Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Dans notre dernier article Actualités, nous évoquions le vaste sujet de l’éolien offshore en France. Nous présentions notamment le potentiel de notre pays en la matière, les projets déjà amorcés et leurs avancements. Nous mettions également en lumière le retard de la France dans le domaine, et pour cause : les nombreuses batailles juridiques entre pro et anti éoliens. Dans cette seconde partie, nous avons donc voulu éclairer nos lanternes et exposer les arguments de chaque partie dans ce dossier complexe. Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en !  

 

L’éolien offshore en France : rappel du contexte

Le saviez-vous (si vous avez lu le premier article de ce dossier, ce n’est pas du jeu) : la France est le 2ème gisement éolien offshore d’Europe avec un potentiel de production de 30 000 MW ! Et pourtant : notre pays est à la traîne avec seulement une éolienne offshore existante (2 MW de puissance) … Face à ce constat, le gouvernement français lançait, entre 2011 et 2013, deux appels d’offre pour la création de six parcs au large de la Normandie et la Bretagne. Plus récemment, en 2017, un 3ème appel d’offre était également lancé pour un projet d’envergure à Dunkerque.
Carte des différents projets éoliens offshore initiés en France
 

Parmi les projets les plus avancés, celui de Saint-Nazaire (mené par EDF Renouvelables), officiellement lancé le 14 juin dernier. Sept ans après son annonce, le projet verra donc le jour d’ici 2022, pour la fabrication de 80 éoliennes.

Parmi les projets initiés, celui des Iles d’Yeu et Noirmoutier, qui a obtenu tous les feux verts en mars dernier. Un chantier de 62 éoliennes qui devraient entrer en service d’ici 2021, mais qui divise sur de nombreux points.

  Nombre d’éoliennes Puissance par éolienne Puissance du parc Décrocheur
de l’appel d’offre
Saint – Nazaire 80 6 MW 480 MW EDF Renouvelables
Iles d’Yeu et de Noirmoutier 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN)

*Nb : pour illustrer les points qui seront développés ci-dessous, nous nous appuierons sur les cas de ces deux projets.

 

Éolien offshore : la question énergétique

« Les éoliennes ne produisent pas assez d’énergie »

On reproche souvent aux éoliennes d’être intermittentes (= ne tournent pas à plein régime, ni en continu), donc leur manque de rentabilité. Ces projets éoliens offshores d’envergure seraient trop coûteux pour l’énergie qu’ils permettent de produire.
 
👉 Tout d’abord, il faut savoir que les côtes bretonnes et normandes font partie des côtes les plus ventées de notre pays, avec un vent moyen de 8,2 mètres par seconde (contre 5 en moyenne dans les terres). Il est aussi important de souligner que les vents marins ne rencontrent pas autant d’obstacles que sur terre : ils sont plus soutenus et réguliers, ce qui rend les éoliennes offshores 1,6 fois plus productives que leurs cousines terrestres. Ainsi, le facteur de charge des éoliennes en mer s’élève à 40% contre 25 à 30% sur terre [1]. A titre d’exemple il a été estimé que les éoliennes du parc de Noirmoutier, tourneront à 90% du temps et fonctionneront à pleine puissance 40% de l’année.
👉 Notons enfin que, contrairement aux sources d’énergies non renouvelables (charbon, gaz, pétrole), l’éolien bénéficie d’un potentiel quasi illimité.

 

 « A quoi ça sert d’installer des éoliennes, si elles n’en font pas profiter les habitants locaux ? »

Le système d’injection et de redistribution de l’électricité via le réseau peut sembler flou pour certains. Comment se fait-il que les futures éoliennes maritimes ne couvrent pas directement les besoins en électricité de la zone ?
 
👉 De manière générale quand on parle de réseau d’électricité, il faut raisonner à échelle nationale et non locale. D’un point de vue purement physique, l’électricité produite à un instant T est directement injectée dans le réseau pour répondre à la demande et ce, partout sur le territoire. Exemple simple : si l’éolienne installée en face de chez vous ne tourne pas, faute de vent, ce n’est pas pour autant que n’aurez pas de lumière à la maison, non ? Voilà pourquoi il n’est pas pertinent de voir les choses à échelle locale.
Néanmoins, grâce au système de Garantie d’Origine il est aujourd’hui possible de consommer tout au long de l’année, de l’électricité d’une centrale en particulier, donc de financer le développement de ce type de parcs et de s’assurer que l’électricité que l’on consomme est bien d’origine renouvelable et issue de telle provenance géographique.
👉 Si l’on veut voir plus large, on constate depuis plusieurs années une augmentation de notre consommation électrique. Le tout est de savoir si pour répondre à cet accroissement de la demande, nous choisissons de construire des centrales qui exploitent des énergies renouvelables ou des énergies fossiles…

 

Quel impact des éoliennes sur l'activité économique

Le parc éolien de Sheringham Shoal, en mer du Nord, au large de Norfolk, en Angleterre (puissance de 316,8 MW).

