explosion
Virginie janv.-06 12 Explosion
Virginie juil.-72 9 Incendie
Pennsylvanie mars.-77 9 Inondation
Utah août.-07 9 Effondrement

Tableau : Quelques incidents dans les mines de charbon aux USA – Source : Connaissance des Énergies

Rappelons qu’en 2008, la rupture du bassin de stockage de la centrale électrique de Kingston a entraîné le déversement d’environ 4 millions de mètres cubes de boue contaminant ainsi les eaux de surface et souterraines dans certains états. En 2016, un rapport de l’Agence de la Protection de l’Environnement (EPA) signale la contamination de 63 sites d’eaux sur 26 États. Notons également que ces déchets contenaient notamment de l’arsenic, mercure, sélénium, qui sont des métaux lourds dangereux pour la santé humaine. [11]

France

En 1906, la France a connu l’une des catastrophes minières les plus graves dans l’histoire de l’exploitation du charbon en France. Elle s’est produite sur le site minier situé entre Courrière et Lens. L’explosion a causé le décès de 1 099 sur 1 800 mineurs [12]. Il faut noter que cette catastrophe est classée la plus grave d’Europe et la deuxième au monde après celle de Benxi en 1942 en Chine.

Les décès indirects de l’industrie charbonnière

Dans le monde, le nombre de morts directement lié au charbon est de l’ordre de 10 à 150 000 personnes par an. L’exploitation de la mine de charbon est aussi dangereuse pour les mineurs que pour le grand public. Elle occasionne les émissions des métaux lourds comme le mercure ou encore le plomb. Notons qu’à même puissance installée, une centrale à charbon émet plus de radioactivités qu’une centrale à charbon [13].

Le charbon est responsable d’environ 23000 morts prématurées [14] en Europe chaque année. En France, en 2013, 1 380 cas de morts prématurées ont été causés de la pollution du charbon. Cela est principalement dû à l’exploitation des centrales de charbon en Allemagne, Pologne, Royaume-Uni et Espagne. À titre d’exemple, les centrales polonaises ont causé 4 680 décès prématurés en dehors de ses frontières. En France, 160 morts en 2013 ont été causées par l’exploitation du charbon en Pologne.

Europe’s dark cloud

Figure : Les décès dus à la pollution du charbon en France – Source : Europe’s dark cloud

 

Étude comparative des morts causées par TWh d’électricité produite en dans l’UE en 2014

Le rapport ExternE [15] dresse un bilan de l’impact sur la santé et la sécurité de l’homme qu’entraîne l’usage de différentes sources (charbon, lignite, pétrole, gaz, nucléaire, éolien et solaire) pour la production de l’électricité. Ce rapport porte sur les 28 pays de l’UE et utilise les données de production d’électricité de 2014 dans l’Union. Il souligne que pour une même quantité d’électricité produite, les effets sur la santé et la sécurité diffèrent d’une source à une autre.

Décès annuels estimés en 2014 par source de production d’électricité

  TWh Mort par TWh Morts
Charbon 779,06 24,5 19 087
Gaz 461,4 2,8 1 292
Pétrole 69,81 18,4 1 285
Biomasse 168,53 4,63 780
Nucléaire 830,95 0,074 61

Source : Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017

L’étude a donné aussi le nombre d’ « années de vie » perdues par GWh :

Année de vies perdues par GWh

  Charbon Pétrole Gaz Nucléaire
Années de vie perdues par GWh 0,35 2,2 0,1 0,02

Source : Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017

Ces chiffres montrent que le charbon est la source d’énergie qui cause le plus de décès et d’accidents, avec en moyenne 24,5 morts par TWh [16] produit, suivi ensuite du pétrole avec 18,4 morts part TWh produit. Ces combustibles émettent, en effet, beaucoup de CO2, gaz qui est très dangereux pour la santé et peut devenir nuisible lorsque son pourcentage dans l’air dépasse [17] 0,04% (composition naturelle de l’air), allant des problèmes respiratoires, jusqu’à la perte de connaissance brutale (plus de 15% de CO2), voire la mort [18].

