Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Controverse Garantie d’Origine : l’intervention d’Ivan Debay

Le 10 décembre dernier, l’Energie en Lumière publiait une controverse sur la Garantie d’Origine comme outil de traçabilité pour l’électricité verte. Parmi les points de vue recueillis pour éclairer le sujet, celui d’Ivan Debay, fondateur d’Origo et président de QuiEstVert. Dans cette interview, il présente notamment les conventions qui régissent le marché de l’électricité en Europe, en s’attardant sur le mécanisme des Garanties d’Origine (GO) et le rôle crucial qu’elles jouent dans la transition énergétique européenne. Retour sur les grands axes de cette prise de parole.

 

La Garantie d’Origine, l’unique outil permettant l’existence d’offres d’électricité verte

Le marché de l’électricité est un marché de conventions qui valorisent certaines caractéristiques de l’énergie qui transite dans le réseau. Parmi ces conventions, la Responsabilité d’Equilibre et la Garantie d’Origine. La Responsabilité d’Equilibre valorise la localisation et le moment où l’électricité est injectée dans le réseau. La GO, a été créée en complément de la Responsabilité d’Equilibre pour valoriser la manière dont l’électricité est produite : son origine géographique, la technologie et l’énergie utilisées pour sa production.

« La Garantie d’Origine valorise la manière dont est produite l’électricité et permet aux énergies renouvelables de se développer. [Elle] puise sa force dans l’obligation légale de traçabilité »

En Europe et en France, la GO est un document électronique, légal, qui atteste que l’électricité consommée est bien d’origine renouvelable. De ce fait, il est le seul outil qui prouve le caractère vert d’une offre d’électricité.

« Personne n’a le droit de prétendre consommer de l’électricité d’origine renouvelable sans une attestation d’utilisation de Garanties d’Origine émanant du teneur de registre Powernext. La loi l’interdit. »

En accroissant la demande de GO (nous parlons ici des consommateurs finaux), les producteurs d’électricité se verront confrontés à une demande à laquelle ils auront du mal à faire face. De ce fait, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables. Vous l’aurez compris, la consommation d’électricité verte est un moyen de faire bouger concrètement les choses, en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

« La Garantie d’Origine nous permet de choisir ce qui doit alimenter le réseau […] En utilisant des Garanties d’Origine, le consommateur exerce une pression économique en faveur de la transition énergétique à l’échelle européenne. »

 

Le cercle vertueux généré par le mécanisme de la Garantie d’Origine

Au delà de jouer un rôle clé dans la transition énergétique, le mécanisme des Garanties d’Origine créé un cercle vertueux qui permet aux énergies renouvelables (EnR) de devenir rentables. Cela s’est vérifié récemment aux Pays-Bas et en Espagne, où les GO ont permis de créer des moyens de production sans subventions des Etats.

Aux Pays-Bas, d’importants projets éoliens voient le jour de cette manière. Cela s’explique par le fait que les hollandais cherchent avant tout à consommer de l’électricité provenant d’éoliennes hollandaises. Cette demande de GO spécifiques (donc plus rares), a pour effet la croissance des prix : 7€ le MWh. Ce qui est intéressant, c’est que les hollandais sont prêts à payer ce prix pour favoriser l’activité éolienne de leur pays.

« Les projets éoliens peuvent donc voir le jour sans subvention car le cumul de la rémunération liée au processus de Responsabilité d’Equilibre auquel s’ajoute la valeur de la Garantie d’Origine, permettent aux producteurs d’obtenir un gain suffisant. »

Parc éolien de Nysted

Parc éolien en mer de Nysted au Danemark 

Ainsi, la marge élevée sur le prix de ces Garanties d’Origine a permis de créer et développer de nouveaux parcs, sans aucune subvention de l’Etat.

« L’objectif de la Garantie d’Origine est d’apporter la valeur supplémentaire nécessaire pour qu’un moyen de production vertueux soit rentable. »

Du côté de l’Espagne, le photovoltaïque est rentable même si la GO vaut moins d’1€ le MWh. Cela s’explique par un prix de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre suffisamment élevé pour l’instant. C’est-à-dire que les producteurs de solaire espagnols rendent suffisamment service au réseau cherchant à s’équilibrer. Si toutefois l’investissement massif dans le solaire venait à dégrader cette situation, la GO pourrait compenser le déficit de rémunération de la Responsabilité d’Equilibre.

 

Nos réponses à ceux qui décrédibilisent le mécanisme de la Garantie d’Origine

Malgré les forces évidentes que présente le mécanisme des GO, certains cherchent encore à le décrédibiliser. Toutefois, les arguments brandis relèvent souvent du détail et n’ont pas leur importance dans le rôle que jouent les GO dans la transition énergétique. Voici les réponses apportées par Ivan :

  • Non, il n’existe aucune différence selon si le producteur vend ses GO séparément de son électricité ou s’il les vend au même acheteur. Le producteur est bien rémunéré dans les 2 cas.
    « Ce qui compte c’est la valeur que le producteur obtient du cumul de la Responsabilité d’Equilibre et des Garanties d’Origine. »
  • Oui, il est possible d’avoir une offre 100% solaire, même si le soleil ne brille pas 24h/24.
    « Si nous utilisons un maximum de GO solaires, les producteurs seront mieux rémunérés et enclin à investir dans la maintenance et la construction de nouveaux moyens de production. »
  • Oui, il est utile de financer des centrales déjà amorties : elles ont tout de même besoin de fonctionner et d’être entretenues.
    « Une centrale hydraulique [déjà amortie] doit être entretenue ; elle doit être considérée comme rentable pour ne pas être abandonnée au profit d’autres moyens de production […] »
  • Non, l’ARENH n’est pas un mécanisme de traçabilité de l’électricité d’origine nucléaire. Le bénéficiaire de l’ARENH n’obtient ni physiquement, ni contractuellement, de l’électricité provenant de la filière nucléaire.
    « L’ARENH ne soutient en rien le nucléaire. […] L’ARENH est une option gratuite qui oblige EDF à vendre en dessous du prix de marché. Donc si j’étais un antinucléaire, je choisirais une offre verte provenant d’un fournisseur qui utilise l’ARENH au maximum ! »

 

La transition énergétique européenne se joue en France

« La zone européenne est pertinente du fait que le réseau électrique européen est extrêmement dense et que le marché s’est organisé à cette échelle en établissant des règles communes. »

Le marché de l’électricité est le résultat d’un long travail de coopération entre les pays membre de l’UE. C’est pourquoi il est important de raisonner à échelle européenne et non nationale.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés

Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map

Il faut savoir que la France consomme environ 500 TWh d’électricité par an soit un 6ème de la consommation européenne, mais que seulement 7% de cette consommation est volontairement d’origine renouvelable. Nous produisons chaque année 110 TWh d’électricité renouvelable : 35 TWh sont consommés en interne quand 75 TWh sont disponibles pour l’exportation.

« Nous pouvons raisonnablement dire que la France pénalise l’Europe entière. »

C’est donc en ce sens que la France a un réel rôle à jouer dans la transition énergétique européenne. Rappelons que le réseau électrique, c’est 35% des émissions de CO2 en Europe !

 

Un système vertueux qui pourrait être davantage optimisé pour arriver à ses fins

Nous avons longuement parlé du mécanisme bien huilé des GO et de ses avantages. Mais comme tout système, celui-ci n’est pas parfait et pourrait être amélioré. Voici les points d’optimisation évoqués par Ivan lors de son interview.