 

Éolien offshore : les arguments économiques

« L’éolien offshore va nuire aux activités de pêche des zones concernées »

Crainte numéro 1 pour les personnes résidant dans les zones concernées : la nuisance sur les activités de pêche. Les éoliennes offshores vont-elles empêcher les marins d’exercer leur activité ? L’installation, la présence et le démantèlement de ces dernières vont-ils avoir des effets néfastes sur les zones de pêche ?
 
👉 Le projet éolien de Noirmoutier (de même que celui de Saint-Nazaire) n’empêchera pas les pêcheurs de naviguer et de continuer leur activité de pêche au sein du parc. Les éoliennes seront implantées dans les fonds côtiers, à moins de 30 mètres de profondeur : le parc n’impactera donc pas la pêche au large. En réalité, l’activité de pêche côtière sera surtout perturbée pendant les travaux de construction. Pendant cette phase, la société EMYN a assuré qu’elle laissera au moins 30% du parc disponible pour les activités de pêche. Une compensation financière sera tout de même prévue pour les professionnels qui seront directement impactés.
👉 Notons par ailleurs que la mise en place de tels projets aura aussi pour retombées directes des créations d’emplois. Estimées entre 750 (Noirmoutier) et 1000 (Saint-Nazaire) emplois directs, ces créations seront aussi accompagnées de plans de formation. A titre d’exemple, pour le projet des Iles d’Yeu et de Noirmoutier, ce sont 315000 heures de formation qui seront dispensées pour les besoins des usines et sur les sites de maintenance.

 

« L’éolien offshore va nuire aux activités touristiques »

Nombreuses sont les personnes qui s’inquiètent de l’impact qu’auront les éoliennes offshores sur l’activité touristique. L’implantation d’un parc dans les paysages qui font le charme de ces régions, peut-elle avoir des conséquences sur l’affluence de touristes ?
 
👉 Globalement, les retours sur expérience de parcs éoliens maritimes à l’étranger ne démontrent pas d’impact significatif sur l’activité touristique.
👉 A Saint-Nazaire les initiateurs du projet ont mené une enquête en 2014 auprès des touristes et acteurs locaux*. En voici les résultats (1200 sondés) :
  • 97 % des sondés déclarent que ce projet n’aura pas d’influence sur leurs habitudes ou qu’ils le considèrent comme une extension de l’offre touristique actuelle.
  • 62 % des interrogés sont intéressés par l’organisation de visites découverte de l’éolien maritime (animations pédagogiques, visite du site d’assemblage…).
  • 80 % des personnes qui s’intéressent à ces découvertes aimeraient visiter le parc en bateau.

 

Les éoliennes sont elles un frein à l'attractivité touristique d'une région ?

 

Éolien offshore : les problématiques écologiques

« L’éolien offshore va nuire à la faune et la flore maritime locale »

Qu’en est-il de la question environnementale ? Les arguments écologiques reviennent souvent (et heureusement !) dans les recours qui visent à stopper les projets éoliens offshores. La seiche, le hareng ou encore les goélands sont autant d’espèces directement menacées par la création de ces parcs…
 
👉 Du côté de Saint-Nazaire, des experts ont mené des études sur la zone concernée, en collaboration avec les associations environnementales et des bureaux d’études spécialisés. Ces études, couplées à des retours d’expérience d’autres parcs d’Europe, ont permis de tenir compte des enjeux liés à la faune et la flore locales.
👉 Sur le projet de Noirmoutier, les associations ont là aussi pris part aux discussions. Elles ont permis de pousser les initiateurs du projet dans leurs retranchements et de trouver des alternatives à des propositions qu’elles considéraient néfastes pour l’environnement. Une démarche ERC (évitement, réduction, compensation) a également été mise en œuvre dès la conception du projet. Quelques mesures concrètes* :
  • Évitement : pas d’utilisation de peinture anti salissure pour la partie immergée des fondations afin de protéger la qualité de l’eau et des sédiments
  • Réduction : réalisation de forages des pieux de deux fondations jacket en simultanée pour réduire le temps de construction et les perturbations
  • Compensation : démarches de protection des colonies d’oiseaux dans l’aire d’étude ; création d’un budget de 2300000€ sur 20 ans pour des opérations de gestion, de restauration et de préservation de l’écosystème.

👉 Enfin, il a été observé – dans les parcs éoliens d’Europe du Nord – que les fondations des éoliennes devenaient de nouveaux habitats colonisés par de nombreuses espèces. Ce phénomène qui augmente localement la biodiversité a été appelé l’effet récif.

 

« L’éolien offshore va nuire au paysage »

La dénaturation du paysage constitue l’une des plus grosses préoccupations des personnes défavorables à l’éolien maritime. Pollution visuelle, dégradation de notre patrimoine paysager… Autant de points qui inquiètent les habitants historiques des communes concernées, mais aussi les nouveaux arrivants, tombés avant tout amoureux de la vue qu’offrent nos côtes.
 
