Le marché de l’électricité : entre flux physiques et conventions

Le marché de l’électricité : entre flux physiques et conventions

Le marché de l’électricité : entre flux physiques et conventions

« L’électricité ce n’est pas bien compliqué, c’est simplement du courant qui transite d’un point A à un point B ». Alors non, c’est un tout petit peu plus complexe que cela en fait. Et en plus, lorsque l’on parle d’électricité, il faut bien distinguer deux choses : les flux physiques (comment le courant arrive chez vous) et la réalité du marché (qu’est-ce que me vend un fournisseur d’électricité). Deux choses qu’il faut savoir différencier pour bien comprendre l’intérêt d’une offre d’électricité verte.

On va voir tout ça ensemble, ce n’est pas si complexe que ça au final : c’est parti.

 

Les flux physiques d’électricité

Commençons par les flux physiques d’électricité. Tout au long de cet article, vous devrez bien garder deux choses à l’esprit :

  • 1 : Le courant électrique se déplace à une vitesse de 200 000 km par seconde en empruntant le chemin de moindre résistance. A cette vitesse il est possible de parcourir 5 fois le tour de la Terre en une seconde. Son flux est donc quasiment instantané et physiquement intraçable.
  • 2 : L’électricité, une fois produite, ne se stocke pas à grande échelle. Il est donc nécessaire de la consommer instantanément.

Dans les faits, comment ça fonctionne ? Les producteurs injectent l’électricité dans le réseau ; les consommateurs la soutire du réseau ; et entre les deux, les gestionnaires de réseau se chargent de faire circuler le courant électrique à travers les lignes à haute et basse tension. En matière de flux physique, il est important de noter l’absence d’un acteur dont on entend pourtant souvent parler, c’est le fournisseur d’électricité. Il faut retenir qu’un fournisseur d’électricité ne fournit pas physiquement d’électricité.

L’électricité ne se stocke pas et se déplace quasiment instantanément. Pour ces raisons vous pouvez comparer le réseau électrique à un élastique géant maintenu en tension par des millions de consommateurs et producteurs.

Si trop d’électricité était injectée dans le réseau, on ne pourrait pas en mettre de côté et la consommer plus tard, elle serait perdue voire mettrait en danger l’équilibre du réseau électrique et risquerait de créer un black-out. De la même manière, on ne peut pas avoir plus de consommation que de production au risque d’endommager le réseau.

👉 Il faut que l’injection d’électricité dans le réseau (= production) soit en permanence EGALE au soutirage (= consommation).

 

comment fonctionnent les flux physiques d'électricite
Les flux physiques d’électricité : on comprend que seuls 3 acteurs jouent un rôle ;
le consommateur final, le producteur d’électricité et le transporteur.

 

Vous êtes toujours avec nous ? Parfait, passons à la suite.

Le réseau électrique étant partagé de tous et compte tenu des caractéristiques de l’électricité, il est impossible de déterminer un flux physique entre un producteur et un consommateur. Alors comment faire des échanges commerciaux ? Afin de contourner cette impossibilité physique de s’échanger un bien contre une somme d’argent, deux conventions distinctes et liées ont été créées. Elles permettent chacune de valoriser des caractéristiques différentes et complémentaires de l’électricité.

Attention ! Il ne faut surtout pas confondre ces conventions avec l’électricité physique. Cela risquerait de biaiser votre compréhension de ce qui est une offre d’électricité verte.

 

Les deux conventions valorisant l’électricité

1. La Responsabilité d’Equilibre

La Responsabilité d’Equilibre (RE), c’est la convention qui valorise où et quand l’électricité est injectée dans le réseau.

👉 Selon la CRE, un responsable d’équilibre est une entreprise qui s’engage auprès du gestionnaire du réseau électrique Rte à financer le coût des écarts constatés a posteriori entre l’électricité injectée et l’électricité consommée au sein d’un périmètre d’équilibre.

Qu’est ce que cela veut dire ? Concrètement, ce sont les acteurs du marché qui interviennent pour s’assurer que l’injection d’électricité sera égale au soutirage dans une zone donnée, appelée « périmètre d’équilibre ». Ils veillent ainsi à ce que le réseau soit équilibré.

Et c’est là que le fournisseur d’électricité entre en scène ! Contrairement à ce que suggère son nom, le fournisseur ne fournit pas d’électricité, mais joue le rôle de responsable d’équilibre pour le compte de ses clients, les consommateurs finaux. Dans les faits, le fournisseur d’électricité va déclarer auprès de Rte un certain volume d’électricité, amené à être soutiré du réseau par ses clients. Il va également déclarer qu’il s’est mis d’accord avec un autre responsable d’équilibre (un producteur), pour qu’il déclare qu’un volume d’électricité correspondant sera bien injecté dans le réseau. Ainsi, ce dernier se retrouve équilibré. De son côté, le gestionnaire du réseau Rte va s’assurer que les informations données par les deux responsables d’équilibre (le fournisseur et le producteur) s’accordent.

Finalement, il s’agit bien ici d’un commerce d’engagement à s’équilibrer sur le réseau auprès de Rte. C’est n’est donc en aucun cas du commerce d’électricité physique.

 

le rôle de la responsabilité d'équilibre sur le marché de l'électricité
La Responsabilité d’Equilibre : les responsables d’équilibre s’assurent que l’injection d’électricité
dans le réseau sera égale au soutirage.

 

La Responsabilité d’Equilibre possède cependant une limite : sa définition de l’électricité n’intègre pas son origine ni sa provenance. Il est donc impossible d’utiliser cette convention pour tracer l’électricité, ni commercialement ni physiquement… Donc de valoriser la manière dont elle a été produite.

 

2. La Garantie d’Origine

La Garantie d’Origine (GO), complète la Responsabilité d’Equilibre en valorisant comment l’électricité est produite. Rappelons que cette dernière peut être produite à partir de 3 familles d’énergies différentes : les énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique, biomasse, géothermie), les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), et l’énergie nucléaire. La GO est aujourd’hui l’unique preuve légale en Europe de l’origine renouvelable de l’électricité.

Générée pour chaque MWh d’électricité produit à partir d’énergies renouvelables et injecté dans le réseau, la GO permet de connaître toutes les informations sur la qualité et l’origine de l’électricité produite : la technologie utilisée (solaire, éolienne, hydraulique, etc.), mais aussi la centrale de production, sa localisation, sa date de mise en service… En clair, la Garantie d’Origine c’est la carte d’identité de l’électricité.

