Les énergies renouvelables créent de l’emploi !

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Les énergies renouvelables créent de l’emploi !

Aujourd’hui nous allons parler emploi. Mais pas n’importe quels emplois : ceux directement générés par le développement et l’exploitation des énergies renouvelables. Et il y a de quoi dire : en 2018, près de 11 millions de personnes dans le monde occupaient un poste lié de près ou de loin à la filière du renouvelable ! Un chiffre qui ne cesse de croître d’année en année… Alors chez QuiEstVert nous avons pris le rapport annuel de l’IRENA sous le bras et l’avons décrypté pour vous !

 

 

Energies renouvelables et emploi : que faut-il retenir ?

En début d’année, l’IRENA (International Renewable Energy Agency) publiait la 6ème édition de son rapport. Ce dernier – comme les précédents – fait le lien entre énergies renouvelables et emploi créés à l’échelle mondiale.

Avant d’aller plus loin dans l’analyse, notamment par technologies et par pays, voici les 3 grandes informations qu’il faut retenir :

  • En 2018, les énergies renouvelables ont permis d’employer 11 millions de personnes à travers le monde. Un chiffre en augmentation de 6,80% par rapport à l’année précédente soit près de 700 000 emplois nets de nouveaux.
  • Ces emplois se concentrent essentiellement dans un petit nombre de pays. Parmi eux : la Chine en tête avec 39% des emplois mondiaux, le Brésil, les Etats-Unis, l’Inde et quelques pays de l’Union Européenne.
  • La filière du photovoltaïque est de loin la filière qui génère le plus d’emplois. En effet, elle représente 1/3 des personnes embauchées dans les EnR et dans le monde.

ce que l'on retient du rapport de l'IRENA sur les emplois créés par les énergies renouvelables

De manière générale, l’IRENA met l’accent sur une nécessité claire : l’engagement et les efforts consacrés au développement des énergies renouvelables doivent résulter d’une réelle étroite collaboration entre politiques publiques et entreprises privées. Au-delà des facteurs environnementaux et économiques, il ne faut pas oublier que les énergies renouvelables intègrent pleinement les dimensions politique et sociale.

Exemple des éoliennes

Les pays de l’Union Européenne sont aujourd’hui les leaders en termes d’installations d’éoliennes (le Danemark en tête). Pourtant, la Chine demeure le pays qui crée le plus d’emplois dans la filière. La raison : les pays européens ne produisent pas leurs éoliennes sur leurs territoires, ils les construisent en Asie. Comme dans de nombreux secteurs, les raisons de ce phénomène sont directement liées à la compétitivité des coûts de production.

👉 Et c’est précisément là que l’IRENA attire notre attention : cette pression sur les coûts a des conséquences directes sur la qualité des produits et la formation de la main d’œuvre, souvent moins qualifiée. C’est pourquoi l’équilibre entre économie, politique, social et environnement est un enjeu de taille sur le marché des énergies renouvelables.

 

Zoom sur les emplois créés dans les énergies renouvelables

Le photovoltaïque en tête

Commençons par la filière du photovoltaïque. C’est en effet celle qui génère le plus d’emplois à l’échelle mondiale avec 3,6 millions de salariés, et une puissance installée de 94 GW sur la seule année 2018. Parmi les 10 pays qui génèrent le plus d’emplois, il est intéressant de noter que 8 d’entre eux sont asiatiques (en comptant ici la Turquie). En tête, la Chine reste de loin le pays qui emploie le plus de personnes : 2,2 millions, soit 2/3 des postes liés à l’industrie du photovoltaïque.

La Chine est ainsi devenue un rôle modèle de l’industrie photovoltaïque. On explique ce succès par la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement efficace, couplée à un soutien local, provincial et gouvernemental fort et par le développement à grande échelle d’usines de production de panneaux solaires. Bel exemple de ces efforts : la région du delta du Yangzi, qui a réussi avec brio à créer un bassin économique riche. Pour ce faire, la région a misé sur des clusters d’entreprises spécialisées dans le solaire, des industries de verre (80% de la composition d’un panneau solaire), d’aluminium et de silicium locales qui permettent d’assurer des approvisionnements intermédiaires efficaces et à bas coûts.

Suivi des biocarburants

Les biocarburants sont une énergie encore peu exploitée en Europe. Néanmoins ils constituent la deuxième filière qui embauche le plus de personnes au monde… Avec un total de 2 millions d’emplois (+ 6% par rapport à l’année précédente) ! En tête, le Brésil qui permet l’emploi de 832 000 personnes à lui tout seul.

Qu’en est-il de la filière éolienne ?

Au total (en comptant l’éolien sur terre et en mer), la filière éolienne génère près d’1,2 million d’emplois dans le monde. Là encore, c’est un petit nombre de pays (5) qui concentre la très grande majorité des emplois (75%). Et cocorico, puisque la France figure dans le top 10 (9ème position) de ces pays qui embauchent le plus dans la filière.

Toujours sur 2018, la capacité nouvellement installée s’est élevée à 540 GW pour l’éolien terrestre et 23 GW pour l’éolien maritime. Ce dernier n’est cependant pas en reste, puisqu’il a fait l’objet de plusieurs investissements : 11,4 milliards de dollars investis par la Chine, mais aussi 3,3 milliards de dollars mis sur la table pour des projets éoliens offshore européens.

Et de l’hydraulique ?

La filière hydraulique reste de loin celle qui possède la plus grande capacité installée. Elle représente en effet 50% de la production d’énergie renouvelable au monde ! A noter que cette part tend à diminuer en raison du développement des autres technologies, notamment du photovoltaïque et de l’éolien.
Côté emploi, le rapport estime que la filière hydraulique (petite et grande confondues) emploie plus de 2 millions de personnes. Ce qui n’est pas à négliger…

 

Emplois créés dans les énergies renouvelables par technologie

Répartition de la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables, par pays – 2017 IRENA

 

Quelle place prennent les pays sur la scène mondiale ?

La chine, premier créateur d'emplois dans les énergies renouvelables N°1 des créateurs d’emplois dans les EnR : la Chine
La Chine reste incontestablement (et pour quasiment toutes les technologies), le pays qui compte le plus d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables. En 2018, ce nombre s’élevait ainsi à 4,1 millions d’emplois, soit 39% du total mondial. Un bon signe pour une nation qui dans tous les esprits est un des plus gros pollueurs.

le brésil deuxième créateur d'emplois dans les énergies renouvelables N°2 : le Brésil
Avec 1,1 million d’emplois générés dans les énergies renouvelables, le Brésil est le challenger de ce classement. Une place qu’il doit en grande partie à la filière des biocarburants. Notons que l’éolien présente un secteur à potentiel pour le pays, mais que le manque de compétences et donc de main d’oeuvre qualifiée, est à ce jour la principale barrière à la création d’emploi.