  • Adapter la méthode de calcul de l’empreinte carbone proposée par l’ADEME au standard international. Explications. Les entreprises françaises de + de 500 salariés sont aujourd’hui dans l’obligation de calculer leur bilan carbone. Le calcul actuel ne tient pas compte de l’utilisation de GO (contrairement à la norme internationale). Rectifier ce point permettrait de valoriser la participation de ces entreprises à la transition énergétique.
    « En s’opposant à la valorisation de la démarche d’utilisation de GO, il (l’ADEME) lui (le consommateur) fait obstacle dans sa participation à la transition énergétique. »
  • Imposer la transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité des fournisseurs. Ceci pour ne laisser aucun doute quant à la présence ou non (et la quantité) d’électricité verte dans les offres proposées aux clients finaux. Cette mesure mettrait ainsi fin aux publicités mensongères.
    « La transparence sur le mix énergétique des offres d’électricité ne laisserait plus aucun doute sur la part d’électricité verte, l’origine technologique et géographique des énergies associées à ces offres. »
  • Maintenir les producteurs propriétaires de leurs GO. Aujourd’hui, les producteurs qui bénéficient de subventions pour leurs émissions de GO, se voient de ce fait retirer ces dernières au profit de l’Etat. Les producteurs qui souhaitent mettre en place une offre d’électricité verte sont obligés de racheter leurs GO aux enchères.
    « C’est dommageable, car cette injustice peut amener les entreprises lésées à discréditer le mécanisme des GO par frustration. Or ce ne sont pas les GO en soi le problème. C’est le fait de ne pas laisser une entreprise bénéficier de l’intégralité des droits lui donnant la possibilité de maximiser la valeur de sa production électrique dans le marché. »
  • Mettre en place un mécanisme de « full disclosure ». Soit une traçabilité intégrale pour tous les MWh consommés, quelle que soit la source de l’électricité (renouvelable ou non). Cela aurait pour effet de mettre les consommateurs face à la réalité de ce qu’ils consomment et les inciter à changer au profit d’une offre verte.
    « En Autriche, cette pratique a eu pour conséquence d’augmenter la consommation volontaire d’électricité de source renouvelable jusqu’à près de 80% ! »

 

Pour retrouver l’intégralité de l’interview d’Ivan, n’hésitez pas à consulter la version complète de la controverse publiée par l’Energie en Lumière.

Photo by Xavier L.

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Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques sont-ils vraiment écologiques ?

Les panneaux photovoltaïques connaissent un large développement depuis quelques années, plus particulièrement depuis que la législation française a facilité l’autoconsommation. Toutefois, cette énergie, et tout particulièrement les matériaux empruntés, peuvent prêter à controverse notamment par les climato-sceptiques, et autres détracteurs de la bien-pensance écologique. Bon nombre d’entre vous avez un jour entendu parler de ces arguments venant à l’encontre du développement de cette énergie renouvelable. Terres rares, recyclage, bilan carbone, … qu’en est-il vraiment ?

 

Panneaux photovoltaïques : terres rares or not terres rares ?

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux, assez répandus dans la croûte terrestre, mais restant coûteux et difficilement accessibles. Contrairement aux idées reçues, aucun de ces 17 métaux n’est présent dans la composition des panneaux ou des cellules photovoltaïques.

 

Il existe aujourd’hui trois générations d’installations photovoltaïques :
  • La 1ère génération, couvre encore aujourd’hui près de 90 % du marché. Elle est composée majoritairement de silicium mono ou multi cristallin. C’est un élément chimique très abondant sur terre – le second après l’oxygène, mais son extraction nécessite un certain nombre de produits chimiques et surtout, une forte consommation d’électricité… La première génération de ces produits nécessite également de l’argent pour les connecteurs électriques, et bien que ce ne soit pas des terres rares, les réserves sont peu importantes. Toutefois, la recherche avance à grands pas pour trouver des substituts efficaces à ces matériaux.
  • La 2ème génération de panneaux photovoltaïques, qui couvre une plus petite partie du marché, utilise également des métaux rares (et non des terres rares), qui restent présents en faible quantité.
  • Enfin, la 3ème génération de panneaux photovoltaïques est actuellement à un stade pré commercial – recherche et développement . Sa technologie est parfois utilisée dans les calculatrices ou le rechargement des appareils nomades [1].

 

Les terres rares utilisées pour la fabrication des panneaux photovoltaiques

Photo d’échantillons de Terres rares – Source : CNRS Journal

 

Comment recycler les panneaux photovoltaïques ?

En réalité, il s’agit d’un domaine extrêmement réglementé. Le recyclage des panneaux solaires est prévu par une directive de 2002 [2], et le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) a été étendu à ces moyens de production par une directive de 2012 [3] ! Cette dernière réglementation oblige les entreprises vendant ce type de produits à financer et s’assurer du traitement des déchets.
 

 

En France, PV Cycle, un éco-organisme à but non lucratif agréé par les pouvoirs publics, assure la collecte et le recyclage de tous types de panneaux solaires photovoltaïques [4]. A noter que cette collecte s’applique à tous types de technologies, de marques, et quelque soit l’année de mise sur le marché. PV Cycle met à disposition de tous les acteurs des points de collecte gratuits afin de faciliter le transport et la logistique des déchets vers des usines spécialisées, et il en existe plus de 200 ! A ce jour, l’association déclare recycler plus de 90% des panneaux [5] qu’elle récolte !

 

Incidence de recyclage des panneaux photovoltaïques
Source : PV Cycle

 

En clair, les panneaux photovoltaïques sont-ils un bon investissement écologique ?

Selon l’ADEME, un panneau photovoltaïque installé en France émet en moyenne 55 grammes de CO2 équivalent par kilowattheure produit (gCO2-éq/kWh) [6]. Selon la technologie, il produira en trois ans l’énergie qui aura été nécessaire à sa production. C’est ce que l’on appelle le temps de retour énergétique. Sachant que la durée de vie de panneaux photovoltaïques est estimée entre 25 et 30 ans, cela reste durable !

 

Par ailleurs, un indicateur est souvent utilisé pour apprécier la performance carbone d’un outil de production d’énergie : il s’agit du Temps de Retour Carbone (TRC). Le TRC répond à la question suivante : combien de temps de production d’électricité faut-il pour amortir les émissions de gaz à effet de serre rejetées durant son cycle de vie ? A titre d’exemple, un panneau photovoltaïque (facteur d’émission CO2 moyenné) et implanté en France aura un temps de retour carbone de 15 ans. Vous pouvez observer ci-dessous un graphique représentant l’empreinte carbone cumulée d’un panneau photovoltaïque tout au long de son cycle de vie (ici 30 ans). Le temps de retour carbone (TRC) est le temps pour lequel l’empreinte carbone de l’installation est devenue nulle.

 

Temps de Retour Carbone d’un panneau photovoltaïque
Exemples de temps de retour carbone pour un panneau photovoltaïque

 

En résumé, pas de terres rares, recyclées, et bon bilan carbone, … cette technologie a tout pour plaire !

 

[1] Ministère de la Transition Écologique et Solidaire 
[2] Legifrance
[3] Eur-Lex
[4] PV Cycle
[5] PV Cycle
[6] ADEME

 

Photo by Antonio Garcia

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Success story : La genèse de l’initiative RE100

Success story : La genèse de l’initiative RE100

Success story : La genèse de l’initiative RE100

La transition vers une consommation d’énergies décarbonées est plus que nécessaire de nos jours. Les entreprises ont un rôle énorme dans le soutien de cette démarche. En effet plus de 2/3 de la demande mondiale d’électricité vient d’elles, et principalement celles des secteurs du commerce et industrie (selon l’IRENA[1]). Leurs engagements pour une consommation d’électricité renouvelable est donc capital pour atténuer les émissions de CO2 de l’industrie de l’électricité. La concentration atmosphérique de CO2 est d’environ 410 Particules par millions (ppm) de nos jours alors qu’elle n’était que 280 ppm en 1850. En 2017, les émissions de CO2 dues à la production d’électricité au niveau mondial étaient de 12,5 Gigas tonnes soit 40% émissions mondiales de CO2 (Agence Internationale de l’Énergie[2]). Certaines d’entre elles l’ont déjà compris et se sont lancées volontairement dans un objectif 100% de consommation d’électricité verte à travers l’initiative RE100.

Qu’est-ce que l’initiative RE100 ?