👉 Du côté de Noirmoutier, de nombreuses simulations ont été faites (à partir de 63 points de vue différents). Des montages ont été réalisés à plusieurs moments du jour (matin, couché de soleil) et de la nuit. Un chercheur du CNRS a ensuite étudié de près ces simulations avant d’en confirmer le réalisme (cf. visuels ci-dessous). Mêmes démarches pour le projet de Saint-Nazaire (31 simulations).
👉 Notons également que ces éoliennes seront implantées à une distance entre 11 et 20 km de nos côtes*. Les experts soulignent que la perception sera ainsi amenée à varier selon les conditions météorologiques et les points de vue. Cela revient donc à dire que le parc ne sera visible qu’une partie du temps (selon la luminosité, la présence de brume, la marée…).
*Entre 11 et 20 km pour le projet de Noirmoutier, entre 12 et 20 km pour celui de Saint-Nazaire.

 

Simulations du parc éolien réalisées dans le cadre du projet de Noimoutier

 

En conclusion…

Vous l’aurez compris, la question de l’éolien est plus complexe qu’il n’y paraît. Pourtant, les projets initiés pourraient grandement contribuer à l’augmentation de la production d’énergies renouvelables dans notre pays. C’est sur ce tour d’horizon que nous clôturons ce dossier de deux articles sur l’éolien offshore en France. Pour (re)lire notre première partie « Éolien offshore : la création des premiers parcs français », c’est par ici.

 

Sources
[1] IFP Energies Nouvelles, Panorama 2016 sur l’éolien offshore
Données relatives au projet du parc éolien offshore des Iles d’Yeu et de Noirmoutier : site officiel du projet
Données relatives au projet du parc éolien offshore de Saint-Nazaire : site officiel du projet

 

Photo by Zoltan Tasi ; Drew Graham

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Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Avec une façade maritime de plus de 3 500 km, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement d’éolien offshore en Europe ! Bonne nouvelle en apparence, et pourtant : nous ne comptons toujours pas à ce jour de parc éolien marin actif. Depuis 2011, des appels d’offres ont pourtant été lancés pour la création de 7 parcs éoliens offshores. Après bientôt 10 ans de procédures et d’études approfondies, la construction du premier site a enfin été lancée le 19 septembre 2019 et plusieurs autres devraient voir le jour d’ici 2022. L’occasion pour nous de refaire un tour d’horizon de la question de l’éolien offshore en France.

 

Pourquoi l’éolien offshore c’est cool et pourquoi les côtes françaises sont-elles des zones à fort potentiel ?

Par rapport au terrestre, l’éolien offshore possède deux atouts de taille. Tout d’abord, la mer étant plane (et oui, grosse exclu !) les vents ne rencontrent pas autant d’obstacles que sur le continent. Ce qui les rend par conséquent plus réguliers et moins turbulents. Par ailleurs, les vents marins étant plus soutenus, les éoliennes offshores peuvent produire jusqu’à 2 fois plus d’électricité qu’une éolienne terrestre.

 

Comme évoqué plus haut, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement éolien le plus important de l’Europe, avec un potentiel de 30 000 MW [1]. Par ailleurs, les côtes bretonnes et normandes font partie des côtes les plus ventées de l’hexagone, avec un vent moyen de 8,2 mètres par seconde (contre 5 en moyenne dans le centre du pays).

 

Les côtes françaises un fort potentiel pour l'éolien offshore

 

Les projets de parcs éoliens offshores initiés en France

Construire des éoliennes au large de l’Atlantique, une idée futuriste ? Loin de là. Entre 2011 et 2013, le gouvernement français lançait deux appels d’offre pour la création de six parcs éoliens offshore, au large de la Normandie et de la Bretagne : le Tréport et Fécamp en Seine Maritime, Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor, Saint Nazaire en Loire-Atlantique et Noirmoutier en Vendée. Plus récemment, en 2017, un 3ème appel d’offre a été lancé pour un projet d’envergure à Dunkerque.

 

Les projets éoliens maritimes français lancés depuis 2011

Localisation Nombre d’éoliennes Puissance unitaire Puissance totale Décrocheur de l’appel d’offre
Le Tréport 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT)
Fécamp 83 6 MW 498 MW EDF Renouvelables
Courseulles-sur-Mer 75 6 MW 450 MW EDF Renouvelables
Saint-Brieuc 62 8 MW 496 MW Ailes Marines
Saint Nazaire 80 6 MW 480 MW EDF Renouvelables
Noirmoutier 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Îles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN)
Dunkerque 45 12 MW 600 MW EDF Renouvelables

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France [2].

 

Certains de ces projets, qui devraient voir le jour entre 2021 et 2026, seront en mesure de couvrir la consommation électrique annuelle d’un grand nombre de foyers.
A titre d’exemple, le site de Dunkerque devrait assurer la consommation de près de 500 000 ménages, soit 45% des ménages du département du Nord (selon les chiffres de 2016).

 

Carte des différents projets éoliens offshore initiés en France

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France et articles en ligne [3].

 

Le 14 juin 2019, une date importante pour les projets en cours de parcs éoliens offshores…

Le 14 juin dernier a été un jour important dans l’historique des projets éoliens en cours. L’ancien ministre de la transition écologique, François de Rugy, officialisait dans un premier temps le lancement du parc éolien de Saint Nazaire. Sept ans après avoir été annoncé, le projet mené par EDF Renouvelables verra donc le jour, avec la contribution de General Electric pour la fabrication des 80 éoliennes.