Grâce à ces informations, le consommateur (vous et moi) peut choisir de consommer uniquement de l’électricité d’origine renouvelable et il peut même en choisir la provenance. En plus de sa fonction d’outil de traçabilité, la GO a une valeur pécuniaire. En effet les producteurs les revendent et ça leur permet de valoriser leur production d’électricité effectuée avec des énergies renouvelables et de financer la maintenance de leurs moyens de production existants et d’en développer de nouveaux. La Garantie d’Origine permet donc au consommateur d’afficher ses préférences et de faire bouger économiquement et environnementalement les choses.

 

la garantie d'origine valorise comment l'électricité est produite

La Garantie d’Origine : via sa souscription à une offre d’électricité verte, le consommateur finance la maintenance et le développement des moyens de production exploitant les énergies renouvelables. En produisant 1 MWh d’électricité d’origine renouvelable, le producteur vend une garantie d’origine au fournisseur d’électricité verte.

 

Petits malins !

Lecteurs malins et attentifs que vous êtes, vous pourriez nous dire « oui, mais dans le premier paragraphe, vous avez dit que l’électricité n’était pas traçable ». Et vous avez raison ! En fait – et le schéma ci-dessus devrait vous aider à comprendre – physiquement parlant, même en souscrivant une offre d’électricité verte, vous consommez à la maison un mélange de toutes les injections dans le réseau (électricité verte et non verte). La GO, tout comme la RE, fonctionne sur le principe d’équivalence. La GO garantit que l’équivalent d’une consommation en électricité est produite à partir d’énergies renouvelables.

Et c’est là qu’il faut voir à grande échelle : plus nous serons nombreux à être demandeurs d’électricité d’origine renouvelable, plus cette dernière sera majoritaire dans le mix de production électrique. Et par la force des choses, les centrales à énergies fossiles et les centrales nucléaires tourneront moins. C’est dans ce sens que l’on pourra mener notre transition énergétique : privilégier les énergies renouvelables aura pour effet de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre liés à la production de notre électricité !

 

Les 5 points à retenir…

👉 L’électricité physique n’étant pas traçable, on ne peut pas directement en faire commerce
👉 Un fournisseur d’électricité ne fournit pas d’électricité
👉 La Responsabilité d’Equilibre valorise et quand l’électricité est livrée
👉 La Garantie d’Origine valorise comment l’électricité est produite
👉 Une offre d’électricité verte, c’est nécessairement une offre qui intègre des Garanties d’Origine.

 

Photo by Dina Lydia

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Baromètre 2020 de la consommation d’électricité verte en France

Baromètre 2020 de la consommation d’électricité verte en France

Baromètre 2020 de la consommation d’électricité verte en France

Pour la 2ème année, QuiEstVert dévoile son baromètre de la consommation d’électricité verte en France. Pendant 3 mois, nous avons consulté, compilé et rassemblé les informations publiques fournies par les collectivités et grandes entreprises françaises, afin de recenser celles qui ont choisi de consommer une électricité de source renouvelable. Consommer de l’électricité verte, qu’est-ce que cela veut dire ? Quelle évolution de la consommation en France et en Europe ? Quels impacts en soutenant une consommation volontaire d’électricité verte ?

 

Reprenons les bases : la consommation d’électricité pollue

La production d’électricité est aujourd’hui responsable de 35% des émissions de CO2 en Europe. Un chiffre qui donne à réfléchir, surtout lorsque l’on sait qu’il concerne chacun et chacune d’entre-nous. En effet, un foyer français consomme en moyenne 4,76 MWh d’électricité par an. Cette consommation ne représente pas moins de 253,3kg de CO2 émis et 10g de déchets nucléaires sur la même période. On vous laisse imaginer ce que cela peut donner à l’échelle de tout un pays.

La consommation d'électricité en France et en Europe émet du CO2

👉 Retrouvez le Baromètre 2020

 

Soutenir la consommation volontaire d’électricité verte

61% des Français sont aujourd’hui favorables à la souscription d’une offre d’électricité verte. Bonne nouvelle nous direz-vous, mais voilà : la consommation volontaire d’électricité de source renouvelable souffre aujourd’hui d’un manque de popularité et surtout de compréhension. En effet, en 2018, seulement 7,4% de la consommation d’électricité française était de source renouvelable (soit 35,1 TWh). Notons que la moyenne européenne est de 23%.

Quelle consommation d'électricité verte en europe et en france

👉 Retrouvez le Baromètre 2020

Consommer de l’électricité verte est un réel levier pour la transition énergétique. En effet, en faisant le choix de l’électricité verte, le consommateur affiche sa préférence pour les énergies renouvelables, ce qui incite au développement de celles-ci. Nous en avons récemment eu la preuve concrète, avec la création aux Pays-Bas de grands parcs éoliens en mer financés sans aucune subvention.

 

La consommation d’électricité verte alimente le cercle vertueux généré par le mécanisme de la Garantie d’Origine

En Europe et en France, la Garantie d’Origine est un document électronique et l’unique outil légal qui atteste que l’électricité consommée est bien d’origine renouvelable.

 « La Garantie d’Origine nous permet de choisir ce qui doit alimenter le réseau. En utilisant des Garanties d’Origine, le consommateur exerce une pression économique en faveur de la transition énergétique à l’échelle européenne. » soulignent Ivan DEBAY et Jean-Damien DUMAS, respectivement Président et Directeur opérationnel de l’association QuiEstVert.

L’accroissement de la demande de GO (nous parlons ici des consommateurs finaux), confronte les producteurs d’électricité à une demande en forte hausse. De ce fait, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production exploitant des énergies renouvelables.

La France ne fait pas encore figure de bon élève dans ce domaine. En effet, elle ne représente aujourd’hui que 5% de la consommation européenne d’électricité verte, quand elle en représente 15% pour la consommation totale d’électricité.

Marché et consommation de l'électricité en europe

👉 Retrouvez le Baromètre 2020

 

En France, la consommation d’électricité verte progresse

Durant nos recherches, nous avons également recensé les grandes entreprises et collectivités du pays. 539 entités qui représentent aujourd’hui une consommation totale annuelle de 188,39 TWh soit environ 40% de la consommation d’électricité en France. Parmi elles, 100 consomment de l’électricité d’origine renouvelable de manière significative et 74 ont atteint 100% de consommation d’électricité verte. Une consommation d’électricité verte cumulée estimée à 10,48 TWh.