En 2014, une initiative RE100 a été lancée à la Climate Week. Celle-ci a été inaugurée par 13 grandes entreprises parmi lesquelles nous retrouvons l’assureur Suisse Swiss RE et le mobilier Ikea. RE100 fait partie du plan d’Action Lima-Paris (LPAA) et est soutenue par deux grandes ONG : Le Carbon Disclosure Project (CDP) et le Climate Change.

L’objectif de cette initiative est de réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre avant la fin du siècle. Et ce, grâce à l’augmentation de la demande d’énergie verte à la place de celles dites fossiles.

Évolution du nombre d’entreprises RE100 Évolution du nombre d’entreprises RE100 – Source : Rapport RE100, novembre 2018.

En 4 ans, le nombre d’entreprises membres de l’initiative RE100 s’est multiplié par presque 12. En novembre 2018, elles étaient au nombre de 155 et ont été responsables d’une consommation d’électricité verte de 217 TWh (29 TWh de plus qu’en 2017).

188 TWh, c’était la consommation totale des entreprises RE100 en fin 2017 soit :

  • Environ l’équivalent de la consommation d’électricité de l’Autriche (72,3 TWh) et des Pays Bas réunis (115,4 TWh) réunis ;
  • Plus de 6 fois la consommation volontaire d’électricité verte en France.

Enfin, si l’on considère cette communauté comme un pays, il serait le 23ème consommateur d’électricité au monde.

listes des entreprises membre du re-100

RE100

 

  • Quelques statistiques

En 2017, environ un quart des membres de RE100 c’est-à-dire 37 entreprises ont couvert 95% de leur consommation avec de l’électricité de source renouvelable. Par ailleurs, plus de la moitié d’entre elles avaient plus de 50%. Ce pourcentage est bien au-dessus de la consommation mondiale moyenne d’électricité verte qui est d’environ 26,5%.  Et mieux, il est plus élevé que dans certains pays leaders européens en termes de consommation d’électricité verte. Ce sont les pays comme, l’Autriche (76%), l’Allemagne (51%) ou la Suède (39%) (AIB, 2017).

Figure :  Comparaison consommation d’électricité des pays et celle des entreprises RE100

Sources: RE100, annual Report, November 2018.

 

Certaines entreprises RE100 ont déjà atteint leur objectif de 100% de consommation d’électricité verte :

Swiss Post

La poste Swiss couvre depuis 2013 ses besoins en électricité avec des énergies issues de source renouvelable.

 

Crédit agricole

Parmi les plus grands groupes bancaires européens, le groupe Crédit Agricole s’approvisionne en électricité verte 100% renouvelable.

 

Apple

Depuis avril 2018, Apple a alimenté toutes ses installations au niveau mondial avec de l’électricité de source renouvelable.

 

Google

Le chef de file dans la technologie Google a atteint 100% de consommation d’électricité depuis 2017.

 

L’influence des entreprises du RE100 sur leur secteur

Les entreprises RE100 ne se limitent pas seulement à leur objectif de 100% d’électricité verte. Elles encouragent les entreprises avec lesquelles elles travaillent à s’engager pour une consommation d’électricité de source renouvelable avec essentiellement le partage d’expérience.

Apple a été le premier dans ce domaine. À travers son programme « Supplier Clean Energy[3] » lancé en 2015, l’entreprise motive ses partenaires à adopter 100% d’électricité renouvelables. L’objectif de ce projet est de financer 4 gigawatts de centrale renouvelable dans le monde. De nos jours l’entreprise a déjà atteint 3,7 gigawatts. À terme, ce projet permettra d’éviter les émissions de 5,2 millions de CO2 soit l’équivalent des émissions annuelles de CO2 d’un million de voitures.

Enfin, ce programme d’Apple a permis le développement de 485 mégawatts de centrales éoliens et solaires dans six localités de la Chine. Tout cela démontre le leadership environnemental d’Apple et son profond engagement pour aider ses partenaires à être aussi acteurs de la transition énergétique.

À ce jour, 29 entreprises se sont engagées à produire les produits d’Apple avec de l’électricité verte. Parmi elles, nous retrouvons notamment le groupe Arkema[4] qui s’est engagé à passer à l’électricité verte en France, aux USA et en Chine pour produire pour Apple.

le crédit agricole utilise 100% d'électricité verteLe groupe Crédit Agricole consomme 100% d’électricité d’origine renouvelable

Pour d’autres, le passage à l’électricité verte valorise encore plus les produits d’une entreprise. Johanna C. Jobin, directrice santé et sécurité environnementales dans le monde et durabilité chez Biogen déclare :

« Ce n’est pas seulement la bonne chose à faire – cela ajoute de la valeur à notre entreprise et stimule l’innovation dans nos produits et opérations. « 

Le premier impact du RE100 est très clair, c’est qu’il a incité de nombreuses entreprises à passer à l’électricité verte. L’autre effet est en rapport avec les émissions des CO2 de ces entreprises et la demande des certificats verts.

Impact de la consommation électrique des entreprises RE100 sur les émissions de CO2 et sur la demande des certificats verts.

Selon le CDP, la consommation d’électricité verte via l’utilisation des certificats verts que sont les GO ou RECs, permet de compenser les émissions liées au Scope 2. C’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre liée à la consommation d’énergie comme l’électricité.

Donc, une GO ou RECs utilisé correspond à 0 CO2 émis. Puis que ceux-ci prouvent que l’électricité produite provient de sources renouvelables comme la géothermie, le solaire, l’éolienne, la biomasse, ou l’hydraulique.

Le facteur d’émission est un coefficient qui quantifie le contenu carbone lié à la production d’un produit, d’une énergie ou d’un service etc.

Pour l’électricité, il correspond pour chaque KWh d’électricité produite. Il dépend de trois facteurs :  la zone géographique, les types de centrales, sa performance et les types de combustibles utilisés pour produire l’électricité.

Nous utilisons ici les données fournies par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Cette dernière donne le facteur d’émission d’un KWh au niveau mondial.

  2014 2015 2016 2017 Novembre 2018
Nombre RE100 13 36 87 119 155
Volume en TWh 19 64 80 188 217
Volume additionnel d’une année à l’autre   45 16 108 29
CO₂ / kWh (gCO₂/kWh) 519 506 490 484 487*
Total de CO2 évité par an  9 861 000 32 384 000 39 200 000 90 992 000 105 679 000

Tableau : Les émissions CO2 évitées.

*Le facteur d’émissions pour 2018 est une estimation faite sur la base de ceux des deux dernières années. Car celui-ci n’est pas encore disponible. – Source: AIE, RE1OO

De 2014-2018, la consommation d’électricité des entreprises RE100 ont évité chaque année en moyenne 55,62 millions de tonnes CO2 dans le monde.

Impact du RE100 sur la demande des certificats verts.

Lancées au départ pour convaincre 100 entreprises à adopter volontairement une consommation d’énergie propre, les entreprises RE100 ont dépassé le cap de 160 membres de nos jours. L’initiative séduit de plus en plus d’entreprises dans le monde. Elles sont à la base d’une consommation d’électricité verte d’un volume de 217 TWh, soit plus de deux fois la consommation électrique d’un pays comme la Belgique. Ce volume va certainement augmenter. Dans la mesure où seulement une vingtaine d’entre elles ont atteint 100% de consommation d’électricité verte.