Les emplois dans les énergies renouvelables créés par les usa N°3 : les Etats Unis
Du côté des Etats-Unis, les emplois liés aux énergies renouvelables (855 000 au total) sont avant tout générés par les biocarburants, le solaire et l’éolien. A noter que durant l’année, les incertitudes liées à la politique tarifaire du pays ont retardé pendant un temps plusieurs projets à grande échelle.

répartition des créations d'emplois dans le secteur des énergies renouvelables par pays

Répartition de la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables, par pays – 2017

 

Et l’Europe dans tout ça ?

Les données les plus récentes retranscrites dans le rapport concernant l’Union Européenne datent de 2017. Cette année là, les pays européens généraient plus d’1,2 million d’emplois dans le secteur des EnR. Parmi les pays porteurs, on retrouve l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume Uni, l’Italie et … La France !  Si l’on zoome sur les emplois créés par technologie, voici ce que l’on retient :

  • La filière éolienne (offshore comprise) participait à l’embauche en 2017 de plus de 314 000 personnes. En tête de cette industrie, le Royaume Uni, l’Allemagne et le Danemark. A noter que le Danemark, l’Allemagne et l’Espagne représentent 86% des exports mondiaux de la filière.
  • En 2017, le photovoltaïque employait plus de 95 000 personnes. Un nombre en légère baisse par rapport à l’année précédente, s’expliquant en partie par la diversification de la chaîne d’approvisionnement et le recul du nombre d’infrastructures installées à domicile.
  • Les filières biomasse et biocarburants employaient respectivement 387 000 et 230 000 personnes la même année.
  • Enfin l’énergie thermique, dont le nombre d’emploi directement liés a fortement baissé, est passée de 40 000 en 2016 à 29 300 emplois en 2017. Une forte baisse s’expliquant notamment par des politiques de réglementations restrictives et la forte concurrence du chauffage au gaz et des pompes à chaleur.

Des différences de stratégie entre l’Europe et la Chine

Il faut bien noter ici la différence entre la stratégie économique des acteurs européens et celle de la Chine. Des pays européens comme le Danemark, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne, sont aujourd’hui les leaders mondiaux de l’éolien et exportent hors d’Europe la majeure partie de leurs installations. Or ces dernières sont majoritairement produites en Chine. Ainsi, les emplois nécessaires à l’export d’éoliennes ne sont pas créés dans les pays européens – d’où les entreprises sont originaires, mais bien dans les pays où elles sont produites et installées, donc majoritairement en Asie (et non en Europe !).

A l’opposé, la Chine qui – comme on l’a vu – est un acteur majeur de la production d’installations renouvelables, installe une grande partie de ses installations renouvelables directement sur place. Installations qu’elle a donc elle-même produites. Un bel exemple de transition énergétique qui crée de la richesse et de l’emploi localement !

 

La France reste un petit acteur, mais avec du potentiel

Concluons par la France. Acteur encore timide sur le secteur des énergie renouvelables en général, notre pays présente cependant un réel potentiel, en particulier en ce qui concerne la filière éolienne. En effet, en 2018, l’éolien a permis l’emploi de 17 100 personnes au total sur notre territoire. Un chiffre qui reste faible en comparaison avec certains voisins européens, mais qui tend à augmenter au fil des années (+ 37% par rapport à 2014).

la france, un pays à potentiel pour la filière éolienne

Zoomons sur la filière offshore si vous le voulez bien : dans un récent dossier en deux parties, nous rappelions que la France est aujourd’hui le deuxième gisement éolien offshore d’Europe ! Et nos politiques l’ont bien compris, puisque depuis 2011, 3 appels d’offres ont été lancés pour la création de 7 parcs éoliens au large de nos côtes, soit un total de plus de 3 GW installés (dont 2 projets déjà lancés) ! Des projets qui permettraient ainsi de créer plus de 10 000 emplois directs (et oui, quand même).

Hormis sur nos côtes, notons enfin que les énergies renouvelables permettent de booster l’activité et l’emploi de nombreuses régions :

  • Le bassin parisien qui abrite de postes bureaucratiques, en raison des nombreux sièges qu’il regroupe,
  • La région Nord-Est qui elle accueille 50% des centrales à énergies renouvelables du pays, donc beaucoup d’emploi liés à la manutention,
  • Les régions Auvergne Rhône-Alpes, Occitanie et PACA, qui regroupent à elles seules 79% de la puissance hydraulique du pays. Rappelons qu’en 2017, la France comptait plus de 2 000 installations hydro-électriques, pour une puissance installée de 25,5 GW (1ère source d’électricité renouvelable en France).

 

Conclusion

Dans un dossier complet dédié aux énergies renouvelables que nous avons publié en octobre dernier, nous nous penchions déjà sur la question des emplois liés aux EnR. Dans un tableau calculant le ratio entre production et création d’emplois, les constats étaient clairs : regroupées, les EnR emploient davantage de personnes que le nucléaire (2017). En effet, pour 100 GWh d’électricité produite, le nucléaire emploie 172 personnes quand le renouvelable en emploie 195. Là encore, une preuve du potentiel socio-économique des EnR et un argument de plus en faveur de la transition énergétique.

Et dans cette transition énergétique, nous avons tous un rôle à jouer ! Comment ? En faisant le choix de consommer de l’électricité 100% d’origine renouvelable. Et mieux encore, vous pouvez créer un cercle vertueux en choisissant de consommer de l’électricité renouvelable française. Vous financerez ainsi la maintenance et le développement de moyens de production… Qui créeront de l’emploi chez nous !

 

Note : hormis précisions spécifiques, toutes les données retranscrites dans cet article concernent l’année 2018.

Sources :
 
 

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Brexit : quel impact sur le marché de l’électricité ?

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Ça y est, le Brexit a eu lieu ! Le 31 janvier dernier, le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union Européenne. Une prise de distance qui pose bien des questions sur le plan économique et sur les relations commerciales entre nos pays. Et bien évidemment, chez QuiEstVert nous avons cherché à savoir ce qu’il en sera du marché de l’électricité.

 

Le Royaume-Uni va-t-il se retrouver dans le noir à cause du Brexit ?

Attaquons directement dans le vif du sujet : non, la Grande Bretagne ne va pas être privée d’électricité sous prétexte qu’elle a quitté l’UE. Comme nous l’avons souvent expliqué dans d’autres contenus, notre réseau électrique est européen. Qu’est-ce que cela signifie ? Et bien qu’en raison des interconnexions existantes (+ de 400), les frontières entre les pays – y compris avec nos amis anglais – ne sont pas visibles.
Il existe à ce jour une interconnexion électrique entre la France et le Royaume-Uni. Il s’agit d’IFA 2000, installée en 1986, reliant Calais et le Kent. C’est une ligne de transport d’électricité en CCHT (Courant Continu en Haute Tension) d’une capacité de 2 GW, qui transporte le courant dans les deux sens. Pas de panique donc, le signal électrique ne s’arrêtera pas de traverser la Manche du jour au lendemain pour des questions politiques.