 

Dans la foulée, il annonçait également le gagnant de l’appel d’offre pour le projet de Dunkerque : (là encore) EDF Renouvelables. Le projet éolien de Dunkerque (45 éoliennes pour une production totale de 600 MW), était convoité par un grand nombre d’acteurs, notamment Total, Engie ou Vattenfall (acteur suédois). Finalement, le tarif proposé par EDF s’est avéré trois fois inférieur aux prix négociés avec le gouvernement en 2012 sur les autres projets : moins de 50€ le mégawattheure.

 

Cette visite à Saint Nazaire a été enfin l’occasion de confirmer les ambitions du Premier Ministre Edouard Philippe. Les objectifs éoliens offshore fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, ont été revus à la hausse, passant de 700 MW à 1 GW de puissance installée par an d’ici à 2028. Ce nouveau cap devrait donc se traduire par une augmentation significative du nombre d’appels d’offres pour de l’éolien offshore.

 

L’éolien offshore chez nos voisins européens

Carte éolien offshore europe

En 2016, 88% de la puissance éolienne offshore mondiale était installée en Europe. Fin 2017, on recensait un total de 92 parcs éoliens au large de 11 pays différents. Soit un total de 4 149 éoliennes offshore [4].

A noter également que 99% de la puissance éolienne offshore implantée sur le Vieux Continent, soit 15 780 MW, est produite par seulement six pays. Parmi eux :
– Le Royaume Uni, qui compte 1753 éoliennes pour une puissance de 6 835 MW
– L’Allemagne : 1 169 éoliennes pour 5355 MW
– Le Danemark : 506 éoliennes pour 1 266 MW
– Les Pays-Bas : 365 éoliennes pour 1118 MW
– La Belgique : 232 éoliennes pour 877 MW
– La Suède : 86 éoliennes pour 202 MW.

 

Finalement pourquoi l’éolien offshore met-il autant de temps à se faire une place dans le paysage français des énergies renouvelables ? La cause principale : les nombreuses batailles juridiques entre pro et anti-éoliens, qui retardent considérablement les avancées des différents projets. Un vaste débat que nous aborderons lors du deuxième article de notre dossier consacré à l’éolien offshore.

 

 

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1 milliard de pertes prévu pour les entreprises dû au changement climatique

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C’est officiel. Selon un rapport publié le 4 juin dernier, la perte d’argent liée au changement climatique pourrait atteindre le milliard de dollars pour les 200 plus grandes entreprises de ce monde. A l’origine de cette étude, le CDP (anciennement le Carbon Disclosure Project). Il s’agit d’un organisme dont la mission est de mettre en lumière les impacts du dérèglement climatique auprès des autorités, des décideurs politiques et des investisseurs du monde entier. Zoom sur des données alarmantes mais pas que …   

Les impacts financiers bien réels du changement climatique

Parmi les grands groupes interrogés pour la réalisation de cette étude, on compte notamment Vale (entreprise minière), UBS (service bancaire) ou encore BASF (groupe chimique). Ces sociétés sont directement concernées par le réchauffement climatique. En effet, elles le sont via des impacts dits physiques (conditions météorologiques extrêmes) ou des impacts dits de transition (associés à une mutation du marché et de l’environnement économique, technologique…). Encouragées à identifier et chiffrer les pertes financières directement liées à ces impacts, les entreprises intéressées ont communiqué leurs chiffres. Et le résultat est sans appel : près d’1 milliard de dollars US pour quelques 200 entités sondées.

Le rapport met également en lumière d’autres faits. De nombreuses sociétés ne sont tout simplement pas encore passées par cette phase d’évaluation. Tandis que beaucoup d’autres doivent mener des études approfondies pour étayer leurs chiffres. Il est donc quasi certain qu’à terme, les coûts s’élèveront bien au-delà du montant annoncé.

Le changement climatique entraîne des pertes financières

Des coûts directs liés au changement climatique et à la consommation

Les pertes financières mises en lumière par l’étude résultent de plusieurs facteurs. Tout d’abord de l’augmentation des coûts d’opération causés par le dérèglement climatique. Concrètement, il s’agit de systèmes de refroidissements mis en place pour contrer la hausse des températures, ou encore de la réparation d’infrastructures endommagées par des intempéries.

S’en suivent ensuite les coûts liés à la réduction de la demande des consommateurs. En effet, nombre d’entre eux se tournent désormais vers des produits et/ou services ayant un impact moindre sur l’environnement. Cela constitue donc une perte directe de chiffre d’affaires pour les groupes qui ne prennent pas suffisamment en considération la problématique environnementale.

« Non seulement une entreprise doit parler des efforts qu’elle déploie, mais elle doit également montrer par ses actions qu’elle apporte des améliorations ou prend des mesures d’atténuation. Ne pas aborder les risques liés au changement climatique et les impacts directs, pourrait entraîner une réduction de la demande de nos biens et services en raison d’une réputation négative. » Alphabet, entreprise qui a participé à l’étude.

A noter enfin qu’il existe des pertes sur le plan boursier. Certaines grandes entreprises manquent encore de transparence vis-à-vis de leurs actionnaires et investisseurs autour de la thématique de développement durable. Cela engendrerait à termes un manque de confiance, donc des pertes financières considérables.