En 2017, les entreprises RE100 ont permis d’éviter l’équivalent des émissions annuelles de CO2 d’environ 24 millions de Français. Tous ces chiffres montrent que cet engagement volontaire est un succès. Ces effets sont seulement ceux de 155 entreprises. Qu’en serait-il si l’initiative atteignait 1000 entreprises ?

comment les entreprises financent une économie faible en carbone RE100

https://www.akzonobel.com/en/for-media/media-releases-and-features/akzonobel-be-carbon-neutral-and-use-100-renewable-energy-2050
https://www.theclimategroup.org/sites/default/files/downloads/annex_2_-_re100_progress_and_insights_annual_report_november_2018.pdf
http://there100.org/formula-e
http://media.virbcdn.com/files/69/ddbfa4d36e1b8bd4-RE100AnnualReport2017.pdf
[1] https://www.irena.org/publications/2018/May/Corporate-Sourcing-of-Renewable-Energy P.3
[2] https://www.iea.org/newsroom/news/2019/march/tracking-the-decoupling-of-electricity-demand-and-associated-co2-emissions.html
[3] https://www.apple.com/environment/pdf/Apple_Supplier_Clean_Energy_Program_Update_October_2018.pdf
[4] https://www.arkema.com/fr/media/actualites/detail-actualite/Arkema-sengage-a-acheter-100-denergie-renouvelable-pour-produire-ses-materiaux-vendus-a-Apple/
[5] https://www.akzonobel.com/en/for-media/media-releases-and-features/akzonobel-be-carbon-neutral-and-use-100-renewable-energy-2050
[6] https://www.google.com/about/datacenters/inside/locations/index.html

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [4/5] – Le bilan humain

L’indépendance énergétique

Le changement climatique

Les risques liés à la production d’électricité

Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de cinq parties, nous verrons de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce 4ème volet il est question du bilan humains liée à l’extraction des matières premières et l’exploitation des différentes centrales de productions d’électricité.

 

Bilan humain lié aux énergies fossiles et fissiles dans le monde

Dans son rapport évaluation de risques d’accident nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques de 1969 à 2000, l’OCEDE fait une étude comparative du nombre d’accident et de décès causés par les différentes sources d’énergie. Celui-ci se base sur les données de l’Institut Paul Schaerrer[1] (IPS). Cette étude recense le nombre d’accidents et de décès par types d’énergie, les accidents et les décès immédiats par sources d’énergie.

Il faut noter que ces chiffres sont des décès réels, ils ne tiennent compte que des décès causés par l’accident et non ceux causés chroniquement. Pour le nucléaire, l’étude ne donne que des statistiques liées à l’accident de Tchernobyl, et ne comptabilise pas, notamment, les décès par irradiation.

  OCDE Non OCDE Monde
  Accidents Morts Accidents Morts Accidents Morts
Charbon 75 2259 1044 18017 1119 20276
Pétrole 165 3713 232 16505 397 20218
Gaz naturel 90 1043 45 1000 135 2043
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 59 1905 46 2016 105 3921
Hydraulique 1 14 10 29924 11 29938
Nucléaire 0 0 1 31 1 31
Total 390 8934 2299 83658 2689 92592

Tableau : Nombre d’accidents et de décès de 1969 à 2000 – Source: Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques, OCDE [2]

Il apparaît que les énergies fossiles provoquent plus d’accidents et de décès que les autres sources d’énergie. Ainsi, plus de 65% des accidents résultaient des énergies fossiles avec le charbon en tête. Sur la période référencée par l’étude de l’OCDE, celui-ci a été responsable de 1 119 accidents soit 63,72 % des accidents causés par les énergies fossiles. Il faut noter qu’ils se sont principalement déroulés dans des pays non membres de l’OCDE, ainsi, on y recense plus de 85% des accidents liés au charbon. La Chine enregistre, à elle seule, 63% de ces accidents. En revanche, l’hydraulique n’est responsable que de 11 accidents sur cette même période, soit 0,03% toutes sources d’énergie confondues.

En faisant une analyse par nombre de décès, le charbon et l’hydraulique ont été les principales causes de pertes de vies. En effet, le charbon a été source de 22% des décès soit 20 272 morts en 30 ans. Ils sont majoritairement dus aux éboulements de mines lors des extractions du charbon, aux gaz nuisibles émis lors de cette manœuvre et de son utilisation pour produire de l’électricité. Pour sa part, l’hydraulique a causé 32,33% des décès soit 29 938 morts sur la même période. La quasi-totalité de ces décès a été provoquée par la rupture du barrage de banqio/shimantan en 1975 en Chine[3].

Les décès indirects liés aux nucléaires

L’histoire du nucléaire civil est marquée par trois principaux accidents. Celui de Three Mile Islande-Pennsylvanie aux USA qui s’est produit le 28 mars 1979. Celui de Tchernobyl en Ukraine (URSS) en 1986 et le tout récent en 2011 au Japon.

L’échelle de gravité d’Institut de radioprotection et de radionucléaire l’IRSN[4], qui comporte 8 niveaux (0 à 7), classe les deux derniers accidents aux niveaux 7.

Échelle de gravité des accidents du nucléaire.Figure : Échelle de gravité des accidents du nucléaire – Source : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). 

L’accident nucléaire de Three Mile Islande-Pennsylvanie aux USA a causé des dégâts financiers et sanitaires. En effet, les opérations de nettoyage se sont déroulées sur 5 ans et ont coûté un milliard de dollars.

L’accident de Tchernobyl est la plus grande catastrophe que l’industrie nucléaire ait causée. Celui-ci est classé au dernier niveau de l’échelle de gravité. En effet, les explosions des réacteurs ont laissé dans l’atmosphère d’énormes déchets radioactifs. Ces derniers équivalaient à 200 fois la radioactivité générée par la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. L’accident s’est étendu sur un rayon très vaste. Ainsi, l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie et certains pays européens ont subi les conséquences de cet évènement catastrophique.

En 2006, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC)[5] a fait un rapport donnant des ordres de grandeur des décès et contaminations dus aux radiations de 1986 à 2065. Tchernobyl a été responsable de 1 000 cas de cancer thyroïde et 4 000 cas d’autre cancer en Europe.

 photo de la catastrophe de Tchernobyl 1986Photo de Tchernobyl après la catastrophe prise en 1986

Selon les estimations, de l’agence, l’accident de Tchernobyl serait responsable :

  • De 16 000 cas de cancer thyroïde et de 25 000 cas d’autres cancers. Avec une estimation de 16 0000 décès.
  • Les 2/3 du cancer de la thyroïde se produiront en Biélorussie.

Il a fallu deux ans et 600 0000 personnes pour nettoyer le ravage causé par l’accident de Tchernobyl. Les employés ayant travaillé juste quelques jours après la catastrophe ont été contaminés par la radioactivité et un nombre important de ces personnes sont décès[6].

Certains éléments sont nuisibles pour la santé humaine, tels que l’iode 131 et le césium 137. Si le premier se fixe sur la glande thyroïde, le second à une durée de vie de 300 ans dans l’atmosphère. Ainsi, un an après la catastrophe, une grande quantité de lait contenant une dose élevée de césium 137 fut produite. Ces laits ont été retirés du marché. Une proportion importante de cette substance dans l’environnement présente pour la population, un énorme risque de cancer radio induit très mortel.

Après 25 ans, le monde a de nouveau été frappé par une catastrophe nucléaire ; celui de Fukushima. Un rapport de l’Association pour le contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) en 2016 fait un état des lieux des conséquences de l’accident.

À cette date, on comptait environ 100 000 personnes déplacées à cause de la catastrophe de Fukushima. On dénombrait 1 867 décès liés aux évacuations. Cette catastrophe nucléaire a causé une énorme souffrance psychologique chez les familles évacuées. Ainsi, selon une étude des autorités régionales en 2014, 67,5% des familles déplacées souffraient de stress mental et physique[7].

L’étude montre également que la catastrophe de Fukushima a été responsable d’un nombre élevé de suicides. À titre d’exemple, en 2015, le nombre de personnes qui se sont suicidées suite à cet accident était de 2 007 pour les habitants de Fukushima. Alors que dans les villes de Miyagi et d’Iwate l’on dénombrait respectivement 918 et 455 cas cette même année.

Nombre suicides post-catastrophe Fukushima de 2011 au JaponFigure : Nombre suicides post-catastrophe de 2011 au Japon – Source : ACRO, Fukushima cinq ans après : quel impact sanitaire ?

Le coût de la décontamination de la centrale de nucléaire de Fukushima coûtera environ 125 milliards de dollars et durera environ 30ans.[8]

Les décès indirects liés au charbon

Faisons un état des lieux des accidents liés à l’extraction de charbon dans quelque pays du monde :

  • Chine

La Chine est le pays où l’industrie minière du charbon tue le plus dans le monde. En 2000, le taux de mortalité des accidents miniers du charbon était de 5 morts/MTec soit 100 fois le taux présent aux USA et 6 fois le taux en Russie[9]. La chine a connu sa plus importante catastrophe de l’industrie charbonnière meurtrière en 1942, dans la mine de Benxi (1549 morts).