Les réseaux électriques européens sont interconnectés

Carte du réseau électrique européen – Source : ENTSO-E, Grid Map
On voit ici IFA 2000 entre la France et la Grande Bretagne (ligne violette)

 

En parallèle, deux projets d’interconnexions entre nos pays verront le jour en cette année 2020. Il y a tout d’abord IFA 2, une ligne d’une capacité d’1 GW. Avec 200 km de longueur sous-marine et 30 km de longueur souterraine, elle reliera la Basse-Normandie à l’île de Wight. Nous avons également l’interconnexion ElecLink d’une même capacité, qui passera dans le tunnel sous la Manche.

Passage des câbles électriques sous le tunnel

Projet ElecLink – Position des câbles HVDC dans le tunnel Nord

 

En cette période post Brexit, nous sommes à l’heure actuelle en période de transition. Cela signifie concrètement que pendant ce laps de temps, tous les règlements et accords en cours entre le Grande Bretagne et les autres pays européens continuent de s’appliquer. Là encore, il y a peu de chance que le Brexit ait un impact sur ces projet en fin de construction.

 

Et l’après Brexit ?

Passée la période de transition en cours – jusqu’au 31 décembre 2020 – l’enjeu sera de maintenir au mieux les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et les pays européens, dont la France. Et c’est là que les incertitudes surviennent. En effet, plusieurs projets de liaisons électriques déjà en discussion pourraient être remis en question ou retardés. Parmi eux, deux nouvelles interconnexions avec la France, Aquind et GridLink.

Projet Aquind

Mise en service : 2022
Liaison : Lovedean (UK) – Bertrimont (FR)
Capacité : 2 GW

Le projet d’interconnexion Aquind est une ligne de transport d’électricité en CCHT (Courant Continu à Haute Tension). Elle reliera la France (Normandie) à la Grande Bretagne en passant sous terre et sous la Manche. Grâce à ses 2 GW de capacité, l’interconnexion sera en mesure de transporter 16 millions de TWh par an. Une quantité qui représente 3% de notre consommation nationale d’électricité, ou encore 5% de la consommation britannique !

C’est un peu flou pour vous ? Voici un schéma qui vous aidera à y voir plus clair.

 

L'interconnexion sous marine aquind entre la Grande Bretagne et la France

Site du projet de l’interconnexion Aquind – Schéma de l’interconnexion entre la France et la Grande Bretagne

Projet GridLink

Mise en service : 2024
Liaison : Kingsnorth (UK) – Dunkerque (FR)
Capacité : 1,4 GW

L’interconnexion GridLink sera elle aussi une ligne électrique à haute tension qui reliera nos deux pays. Un projet d’une capacité de 1,4 GW qui s’étendra sur 140 km sous mer et 13 km sous terre ! Cette nouvelle installation sera en capacité d’alimenter plus de 2,2 millions de foyers en électricité.

 

On résume…

Les projets d’interconnexion tels qu’Aquind et GridLink ont pour but d’améliorer l’efficacité énergétique des marchés, de sécuriser l’offre et d’offrir davantage de souplesse aux réseaux électriques. La sortie du Royaume Uni de l’UE pourrait effectivement avoir un impact sur les discussions liées à ces projets… Donc sur l’amélioration future du marché électrique européen.

Les interconnexions électriques entre la france et le royaume uni

Les interconnexions électriques entre la France et le Royaume-Uni
Sources : sites internet des différents projets d’interconnexions entre la France et la Grande Bretagne

 

En clair, le Brexit n’aura pas d’incidence sur les échanges d’électricité déjà existants entre la France et le Royaume-Uni. En revanche, il pourrait avoir une incidence sur les négociations liées aux projets d’interconnexions futures.
Cela dit, nous ne sommes pas sûrs que ce soit dans l’intérêt ni des uns, ni des autres de ne pas faire aboutir ces projets. Par ailleurs, nous n’allons pas démonter les câbles sous la Manche à cause du Brexit, ni maintenant, ni plus tard. Quoiqu’il arrive, la Grande Bretagne continuera de participer à l’équilibrage du réseau électrique européen. D’un point de vue physique, nos pays resteront solidaires sur le marché et partageront toujours le même réseau. Cela signifie également que nous demeurons responsables de leurs moyens de production fossiles (ne pas consommer renouvelable, même chez nous, entretient ces moyens de production).

Sources :
Rte, « Brexit quel impact sur le marché européen de l’électricité ? »
Rte, « Interconnexion sous-marine et souterraine France – Angleterre »
Site du projet d’interconnexion Aquind
Site du projet d’interconnexion ElecLink

 

Photo by Eva Dang

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Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

Mis à jour le 24 janvier 2020

 

La version définitive de la PPE (ou Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) a officiellement été publiée lundi dernier par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Elle fait état des objectifs de la France en matière de production énergétique. Si l’accent est mis sur l’importance des énergies renouvelables, la PPE ce n’est pas juste développer le parc éolien en France, bien au contraire ! La PPE devrait impacter directement la vie des Français. Concrètement, comment cela va-t-il se manifester ? On fait le point avec vous sur les objectifs et les enjeux de la PPE.

 

La PPE, qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) [1] est une programmation des objectifs à atteindre en matière de production et de consommation énergétique.  Il s’agit ici d’un engagement du gouvernement à débloquer des moyens logistiques et financiers pour atteindre ces objectifs à différents horizons. Parmi les plus relayés, celui de la France qui s’est engagée à devenir neutre en carbone d’ici 2050. Concrètement, cela implique que la France va être amenée à supprimer les émissions de gaz à effet de serre liées à sa consommation énergétique, tout en développant des moyens de production des énergies renouvelables. 

Installation de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes, fermeture de centrales nucléaires, réponses à la demande croissante en électricité… Voici les grandes lignes de la PPE qui permettront d’appliquer la loi transition énergétique [2]

🛡️ La sécurité d’approvisionnement

Tout d’abord, la sécurité d’approvisionnement. Ce premier point assure que tout le monde soit bien fourni en électricité à tout moment du jour et de la nuit, et ce quelle que soit la période de l’année, y compris pendant les épisodes de grands froids.

🏭 La baisse de la consommation d’énergie fossile

Cela passe essentiellement par de la sensibilisation et de la pédagogie, en informant le public de l’impact de leur consommation de gaz ou d’essence au quotidien. En matière de sensibilisation, il y a également  les nombreuses actions mises en place pour inciter le public à mieux isoler leur logement. En effet, à la clé : une diminution de la consommation d’énergie et une facture de chauffage moins élevée… C’est gagnant-gagnant !