Les entreprises qui consomment de l'électricité verte en france

👉 Retrouvez le Baromètre 2020

Les grandes entreprises et groupes ont été répertoriés par chiffre d’affaires.  Les collectivités sont les villes, les intercommunalités et les services de l’État qui souhaitent plus d’électricité verte consommée dans les bâtiments publics, les écoles, musées, parcs, etc. Parmi les grandes villes françaises consommant de l’électricité verte, figurent Paris, Lyon, Lille, Toulouse ou encore Montpellier. La ville de Paris a ainsi réduit ainsi son empreinte carbone de 17 790 tonnes de CO2 et son empreinte nucléaire de 702 kg de déchets nucléaires selon les facteurs d’émissions du réseau français calculé par l’AIB.

top 3 des entreprises et collectivités qui consomment de l'électricité verte

👉 Retrouvez le Baromètre 2020

Qu’il s’agisse des grandes entreprises ou des collectivités, la motivation première des acheteurs d’électricité verte est de répondre aux attentes de leurs parties prenantes qui sont de plus en plus concernées par les enjeux climatiques.

 

Il reste des progrès à accomplir…

Imposer plus de transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité. C’est ce que l’association QuiEstVert tente de faire. Notre mission : sensibiliser et informer le grand public et les entreprises sur les avantages des énergies renouvelables et participer à démocratiser l’accès à la consommation volontaire d’électricité verte (hydraulique, solaire, éolienne, biomasse, géothermique). Notre but ultime : faire avancer la transition énergétique en France et en Europe. Nous aidons les consommateurs à trouver l’offre électrique la plus adaptée à leurs besoins et à leurs valeurs avec un comparateur des offres d’électricité en France.

 

👉 Retrouvez le Baromètre 2020 de la consommation d’électricité verte française par ici

👉 Pour retrouver l’infographie du Baromètre 2020 de la consommation d’électricité verte française, c’est par là

 

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Développer les énergies renouvelables sans subvention publique, c’est possible !

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Développer les énergies renouvelables sans subvention publique, c’est possible !

Pour la première fois en Europe, un parc éolien en mer financé sans fonds public a été lancé l’été 2018 aux Pays-Bas. Le projet nommé « Hollandse Kust Zuid » va être développé par Vattenfall, entreprise suédoise [3]. À son achèvement en 2023, le parc éolien d’une puissance installée de 760 MW, alimentera un million de foyers soit 2,5% des besoins en électricité du pays. Depuis 2 autres parcs éoliens de taille équivalente se sont lancés. Comment de tels moyens de production renouvelables peuvent-ils voir le jour sans subvention publique ? C’est à cette question que nous allons répondre dans cet article.

Comment développer les énergies renouvelables « sans subvention » ?

”Sans subvention” signifie que les projets ne bénéficient pas de mécanisme de soutien de l’État financé par le contribuable. Ils sont donc financés entièrement par des acheteurs volontaires qui fixent le prix qu’ils souhaitent payer. Cela est possible grâce à la Garantie d’Origine (GO) qui permet de choisir la provenance de son électricité. Les consommateurs qui tracent légalement leur électricité vers des énergies renouvelables grâce aux GO, financent une électricité neutre en CO2 et sans recours au nucléaire. La valeur de la Garantie d’Origine (GO) engendre un revenu supplémentaire pour le producteur.

En consommant une électricité tracée par des GO, les consommateurs d’électricité verte financent un producteur tout en connaissant exactement ainsi l’origine de leur électricité. S’il y a une demande croissante de GO, c’est-à-dire de consommateurs d’électricité verte, les producteurs d’électricité devront faire face à une demande accrue. L’augmentation du prix de la Garantie d’Origine envoie un signal positif d’investissement dans la production d’électricité verte. Ainsi, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables.

La consommation d’électricité verte est donc un moyen de faire bouger concrètement les choses, en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. À partir du moment où les consommateurs s’engagent massivement à consommer volontairement de l’électricité verte tracée par des GO, des projets comme ceux des Pays-Bas peuvent émerger sans avoir recours à des subventions.

parc éolien offshore pays basUn parc éolien en mer au large des Pays-Bas 

Les Pays-Bas pionniers des énergies renouvelables non subventionnées

Les Pays-Bas font partie des pays pionniers dans la consommation des énergies renouvelables en Europe. Dans ce pays, où la consommation volontaire d’électricité verte dépasse les 47% (2018), la Garantie d’Origine joue désormais un rôle important dans l’investissement dans des moyens de productions renouvelables. Elle permet de tendre davantage vers des investissements efficients et durables car nécessitant de moins en moins de subventions voire plus du tout. L’augmentation du prix de la GO à 7€/MWh en 2018, aux Pays-Bas a permis de lancer un projet de 760 MW d’éolien offshore aux Pays-Bas.[2] En plus du parc éolien offshore de « Hollandse Kust Zuid », les Pays-Bas ont annoncé la construction de 2 autres parcs éoliens d’au moins 700 MW de puissance installée chacun dans la région de Borssele. La construction de ces parcs éoliens devrait être achevée en 2020 et 2021. Les deux sites fourniront ainsi de l’électricité à 1,5 à 2 millions de ménages supplémentaires.

Mais les Pays-Bas ne sont pas un cas isolé. Dans d’autres proportions en Écosse, Greencoat UK Wind a annoncé en décembre 2019, l’installation de 73 MW d’éolien financé sans subvention, qui additionné aux 45 MW existants alimenteront 45 000 foyers écossais. La construction de cette extension située à Dumfries & Galloway, devrait finir en septembre 2020 [4].

Le solaire est devenu le pilier du réseau électrique espagnol

D’autres pays européens comme l’Espagne bénéficient aussi d’un marché sans subvention. Dans ce pays la consommation volontaire d’électricité verte est de 26,9% et la production d’électricité de source solaire est plus que rentable. Le solaire répond aujourd’hui au besoin du réseau électrique, c’est-à-dire durant la journée lorsque les consommateurs sont les plus demandeurs et ou les alternatives sont plus chères qu’en France. Il en découle naturellement une très bonne rémunération de la Responsabilité d’Equilibre des producteurs de solaire. Dans ce pays le photovoltaïque est ainsi rentable même si la Garantie d’Origine est au prix moyen européen. Néanmoins, si la Responsabilité d’Equilibre venait à moins rémunérer moins la production d’électricité, la Garantie d’Origine pourra compenser la différence si la demande continue d’augmenter. Les signaux sont donc au vert et les investissements fleurissent.