Ville Date Nombre de morts Incidents
Fuxin févr.-05 213 Explosion
Guangdong août-05 123 Inondation
Linfen déc.-07 105 Explosion
Wanjialing avr.-10 23 Inondation

Tableau : Quelques incidents miniers récents en Chine – Source : Connaissance des Énergies.

  • USA

Les USA ont connu de nombreuses catastrophes minières. Celle de Monongah[10] survenue le 6 décembre 1907 est la pire de par son bilan humain. Elle fut responsable de la mort de 362 mineurs.

Etats Date Nombre de morts Incidents
Kentucky déc.-70 38 Explosion
Utah déc.-84 27 Incendie
Kentucky mars.-76 26 Explosion
Alabama sept.-01 13 Explosion
Virginie janv.-06 12 Explosion
Virginie juil.-72 9 Incendie
Pennsylvanie mars.-77 9 Inondation
Utah août.-07 9 Effondrement

Tableau : Quelques incidents dans les mines de charbon aux USA – Source : Connaissance des Énergies.

Rappelons qu’en 2008, la rupture du bassin de stockage de la centrale électrique de Kingston a entraîné le déversement d’environ 4 millions de mètres cubes de boue contaminant ainsi les eaux de surface et souterraines dans certains états. En 2016, un rapport de l’Agence de la Protection de l’Environnement (EPA) signale la contamination de 63 sites d’eaux sur 26 États. Notons également que ces déchets contenaient notamment de l’arsenic, mercure, sélénium, qui sont des métaux lourds dangereux pour la santé humaine.[11] 

  • France

En 1906, la France a connu l’une des catastrophes minières les plus graves dans l’histoire de l’exploitation du charbon en France. Elle s’est produite sur le site minier situé entre Courrière et Lens. L’explosion a causé le décès de 1 099 sur 1 800 mineurs[12]. Il faut noter que cette catastrophe est classée la plus grave d’Europe et la deuxième au monde après celle de Benxi en 1942 en Chine.

Les décès indirects de l’industrie charbonnière

Dans le monde, le nombre de morts directement lié au charbon est de l’ordre de 10 à 150 000 personnes par an. L’exploitation de la mine de charbon est aussi dangereuse pour les mineurs que pour le grand public. Elle occasionne les émissions des métaux lourds comme le mercure ou encore le plomb. Notons qu’à même puissance installée, une centrale à charbon émet plus de radioactivités qu’une centrale à charbon[13].

Le charbon est responsable d’environ 23000 morts prématurées[14] en Europe chaque année. En France, en 2013, 1 380 cas de morts prématurées ont été causés de la pollution du charbon. Cela est principalement dû à l’exploitation des centrales de charbon en Allemagne, Pologne, Royaume-Uni et Espagne. À titre d’exemple, les centrales polonaises ont causé 4 680 décès prématurés en dehors de ses frontières. En France, 160 morts en 2013 ont été causées par l’exploitation du charbon en Pologne.

Europe’s dark cloud

Figure : Les décès dus à la pollution du charbon en France – Source : Europe’s dark cloud

Étude comparative des morts causées par TWh d’électricité produite en dans l’UE en 2014

Le rapport ExternE[15] dresse un bilan de l’impact sur la santé et la sécurité de l’homme qu’entraîne l’usage de différentes sources (charbon, lignite, pétrole, gaz, nucléaire, éolien et solaire) pour la production de l’électricité. Ce rapport porte sur les 28 pays de l’UE et utilise les données de production d’électricité de 2014 dans l’Union. Il souligne que pour une même quantité d’électricité produite, les effets sur la santé et la sécurité diffèrent d’une source à une autre.

  TWh Mort par TWh Morts
Charbon 779,06 24,5 19 087
Gaz 461,4 2,8 1 292
Pétrole 69,81 18,4 1 285
Biomasse 168,53 4,63 780
Nucléaire 830,95 0,074 61

Tableau : Décès annuels estimés en 2014 par source de production d’électricité – Source: Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017.

L’étude a donné aussi le nombre d’ « années de vie » perdues par GWh :

  Charbon Pétrole Gaz Nucléaire
Années de vie perdues par GWh 0,35 2,2 0,1 0,02

Tableau : Année de vies perdues par GWh – Source: Impact sur la santé des filières de production d’énergie, version 2017

Ces chiffres montrent que le charbon est la source d’énergie qui cause le plus de décès et d’accidents, avec en moyenne 24,5 morts par TWh[16] produit, suivi ensuite du pétrole avec 18,4 morts part TWh produit. Ces combustibles émettent, en effet, beaucoup de CO2, gaz qui est très dangereux pour la santé et peut devenir nuisible lorsque son pourcentage dans l’air dépasse[17] 0,04% (composition naturelle de l’air), allant des problèmes respiratoires, jusqu’à la perte de connaissance brutale (plus de 15% de CO2), voire la mort[18].

En Europe, on dénombre 280 centrales[19] thermiques, qui ont entraîné plus de 22 900 décès[20] en 2013, ce qui est comparable aux 25 300 décès annuels causés[21] par les accidents de route dans l’UE.

En France, ce chiffre est assez élevé, avec 1 380 décès, alors que 90% de l’électricité générée provient de sources décarbonées. En réalité, ces décès sont majoritairement dus aux particules fines rejetées par l’exploitation des centrales à charbon dans les pays voisins (l’Allemagne par exemple) en grandes quantités et propagées dans l’air des autres pays.

Les centrales à combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) sont très dangereuses aussi bien pour les populations environnantes que celles lointaines.

Ainsi, l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) et nucléaires pour la production de l’électricité présente de nombreux dangers, de leurs extractions jusqu’à leurs transformations en électricité, et elles sont responsables de nombreuses catastrophes dans le monde.

 

En conclusion 

Bien que les énergies renouvelables soient une alternative à l’utilisation de ces énergies (charbon, pétrole et gaz) dans certains secteurs comme la production d’électricité et de gaz, le secteur des transports reste fortement demandeur de ces sources d’énergie. Il faudra une forte utilisation des nouvelles technologies issues des innovations, en recherche et développement pour permettre le déploiement des énergies renouvelables. Également, les consommateurs ont un rôle à jouer très important dans leur développement grâce à leur consommation volontaire de ces énergies.

Pour mieux comprendre les intérêts des énergies renouvelables pour notre planète ainsi que pour l’homme, nous vous invitons à découvrir le prochain et dernier volet de notre dossier sur la transition énergétique du mix électrique européen abordant le développement des moyens de production d’énergie renouvelable permettant la création de nouveaux emplois.