Des opportunités à saisir

Parce qu’identifier les risques liés au réchauffement climatique, c’est bien… Mais pouvoir en tirer des constats pour ne pas les subir de plein fouet, c’est mieux ! C’est ce que le rapport du CDP met en avant, en s’intéressant aux opportunités qui se dégagent de l’urgence de la situation.

Là encore, comment cela se concrétise ? L’innovation demeure la première grande opportunité identifiée. En effet, le développement de nouveaux produits et services en phase avec la demande finale, permettrait aux entreprises qui s’en donnent les moyens une meilleure compétitivité et, à terme, un accroissement du chiffre d’affaires.

Accorder de l’importance à la problématique du développement durable, en montrant une volonté de limiter l’impact de son activité sur l’environnement, c’est aussi un moyen pour les entreprises de gagner la confiance des investisseurs. Une opportunité à saisir donc, pour favoriser les rentrées d’argent.

En conclusion, pour 225 sociétés sondées, les opportunités liées au climat constitueraient des retombées financières s’élevant à plus de 2 milliards de dollars US. Et selon les économistes, une grande partie de ces opportunités pourrait se concrétiser à court ou moyen terme. En somme, que de bonnes raisons de passer à l’action sans tarder !

Sources :
Global Climate Change Analysis 2018

Photos by Josh Appel ; Johannes Plenio ; Meg Nielson

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Le Haut Conseil pour le Climat ne ménage pas le gouvernement

Le Haut Conseil pour le Climat ne ménage pas le gouvernement

Le Haut Conseil pour le Climat ne ménage pas le gouvernement

En période de forte canicule, il est bon d’évoquer le premier rapport rendu par le Haut conseil pour le Climat. Dès es premières lignes de ce dernier, le Haut conseil pour le Climat rappelle qu’il est un organisme indépendant. Mis en place le 27 novembre 2018, par le Président de la République et le Premier Ministre, ce conseil a pour vocation de rappeler que le changement climatique est une priorité du gouvernement.

👉 Le Haut Conseil pour le Climat a pour mission la proposition de mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) mais également d’apporter un éclairage sur la politique du gouvernement. Il émet des rapports consultatifs et avis et formule des recommandations et propositions pour aider la France à atteindre ses objectifs environnementaux.

 

L’objectif premier du Haut Conseil pour le Climat : répondre à la crise climatique et environnementale.

Son premier rapport rappelle à cet effet, qu’il nous reste un peu moins d’une génération pour répondre à cette crise. Or dès le propos introductif, Mme Corinne Le Queré la présidente du Haut Conseil rappelle « [bien que les] efforts soient réels, ils sont nettement insuffisants [1] ».

Avec le projet de loi Energie climat, la France propose de s’armer d’objectifs pertinents permettant d’assurer la réduction des émissions de GES. Selon ce groupe d’experts, la neutralité carbone parait réalisable avec les techniques et connaissances dont nous disposons aujourd’hui. Encore faut-il que nous y soyons prêts !

En effet, si les objectifs sont atteignables, les moyens mis en œuvre pour y parvenir restent insuffisants : politiques de transition, sobriété énergétique, etc. Les vecteurs existent mais leur mise en place peine et la réduction des émissions GES, bien qu’existante, est bien trop lente pour atteindre ces objectifs. Selon Madame le Quéré « ce rapport renforce et confirme les conclusions de plusieurs évaluations récemment publiées : la France n’est pas sur une trajectoire d’émission de gaz à effet de serre compatible avec ses engagements internationaux » La cohérence entre action et engagement est maintenant de rigueur !

 

Le gouvernement, loin de répondre à l’urgence en matière de climat

Le Haut Conseil étudie les réglementations nationales, européennes et internationales en la matière, et observe les objectifs atteints ou restant à atteindre. Il conclut à une action inefficace et insuffisante pour contenir le réchauffement planétaire. Si de nouvelles actions ne sont pas mises en œuvre, le réchauffement pourrait s’accélérer ! La Présidente du Haut Conseil rappelle que « les premiers efforts fournis sont réels, mais ils sont nettement insuffisants et n’ont pas produit les résultats attendus. Ils n’engagent pas les transformations socio-économiques profondes nécessaires pour aller vers la neutralité carbone. » le cadre réglementaire existe, il est structuré et contraignant. Le Conseil rappelle notamment la mise en place de la PPE ou encore de la planification énergie-climat à l’échelle régionale et interrégionale évoquant les objectifs ambitieux que la France s’est fixés.

Le Président de la république a rapidement réagi aux annonces portées par ce nouveau conseil, et soutient notamment le fait qu’un effet domino doit être engagé « en entraînant les autres États européens et grandes puissances ». Il est en effet toujours bon de rappeler que notre pollution, et les émissions CO2 liées, ne s’arrêtent pas à nos frontières nationales.

Sources :
[1] Haut Conseil pour le Climat, rapport 2019

Photo by Rob Potvin

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Pourquoi le prix de l’électricité a augmenté en 2019 ?

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Pourquoi le prix de l’électricité a augmenté en 2019 ?