Le parc solaire financé sans subvention de Don Rodrigo 2 en Espagne - Photo de BayWa r.e.
Le parc solaire de Don Rodrigo (174MW) près de Séville en Espagne – Photo de BayWa r.e.

Le mix de production espagnol est composé de 38,4% d’énergies renouvelables (2018). Le Gouvernement souhaite augmenter cette part en investissant encore plus dans les panneaux photovoltaïques. En effet la période est propice car les coûts de l’énergie solaire ont diminué de 73% entre 2010 et 2017, selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA). Avec un taux de recyclage et de revalorisation très haut (95% en France) le photovoltaïque permet désormais de produire de l’électricité à un prix bien inférieur à celui des énergies fossiles.

L’Espagne représente le marché sans subvention à la croissance la plus rapide en Europe. La diminution de coût de l’énergie moyen actualisé (LCOE) et des conditions de marché favorables ont conduit à un développement accéléré de nouveaux projets d’énergies renouvelables, en particulier pour l’énergie solaire. Un des derniers exemples en date, en 2018, la société allemande BayWa r.e., spécialisée dans les énergies renouvelables, a signé un contrat d’achat d’électricité sur 15 ans avec l’énergéticien norvégien Statkraft, ouvrant ainsi la voie à la réalisation d’une centrale photovoltaïque de 170 MWc à Don Rodrigo, au sud de Séville en Espagne.

Le financement efficient et durable des énergies renouvelables est aussi envisageable en France, mais à condition que consommateurs, particuliers et professionnels s’engagent massivement dans une consommation d’électricité d’origine renouvelable.

Comment se construit un projet d’énergie renouvelable en France ?

En France, en amont de la construction, tout projet en matière d’énergies renouvelables doit lancer une série d’appels d’offres auprès d’entreprises, afin d’intervenir pour la réalisation du génie civil. Une fois les autorisations obtenues et les recours définitivement terminés, le développeur met en place son plan de financement en lien avec différents partenaires (banques, investisseurs privés, etc.) [5].

Quelle que soit la nature de l’installation électrique (photovoltaïque, éolien…) les quatre grandes phases de sa réalisation sont les mêmes. En revanche, leur durée, leur complexité et leur contenu peuvent être très différents d’un projet à l’autre.

Tableau grandes étapes ENRLes étapes de construction d’une installation électrique utilisant des énergies renouvelables.

Comment le développement d’un projet est-il soutenu par les pouvoirs publics ?

En France, le soutien aux énergies renouvelables est financé depuis 2016 par la Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE), directement prélevée sur la facture d’électricité des consommateurs. En 2018, 65% du montant total de la TICFE était destiné au soutien du développement des énergies renouvelables, portant la somme totale des dépenses publiques de soutien aux énergies renouvelables à 5,49 milliards d’euros en 2018.

Durant les dix dernières années, le développement de l’éolien et du solaire était soutenu par un mécanisme d’obligation d’achat. Autrement dit, toute l’électricité produite par une éolienne, un panneau photovoltaïque était acheté à son producteur à prix fixe pendant 15 ans. Le niveau du tarif d’achat était fixé par l’État de manière à couvrir les coûts de production de l’électricité. L’achat de l’électricité par EDF (acheteur obligé) était compensé dans son intégralité aussi grâce à la TICFE.

La sous-station du parc éolien de Saint-Nazaire - © JEAN-FRANCOIS MONIER AFP
La sous-station du parc éolien de Saint-Nazaire dont la construction a débuté fin 2019 – © Jean-François Monier – AFP

Le soutien à un projet d’énergie renouvelable est alloué selon deux méthodes :

  • Pour les plus petites installations, le niveau du soutien est fixé par l’État, de manière à couvrir les coûts associés à la production d’électricité.
  • Pour les plus grandes installations, le soutien est alloué par voie d’appel d’offres. Les producteurs sont donc mis en compétition, ce qui les incite à proposer les prix les plus bas. Ce prix reste pour l’instant supérieur au prix de marché.

Pour se développer, les constructeurs de nouveaux parcs d’énergie renouvelable français (éolien, hydraulique, photovoltaïque, etc.) estiment encore aujourd’hui avoir besoin de subventions. Cependant, la distribution de subventions par la puissance publique est souvent délicate. Pourtant, comme les habitants des Pays-Bas le démontrent, il suffit d’un engagement des consommateurs dans les énergies renouvelables pour créer un réel signal d’investissement et permettre un développement pérenne et durable des énergies renouvelables.

[1]https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-04/20180418-rapport-soutien-energies-renouvelables.pdf
[2]https://origo-renouvelable.com/fr/700-mw-deolien-offshore-finances-grace-aux-garanties-dorigine/
[3] https://www.government.nl/latest/news/2019/07/10/vattenfall-to-build-second-unsubsidised-dutch-offshore-wind-farm
[4] https://www.insider.co.uk/news/subsidy-free-wind-farm-goes-19122817
[5] http://www.journal-eolien.org/tout-sur-l-eolien/les-etapes-dun-projet/

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[1/3] Idées reçues sur l’électricité

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[1/3] Idées reçues sur l’électricité

Ah l’électricité… Un univers technique et complexe dans lequel on n’aime généralement pas mettre les pieds. Et pourtant, à moins que vous ne vous éclairiez à la bougie (et encore), l’électricité est un sujet qui nous concerne tous. Mais voilà, problème : on entend souvent tout et son contraire, si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver… Pas de panique chers lecteurs ! Pour vous, nous avons fait le tri dans les idées reçues sur l’électricité et avons démêlé le vrai du faux !

Idée reçue n°1 : L’électricité ça pollue. 

VRAI
Tout d’abord, reprenons les bases. Le réseau électrique que nous utilisons s’alimente (en grande partie) avec des moyens de production qui utilisent des énergies fossiles telles que le gaz, le charbon ou le pétrole. Ces moyens de production ont pour conséquence directe d’importantes émissions de gaz à effet de serre. En conséquence, la production d’électricité représente aujourd’hui 35% des émissions de CO2 en Europe ! Par ailleurs, notons que les moyens de production totalement (ou presque) décarbonés, sont ceux qui exploitent le nucléaire ou les énergies renouvelables.

 

Idée reçue n°2 : Nous consommons de l’électricité française.

FAUX

Le réseau électrique est européen.