[1] https://www.psi.ch
[2] https://www.oecd-nea.org/ndd/reports/2010/nea6862-evaluation-risques.pdf
[3] https://www.oecd-nea.org/ndd/reports/2010/nea6862-evaluation-risques.pdf      P.30
[4] https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/La_surete_Nucleaire/echelle-ines/Pages/sommaire.aspx#.XFMATMHPyUk
[5] https://www.iarc.fr/wp-content/uploads/2018/07/IARCBriefingChernobyl.pdf
[6] https://www.1jour1actu.com/monde/combien_de_victimes_aprs_la_catastrophe_de_tchernobyl_/
[7] https://fukushima.eu.org/wp-content/uploads/2016/02/Fukushima_impact_sanitaire_ACRO_2016.pdf p.6
[8] https://www.sortirdunucleaire.org/Les-consequences-de-la-catastrophe-de-Fukushima
[9] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/charbon-quels-dangers
[10] http://boowiki.info/art/accidents-miniers/monongah-mining-disaster.html
[11] http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-cendres-de-charbon-reviennent-sur-le-devant-de-la-scene,10474
[12] https://www.herodote.net/10_mars_1906-evenement-19060310.php
[13] http://ecologie-illusion.fr/dangers-energie-charbon-energie-nucleaire.htm
[14] https://www.les-crises.fr/la-pollution-de-l-air-en-europe-charbon/
[15] https://mega.nz/#!h9UlxABZ!_tNmD_BBb1epci0yU66xwmeU-JWWFBUyHs8h4BFBVTQ
[16] À titre d’exemple, la France consomme environ 500 TWh d’électricité  par an et l’UE environ 3 000 TWh.
[17] https://www.respire-asso.org/dioxyde-de-carbone-co2/
[18] https://www.respire-asso.org/dioxyde-de-carbone-co2/
[19] http://awsassets.wwfffr.panda.org/downloads/dark_cloud_full_report.pdf  P.6
[20] http://awsassets.wwfffr.panda.org/downloads/dark_cloud_full_report.pdf  p.6
[21] https://www.touteleurope.eu/actualite/les-routes-europeennes-demeurent-les-plus-sures-du-monde.html

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Les enjeux de la transition énergétique du mix électrique [5/5] – L’essor économique des énergies renouvelables

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L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de cinq parties, nous verrons de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce 5ème et dernier volet nous verrons à quel point les énergies renouvelables peuvent avoir aussi un impact économique et social.

L’industrie des renouvelables, un secteur industriel à fort capital humain non délocalisable

Le développement des moyens de production d’énergie renouvelable permet la création de nouveaux emplois. Ceux-ci peuvent être directement ou indirectement liés à la filière. Les emplois directs sont ceux liés par exemple à la construction des centrales et à leur maintenance. Les emplois indirects sont ceux créés par les entreprises qui fournissent les matières nécessaires pour la réalisation des activités directes.

Les énergies renouvelables ont employé 11 millions de personnes dans le monde en 2018, selon les chiffres communiqués par l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), basée à Dubaï. Ce chiffre est une augmentation de 6,7% par rapport à 2017.

 

Renewable Energy and Jobs

Les emplois par technologie d’EnR – Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019[1].

 

Renewable Energy and Jobs IRENALes emplois générés par les EnR par pays – Source: IRENA, « Renewable Energy and Jobs », Annual Review 2019[2].

Toujours selon ce rapport, plus de 46% des emplois créés par l’industrie du renouvelable en 2018 ont été créés en Asie. La Chine est le pays à avoir employé le plus de personnes dans ce secteur en 2018, avec 4,07 millions de personnes, suivi ensuite par le Brésil, les États-Unis, et l’Inde. Cette position de la Chine s’explique essentiellement par, les investissements massifs de 126,6 milliards de dollars dans le secteur du renouvelable, soit 3 fois qu’aux USA en 2017[3]. Et aussi par le développement important d’industries de fabrication des modules photovoltaïques. D’ailleurs, neuf industries chinoises figurent parmi le top dix des industries de fabrication de modules Photovoltaïques dans le monde[4]. Quant à la France, les énergies renouvelables ont généré 107 100 emplois en 2018. Ces emplois sont dominés par la biomasse solide et les biocarburants. Ils ont employé plus de 60 000 personnes.

Le secteur du renouvelable présente une opportunité de création d’emploi. Selon les projections de l’IRENA, la décarbonisation de l’énergie dans le monde créerait 24,4 millions d’emplois d’ici 2030 dans le monde[5].

Le rapport de Greenpeace sur l’emploi en cas d’une transition énergétique

Dans son rapport sur la transition vers une énergie 100% dans le monde d’ici 2050, Greenpeace montre que les énergies renouvelables créeront plus d’emploi que les énergies fossiles. Selon ses scénarios, l’ONG estime que la part du renouvelable dans le mix mondial passera progressivement de 42% à 100% entre 2030 et 2050. Il souligne que seules les activités de productions d’acier et de la pétrochimie auront recours au pétrole en 2050.

Cette transition énergétique n’est pas sans conséquence sur l’emploi dans le secteur de l’énergie. L’étude de l’ONG montre que la croissance du marché de travail sera très dépendante des emplois créés par l’énergie renouvelable. Ainsi, à l’horizon 2030, plus de 87% des emplois mondiaux dans le secteur de l’énergie proviendront de l’énergie verte.

  • Le nombre d’emplois dans le secteur de l’énergie va croître et comptera plus de 48 millions d’employés dans le monde.
  • En 2030, les filières biomasse et PV seront les filières qui créeront plus d’emplois. Elles compteront respectivement 11,54 millions et de 10,32 millions d’emplois.
  • Entre 2015 et 2030, le nombre d’employés créés par la filière PV se verra multiplié par 10 et seront 10 fois plus que ceux générés par le charbon en 2030.
  • Les emplois dans la filière éolienne se verront multiplier par 11 entre 2015 et 2030. Ce nombre passera de 700 000 à 8,18 millions et sera 4 plus que le nombre d’emplois créé par la filière charbon.
  • En 2030, la filière biomasse créera deux fois plus d’emploi que la filière Gaz et pétrole réunie.
  Selon politique de l’AIE (en millions d’emplois) Prévision de Greenpeace (en millions d’emplois)
  2015 2020 2025 2030
  Par source
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Renouvelables 14,62 26,91 38,68 41,56
Total des emplois (En millions) 28,69 36,23 46,66 48,02
  Par secteur
Construction et installation 4,86 8,32 14,59 15,56
Fabrication 2,38 5,49 8,87 9,58
Opération et maintenance 3,23 4,82 6,96 9
Alimentation et carburant 17,76 17,27 15,97 13,67
Export gaz et charbon 0,47 0,34 0,26 0,2
Total des emplois (En millions) 28,7 36,24 46,65 48,01
  Par technologies
Charbon 9,76 4,8 3,28 1,97
Gaz, pétrole et Diésel 3,58 4 4,18 3,98
Nucléaire 0,73 0,52 0,52 0,51
Biomasse 10,97 12,07 12,55 11,54
Hydraulique 1,45 1,01 0,83 0,71
E. Éolienne 0,7 4,22 6,91 8,18
PV 1,01 6,69 11,04 10,32
E. Géothermique 0,03 0,18 0,3 0,39
E. Solaire thermique 0,03 0,45 1,66 2,66
Océan 0 0,23 0,45 0,65
Solaire chauffage 0,36 1,59 3,94 5,64
E. Géothermique & Pompes et Thermique 0,07 0,48 0,99 1,46
Total emplois 28,69 36,24 46,65 48,01

Totalité des employés du secteur de l’énergie dans le monde – Source: Synthèse du rapport 2015 de Greenpeace.

Ratio production et nombre d’emplois créés par filière en France

Le tableau ci-dessous donne le rapport entre la production et les emplois créés en 2017 par filière de production d’électricité en France. Les emplois comptabilisés dans le calcul sont ceux directement liés aux différentes filières.

  Production d’électricité (en GWh) Emplois directs en France
Total Renouvelable 88 800 45 321 1,95
Hydraulique 48 600 11 590 4,19
Eolien 24 000 17 000 1,41
Solaire 9 200 7 050 1,3
Bioénergie 7 000 9 681 0,72
Nucléaire 379 100 220 000 1,72

Rapport production d’électricité et création d’emplois en France en 2017 – Source: RTE et observ’ER, baromètre des énergies renouvelables 2018 [6]  

Plusieurs observations ressortent de ces chiffres. Tout d’abord, les énergies renouvelables regroupées emploient plus que la filière nucléaire. Par exemple, pour une production de 100 GWh d’électricité, la filière nucléaire emploie (emplois direct et indirect) 172 personnes alors que pour la même quantité d’électricité produite, les filières renouvelables emploient (emplois direct et indirect) 195 personnes. Cependant en faisant une analyse par filière, l’hydraulique emploie plus que toutes les autres filières. Ainsi, pour une production de 100 GWh, la filière hydraulique emploie 419 personnes tandis que la filière du nucléaire en emploie 172 personnes. La filière de l’hydraulique emploie donc 2 fois plus que la filière nucléaire pour une production d’électricité de 100 GWh.