Comme la Commission de Régulation de l’Energie en France (CRE) l’avait annoncé dans sa délibération N°2019-028 07 février 2019, le Tarif Réglementé proposé par EDF (TRV) a augmenté de 5,9% en juin 2019. Une augmentation du prix de l’électricité qui coûtera en moyenne 40€ pour un foyer français ayant souscrit à cette offre dont le tarif reste fixé par le gouvernement. Offre d’électricité qui concerne encore aujourd’hui 81% des foyers français soit près de 26 millions de foyer en France.

 

Que signifie augmentation du prix de l’électricité ?

Il existe 2 types d’offres : le Tarif Réglementé de Vente (TRV) proposé par EDF, et les contrats en tarif de marché présentés par les fournisseurs alternatifs et EDF (et oui, EDF propose les 2 types de contrat).

Aujourd’hui, seul le TRV est fixé par l’Etat sur proposition de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), les autres tarifs présentés par les alternatifs sont fixés par les marchés selon l’offre et la demande, et les fournisseurs eux même. Aucune autorité n’intervient dans ces calculs.

Seul le TRV a augmenté, et cette hausse est une obligation. Mais les fournisseurs alternatifs, qui fixent également leur prix en fonction des TRV – et présentent des offres généralement situées à entre 8 et 12% en dessous du TRV – ont également augmenté leur tarif afin de conserver le même écart de prix avec le TRV.

Comme nous l’avons expliqué dans notre fiche pratique, le prix de l’électricité est composé de trois éléments :

  • Le coût de l’énergie,
  • Le TURPE,
  • Les taxes.

Le coût de l’énergie est lui-même composé d’une partie fixe : l’abonnement et d’une partie variable : le prix du Kilo Watt heure. Cette augmentation du TRV porte sur cette dernière : le KWh. Ainsi, en réalité, l’augmentation du prix de l’électricité ne porte que sur 25 à 30 % de la facture.

 

L’évolution du TRV depuis 2015

De 2015 à juin 2019, le TRV a changé 7 fois. La dernière évolution est la plus importante augmentation, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.

hausse du TRV graphique

👉 De Janvier à Juin 2019, le prix du kWh (pour un foyer moyen français : option base/6 kVa) est passé de 0,0902€ à 0,0951€ (valeur HT), soit une hausse de 5,4%.

 

Quel est l’impact de cette hausse sur la facture d’électricité d’un ménage moyen français ?

En utilisant la consommation moyenne d’un foyer français qui est d’environ 5000 kWh/an, mesurons l’impact de cette hausse sur la facture des ménages français :

  Abonnement  TTC Prix du kWh (TTC) Consommation annuelle Coût annuel de l’électricité
Avant augmentation TRV 91,92 0,1452 4760 801,67€
Après augmentation TRV 91,92 0,1531 4760 839,27€

 

A titre de comparaison, voici le prix proposé par certains fournisseurs offrant l’électricité au prix du marché :

  Abonnement  TTC Prix du kWh (TTC) Consommation annuelle Coût annuel  de l’électricité
Mint Energie : offre Online & Green 110,52 0,1385 4760 769,78€
Vattenfall : offre électricité Eco 109,44 0,1338 4760 746,32€

En plus de proposer des offres vertes, ces deux fournisseurs ont des prix d’électricité en dessous du TRV.

👉 Ainsi, si un consommateur ayant souscrit un contrat au TRV change de fournisseur et choisi l’offre proposée par Vattenfall, ce dernier ferait une économie d’environ 69€ sur sa facture annuelle d’électricité.

 

Pourquoi la TRV a augmenté ?

Plusieurs raisons sont avancées, aucune n’étant avérée ;

  • La hausse des prix sur le marché de gros – marché sur lequel les fournisseurs doivent nécessairement se sourcer –. Depuis quelques années, les prix des matières premières – pétrole, gaz, … – explosent et celui de l’électricité ne fait pas exception. Aussi, les coûts d’approvisionnement des fournisseurs alternatifs ont augmenté, et il considère que le TRV est gardé artificiellement bas faussant ainsi la concurrence.
  • Les coûts de l’électricité portés par EDF ont augmenté, et notamment le financement du parc nucléaire, dont la maintenance doit être assurée.
  • La sécurité d’approvisionnement via les mécanismes de capacité. Ils assurent notamment le fait que nous soyons toujours fournis sans coupures ni intermittence. Ce système est présenté comme une assurance, et cette sécurité via cette assurance à un prix.

empreinte carbone

 

Comment est calculé le tarif réglementé ?

Le principe de l’empilement des coûts est appliqué. On additionne l’ensemble de ces données :

  • les différents moyens de production – les coûts d’exploitation du parc historique d’EDF, mais également les coûts de production en période de pointe –
  • Les coûts de distribution (en prenant malgré tout en compte le fait que les taxes – acheminement, CSPE, TVA, … – soient identiques à tous les fournisseurs puisque réglementés par les institutions étatiques.
  • les marges et coûts commerciaux qui diffèrent d’un fournisseur à un autre.

A la suite de cette dernière hausse, le gouvernement a demandé que le calcul du tarif réglementé soit modifié pour l’année prochaine.