En Europe, on dénombre 280 centrales [19] thermiques, qui ont entraîné plus de 22 900 décès [20] en 2013, ce qui est comparable aux 25 300 décès annuels causés [21] par les accidents de route dans l’UE.

En France, ce chiffre est assez élevé, avec 1 380 décès, alors que 90% de l’électricité générée provient de sources décarbonées. En réalité, ces décès sont majoritairement dus aux particules fines rejetées par l’exploitation des centrales à charbon dans les pays voisins (l’Allemagne par exemple) en grandes quantités et propagées dans l’air des autres pays.

Les centrales à combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) sont très dangereuses aussi bien pour les populations environnantes que celles lointaines.

Ainsi, l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) et nucléaires pour la production de l’électricité présente de nombreux dangers, de leurs extractions jusqu’à leurs transformations en électricité, et elles sont responsables de nombreuses catastrophes dans le monde.

 

En conclusion 

Bien que les énergies renouvelables soient une alternative à l’utilisation de ces énergies (charbon, pétrole et gaz) dans certains secteurs comme la production d’électricité et de gaz, le secteur des transports reste fortement demandeur de ces sources d’énergie. Il faudra une forte utilisation des nouvelles technologies issues des innovations, en recherche et développement pour permettre le déploiement des énergies renouvelables. Également, les consommateurs ont un rôle à jouer très important dans leur développement grâce à leur consommation volontaire de ces énergies.

Pour mieux comprendre les intérêts des énergies renouvelables pour notre planète ainsi que pour l’homme, nous vous invitons à découvrir le prochain et dernier volet de notre dossier sur la transition énergétique du mix électrique européen abordant le développement des moyens de production d’énergie renouvelable permettant la création de nouveaux emplois.

 

Sources :

[1] PSI
[2] OCDE ; “Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques” 
[3] OCDE ; “Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques” ; page 30
[4] IRSN
[5] IARC ; “The Cancer Burden from Chernobyl in Europe”
[6] 1 jour 1 actu ; “Combien de victimes après la catastrophe de Tchernobyl ?”
[7] ACRO ; “Fukushima cinq ans après : quel impact sanitaire ?” ; page 6
[8] Réseau Sortie du Nucléaire ; “Les conséquences de la catastrophe de Fukushima dépassent largement les frontières du Japon et personne n’en parle”
[9] CDE ; “Charbon : quels dangers ?”
[10] Book Wiki ; “Monongah mining disaster”

[11] Journal de l’environnement ; “Les cendres de charbon reviennent sur le devant de la scène”
[12] Herodote.net ; “10 mars 1906, la catastrophe de Courrières”
[13] Ecologie Illusion ; “Pollution et dangers des énergies. Centrales au charbon, énergie nucléaire.”
[14] Les Crises ; “La pollution de l’air en Europe (+ les morts du charbon)”
[15] Rapport ExternE
[16] À titre d’exemple, la France consomme environ 500 TWh d’électricité  par an et l’UE environ 3 000 TWh.
[17] Respire ; “Dioxyde de Carbone (CO2)”
[18] Respire ; “Dioxyde de Carbone (CO2)”
[19] EuropE’s dark cloud ; page 6
[20] EuropE’s dark cloud ; page 6
[21] Toute l’Europe ; “Les routes européennes demeurent les plus sûres du monde”

 

Parcourez les autres chapitres du dossier

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [5/5] – L’essor économique des énergies renouvelables

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [5/5] – L’essor économique des énergies renouvelables

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [5/5] – L’essor économique des énergies renouvelables

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de cinq parties, nous verrons de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce cinquième et dernier volet nous verrons à quel point les énergies renouvelables peuvent avoir aussi un impact économique et social.