🌱 Le développement de l’exploitation des énergies renouvelables et de récupération

Ensuite, l’enjeu principal des énergies renouvelables en France, c’est de garantir à la population un approvisionnement permanent et sans coupure. Le développement et l’installation de parcs éoliens et de panneaux photovoltaïques prennent alors tout leur sens.

⚡ Une gestion de l’énergie équilibrée

Puis nous avons le développement équilibré des réseaux, du stockage, de la transformation et du pilotage de la demande d’énergie. Cet axe s’adresse particulièrement aux entrepreneurs et innovateurs en tout genre, prêts à répondre aux besoins des décennies futures. Par exemple, il n’est aujourd’hui par encore possible de stocker de l’électricité à grande échelle : saurez-vous inventer la super batterie du futur ?

🚗 La stratégie de développement de la mobilité propre

Puisque tout le monde ne peut pas aller travailler en trottinette, il est donc important d’innover pour que nos déplacements du quotidien ne polluent plus.

💰 La préservation du pouvoir d’achat des consommateurs

Il faut garantir la compétitivité des prix de l’énergie, car l’électricité est un besoin primaire dont chacun doit bénéficier.

🤹 L’évaluation des besoins de compétences professionnelles

Enfin, qui dit valorisation d’un secteur dit nouveaux métiers ! Il faut s’assurer que les formations professionnelles parviennent à s’adapter à ces nouveaux métiers de l’énergie qui émergent.

 

Objectifs de la PPE : les chiffres

Nous avons parlé des grandes lignes, parlons chiffres à présent ! La PPE a en effet déterminé des objectifs à tenir d’ici 2023 et 2028. Voici les plus significatifs :

  • Baisse de la consommation d’énergie : baisse 7,6% en 2023 et de 16,5% en 2028 par rapport à 2012
  • Consommation primaire des énergies fossiles : baisse de 20% pour 2023 et 35% en 2028 par rapport à 2012
  • Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie : 277 MtCO2 en 2023 et 227 MtCO2 en 2028. Soit une réduction de 27 % en 2023 et 40 % en 2028 par rapport à 1990 !
  • Augmentation de la consommation de chaleur renouvelable : 196 TWh en 2023 et entre 218 et 247 TWh en 2028. Soit une augmentation de 25 % en 2023 et entre 40 et 60 % en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2017 (154 TWh)
  • Production de gaz renouvelables : 24 à 32 TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une baisse des coûts (soit 4 à 6 fois la production de 2017)
  • Revues à la hausse des capacités de production d’électricité renouvelables installées :  73,5 GW en 2023, soit + 50 % par rapport à 2017 et 101 à 113 GW d’ici 2028, soit le double comparé à 2017
  • Énergies renouvelables électriques : un objectif de 40 % d’énergies renouvelables électriques dans la production nationale pour 2030
  • Capacités de production d’électricité nucléaire : fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035. A court terme, ce sont 4 à 6 réacteurs nucléaires qui devraient être fermés d’ici 2028, dont ceux de Fessenheim
  • Croissance économique : hausse de 1,3 point de PIB en 2023 et de 2,1 points pour 2028.

Mais aussi une dizaine d’appels d’offres…

  • Une dizaine d’appels d’offres devraient être publiés chaque année, en vue de doubler les capacités de création et de stockage des énergies renouvelables d’ici 2028. Ce qui inclut :
    • la multiplication par 3 des parcs éoliens…
    • … Par 5 des parcs photovoltaïques
    • un parc hydroélectrique renforcé
    • le lancement de parcs éoliens offshores.

Les objectif de la PPE

 

La PPE et moi : qu’est-ce qui va changer ?

Si la PPE s’adresse en premier lieu aux acteurs de l’énergie, nous devrions rapidement constater ses effets sur notre quotidien [3] ! Pour finir, voici donc une petite liste, non exhaustive, des choses qui devraient changer (pour vous ?) dans les années à venir.

🏠 Le logement

  • 2,5 millions de logements seront rénovés : cela signifie une consommation d’électricité moins gourmande, des émissions moins polluantes, et pour les concernés une facture moins élevée à la fin du mois !
  • 3,4 millions d’équivalents logements raccordés à un réseau de chaleur
  • 9,5 millions de logements chauffés au bois avec un appareil efficace
  • 10 000 chauffages à charbon (la moitié de ceux restants) et 1 million de chaudières au fioul (sur un parc restant de 3 millions) vont être remplacées par du chauffage plus performant. Objectif : payer moins cher et avoir moins froid (les pulls et les plaids, ça va bien deux minutes !)
  • Enfin, entre 65 000 et 100 000 sites photovoltaïques en autoconsommation devraient voir le jour. En clair, les démarches pour installer des panneaux solaires sur vos toits vont être facilitées !

🚗 Le transport

  • 1,2 million de voitures particulières électriques devraient être mises en circulation (électriques et hybrides rechargeables) et 100 000 points de recharge publics installés dans toute la France pour démocratiser les véhicules électriques.
  • 20 000 camions au gaz en circulation
  • Une autorité organisatrice de la mobilité présente sur l’ensemble du territoire,pour construire des solutions adaptées aux besoins des citoyens.

💰 Le compte en banque

  • Création d’environ 238 000 emplois d’ici 2023 et 440 000 emplois en 2028
  • Revenu disponible brut des ménages : hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1 point en 2023 et de 2,2 points en 2028.

PPE et ses impacts sur notre quotidien

 

En conclusion, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie présente des objectifs ambitieux qui visent à diminuer l’impact carbone des Français, tout en augmentant leur confort ! En optimisant les logements et les modes de transport, mais aussi en favorisant l’innovation sur la création et le stockage de l’énergie, la PPE devrait permettre à la France de répondre à ses objectifs en matière d’émissions et de devenir un fleuron de l’électricité verte. Et vous ? Qu’avez-vous prévu de faire pour mieux maîtriser votre consommation énergétique ?

 

Sources :
[1] Définis aux articles L. 100-1, L. 100-2 et L. 100-4 du code de l’énergie.
[2] Site du Ministère de la Transition écologique et solidaire – PPE
[3] Synthèse de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 

 

Photo by Jason Blackeye ; ZACHARY STAINES

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Les événements green de 2020 à ne surtout pas manquer !

Les événements green de 2020 à ne surtout pas manquer !

Les événements green de 2020 à ne surtout pas manquer !

2019 est terminée, cap sur 2020 ! Et ça tombe bien, parce qu’il va s’en passer des choses ! Pour bien démarrer l’année, nous avons répertorié les événements green de 2020 à ne louper sous aucun prétexte. Salons ou festivals écologiques, professionnels ou familiaux, développement durable ou énergies renouvelables… Il y en a pour tout le monde. Alors pas d’excuses, on note dans l’agenda et on y va !