 

Cette hausse est-elle légale ?

Plusieurs associations de consommateurs, dont l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers – CLCV – et UFC que choisir, contestent ces nouvelles dispositions en considérant qu’il s’agit « d’une proposition injuste pour les consommateurs particuliers » [1] attaquable devant le Conseil d’Etat. Les associations soutiennent notamment que cette nouvelle décision « n’est pas destinée à couvrir l’augmentation des coûts de fourniture d’EDF, mais à aider les opérateurs alternatifs en grande difficulté financière à rester compétitifs ». Plusieurs voix affirment que cette hausse servirait à stimuler la concurrence.

Tant qu’aucune décision de justice n’est prise, rien ne peut être affirmé.

 

Quelles solutions se présentent à nous ?

👉 Opter pour une offre proposée par la concurrence bien sûr !

Les offres des fournisseurs alternatives s’indexent généralement sur le TRV et suivent ses fluctuations, …. Mais avec 8, 9, 10 points d’écart ! C’est toujours une économie qui reste avantageuse pour les foyers subissant la hausse des TRV. C’est également un excellent moyen de prêter sa confiance à une nouvelle entreprise offrant des services tout aussi qualitatifs que le fournisseur historique EDF !

A cet égard, afin de découvrir l’offre qui pourrait vous convenir, nous vous proposons de vous tourner vers notre comparateur d’offres d’électricité.

Sources :
[1] Site CLCV ; « Augmentation du Tarif Réglementé de 5,9% »

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Elections européennes 2019 : votre vote compte !

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SAVE THE DATE !  En France, les élections européennes de 2019 auront lieu les 25 et 26 mai 2019 afin d’élire les députés représentant la France au Parlement européen. Avez-vous prévu d’aller voter ? Si oui, savez-vous pour qui et ce que cela implique au niveau environnement ? Si vous avez répondu au moins un « Non » à ces précédentes questions, décryptons ensemble ce que votre vote signifie concrètement ! 

🇪🇺  Pourquoi voter aux élections européennes est important ?

Malheureusement, peu d’entre-nous sont au fait de ce qu’il se passe au niveau européen. Sur les cinq dernières années, plus de 80 hommes et femmes nous ont représentés. Pourtant, nous connaissons rarement leur identité quand il ne s’agit pas de Jean-Luc Mélenchon, Nadine Morano ou Marine Le Pen.

La faute est toutefois partagée. Le manque d’intérêt des français mélangé à une faible médiatisation rend l’affaire complexe. À cela, on peut ajouter le fait que les termes employés et la difficulté d’accès aux listes de votes détaillées n’arrangent rien.

Et pourtant, l’Union européenne joue un rôle déterminant dans bon nombre de décisions impactant l’environnement.

1 – ⚖️ Le rôle du parlement européen

Pour rappel, notre droit de l’environnement est essentiellement d’origine communautaire. Or, le parlement détient un pouvoir de codécision avec le Conseil sur la politique environnementale de l’Union. Il possède également un droit d’initiative législative. Il peut aussi créer des commissions d’enquête et former des recours devant la Cour de justice.

C’est l’UE, et notamment le parlement européen qui fixent les objectifs d’ici 2030 en matière d’énergies renouvelables. C’est également l’institution qui s’est engagée d’ici 2030 à réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre, ainsi que sa consommation d’électricité.

L’UE finance également des projets et initiatives liés à l’environnement et luttant contre le réchauffement climatique. 

Créé en 1992, le programme LIFE a ainsi financé 4500 actions. Elle a aussi subventionné des ONG telles que WWF et Climate Action Network Europe. Avec un budget de 3,4 milliards d’euros pour la période 2014 – 2020, ce budget passera  à 5,4 milliards sur la période 2021 – 2027, .

En gros,  l’UE consacre 20% de son budget total à la défense de l’environnement et à la lutte contre le changement climatique.

 

2 – 🌳 Les décisions qui ont déjà été prises en matière d’environnement

Pour vous donner des exemples concrets, voici les dernières décisions prises par le parlement européen au niveau environnemental :

  • Le Parlement a approuvé la suppression du plastique. Ainsi, d’ici 2021, plus d’une dizaine d’objets en plastique à usage unique (cotons-tiges, pailles, vaisselle jetable… qui représentent 70% de la pollution de nos océans) disparaîtront. Les fabricants de certains produits tels que les gobelets en plastique ou les cigarettes devront quant à eux payer une partie des coûts de nettoyage et de collecte de déchets.

Grâce au Parlement européen, la durée de licence du glyphosate a été divisée de moitié…

  • L’UE régule l’utilisation de produits chimiques sur son territoire afin de protéger à la fois l’environnement et la santé humaine. En 2017, c’est le glyphosate qui a beaucoup fait parler de lui. Cet herbicide très controversé est défendu bec et ongles par les lobbys industriels… Et par la Commission européenne qui est convaincue qu’il ne représente pas de danger. Ils demandent à renouveler son autorisation d’utilisation pour 10 à 15 ans. Grâce à la pression du Parlement européen (dont la  France en tête), la licence du glyphosate a finalement été renouvelée pour 5 ans !