Notre réseau électrique représente le résultat d’un long travail de coopération entre les pays de l’UE. En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce réseau a été pensé dans une volonté de développer les échanges d’énergie à l’échelle de l’Europe. Et la France a joué un rôle important dans la construction du réseau électrique ! Les lignards français ont ainsi fait de notre pays le carrefour électrique des plus grandes économies européennes. Aujourd’hui, le réseau électrique est extrêmement dense et européen. L’électricité ne s’arrête pas aux frontières politiques des pays.

L’électricité ne va pas au plus court, mais là où la résistance est la plus faible.

En conséquence, lorsque vous allumez la lumière, l’électricité peut passer par l’Italie, le Danemark ou encore la Suisse, car elle n’a pas de chemin tracé (cf. Idée reçue n°4). Elle ne va pas au plus court, mais suit les lignes où la résistance électrique est la plus faible. Le fait de vous situer à proximité d’une centrale de production d’électricité ne détermine donc pas que l’électricité que vous consommez provienne de cette dernière. Pas très intuitif nous direz-vous ? Il ne faut pas imaginer le réseau électrique comme des tubes dans lesquels des électrons se déplacent comme des billes. Imaginez-le plutôt comme un élastique géant aux millions de ramifications, que vous voulez maintenir tendu sans qu’il ne pète. Pour l’électricité c’est pareil : il faut que l’injection (production) dans le réseau soit à chaque instant, égale au soutirage (consommation). Le signal électrique se déplace à une vitesse de 200 000 km par seconde, soit deux tiers de la vitesse de la lumière. Pour donner une idée, à cette vitesse, on réalise cinq fois le tour de monde en 1 seconde ! Autant dire que le signal électrique transite de manière quasi instantanée dans un réseau de cuivre partagé par des millions de producteurs et de consommateurs dans l’Europe entière. Ainsi, si vous êtes à Strasbourg et que vous allumez la lumière chez vous, l’électricité peut tout aussi bien provenir d’une centrale à charbon polonaise ou d’un parc éolien des Pays-Bas ou les deux en même temps.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés
Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map

 

Idée reçue n°3 : On peut acheter et vendre de l’électricité. 

VRAI
Physiquement, l’électricité est une énergie que l’on ne peut pas stocker et qui transite quasi-instantanément dans nos fils électriques. Ainsi il est impossible de mettre de l’électricité dans une boite pour la commercialiser et la vendre. Pour répondre à cette problématique, des conventions ont été créées afin de pouvoir s’échanger commercialement de l’électricité et coller au maximum à la réalité physique.

  • La première convention appelée Responsabilité d’Équilibre valorise et quand l’électricité est produite. Un producteur est rémunéré lorsqu’il injecte de l’électricité au moment où le réseau électrique en a le besoin. Un fournisseur de son côté se doit de déclarer, pour le compte de ses clients, leur consommation en électricité afin que le réseau puisse équilibrer l’injection et le soutirage d’électricité.
  • La deuxième convention appelée Garantie d’Origine valorise comment l’électricité est produite. Si l’électricité est produite avec des énergies d’origine renouvelable, la Garantie d’Origine en est la preuve.

La somme de ces 2 conventions est l’électricité. Tout simplement.

 

Idée reçue n°4 : On ne peut pas savoir d’où vient vraiment l’électricité.

VRAI et FAUX
Tout comme l’électricité ne se stocke pas, elle n’est pas non plus traçable physiquement. Impossible donc de connaître la centrale qui a produit le MWh que vous consommez. Tous les producteurs qu’ils soient nucléaires, fossiles et renouvelables injectent de l’électricité dans le même réseau. Physiquement, nous consommons tous la même électricité, produite par l’ensemble des centrales polluantes ou non. En revanche, vous pouvez déterminer juridiquement l’origine de votre électricité. Comment ? En faisant le choix de consommer de l’électricité verte (d’origine renouvelable), c’est-à-dire grâce au seul moyen légal d’y parvenir, un document appelé la Garantie d’Origine (GO).

Lorsqu’un producteur d’électricité d’origine renouvelable injecte dans le réseau 1 MWh, un document électronique (une GO) garantissant la production de ce MWh, lui est délivré. Il contient un numéro unique qui permet de connaître la centrale de production, sa puissance, sa date de production mais aussi la technologie (solaire, éolien, hydraulique…). Cette GO est également un complément de rémunération. En achetant des GO, c’est comme si vous consommiez juridiquement les MWh produits dans la centrale de votre choix, en finançant ce producteur et en connaissant ainsi l’origine de votre électricité.
 
De plus, en accroissant la demande de GO, les producteurs d’électricité seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables. La consommation d’électricité verte est un excellent moyen de faire bouger concrètement les choses !

Tracer son électricité c'est possible

 

Idée reçue n°5 : Un fournisseur d’électricité fournit de l’électricité.

FAUX
Comme évoqué plus haut, l’électricité est produite puis transportée pour être consommée instantanément. Ce processus implique trois types d’acteurs : les producteurs, les transporteurs/distributeurs et enfin, les consommateurs. Dans ce processus, il y a un acteur qui n’a aucun rôle « physique » : c’est le fournisseur d’électricité.
Selon le Larousse, fournir signifie « approvisionner en quelque chose ». Or, votre fournisseur commercialise votre accès au réseau électrique et ne vous approvisionne pas directement en énergie. Il est ainsi l’interface entre le réseau électrique et vous, consommateur. En réalité, il a un rôle de commercialisation de l’électricité. C’est pourquoi il nous semble plus pertinent de reprendre le terme utilisé par Rte (le gestionnaire français de transport d’électricité), qui est celui de « commercialisateur d’électricité ». Un fournisseur n’est donc simplement qu’un intermédiaire financier entre le consommateur et le réseau électrique.

Il faut aussi et surtout rappeler que le fournisseur d’électricité joue le rôle de responsable d’équilibre pour le compte de ses clients. En effet, les fournisseurs s’engagent auprès de Rte à assurer l’équilibre entre injections et soutirages d’électricité dans une zone virtuelle donnée, appelée périmètre d’équilibre« J’ai tant de consommateurs qui vont consommer tant de MWh, je dois m’assurer qu’il y en aura suffisamment sur le réseau ».

 

Idée reçue n°6 : Changer de fournisseur d’électricité, c’est compliqué.

FAUX
Depuis 2007, tous les consommateurs d’électricité peuvent changer de fournisseur et/ou d’offre quand ils le souhaitent. Il n’y a aucune condition à réunir : vous êtes le seul maître à bord ! Vous savez pourquoi ? Parce qu’un fournisseur n’est qu’un simple intermédiaire financier. Il ne touchera jamais à votre compteur. Il ne touchera en fait à rien du tout. Le changement se fait en 5 minutes chrono et vous pouvez changer autant de fois que vous le souhaitez : les abonnements d’électricité sont sans engagement. Les seules informations dont vous aurez besoin sont : votre numéro de Point de Livraison (en abrégé, PDL) – c’est le numéro d’identification de votre compteur électrique marqué sur toutes vos factures d’électricité – et un RIB.