 

 

Les événements green de 2020 : écologie et développement durable

Primevère

Lyon Eurexpo, du 6 au 8 mars – tout public – payant

Tout d’abord, nous avons repéré Primevère, un salon organisé chaque année par une association de bénévoles. Son ambition est de réunir acteurs de l’écologie et grand public pour présenter des alternatives militantes cohérentes et éthiques. A chaque édition, Primevère s’organise autour de trois idées fortes : interpeller, promouvoir des démarches alternatives et développer une meilleure communication entre partenaires de l’écologie. Avec plus de 30 000 visiteurs, 500 exposants et 200 intervenants, le salon incite aussi à l’échange entre générations actuelles et futures.

Cette 34ème édition aura pour thème : Le Pouvoir d’Agir, en vue de sensibiliser sur une situation devenue plus qu’urgente. « Actions individuelles, convergence des luttes, actions, boycott, désobéissance, non-violence, rébellion, résilience… Réapproprions-nous le pouvoir d’agir pour redonner du sens aux espoirs de demain … ». Un event familial qui devrait intéresser petits et grands !

Evénements green 2020 à ne pas manquer

Vivre Autrement

Parc Floral de Paris, du 20 au 23 mars – tout public – payant

Vivre Autrement est LE salon écolo, éthique et bio référence en France. Chaque année, depuis plus de 30 ans, ses acteurs agissent autour d’un seul mot d’ordre : promouvoir l’écocitoyenneté. Le salon regroupe ainsi près de 430 exposants qui présentent leurs méthodes de travail. Par ailleurs, ce sont plus de 30 000 visiteurs qui affluent, en quête de conseils et de produits éco responsables. Au programme, 4 journées de conférences et des rencontres sur différentes thématiques : se nourrir autrement, se faire du bien autrement, s’habiller autrement, s’évader autrement, penser autrement et habiter autrement.

Produrable

Palais des Congrès de Paris, du 28 au 29 avril – professionnels – payant

Nous avons ensuite le salon Produrable qui est un événement professionnel européen autour du Développement Durable et de la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Organisé chaque année en partenariat avec le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Produrable collabore avec les principaux réseaux professionnels et médias spécialisés du secteur. Au programme, 2 jours de conférences et de networking autour de 12 thématiques en lien avec le Développement Durable, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et des Marques (RSM). Rappelons aussi que le salon accueillait l’année dernière 6500 visiteurs, 430 intervenants, 130 conférences et 250 partenaires et exposants.

Event green de 2020 Produrable Event green de 2020 Produrable

 

Sirha Green

Lyon Eurexpo, du 14 au 16 juin – professionnels – payant

Sirha Green est le tout premier événement dédié au food-service responsable. Lancé en 2018, il s’adresse aux professionnels du food service et de la CHD (Consommation Hors Domicile).

Alors que la restauration hors domicile ne cesse de croître, certains segments porteurs tirent leur épingle du jeu : bio, « free-from », véganisme, végétarisme, circuits courts, FoodTech… C’est donc dans ce contexte que le salon accueillera les acteurs Food Service, afin de les sensibiliser aux problématiques de demain.

Par ailleurs, dans le même esprit que le traditionnel Sirha, le Sirha Green s’articulera autour de 5 pôles : sourcing produits et boissons ; équipements et matériels ; transport et logistique ; aménagement – arts de la table ; services et nouvelles technologies. Quelques chiffres sur l’édition 2018 : 219 exposants, 5694 visiteurs, 270 kg d’aliments offerts à la banque alimentaire et 1130 Kg de déchets récupérés.

The Greener Festival

Château de Montchat Lyon, du 3 au 4 octobre – tout public – gratuit

Convivial et pédagogique, The Greener Festival proposera cette année sa 5ème édition. Organisé par les bénévoles de The Greener Good, c’est un événement parfait pour une sortie en famille ludique, centré sur l’écologie au quotidien. L’objectif du festival est de sensibiliser pour faire adopter des modes de vie/consommation plus verts et durables. Parmi les thématiques évoquées : réduire ses déchets, s’habiller plus éthique, consommer plus responsable. Au programme de l’année dernière : des ateliers DIY, un défilé de mode éthique, des tables rondes, des green talks… En espérant donc que celui de cette année sera tout aussi chouette !

Quelques chiffres sur l’édition 2019 : 45 ateliers, 40 stands et 30 bénévoles mobilisés. Jean Damien Dumas, COO de QuiEstVert, était également intervenu à l’une des tables rondes organisées !

The Greener festival Lyon - les events green 2020

Pollutec

Lyon Eurexpo, du 1er au 4 décembre – professionnels – gratuit si réservation en ligne

Enfin, pour conclure sur les events écologie et développement durable, Pollutec, un RDV incontournable pour les professionnels de l’environnement. C’est salon qui traite des solutions environnementales pour l’industrie, les villes et les territoires, mais aussi un tremplin pour les innovations du marché et le développement à l’international.

Avec 400 conférences et animations, le salon propose à chaque édition un programme de rencontres, d’ateliers et de démonstrations. Parmi les thèmes évoqués, on retrouve : la gestion des déchets, la gestion de l’eau, l’énergie et l’efficacité énergétique, ou encore la ville durable . Depuis de nombreuses années (1978 quand même !), les équipes de Pollutec mettent aussi un point d’honneur à réduire l’impact environnemental du salon, notamment sur la gestion des déchets.

 

Les événements green de 2020 : énergies renouvelables

Les Assises Européennes de la Transition Énergétique

Palais des Congrès de Bordeaux, du 28 au 30 janvier – professionnels – payant

Coorganisées en partenariat avec l’ADEME, les AETE constituent un rendez-vous phare pour les acteurs locaux engagés dans la transition énergétique. Pour cette 21ème édition, les Assises se dérouleront sur la thématique suivante : Ensemble, cultivons le pouvoir d’agir. A l’heure où la question écologique est une priorité, l’objectif sera de promouvoir l’urgence d’une transition énergétique, sur fond d’actions et d’innovations. Conférences, visites et atelier rythmeront ces trois journées. Plusieurs sujets tels que l’impact environnemental du numérique, la chaleur locale, ou la résilience des territoires, y seront également évoqués.

L’édition 2020 attend d’ores et déjà près de 3500 participants !