… Et la pêche électrique interdite ! 

  • À partir de 2021, très utilisée dans les pays du Nord, la pêche électrique sera désormais interdite sans exception.
  • Quatre textes ont été rédigés par le Parlement afin de faire des progrès dans le domaine de l’économie circulaire. Parmi eux, la réduction, le recyclage et la réutilisation des déchets.
  • Concernant les nouvelles normes antipollution dans le secteur automobile, un compromis a été négocié par le Parlement. L’objectif de réduction des émissions de CO2 des voitures pour 2020 était initialement proposé à 30%. Les ONG écolos se sont battues pour un montant entre 50 à 70% quand, de son côté, le Parlement proposait le chiffre de 40% pour tenter de mettre tout le monde d’accord. L’objectif voté a finalement été de 37,5%.

votez aux elections europeennes 2019

 

💪 Élections européennes : à votre tour d’agir !

Le 25 et 26 mai, vous aurez à choisir parmi les 34 listes comportant chacune 79 noms (principalement de candidats et candidates français).

Le 26 mai au soir, après résultats, toutes les listes ayant récolté moins de 5% des votes seront éliminées. Les listes restantes se partageront alors les 74 sièges français au Parlement européen proportionnellement au nombre de votes recueillis.

Sur ces 34 listes, environ une quinzaine sont régulièrement citées dans les sondages. Voici un (très) rapide résumé de leurs promesses en matière d’écologie

La République en marche 

La transition écologie figure en haut de la liste du programme avec un investissement d’au moins 1 000 milliards d’euros d’ici 2024. Ce budget est prévu pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition.

Les Républicains

Le parti parle d’instaurer une « barrière écologique' » avec la mise en œuvre de droits de douane antipollution. Ces derniers seront appliqués sur les produits importés de pays qui ne respectent pas les normes environnementales ou sociales.

la France Insoumise

Proposée lors de la dernière campagne présidentielle, la « règle verte au niveau européen » servirait à interdire de « prélever davantage à l’écosystème que ce qu’il est capable de supporter » est reprise. D’autres idées sont listées telles que la hausse des objectifs de réduction des émissions de CO2, l’interdiction des perturbateurs endocriniens,  l’adoption d’une charte européenne des droits des animaux et d’un plan de sauvegarde pour la biodiversité en Europe, l’élaboration d’un plan européen de sortie concertée du charbon et du nucléaire, la sortie des OGM, des pesticides et la mise en place d’une taxe carbone aux frontières.

Europe Écologie-Les Verts

Leur ambition est d’adopter un traité environnemental et de promouvoir le protectionnisme vert pour faire de l’écologie « la priorité de l’Europe ». Pour cela, plusieurs mesures sont prévues telles que l’instauration d’une justice environnementale, la création d’un « vaste patrimoine écologique terrestre et marin » et la fin de tous les produits toxiques (pesticides ou perturbateurs endocriniens).

PS et Place publique

La mise en place d’un pacte « finance-climat-biodiversité » permettant de financer « un plan de rénovation des logements et des bâtiments publics et privés », d’accélérer « le déploiement d’énergies renouvelables » ou de développer « l’agro-écologie ». Leur proposition comprend également une taxe sur le kérosène sur tous les vols internes en Europe et une demande de  réexamination du sujet du glyphosate afin « de défendre son interdiction à l’échelle européenne ».

Génération S.

La création d’une Cour européenne de l’environnement. L’objectif sera d’interdire les polluants et autres perturbateurs endocriniens ainsi que d’interdire l’utilisation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe.

Debout la France

Faire des progrès dans le domaine des énergies renouvelables en investissant dans la recherche et création de panneaux solaires à haut rendement énergétique par exemple. Le glyphosate devra également être remplacé par un substitut moins polluant.

Le Parti Communiste

Parle d’instaurer un service public de la rénovation énergétique ou encore d’élaborer une « stratégie industrielle écologiquement soutenable ».

L’UDI

Créer un Livret E « pour financer des grands projets environnementaux et d’avenir en Europe », en finir avec le plastique, devenir le leader mondial des transports à hydrogène et financer la recherche de produits de substitution au glyphosate et au cuivre…

Les Patriotes 

Prône le « Frexit » afin de ne plus subir l’influence des lobbies.

La Lutte ouvrière

Ne propose pas de mesures concrètes mais s’exprime sur l’urgence d’enlever aux groupes privés la direction de l’industrie et des transports affin d’organiser l’économie de façon « rationnelle, planifiée ».

L’UPR 

Parle d’une « politique ambitieuse de souveraineté alimentaire au niveau national fondée sur les méthodes modernes d’agriculture biologique et familiale » et propose également de développer la permaculture à grande échelle.

L’Alliance jaune

Propose de reconnaître les ressources naturelles comme des entités morales.

Le Rassemblement national

Peu de mesures mises en avant si ce n’est la promotion du « localisme » qui consisterait à détaxer les circuits courts et à surtaxer les « importations mondialisées anti-écologiques ».

Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire… 🙌 Rendez-vous le 26 mai pour les résultats !

 

Photo by Heather Mount ; Waldemar Brandt

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