Développer les énergies renouvelables sans subvention publique, c’est possible !

Développer les énergies renouvelables sans subvention publique, c’est possible !

Développer les énergies renouvelables sans subvention publique, c’est possible !

Pour la première fois en Europe, un parc éolien en mer financé sans fonds public a été lancé l’été 2018 aux Pays-Bas. Le projet nommé « Hollandse Kust Zuid » va être développé par Vattenfall, entreprise suédoise[3]. À son achèvement en 2023, le parc éolien d’une puissance installée de 760 MW, alimentera un million de foyers soit 2,5% des besoins en électricité du pays. Depuis 2 autres parcs éoliens de taille équivalente se sont lancés. Comment de tels moyens de production renouvelables peuvent-ils voir le jour sans subvention publique ? C’est à cette question que nous allons répondre dans cet article.

Comment développer les énergies renouvelables « sans subvention » ?

”Sans subvention” signifie que les projets ne bénéficient pas de mécanisme de soutien de l’État financé par le contribuable. Ils sont donc financés entièrement par des acheteurs volontaires qui fixent le prix qu’ils souhaitent payer. Cela est possible grâce à la Garantie d’Origine (GO) qui permet de choisir la provenance de son électricité. Les consommateurs qui tracent légalement leur électricité vers des énergies renouvelables grâce aux GO, financent une électricité neutre en CO2 et sans recours au nucléaire. La valeur de la Garantie d’Origine (GO) engendre un revenu supplémentaire pour le producteur.

En consommant une électricité tracée par des GO, les consommateurs d’électricité verte financent un producteur tout en connaissant exactement ainsi l’origine de leur électricité. S’il y a une demande croissante de GO, c’est-à-dire de consommateurs d’électricité verte, les producteurs d’électricité devront faire face à une demande accrue. L’augmentation du prix de la Garantie d’Origine envoie un signal positif d’investissement dans la production d’électricité verte. Ainsi, ils seront encouragés à investir dans de nouveaux moyens de production utilisant des énergies renouvelables.

La consommation d’électricité verte est donc un moyen de faire bouger concrètement les choses, en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. À partir du moment où les consommateurs s’engagent massivement à consommer volontairement de l’électricité verte tracée par des GOs, des projets comme ceux des Pays-Bas peuvent émerger sans avoir recours à des subventions.

parc éolien offshore pays basUn parc éolien en mer au large des Pays-Bas 

Les Pays-Bas pionniers des énergies renouvelables non subventionnées

Les Pays-Bas font partie des pays pionniers dans la consommation des énergies renouvelables en Europe. Dans ce pays, où la consommation volontaire d’électricité verte dépasse les 47% (2018), la Garantie d’Origine joue désormais un rôle important dans l’investissement dans des moyens de productions renouvelables. Elle permet de tendre davantage vers des investissements efficients et durables car nécessitant de moins en moins de subventions voire plus du tout. L’augmentation du prix de la GO à 7€/MWh en 2018, aux Pays-Bas a permis de lancer un projet de 760 MW d’éolien offshore aux Pays-Bas.[2] En plus du parc éolien offshore de « Hollandse Kust Zuid », les Pays-Bas ont annoncé la construction de 2 autres parcs éoliens d’au moins 700 MW de puissance installée chacun dans la région de Borssele. La construction de ces parcs éoliens devrait être achevée en 2020 et 2021. Les deux sites fourniront ainsi de l’électricité à 1,5 à 2 millions de ménages supplémentaires.

Mais les Pays-Bas ne sont pas un cas isolé. Dans d’autres proportions en Écosse, Greencoat UK Wind a annoncé en décembre 2019, l’installation de 73 MW d’éolien financé sans subvention, qui additionné aux 45MW existants alimenteront 45 000 foyers écossais. La construction de cette extension située à Dumfries & Galloway, devrait finir en septembre 2020[4].

Le solaire est devenu le pilier du réseau électrique espagnol

D’autres pays européens comme l’Espagne bénéficient aussi d’un marché sans subvention. Dans ce pays la consommation volontaire d’électricité verte est de 26,9% et la production d’électricité de source solaire est plus que rentable. Le solaire répond aujourd’hui au besoin du réseau électrique, c’est-à-dire durant la journée lorsque les consommateurs sont les plus demandeurs et ou les alternatives sont plus chères qu’en France. Il en découle naturellement une très bonne rémunération de la Responsabilité d’Equilibre des producteurs de solaire. Dans ce pays le photovoltaïque est ainsi rentable même si la Garantie d’Origine est au prix moyen européen. Néanmoins, si la Responsabilité d’Equilibre venait à moins rémunérer moins la production d’électricité, la Garantie d’Origine pourra compenser la différence si la demande continue d’augmenter. Les signaux sont donc au vert et les investissements fleurissent.