 

L’industrie des renouvelables, un secteur industriel à fort capital humain non délocalisable

Le développement des moyens de production d’énergie renouvelable permet la création de nouveaux emplois. Ceux-ci peuvent être directement ou indirectement liés à la filière. Les emplois directs sont ceux liés par exemple à la construction des centrales et à leur maintenance. Les emplois indirects sont ceux créés par les entreprises qui fournissent les matières nécessaires pour la réalisation des activités directes.

Les énergies renouvelables ont employé 11 millions de personnes dans le monde en 2018, selon les chiffres communiqués par l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), basée à Dubaï. Ce chiffre est une augmentation de 6,7% par rapport à 2017.

 

Les emplois par technologie d’EnR

les emplois créés par les EnR, un poids économique

Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019 [1].

 

Les emplois générés par les EnR par pays

les emplois liés aux EnR par pays, vecteur de croissance économique ?

Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019 [2].

Toujours selon ce rapport, plus de 46% des emplois créés par l’industrie du renouvelable en 2018 ont été créés en Asie. La Chine est le pays à avoir employé le plus de personnes dans ce secteur en 2018, avec 4,07 millions de personnes, suivi ensuite par le Brésil, les États-Unis, et l’Inde. Cette position de la Chine s’explique essentiellement par, les investissements massifs de 126,6 milliards de dollars dans le secteur du renouvelable, soit 3 fois qu’aux USA en 2017 [3]. Et aussi par le développement important d’industries de fabrication des modules photovoltaïques. D’ailleurs, 9 industries chinoises figurent parmi le top dix des industries de fabrication de modules Photovoltaïques dans le monde [4]. Quant à la France, les énergies renouvelables ont généré 107 100 emplois en 2018. Ces emplois sont dominés par la biomasse solide et les biocarburants. Ils ont employé plus de 60 000 personnes.

Le secteur du renouvelable présente une opportunité de création d’emploi et, par extension, un argument économique. Selon les projections de l’IRENA, la décarbonisation de l’énergie dans le monde créerait 24,4 millions d’emplois d’ici 2030 dans le monde [5].

Le rapport de Greenpeace sur l’emploi en cas d’une transition énergétique

Dans son rapport sur la transition vers une énergie 100% dans le monde d’ici 2050, Greenpeace montre que les énergies renouvelables créeront plus d’emploi que les énergies fossiles. Selon ses scénarios, l’ONG estime que la part du renouvelable dans le mix mondial passera progressivement de 42% à 100% entre 2030 et 2050. Il souligne que seules les activités de productions d’acier et de la pétrochimie auront recours au pétrole en 2050.

Cette transition énergétique n’est pas sans conséquence sur l’emploi dans le secteur de l’énergie. L’étude de l’ONG montre que la croissance du marché de travail sera très dépendante des emplois créés par l’énergie renouvelable. Ainsi, à l’horizon 2030, plus de 87% des emplois mondiaux dans le secteur de l’énergie proviendront de l’énergie verte.

  • Le nombre d’emplois dans le secteur de l’énergie va croître et comptera plus de 48 millions d’employés dans le monde.
  • En 2030, les filières biomasse et PV seront les filières qui créeront plus d’emplois. Elles compteront respectivement 11,54 millions et de 10,32 millions d’emplois.
  • Entre 2015 et 2030, le nombre d’employés créés par la filière PV se verra multiplié par 10 et seront 10 fois plus que ceux générés par le charbon en 2030.
  • Les emplois dans la filière éolienne se verront multiplier par 11 entre 2015 et 2030. Ce nombre passera de 700 000 à 8,18 millions et sera 4 plus que le nombre d’emplois créé par la filière charbon.
  • En 2030, la filière biomasse créera deux fois plus d’emploi que la filière Gaz et pétrole réunie.