Où et comment trouver son point de livraison

 

Idée reçue n°7 : Changer de fournisseur d’électricité, c’est gratuit.

VRAI
A partir du moment où vous faites appel à un nouveau fournisseur, le changement s’effectue automatiquement. Le nouveau fournisseur s’occupe de tout : c’est sans frais de résiliation, sans période d’engagement et bien évidemment, sans coupure d’électricité ! Car, rappelons-le, les fournisseurs ne gèrent ni vos fils électriques ni votre compteur (ça, c’est Enedis !)…

 

Idée reçue n°8 : L’achat direct d’électricité rémunère mieux le producteur et favorise la transition énergétique.

FAUX

Qu’est-ce que l’achat direct ?

Tout d’abord : qu’est-ce que l’achat direct d’électricité ? C’est le fait d’acheter la Responsabilité d’Equilibre et les Garanties d’Origine associées auprès d’un producteur spécifique. On peut aussi l’appeler « achat groupé ». L’achat direct est un argument marketing qu’on pourrait qualifier de « greenwashing ». Il donne en effet l’impression que l’électricité provient directement d’un producteur d’électricité verte et/ou d’une centrale proche de chez vous, alors que ce n’est pas le cas (cf. Idée reçue n°2). Ce producteur, comme tous les autres (verts ou non) injecte son électricité dans le même réseau électrique utilisé par tous les français quel que ce soit leur fournisseur.  L’achat direct est également utilisé par certains fournisseurs qui présentent leurs offres d’électricité comme plus vertes, plus premium ou plus vertueuses pour l’environnement. Là encore, ce n’est pas le cas.
 

Pourquoi l’achat direct ne rémunère pas mieux le producteur ?

Mais alors, pourquoi l’achat direct ne rémunère pas mieux le producteur, ni ne favorise pas plus la transition énergétique que les autres offres ? Effectuer un achat direct d’électricité verte comprend le coût de la Responsabilité d’Équilibre auquel on ajoute le coût de la Garantie d’Origine.
C’est-à-dire qu’il y a d’un côté la Responsabilité d’Équilibre, vendue au même prix pour toutes les centrales électriques, qu’elles soient néfastes ou vertueuses (exploitant des énergies fossiles ou renouvelables) pour l’environnement. Le producteur est ainsi rémunéré en fonction de s’il injecte de l’électricité quand le réseau en a le plus besoin. De l’autre côté, il y a la Garantie d’Origine, qui valorise la qualité verte de l’électricité. Le producteur est rémunéré pour son engagement dans les énergies renouvelables grâce à la vente ses Garanties d’Origine. C’est donc la seule chose qui compte d’un point environnement : le prix de la GO. Grâce à la GO, le producteur d’électricité verte voit son électricité mieux rémunérée, donc plus compétitive que les énergies grises. En réalité peu importe s’il vend ses MWh contractuels avec ou séparément de sa GO, l’essentiel est qu’il les vende.
Faire le choix de l’électricité verte permet donc de favoriser les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles et nucléaires. Si plus de consommateurs font ce choix, c’est toute l’industrie qui sera obligée de se plier à leurs exigences. Au-delà d’une question de profits, vous avez là un moyen durable et efficace de favoriser la transition énergétique.

L'achat direct d'électricité ne permet pas d'avoir une électricité plus verte

 

Idée reçue n°9 : En souscrivant un contrat auprès d’un fournisseur vert, je reçois exclusivement de l’électricité verte dans ma prise.


Juridiquement VRAI et physiquement FAUX
L’électricité que vous consommez est le fruit de moyens de production situés sur tout le territoire européen. Le fait de contracter une offre d’électricité verte vous assure donc que le fournisseur a acquis un certain nombre de GO. Ces documents attestent qu’un volume d’électricité de source renouvelable équivalent à votre consommation a été injecté sur le réseau. Dès lors, en signant un contrat avec un fournisseur vert, vous participez au développement des énergies renouvelables. Ça c’est d’un point de vue juridique.
D’un point de vue physique, nous l’avons mentionné dans l’idée reçue n°4, l’électricité n’est pas traçable. Mais l’important n’est pas là. Ce qui compte, c’est de contribuer au développement des énergies renouvelables via l’achat de GO, pour tendre à moyen/long terme vers un mix électrique 100% renouvelable à l’échelle européenne.

 

En conclusion, voilà ce que nous pouvions dire sur l’électricité et les idées reçues dont elle fait l’objet. Et vous, est ce que vous avez appris de choses ?

 

Photo by Jonny CaspariJeremy Perkins & Diz Play

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Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Le 10 décembre dernier, l’Energie en Lumière publiait une controverse sur la Garantie d’Origine comme outil de traçabilité pour l’électricité verte. Parmi les points de vue recueillis pour éclairer le sujet, celui d’Ivan Debay, fondateur d’Origo et président de QuiEstVert. Dans cette interview, il présente notamment les conventions qui régissent le marché de l’électricité en Europe, en s’attardant sur le mécanisme des Garanties d’Origine (GO) et le rôle crucial qu’elles jouent dans la transition énergétique européenne. Retour sur les grands axes de cette prise de parole.

 

La Garantie d’Origine, l’unique outil permettant l’existence d’offres d’électricité verte

Le marché de l’électricité est un marché de conventions qui valorisent certaines caractéristiques de l’énergie qui transite dans le réseau. Parmi ces conventions, la Responsabilité d’Equilibre et la Garantie d’Origine. La Responsabilité d’Equilibre valorise la localisation et le moment où l’électricité est injectée dans le réseau. La GO, a été créée en complément de la Responsabilité d’Equilibre pour valoriser la manière dont l’électricité est produite : son origine géographique, la technologie et l’énergie utilisées pour sa production.

« La Garantie d’Origine valorise la manière dont est produite l’électricité et permet aux énergies renouvelables de se développer. [Elle] puise sa force dans l’obligation légale de traçabilité »

En Europe et en France, la GO est un document électronique, légal, qui atteste que l’électricité consommée est bien d’origine renouvelable. De ce fait, il est le seul outil qui prouve le caractère vert d’une offre d’électricité.