 

Conclusion

Ainsi, l’électricité verte apparaît clairement comme un produit moins risqué pour l’homme que le nucléaire ou les centrales à charbon. De plus, l’intérêt des énergies vertes est de générer de l’emploi. La transformation énergétique mondiale est en marche et les emplois liés soutiennent la durabilité socio-économique, ce qui constitue une raison de plus pour que les pays s’engagent en faveur des énergies renouvelables.

 

[1] https://www.irena.org/-/media/Files/IRENA/Agency/Publication/2019/Jun/IRENA_RE_Jobs_2019-report.pdf
[2] https://www.irena.org/-/media/Files/IRENA/Agency/Publication/2019/Jun/IRENA_RE_Jobs_2019-report.pdf
[3] https://www.irena.org/financeinvestment
[4] https://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2018/02/9-industriels-chinois-dans-le-top-10-des-fabricants-de-modules-photovoltaïques.html
[5] https://www.irena.org/publications/2016/Mar/REmap-Roadmap-for-A-Renewable-Energy-Future-2016-Edition
[6] http://www.energies-renouvelables.org/observ-er/html/energie_renouvelable_france.asp

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Le bilan humain

L’essor économique des énergies renouvelables

Quels sont les enjeux de la transition énergétique aujourd’hui ? Les énergies renouvelables améliorent les cinq piliers du développement durable à savoir le social, l’environnemental, l’économique, la politique et la géopolitique. Les énergies renouvelables représentent plus d’indépendance énergétique et moins de pollution, mais sont aussi une industrie moins dangereuse pour l’homme et le développement d’une économie plus locale. Dans ce dossier composé de cinq parties, nous verrons uniquement, et de façon exhaustive, les enjeux d’une transition énergétique du mix du réseau électrique européen. Dans ce 3ème volet il est question des risques humains et environnementaux inhérents à l’extraction des matières fossiles.

Les risques liés à l’extraction du charbon

Le charbon est la deuxième source d’énergie primaire après le pétrole (Selon les chiffres de 2015 de l’AIE). Il est la première source de production d’électricité dans le monde. Cela parce qu’il est abondant (Plus de 110 ans de réserves) et facile à transporter que d’autres énergies telles que le gaz. Les principales réserves[1] se localisent aux USA, en Chine, en Russie en Australie et en Inde. Ces cinq pays ont 80% des réserves mondiales de charbon.

Il existe deux types d’exploitations minières[2] : Les mines souterraines et les mines à ciels ouverts. La méthode d’exploitation est choisie en fonction de la profondeur de la mine. La méthode à ciel ouvert est utilisée lorsque le gisement est près de la surface de la terre.

Les risques humains liés aux activités du charbon sont nombreux. Lors de l’extraction du charbon, les mineurs sont exposés à des risques d’éboulement, d’inondation, d’explosion, à l’inhalation des gaz à toxiques et à des problèmes de ventilation des mines.

Risques d’éboulement

Les mines souterraines sont les plus concernées par ce type d’accident. Ce sont des accidents graves et mortels. Ils peuvent causer des fractures, des entorses et bien d’autres problèmes aux miniers. Ces risques sont liés à l’intégrité physique des mineurs. L’éboulement est l’accident le plus fréquent dans les mines à charbon.

Risques d’inondation

L’activité d’extraction exige souvent des forages de plusieurs centaines de mètres de profondeur. Ce qui peut perturber la circulation des eaux souterraines pouvant provoquer des inondations. En cas d’orage, l’eau peut envahir les mines très rapidement et piéger les mineurs.

chine mineurs pieges dans une mine - Illustration PhotonewsMineurs travaillant dans une mine de charbon en Chine – Photonews

Risques d’explosion

Lors des activités d’extraction du charbon, certains gaz aux caractéristiques explosives et/ou inflammables sont dégagés. Ce sont le méthane et la poussière de charbon. Dans des milieux enfermés comme les mines de charbon à des centaines de mètres de profondeur, le méthane devient un gaz explosif. Quant aux poussières de charbons générés, elles ont une propriété inflammable.

Risques d’inhalation des gaz toxiques

L’extraction du charbon expose les mineurs aux gaz comme le méthane, le gaz carbonique et Le sulfure d’hydrogène (H2S). En forte concentration, le méthane devient un gaz asphyxiant. Présent naturellement dans le charbon, Le sulfure d’hydrogène (H2S) est gaz très dangereux pour le système humain : son inhalation provoque des troubles neurologiques pouvant paralyser le système nerveux.

L’extraction, le transport et la transformation du charbon présentent des risques environnementaux et professionnels.

extraction dans une mine de charbon en indonésieExtraction de charbon dans une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert d’Indonésie – Photo Dominik Vanyi.

Lors de l’extraction du charbon, il y a de forts risques d’érosion des sols, de pollution des nappes phréatiques ou des pollutions atmosphériques. Pour accéder au charbon, il faut un forage de puits. Ce puits est creusé de manière verticale et horizontale pour les mines souterraines.

Les mines à ciel ouvert engendrent l’émission de méthane, de CO2 et aussi d’autres gaz comme le soufre responsables des pluies acides. Avec les exploitations souterraines, il faut creuser en profondeur pour atteindre le charbon. Cela peut perturber la circulation des eaux souterraines.

La combustion du charbon pour produire de l’électricité entraîne des émissions de gaz à effet de serre. Ces gaz sont le méthane, l’oxyde d’azote et le gaz carbonique CO2. Le charbon émet plus de CO2 que le pétrole lors de sa combustion. Des déchets appelés des carbo-centres sont générés par les centrales lors de la combustion du charbon pour la production d’électricité. Ces déchets sont enfouis dans le sous-sol pouvant ainsi contaminer les nappes phréatiques.

Les risques liés à l’extraction et au transport du gaz

Il existe deux types de gaz naturels selon le type de gisement : le conventionnel et le non conventionnel. Ils sont tous les deux utilisés pour la production d’électricité.

Le risque majeur est l’échappement du gaz dans l’environnement lors de l’extraction et le transport, entraînant un impact négatif sur la santé humaine, car l’inhalation de ces gaz entraîne des troubles respiratoires. Le gaz naturel est composé 95% de méthane ce qui a un impact négatif sur le réchauffement climatique. Le méthane est un gaz à effet de serre qui reste dans l’atmosphère pendant une douzaine d’années alors que le dioxyde de carbone y reste pendant une centaine d’années. Mais il faut noter que le méthane a un potentiel de réchauffement global 25 fois plus puissant que le CO2 à l’échelle d’un siècle[4].

L’exploitation des gaz de schiste à grande échelle a commencé en 2001. Ce gaz est appelé gaz non conventionnel, car son extraction nécessite des techniques d’exploitation plus complexes et coûteuses que celle des gaz conventionnels. Les techniques de forage horizontal et de fracturation hydraulique[5] sont des exemples de techniques utilisées pour récupérer le gaz non conventionnel.  Elles présentent des risques environnementaux tels que la pollution des nappes phréatiques et des sols. En effet, l’utilisation de ces techniques nécessite l’injection d’adjuvants chimiques tels que le biocide, l’acide chlorhydrique, l’acide citrique et l’acide glutaraldéhyde, qui polluent le sol et les eaux souterraines.

schema extraction gaz de schisteSchéma expliquant le processus d’extraction du gaz de schiste.

Il existe des normes pour la production des gaz non conventionnels, mais celles-ci varient d’un pays à un autre. Il faut noter qu’en Europe, il y a plus d’exigences en matière de l’extraction du gaz de schiste, et en France cette pratique est interdite[6].

Les risques liés à l’extraction du pétrole

Première source d’énergie dans le monde, le pétrole est une énergie qui peut être utilisée, via ses produits dérivés, dans de nombreux secteurs : le transport (essence, gasoil, etc.), le bâtiment, l’agriculture et la pêche (utilisation du fioul domestique) et dans la production d’électricité (grâce au fioul). En 2018, selon la BP Statistical Review of World Energy, le pétrole a généré 3% de la production d’électricité dans le monde (3,4% en 2017)[7].