 

Totalité des employés du secteur de l’énergie dans le monde

  Selon politique de l’AIE (en millions d’emplois) Prévision de Greenpeace (en millions d’emplois)
  2015 2020 2025 2030
  Par source
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Renouvelables 14,62 26,91 38,68 41,56
Total des emplois (En millions) 28,69 36,23 46,66 48,02
  Par secteur
Construction et installation 4,86 8,32 14,59 15,56
Fabrication 2,38 5,49 8,87 9,58
Opération et maintenance 3,23 4,82 6,96 9
Alimentation et carburant 17,76 17,27 15,97 13,67
Export gaz et charbon 0,47 0,34 0,26 0,2
Total des emplois (En millions) 28,7 36,24 46,65 48,01
  Par technologies
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Biomasse 10,97 12,07 12,55 11,54
Hydraulique 1,45 1,01 0,83 0,71
E. Éolienne 0,7 4,22 6,91 8,18
PV 1,01 6,69 11,04 10,32
E. Géothermique 0,03 0,18 0,3 0,39
E. Solaire thermique 0,03 0,45 1,66 2,66
Océan 0 0,23 0,45 0,65
Solaire chauffage 0,36 1,59 3,94 5,64
E. Géothermique & Pompes et Thermique 0,07 0,48 0,99 1,46
Total emplois 28,69 36,24 46,65 48,01

Source: Synthèse du rapport 2015 de Greenpeace

Ratio production et nombre d’emplois créés par filière en France

Le tableau ci-dessous donne le rapport entre la production et les emplois créés en 2017 par filière de production d’électricité en France. Les emplois comptabilisés dans le calcul sont ceux directement liés aux différentes filières.

Rapport production d’électricité et création d’emplois en France en 2018

  Production d’électricité (en GWh) Emplois directs en France
Total Renouvelable (inclus énergies marines et géothermie) 111 140 48 610 2,29
Hydraulique 64 220 11 590 5,54
Eolien 27 869 18 200 1,53
Solaire 10 708 7 050 1,52
Bioénergie 7 865 9 681 0,81
Nucléaire 393 200 220 000 1,79

Source: RTE et observ’ER, baromètre des énergies renouvelables 2018 [6]  

Plusieurs observations ressortent de ces chiffres. Tout d’abord, les énergies renouvelables regroupées emploient plus que la filière nucléaire. Par exemple, pour une production de 100 GWh d’électricité, la filière nucléaire emploie (emplois direct et indirect) 172 personnes alors que pour la même quantité d’électricité produite, les filières renouvelables emploient (emplois direct et indirect) 195 personnes. Cependant en faisant une analyse par filière, l’hydraulique emploie plus que toutes les autres filières. Ainsi, pour une production de 100 GWh, la filière hydraulique emploie 419 personnes tandis que la filière du nucléaire en emploie 172 personnes. La filière de l’hydraulique emploie donc 2 fois plus que la filière nucléaire pour une production d’électricité de 100 GWh. Un argument social et économique non négligeable en faveur des EnR.

 

Conclusion

Ainsi, l’électricité verte apparaît clairement comme un produit moins risqué pour l’homme que le nucléaire ou les centrales à charbon. De plus, l’intérêt des énergies vertes est de générer de l’emploi et de favoriser l’activité économique. La transformation énergétique mondiale est en marche et les emplois liés soutiennent la durabilité socio-économique, ce qui constitue une raison de plus pour que les pays s’engagent en faveur des énergies renouvelables.

 

Sources :
[1] IRENA ; “Renewable Energy and Jobs Annual Review 2019”
[2] IRENA ; “Renewable Energy and Jobs Annual Review 2019”
[3] IRENA ; “Finance & Investment”
[4] TECSOL ; “9 industriels chinois dans le top 10 des fabricants de modules photovoltaïques”
[5] IRENA ; “REmap: Roadmap for A Renewable Energy Future (2016 edition)”
[6] Observ’er ; “Le Baromètre des énergies renouvelables électriques en France”

Parcourez les autres chapitres du dossier

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Vous pouvez aussi participer à la transition énergétique en partageant cet article !

Nos dernières publications 📰 

Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

1er

Ce que l'on fait

 🧰

On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

🌍

On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.