« Personne n’a le droit de prétendre consommer de l’électricité d’origine renouvelable sans une attestation d’utilisation de Garanties d’Origine émanant du teneur de registre Powernext. La loi l’interdit. »

En accroissant la demande de GO (nous parlons ici des consommateurs finaux), les producteurs d’électricité se verront confrontés à une demande à laquelle ils auront du mal à faire face. De ce fait, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables. Vous l’aurez compris, la consommation d’électricité verte est un moyen de faire bouger concrètement les choses, en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

« La Garantie d’Origine nous permet de choisir ce qui doit alimenter le réseau […] En utilisant des Garanties d’Origine, le consommateur exerce une pression économique en faveur de la transition énergétique à l’échelle européenne. »

 

Le cercle vertueux généré par le mécanisme de la Garantie d’Origine

Au delà de jouer un rôle clé dans la transition énergétique, le mécanisme des Garanties d’Origine créé un cercle vertueux qui permet aux énergies renouvelables (EnR) de devenir rentables. Cela s’est vérifié récemment aux Pays-Bas et en Espagne, où les GO ont permis de créer des moyens de production sans subventions des Etats.

Aux Pays-Bas, d’importants projets éoliens voient le jour de cette manière. Cela s’explique par le fait que les hollandais cherchent avant tout à consommer de l’électricité provenant d’éoliennes hollandaises. Cette demande de GO spécifiques (donc plus rares), a pour effet la croissance des prix : 7€ le MWh. Ce qui est intéressant, c’est que les hollandais sont prêts à payer ce prix pour favoriser l’activité éolienne de leur pays.

« Les projets éoliens peuvent donc voir le jour sans subvention car le cumul de la rémunération liée au processus de Responsabilité d’Equilibre auquel s’ajoute la valeur de la Garantie d’Origine, permettent aux producteurs d’obtenir un gain suffisant. »

Parc éolien de Nysted

Parc éolien en mer de Nysted au Danemark 

Ainsi, la marge élevée sur le prix de ces Garanties d’Origine a permis de créer et développer de nouveaux parcs, sans aucune subvention de l’Etat.

« L’objectif de la Garantie d’Origine est d’apporter la valeur supplémentaire nécessaire pour qu’un moyen de production vertueux soit rentable. »

Du côté de l’Espagne, le photovoltaïque est rentable même si la GO vaut moins d’1€ le MWh. Cela s’explique par un prix de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre suffisamment élevé pour l’instant. C’est-à-dire que les producteurs de solaire espagnols rendent suffisamment service au réseau cherchant à s’équilibrer. Si toutefois l’investissement massif dans le solaire venait à dégrader cette situation, la GO pourrait compenser le déficit de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre.

 

Nos réponses à ceux qui décrédibilisent le mécanisme de la Garantie d’Origine

Malgré les forces évidentes que présente le mécanisme des GO, certains cherchent encore à le décrédibiliser. Toutefois, les arguments brandis relèvent souvent du détail et n’ont pas leur importance dans le rôle que jouent les GO dans la transition énergétique. Voici les réponses apportées par Ivan :

  • Non, il n’existe aucune différence selon si le producteur vend ses GO séparément de son électricité ou s’il les vend au même acheteur. Le producteur est bien rémunéré dans les 2 cas.
    « Ce qui compte c’est la valeur que le producteur obtient du cumul de la Responsabilité d’Equilibre et des Garanties d’Origine. »
  • Oui, il est possible d’avoir une offre 100% solaire, même si le soleil ne brille pas 24h/24.
    « Si nous utilisons un maximum de GO solaires, les producteurs seront mieux rémunérés et enclin à investir dans la maintenance et la construction de nouveaux moyens de production. »
  • Oui, il est utile de financer des centrales déjà amorties : elles ont tout de même besoin de fonctionner et d’être entretenues.
    « Une centrale hydraulique [déjà amortie] doit être entretenue ; elle doit être considérée comme rentable pour ne pas être abandonnée au profit d’autres moyens de production […] »
  • Non, l’ARENH n’est pas un mécanisme de traçabilité de l’électricité d’origine nucléaire. Le bénéficiaire de l’ARENH n’obtient ni physiquement, ni contractuellement, de l’électricité provenant de la filière nucléaire.
    « L’ARENH ne soutient en rien le nucléaire. […] L’ARENH est une option gratuite qui oblige EDF à vendre en dessous du prix de marché. Donc si j’étais un antinucléaire, je choisirais une offre verte provenant d’un fournisseur qui utilise l’ARENH au maximum ! »

 

La transition énergétique européenne se joue en France

« La zone européenne est pertinente du fait que le réseau électrique européen est extrêmement dense et que le marché s’est organisé à cette échelle en établissant des règles communes. »

Le marché de l’électricité est le résultat d’un long travail de coopération entre les pays membre de l’UE. C’est pourquoi il est important de raisonner à échelle européenne et non nationale.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés

Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map

Il faut savoir que la France consomme environ 500 TWh d’électricité par an soit un 6ème de la consommation européenne, mais que seulement 7% de cette consommation est volontairement d’origine renouvelable. Nous produisons chaque année 110 TWh d’électricité renouvelable : 35 TWh sont consommés en interne quand 75 TWh sont disponibles pour l’exportation.

« Nous pouvons raisonnablement dire que la France pénalise l’Europe entière. »

C’est donc en ce sens que la France a un réel rôle à jouer dans la transition énergétique européenne. Rappelons que le réseau électrique, c’est 35% des émissions de CO2 en Europe !

 

Un système vertueux qui pourrait être davantage optimisé pour arriver à ses fins

Nous avons longuement parlé du mécanisme bien huilé des GO et de ses avantages. Mais comme tout système, celui-ci n’est pas parfait et pourrait être amélioré. Voici les points d’optimisation évoqués par Ivan lors de son interview.