 

Les Assises Européennes de la Transition Énergétique - les events green

 

FOWT

Palais du Pharo à Marseille, du 22 au 24 avril – professionnels – payant

Pour finir, cet article ne serait pas vraiment un article de QuiEstVert si on ne mentionnait pas un événement phare du secteur éolien : FOWT 2020. Centré sur l’éolien offshore, FOWT est un événement professionnel de dimension internationale. L’objectif de l’événement est de faire progresser la filière éolienne et d’accélérer son intégration dans le mix des énergies renouvelables. Trois jours donc, de conférences plénières, d’interventions et de visites techniques alliant science et technologie. « Cet événement doit permettre de générer des discussions constructives entre les différents acteurs et parties prenantes de cette industrie émergente. »

L’édition 2020 attend déjà plus de 800 participants.

Forum EnerGaïa

Parc des expositions de Montpellier, du 9 au 10 décembre – professionnels

EnerGaïa est un forum annuel dédié aux professionnels de la filière des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Il répond aux problématiques rencontrées par les professionnels du secteur, notamment à travers un contenu en phase avec les réalités et perspectives du marché. En effet, le salon organise sur les deux jours des conférences et tables rondes afin d’aborder les enjeux du secteur. Notons aussi qu’EnerGaïa a été labellisé COP21, COP22, COP23 et COP24 lors des précédentes éditions.

En 2018, EnerGaïa accueillait notamment plus de 6000 visiteurs professionnels, experts, élus et décideurs, mais aussi quelques 162 exposants.

On résume ?

Les événements green de 2020 à ne pas manquer

 

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Photo by Sagar Rana

 

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Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en ! [2/2]

Dans notre dernier article Actualités, nous évoquions le vaste sujet de l’éolien offshore en France. Nous présentions notamment le potentiel de notre pays en la matière, les projets déjà amorcés et leurs avancements. Nous mettions également en lumière le retard de la France dans le domaine, et pour cause : les nombreuses batailles juridiques entre pro et anti éoliens. Dans cette seconde partie, nous avons donc voulu éclairer nos lanternes et exposer les arguments de chaque partie dans ce dossier complexe. Éolien offshore : pour ou contre ? Parlons-en !  

 

L’éolien offshore en France : rappel du contexte

Le saviez-vous (si vous avez lu le premier article de ce dossier, ce n’est pas du jeu) : la France est le 2ème gisement éolien offshore d’Europe avec un potentiel de production de 30 000 MW ! Et pourtant : notre pays est à la traîne avec seulement une éolienne offshore existante (2 MW de puissance) … Face à ce constat, le gouvernement français lançait, entre 2011 et 2013, deux appels d’offre pour la création de six parcs au large de la Normandie et la Bretagne. Plus récemment, en 2017, un 3ème appel d’offre était également lancé pour un projet d’envergure à Dunkerque.
Carte des différents projets éoliens offshore initiés en France
 

Parmi les projets les plus avancés, celui de Saint-Nazaire (mené par EDF Renouvelables), officiellement lancé le 14 juin dernier. Sept ans après son annonce, le projet verra donc le jour d’ici 2022, pour la fabrication de 80 éoliennes.

Parmi les projets initiés, celui des Iles d’Yeu et Noirmoutier, qui a obtenu tous les feux verts en mars dernier. Un chantier de 62 éoliennes qui devraient entrer en service d’ici 2021, mais qui divise sur de nombreux points.

  Nombre d’éoliennes Puissance par éolienne Puissance du parc Décrocheur
de l’appel d’offre
Saint – Nazaire 80 6 MW 480 MW EDF Renouvelables
Iles d’Yeu et de Noirmoutier 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN)

*Nb : pour illustrer les points qui seront développés ci-dessous, nous nous appuierons sur les cas de ces deux projets.

 

Éolien offshore : la question énergétique

« Les éoliennes ne produisent pas assez d’énergie »

On reproche souvent aux éoliennes d’être intermittentes (= ne tournent pas à plein régime, ni en continu), donc leur manque de rentabilité. Ces projets éoliens offshores d’envergure seraient trop coûteux pour l’énergie qu’ils permettent de produire.
 
👉 Tout d’abord, il faut savoir que les côtes bretonnes et normandes font partie des côtes les plus ventées de notre pays, avec un vent moyen de 8,2 mètres par seconde (contre 5 en moyenne dans les terres). Il est aussi important de souligner que les vents marins ne rencontrent pas autant d’obstacles que sur terre : ils sont plus soutenus et réguliers, ce qui rend les éoliennes offshores 1,6 fois plus productives que leurs cousines terrestres. Ainsi, le facteur de charge des éoliennes en mer s’élève à 40% contre 25 à 30% sur terre [1]. A titre d’exemple il a été estimé que les éoliennes du parc de Noirmoutier, tourneront à 90% du temps et fonctionneront à pleine puissance 40% de l’année.
👉 Notons enfin que, contrairement aux sources d’énergies non renouvelables (charbon, gaz, pétrole), l’éolien bénéficie d’un potentiel quasi illimité.

 

 « A quoi ça sert d’installer des éoliennes, si elles n’en font pas profiter les habitants locaux ? »

Le système d’injection et de redistribution de l’électricité via le réseau peut sembler flou pour certains. Comment se fait-il que les futures éoliennes maritimes ne couvrent pas directement les besoins en électricité de la zone ?
 
👉 De manière générale quand on parle de réseau d’électricité, il faut raisonner à échelle nationale et non locale. D’un point de vue purement physique, l’électricité produite à un instant T est directement injectée dans le réseau pour répondre à la demande et ce, partout sur le territoire. Exemple simple : si l’éolienne installée en face de chez vous ne tourne pas, faute de vent, ce n’est pas pour autant que n’aurez pas de lumière à la maison, non ? Voilà pourquoi il n’est pas pertinent de voir les choses à échelle locale.
Néanmoins, grâce au système de Garantie d’Origine il est aujourd’hui possible de consommer tout au long de l’année, de l’électricité d’une centrale en particulier, donc de financer le développement de ce type de parcs et de s’assurer que l’électricité que l’on consomme est bien d’origine renouvelable et issue de telle provenance géographique.
👉 Si l’on veut voir plus large, on constate depuis plusieurs années une augmentation de notre consommation électrique. Le tout est de savoir si pour répondre à cet accroissement de la demande, nous choisissons de construire des centrales qui exploitent des énergies renouvelables ou des énergies fossiles…

 

Quel impact des éoliennes sur l'activité économique

Le parc éolien de Sheringham Shoal, en mer du Nord, au large de Norfolk, en Angleterre (puissance de 316,8 MW).

 

Éolien offshore : les arguments économiques

« L’éolien offshore va nuire aux activités de pêche des zones concernées »

Crainte numéro 1 pour les personnes résidant dans les zones concernées : la nuisance sur les activités de pêche. Les éoliennes offshores vont-elles empêcher les marins d’exercer leur activité ? L’installation, la présence et le démantèlement de ces dernières vont-ils avoir des effets néfastes sur les zones de pêche ?
 