Mais, l’extraction, le transport et la distribution du pétrole présentent de nombreux dangers pour l’environnement et pour l’homme. Cette énergie est à l’origine des pollutions de l’air, des eaux et des sols, de l’augmentation des maladies, mais elle est aussi source de nombreux conflits géopolitiques.

gisement de pétrole © Thaiview shutterstockDerricks utilisés pour extraire du pétrole – Thaiview shutterstock

Sur toute la chaîne d’exploitation, l’activité liée au pétrole émet des éléments toxiques nuisibles pour l’environnement. L’activité de raffinage est à l’origine d’émission de gaz comme le dioxyde de soufre ou encore le dioxyde d’azote[8] qui a une durée de vie moyenne de 150 ans[9] et un pouvoir de réchauffement 298 plus puissant que le CO2.

L’extraction du pétrole dans les sables bitumineux nécessite l’injection des solvants, ce qui pollue fortement les nappes phréatiques. En mer, l’extraction de pétrole présente des risques de catastrophes telles que les marées noires, c’est-à-dire un déversement important de pétrole brut dans les mers. Cela entraîne une pollution des eaux, la mort de nombreuses espèces, et a donc un impact sur les activités de pêche et les activités portuaires.

Enfin, les émissions de gaz tels que le CO2 lors de l’exploitation du pétrole et lors de la production d’électricité par le fioul sont à l’origine de certaines maladies cancérigènes comme la leucémie.

Les problèmes et risques associés à l’énergie nucléaire

Le Centre de stockage de l'Aube pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte est en exploitation depuis le 13 janvier 1992.Le Centre de stockage de l’Aube pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte est en exploitation depuis le 13 janvier 1992.

La France possède 58 réacteurs nucléaires, derrière les États-Unis qui en possèdent 99. Bien que la production d’électricité avec les centrales nucléaires présente un certain nombre d’avantages comme l’indépendance énergétique et l’utilisation d’une électricité peu carbonisée, et bien que le nombre de morts par TWh produit ne soit pas très élevé, elle reste un moyen de production d’électricité risqué, pour l’environnement comme pour l’homme.

Les accidents dans les centrales nucléaires

Les accidents dans les centrales nucléaires, bien qu’ils soient rares, laissent des impacts durables. Bien qu’il ait existé des accidents dans d’autres pays, on se souvient principalement des catastrophes causées par les accidents de Fukushima au Japon en 2011, de ceux de Tchernobyl en 1986 et de Kychtym en 1957 en ex-URSS, et celui de Three Miles Islande (USA) en 1979. Ces accidents ont causé d’énormes dégâts environnementaux, de nombreuses pertes humaines et des blessés sur plusieurs générations. Par exemple, les personnes proches des centrales nucléaires de Fukushima ont été exposées à un taux de radioactivité très nuisible pour la santé. La forte présence d’éléments radioactifs (iode 131 et césium 137) augmente le risque de cancer, notamment le risque de cancer de la thyroïde qui s’élève à 70% pour les personnes proches de la centrale, selon l’OMS.

De plus, lors d’un accident nucléaire, la contamination s’étend sur des centaines de km² (1800 km² autour de Fukushima), exposant ainsi des milliers d’habitants aux éléments radioactifs pendant plusieurs mois voire plusieurs années. Par exemple, le niveau de concentration a pu atteindre 5 millisievert/an (mesure de dose de radioactivité) alors que la dose maximale admissible est d’un millisievert/an.

Quant à la France, en 1969 et en 1980, la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher) a connu deux graves accidents nucléaires. Beaucoup d’autres accidents ont été évités comme ceux de la centrale de Blayais en 1999, et de la centrale de Civaux à Vienne en 1998, qui a été classé au niveau 2, sans conséquence sur l’environnement.

Bien que très réglementée, la production d’électricité avec les centrales nucléaires présente d’énormes risques pour l’environnement et pour la santé et la sécurité des populations environnantes. Les installations nucléaires renferment d’énormes éléments radioactifs très nocifs à la santé humaine.

Enfin, plus de 80% des réacteurs nucléaires en France ont dépassé[10] 30 ans (durée de vie autorisée), ce qui représente une réelle menace d’accidents et donc de catastrophes nucléaires si ces centrales ne sont pas rapidement démantelées.

NucléaireCentrale nucléaire en France – Photo par luctheo

Extraire l’uranium est une opération très risquée

Les activités d’exploitation, de production et de traitement de l’uranium présentent d’énormes risques pour les mineurs et peuvent entraîner des désastres sur l’environnement.

Lors des extractions de l’uranium, les mineurs sont exposés à l’inhalation des éléments nocifs pour leur santé. Ce sont des poussières de minerais d’uranium, des gaz radioactifs (le radon) les rayonnements Bêta et Gamma présents dans les mines d’uranium. Ces rayonnements n’ayant ni charges ni masse peuvent pénétrer dans le corps humain pouvant causer la leucémie, des problèmes de reproduction et des troubles génétiques. Le thorium 230 issu de l’uranium 238 est un des éléments les plus radiotoxiques à l’inhalation.

L’extraction de l’uranium présente aussi des risques environnementaux. L’activité d’extraction d’uranium exige tout d’abord la destruction d’énorme surface de terre qui après l’extraction de l’uranium reste improductive. Ensuite, les substances polluantes comme le kérosène et l’acide chlorhydrique utilisé pour traiter l’uranium sont déversées dans l’environnement.

Le plus grand problème est la gestion et l’élimination de ces déchets radioactifs.

En France c’est l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui s’occupe de la gestion des déchets radioactifs. De 2003 à 2018, c’est 449 624 colis soit 376 153 m3 de déchets nucléaires qui ont été stocké. L’Andra signale qu’en 2018, 57,9% de capacité de stockage ont été atteint.

Pour l’année 2018, le volume stocké a été de 23826 m3 et plus de 90% de ces déchets proviennent des activités liées au traitement de l’uranium.

le stockage des déchets radioactifs TFA au CIRES en 2018Source : Rapport Centre Industriel de Regroupement, d’Entreposage et de Stockage 2018  – ANDRA

Les activités d’extraction, de production et de traitement du nucléaire sont très risquées. Elles exposent les mineurs et l’environnement à des risques permanents. Les déchets nucléaires sont traités et enfouis dans le sous-sol. Un problème de gestion ou une erreur dans le système de gestion entraînerait une évasion des déchets nucléaires pouvant ainsi contaminer les eaux souterraines.

Pour mieux comprendre les intérêts des énergies renouvelables pour notre planète ainsi que pour l’homme, nous vous invitons à découvrir le prochain chapitre de notre dossier sur les enjeux de la transition énergétique du réseau électrique européen qui couvre les sujets liés au bilan humain des énergies fossiles, fissiles et renouvelables dans le monde.

[1] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/charbon
[2] http://manish00333.weebly.com/uploads/2/3/3/5/23359286/coal_resource_overview_coal_french03_06_2009.pdf
[3] https://www.planete-energies.com/fr/medias/decryptages/le-raffinage-contexte-et-enjeux?&xtmc=&xtnp=1&xtcr=30
[4] https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/rechauffement-climatique-gaz-effet-serre-co2-methane-pire-565/
[5] https://e-rse.net/fracturation-hydraulique-dangers-consequences-environnementales-sanitaires-18601/#gs.TrvDHep3
[6] https://www.gouvernement.fr/projet-loi-hydrocarbures-France-premier-pays-interdit-exploitation-des-hydrocarbures
[7] https://www.bp.com/content/dam/bp/business-sites/en/global/corporate/pdfs/energy-economics/statistical-review/bp-stats-review-2019-full-report.pdf
[8] https://www.citepa.org/fr/air-et-climat/polluants/effet-de-serre/potentiel-rechauffement-global-a-100-ans
[9] http://omer7a.obs-mip.fr/mallette/fiches/N2O-Protoxyde-d-azote
[10] https://www.sortirdunucleaire.org/Carte-des-reacteurs-vieillissants-fin-2017

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