  • Adapter la méthode de calcul de l’empreinte carbone proposée par l’ADEME au standard international. Explications. Les entreprises françaises de + de 500 salariés sont aujourd’hui dans l’obligation de calculer leur bilan carbone. Le calcul actuel ne tient pas compte de l’utilisation de GO (contrairement à la norme internationale). Rectifier ce point permettrait de valoriser la participation de ces entreprises à la transition énergétique.
    « En s’opposant à la valorisation de la démarche d’utilisation de GO, il (l’ADEME) lui (le consommateur) fait obstacle dans sa participation à la transition énergétique. »
  • Imposer la transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité des fournisseurs. Ceci pour ne laisser aucun doute quant à la présence ou non (et la quantité) d’électricité verte dans les offres proposées aux clients finaux. Cette mesure mettrait ainsi fin aux publicités mensongères.
    « La transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité ne laisserait plus aucun doute sur la part d’électricité verte, l’origine technologique et géographique des énergies associées à ces offres. »
  • Maintenir les producteurs propriétaires de leurs GO. Aujourd’hui, les producteurs qui bénéficient de subventions pour leurs émissions de GO, se voient de ce fait retirer ces dernières au profit de l’Etat. Les producteurs qui souhaitent mettre en place une offre d’électricité verte sont obligés de racheter leurs GO aux enchères.
    « C’est dommageable, car cette injustice peut amener les entreprises lésées à discréditer le mécanisme des GO par frustration. Or ce ne sont pas les GO en soi le problème. C’est le fait de ne pas laisser une entreprise bénéficier de l’intégralité des droits lui donnant la possibilité de maximiser la valeur de sa production électrique dans le marché. »
  • Mettre en place un mécanisme de « full disclosure ». Soit une traçabilité intégrale pour tous les MWh consommés, quelle que soit la source de l’électricité (renouvelable ou non). Cela aurait pour effet de mettre les consommateurs face à la réalité de ce qu’ils consomment et les inciter à changer au profit d’une offre verte.
    « En Autriche, cette pratique a eu pour conséquence d’augmenter la consommation volontaire d’électricité de source renouvelable jusqu’à près de 80% ! »

 

Pour retrouver l’intégralité de l’interview d’Ivan, n’hésitez pas à consulter la version complète de la controverse publiée par l’Energie en Lumière.

Photo by Xavier L.

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Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques connaissent un large développement depuis quelques années, plus particulièrement depuis que la législation française a facilité l’autoconsommation. Toutefois, cette énergie, et tout particulièrement les matériaux empruntés, peuvent prêter à controverse notamment par les climato-sceptiques, et autres détracteurs de la bien-pensance écologique. Bon nombre d’entre vous avez un jour entendu parler de ces arguments venant à l’encontre du développement de cette énergie renouvelable. Terres rares, recyclage, bilan carbone, … qu’en est-il vraiment ?

 

Panneaux photovoltaïques : terres rares or not terres rares ?

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux, assez répandus dans la croûte terrestre, mais restant coûteux et difficilement accessibles. Contrairement aux idées reçues, aucun de ces 17 métaux n’est présent dans la composition des panneaux ou des cellules photovoltaïques.

 

Il existe aujourd’hui trois générations d’installations photovoltaïques :
  • La 1ère génération, couvre encore aujourd’hui près de 90 % du marché. Elle est composée majoritairement de silicium mono ou multi cristallin. C’est un élément chimique très abondant sur terre – le second après l’oxygène, mais son extraction nécessite un certain nombre de produits chimiques et surtout, une forte consommation d’électricité… La première génération de ces produits nécessite également de l’argent pour les connecteurs électriques, et bien que ce ne soit pas des terres rares, les réserves sont peu importantes. Toutefois, la recherche avance à grands pas pour trouver des substituts efficaces à ces matériaux.
  • La 2ème génération de panneaux photovoltaïques, qui couvre une plus petite partie du marché, utilise également des métaux rares (et non des terres rares), qui restent présents en faible quantité.
  • Enfin, la 3ème génération de panneaux photovoltaïques est actuellement à un stade pré commercial – recherche et développement . Sa technologie est parfois utilisée dans les calculatrices ou le rechargement des appareils nomades [1].

 

Les terres rares utilisées pour la fabrication des panneaux photovoltaiques

Photo d’échantillons de Terres rares – Source : CNRS Journal

 

Comment recycler les panneaux photovoltaïques ?

En réalité, il s’agit d’un domaine extrêmement réglementé. Le recyclage des panneaux solaires est prévu par une directive de 2002 [2], et le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) a été étendu à ces moyens de production par une directive de 2012 [3] ! Cette dernière réglementation oblige les entreprises vendant ce type de produits à financer et s’assurer du traitement des déchets.
 

 

En France, PV Cycle, un éco-organisme à but non lucratif agréé par les pouvoirs publics, assure la collecte et le recyclage de tous types de panneaux solaires photovoltaïques [4]. A noter que cette collecte s’applique à tous types de technologies, de marques, et quelque soit l’année de mise sur le marché. PV Cycle met à disposition de tous les acteurs des points de collecte gratuits afin de faciliter le transport et la logistique des déchets vers des usines spécialisées, et il en existe plus de 200 ! A ce jour, l’association déclare recycler plus de 90% des panneaux [5] qu’elle récolte !

 

Incidence de recyclage des panneaux photovoltaïques
Source : PV Cycle

 

En clair, les panneaux photovoltaïques sont-ils un bon investissement écologique ?

Selon l’ADEME, un panneau photovoltaïque installé en France émet en moyenne 55 grammes de CO2 équivalent par kilowattheure produit (gCO2-éq/kWh) [6]. Selon la technologie, il produira en trois ans l’énergie qui aura été nécessaire à sa production. C’est ce que l’on appelle le temps de retour énergétique. Sachant que la durée de vie de panneaux photovoltaïques est estimée entre 25 et 30 ans, cela reste durable !

 

Par ailleurs, un indicateur est souvent utilisé pour apprécier la performance carbone d’un outil de production d’énergie : il s’agit du Temps de Retour Carbone (TRC). Le TRC répond à la question suivante : combien de temps de production d’électricité faut-il pour amortir les émissions de gaz à effet de serre rejetées durant son cycle de vie ? A titre d’exemple, un panneau photovoltaïque (facteur d’émission CO2 moyenné) et implanté en France aura un temps de retour carbone de 15 ans. Vous pouvez observer ci-dessous un graphique représentant l’empreinte carbone cumulée d’un panneau photovoltaïque tout au long de son cycle de vie (ici 30 ans). Le temps de retour carbone (TRC) est le temps pour lequel l’empreinte carbone de l’installation est devenue nulle.

 

Temps de Retour Carbone d’un panneau photovoltaïque
Exemples de temps de retour carbone pour un panneau photovoltaïque

 

En résumé, pas de terres rares, recyclées, et bon bilan carbone, … cette technologie a tout pour plaire !

 

[1] Ministère de la Transition Écologique et Solidaire 
[2] Legifrance
[3] Eur-Lex
[4] PV Cycle
[5] PV Cycle
[6] ADEME

 

Photo by Antonio Garcia

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