👉 Le projet éolien de Noirmoutier (de même que celui de Saint-Nazaire) n’empêchera pas les pêcheurs de naviguer et de continuer leur activité de pêche au sein du parc. Les éoliennes seront implantées dans les fonds côtiers, à moins de 30 mètres de profondeur : le parc n’impactera donc pas la pêche au large. En réalité, l’activité de pêche côtière sera surtout perturbée pendant les travaux de construction. Pendant cette phase, la société EMYN a assuré qu’elle laissera au moins 30% du parc disponible pour les activités de pêche. Une compensation financière sera tout de même prévue pour les professionnels qui seront directement impactés.
👉 Notons par ailleurs que la mise en place de tels projets aura aussi pour retombées directes des créations d’emplois. Estimées entre 750 (Noirmoutier) et 1000 (Saint-Nazaire) emplois directs, ces créations seront aussi accompagnées de plans de formation. A titre d’exemple, pour le projet des Iles d’Yeu et de Noirmoutier, ce sont 315000 heures de formation qui seront dispensées pour les besoins des usines et sur les sites de maintenance.

 

« L’éolien offshore va nuire aux activités touristiques »

Nombreuses sont les personnes qui s’inquiètent de l’impact qu’auront les éoliennes offshores sur l’activité touristique. L’implantation d’un parc dans les paysages qui font le charme de ces régions, peut-elle avoir des conséquences sur l’affluence de touristes ?
 
👉 Globalement, les retours sur expérience de parcs éoliens maritimes à l’étranger ne démontrent pas d’impact significatif sur l’activité touristique.
👉 A Saint-Nazaire les initiateurs du projet ont mené une enquête en 2014 auprès des touristes et acteurs locaux*. En voici les résultats (1200 sondés) :
  • 97 % des sondés déclarent que ce projet n’aura pas d’influence sur leurs habitudes ou qu’ils le considèrent comme une extension de l’offre touristique actuelle.
  • 62 % des interrogés sont intéressés par l’organisation de visites découverte de l’éolien maritime (animations pédagogiques, visite du site d’assemblage…).
  • 80 % des personnes qui s’intéressent à ces découvertes aimeraient visiter le parc en bateau.

 

Les éoliennes sont elles un frein à l'attractivité touristique d'une région ?

 

Éolien offshore : les problématiques écologiques

« L’éolien offshore va nuire à la faune et la flore maritime locale »

Qu’en est-il de la question environnementale ? Les arguments écologiques reviennent souvent (et heureusement !) dans les recours qui visent à stopper les projets éoliens offshores. La seiche, le hareng ou encore les goélands sont autant d’espèces directement menacées par la création de ces parcs…
 
👉 Du côté de Saint-Nazaire, des experts ont mené des études sur la zone concernée, en collaboration avec les associations environnementales et des bureaux d’études spécialisés. Ces études, couplées à des retours d’expérience d’autres parcs d’Europe, ont permis de tenir compte des enjeux liés à la faune et la flore locales.
👉 Sur le projet de Noirmoutier, les associations ont là aussi pris part aux discussions. Elles ont permis de pousser les initiateurs du projet dans leurs retranchements et de trouver des alternatives à des propositions qu’elles considéraient néfastes pour l’environnement. Une démarche ERC (évitement, réduction, compensation) a également été mise en œuvre dès la conception du projet. Quelques mesures concrètes* :
  • Évitement : pas d’utilisation de peinture anti salissure pour la partie immergée des fondations afin de protéger la qualité de l’eau et des sédiments
  • Réduction : réalisation de forages des pieux de deux fondations jacket en simultanée pour réduire le temps de construction et les perturbations
  • Compensation : démarches de protection des colonies d’oiseaux dans l’aire d’étude ; création d’un budget de 2300000€ sur 20 ans pour des opérations de gestion, de restauration et de préservation de l’écosystème.

👉 Enfin, il a été observé – dans les parcs éoliens d’Europe du Nord – que les fondations des éoliennes devenaient de nouveaux habitats colonisés par de nombreuses espèces. Ce phénomène qui augmente localement la biodiversité a été appelé l’effet récif.

 

« L’éolien offshore va nuire au paysage »

La dénaturation du paysage constitue l’une des plus grosses préoccupations des personnes défavorables à l’éolien maritime. Pollution visuelle, dégradation de notre patrimoine paysager… Autant de points qui inquiètent les habitants historiques des communes concernées, mais aussi les nouveaux arrivants, tombés avant tout amoureux de la vue qu’offrent nos côtes.
 
👉 Du côté de Noirmoutier, de nombreuses simulations ont été faites (à partir de 63 points de vue différents). Des montages ont été réalisés à plusieurs moments du jour (matin, couché de soleil) et de la nuit. Un chercheur du CNRS a ensuite étudié de près ces simulations avant d’en confirmer le réalisme (cf. visuels ci-dessous). Mêmes démarches pour le projet de Saint-Nazaire (31 simulations).
👉 Notons également que ces éoliennes seront implantées à une distance entre 11 et 20 km de nos côtes*. Les experts soulignent que la perception sera ainsi amenée à varier selon les conditions météorologiques et les points de vue. Cela revient donc à dire que le parc ne sera visible qu’une partie du temps (selon la luminosité, la présence de brume, la marée…).
*Entre 11 et 20 km pour le projet de Noirmoutier, entre 12 et 20 km pour celui de Saint-Nazaire.

 

Simulations du parc éolien réalisées dans le cadre du projet de Noimoutier

 

En conclusion…

Vous l’aurez compris, la question de l’éolien est plus complexe qu’il n’y paraît. Pourtant, les projets initiés pourraient grandement contribuer à l’augmentation de la production d’énergies renouvelables dans notre pays. C’est sur ce tour d’horizon que nous clôturons ce dossier de deux articles sur l’éolien offshore en France. Pour (re)lire notre première partie « Éolien offshore : la création des premiers parcs français », c’est par ici.

 

Sources
[1] IFP Energies Nouvelles, Panorama 2016 sur l’éolien offshore
Données relatives au projet du parc éolien offshore des Iles d’Yeu et de Noirmoutier : site officiel du projet
Données relatives au projet du parc éolien offshore de Saint-Nazaire : site officiel du projet

 

Photo by Zoltan Tasi ; Drew Graham

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Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Éolien offshore : la création des premiers parcs français [1/2]

Avec une façade maritime de plus de 3 500 km, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement d’éolien offshore en Europe ! Bonne nouvelle en apparence, et pourtant : nous ne comptons toujours pas à ce jour de parc éolien marin actif. Depuis 2011, des appels d’offres ont pourtant été lancés pour la création de 7 parcs éoliens offshores. Après bientôt 10 ans de procédures et d’études approfondies, la construction du premier site a enfin été lancée le 19 septembre 2019 et plusieurs autres devraient voir le jour d’ici 2022. L’occasion pour nous de refaire un tour d’horizon de la question de l’éolien offshore en France.

 

Pourquoi l’éolien offshore c’est cool et pourquoi les côtes françaises sont-elles des zones à fort potentiel ?

Par rapport au terrestre, l’éolien offshore possède deux atouts de taille. Tout d’abord, la mer étant plane (et oui, grosse exclu !) les vents ne rencontrent pas autant d’obstacles que sur le continent. Ce qui les rend par conséquent plus réguliers et moins turbulents. Par ailleurs, les vents marins étant plus soutenus, les éoliennes offshores peuvent produire jusqu’à 2 fois plus d’électricité qu’une éolienne terrestre.

 

Comme évoqué plus haut, la France constitue aujourd’hui le 2ème gisement éolien le plus important de l’Europe, avec un potentiel de 30 000 MW [1]. Par ailleurs, les côtes bretonnes et normandes font partie des côtes les plus ventées de l’hexagone, avec un vent moyen de 8,2 mètres par seconde (contre 5 en moyenne dans le centre du pays).

 

Les côtes françaises un fort potentiel pour l'éolien offshore

 

Les projets de parcs éoliens offshores initiés en France

Construire des éoliennes au large de l’Atlantique, une idée futuriste ? Loin de là. Entre 2011 et 2013, le gouvernement français lançait deux appels d’offre pour la création de six parcs éoliens offshore, au large de la Normandie et de la Bretagne : le Tréport et Fécamp en Seine Maritime, Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor, Saint Nazaire en Loire-Atlantique et Noirmoutier en Vendée. Plus récemment, en 2017, un 3ème appel d’offre a été lancé pour un projet d’envergure à Dunkerque.

 

Les projets éoliens maritimes français lancés depuis 2011

Localisation Nombre d’éoliennes Puissance unitaire Puissance totale Décrocheur de l’appel d’offre
Le Tréport 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT)
Fécamp 83 6 MW 498 MW EDF Renouvelables
Courseulles-sur-Mer 75 6 MW 450 MW EDF Renouvelables
Saint-Brieuc 62 8 MW 496 MW Ailes Marines
Saint Nazaire 80 6 MW 480 MW EDF Renouvelables
Noirmoutier 62 8 MW 496 MW Société Éoliennes en Mer Îles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN)
Dunkerque 45 12 MW 600 MW EDF Renouvelables

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France [2].

 

Certains de ces projets, qui devraient voir le jour entre 2021 et 2026, seront en mesure de couvrir la consommation électrique annuelle d’un grand nombre de foyers.
A titre d’exemple, le site de Dunkerque devrait assurer la consommation de près de 500 000 ménages, soit 45% des ménages du département du Nord (selon les chiffres de 2016).

 

Carte des différents projets éoliens offshore initiés en France

Sources : sites internet des différents projets éoliens marins initiés en France et articles en ligne [3].

 

Le 14 juin 2019, une date importante pour les projets en cours de parcs éoliens offshores…

Le 14 juin dernier a été un jour important dans l’historique des projets éoliens en cours. L’ancien ministre de la transition écologique, François de Rugy, officialisait dans un premier temps le lancement du parc éolien de Saint Nazaire. Sept ans après avoir été annoncé, le projet mené par EDF Renouvelables verra donc le jour, avec la contribution de General Electric pour la fabrication des 80 éoliennes.

 

Dans la foulée, il annonçait également le gagnant de l’appel d’offre pour le projet de Dunkerque : (là encore) EDF Renouvelables. Le projet éolien de Dunkerque (45 éoliennes pour une production totale de 600 MW), était convoité par un grand nombre d’acteurs, notamment Total, Engie ou Vattenfall (acteur suédois). Finalement, le tarif proposé par EDF s’est avéré trois fois inférieur aux prix négociés avec le gouvernement en 2012 sur les autres projets : moins de 50€ le mégawattheure.

 

Cette visite à Saint Nazaire a été enfin l’occasion de confirmer les ambitions du Premier Ministre Edouard Philippe. Les objectifs éoliens offshore fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, ont été revus à la hausse, passant de 700 MW à 1 GW de puissance installée par an d’ici à 2028. Ce nouveau cap devrait donc se traduire par une augmentation significative du nombre d’appels d’offres pour de l’éolien offshore.

 

L’éolien offshore chez nos voisins européens

Carte éolien offshore europe

En 2016, 88% de la puissance éolienne offshore mondiale était installée en Europe. Fin 2017, on recensait un total de 92 parcs éoliens au large de 11 pays différents. Soit un total de 4 149 éoliennes offshore [4].

A noter également que 99% de la puissance éolienne offshore implantée sur le Vieux Continent, soit 15 780 MW, est produite par seulement six pays. Parmi eux :
– Le Royaume Uni, qui compte 1753 éoliennes pour une puissance de 6 835 MW
– L’Allemagne : 1 169 éoliennes pour 5355 MW
– Le Danemark : 506 éoliennes pour 1 266 MW
– Les Pays-Bas : 365 éoliennes pour 1118 MW
– La Belgique : 232 éoliennes pour 877 MW
– La Suède : 86 éoliennes pour 202 MW.

 

Finalement pourquoi l’éolien offshore met-il autant de temps à se faire une place dans le paysage français des énergies renouvelables ? La cause principale : les nombreuses batailles juridiques entre pro et anti-éoliens, qui retardent considérablement les avancées des différents projets. Un vaste débat que nous aborderons lors du deuxième article de notre dossier consacré à l’éolien offshore.

 

 

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Les offres d'électricité passées au crible

Pour vous aider à trouver le fournisseur et l'offre qui vous correspond, nous avons développé un comparateur d'offres d'électricité basé sur l'origine de l'électricité. Retrouvez toutes les offres disponibles en France triées en 3 catégories : électricité 100% verte française, électricité 100% verte européenne et électricité grise. Ainsi vous pouvez être certain du type d'électricité que vous choisissez !

Nous sommes l'association de promotion de l'électricité verte.

Alors que la France figure tristement parmi les derniers en Europe à consommer de l’électricité verte avec 7% seulement, des millions de français cherchent à agir en marchant pour le climat ou en luttant contre l'écologie punitive.

Faire le choix de l'électricité verte, c'est décarboner notre air, soutenir une économie pérenne, locale et assurer un futur vivable pour nos enfants.

Notre objectif : faire de la France le 1er pays consommateur d'électricité verte en Europe

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Ce que l'on fait

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On facilite à tous le changement vers une offre d'électricité verte.

Utiliser notre comparateur.

On explique comment l'électricité verte fonctionne vraiment.

Consulter nos dossiers.

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On remet l'électricité au centre des questions environnementales.

Lire notre plaidoyer.