Le parc solaire financé sans subvention de Don Rodrigo 2 en Espagne - Photo de BayWa r.e.
Le parc solaire de Don Rodrigo (174MW) près de Séville en Espagne – Photo de BayWa r.e.

Le mix de production espagnol est composé de 38,4% d’énergies renouvelables (2018). Le Gouvernement souhaite augmenter cette part en investissant encore plus dans les panneaux photovoltaïques. En effet la période est propice car les coûts de l’énergie solaire ont diminué de 73% entre 2010 et 2017, selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA). Avec un taux de recyclage et de revalorisation très haut (95% en France) le photovoltaïque permet désormais de produire de l’électricité à un prix bien inférieur à celui des énergies fossiles.

L’Espagne représente le marché sans subvention à la croissance la plus rapide en Europe. La diminution de coût de l’énergie moyen actualisé (LCOE) et des conditions de marché favorables ont conduit à un développement accéléré de nouveaux projets d’énergies renouvelables, en particulier pour l’énergie solaire. Un des derniers exemples en date, en 2018, la société allemande BayWa r.e., spécialisée dans les énergies renouvelables, a signé un contrat d’achat d’électricité sur 15 ans avec l’énergéticien norvégien Statkraft, ouvrant ainsi la voie à la réalisation d’une centrale photovoltaïque de 170 MWc à Don Rodrigo, au sud de Séville en Espagne.

Le financement efficient et durable des énergies renouvelables est aussi envisageable en France, mais à condition que consommateurs, particuliers et professionnels s’engagent massivement dans une consommation d’électricité d’origine renouvelable.

Comment se construit un projet d’énergie renouvelable en France ?

En France, en amont de la construction, tout projet en matière d’énergies renouvelables doit lancer une série d’appels d’offres auprès d’entreprises, afin d’intervenir pour la réalisation du génie civil. Une fois les autorisations obtenues et les recours définitivement terminés, le développeur met en place son plan de financement en lien avec différents partenaires (banques, investisseurs privés, etc.) [5].

Quelle que soit la nature de l’installation électrique (photovoltaïque, éolien…) les quatre grandes phases de sa réalisation sont les mêmes. En revanche, leur durée, leur complexité et leur contenu peuvent être très différents d’un projet à l’autre.

Tableau grandes étapes ENRLes étapes de construction d’une installation électrique utilisant des énergies renouvelables.

Comment le développement d’un projet est-il soutenu par les pouvoirs publics ?

En France, le soutien aux énergies renouvelables est financé depuis 2016 par la Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE), directement prélevée sur la facture d’électricité des consommateurs. En 2018, 65% du montant total de la TICFE était destiné au soutien du développement des énergies renouvelables, portant la somme totale des dépenses publiques de soutien aux énergies renouvelables à 5,49 milliards d’euros en 2018.

Durant les dix dernières années, le développement de l’éolien et du solaire était soutenu par un mécanisme d’obligation d’achat. Autrement dit, toute l’électricité produite par une éolienne, un panneau photovoltaïque était acheté à son producteur à prix fixe pendant 15 ans. Le niveau du tarif d’achat était fixé par l’État de manière à couvrir les coûts de production de l’électricité. L’achat de l’électricité par EDF (acheteur obligé) était compensé dans son intégralité aussi grâce à la TICFE.

La sous-station du parc éolien de Saint-Nazaire - © JEAN-FRANCOIS MONIER AFP
La sous-station du parc éolien de Saint-Nazaire dont la construction a débuté fin 2019 – © Jean-François Monier – AFP

Le soutien à un projet d’énergie renouvelable est alloué selon deux méthodes :

  • Pour les plus petites installations, le niveau du soutien est fixé par l’État, de manière à couvrir les coûts associés à la production d’électricité.
  • Pour les plus grandes installations, le soutien est alloué par voie d’appel d’offres. Les producteurs sont donc mis en compétition, ce qui les incite à proposer les prix les plus bas. Ce prix reste pour l’instant supérieur au prix de marché.

Pour se développer, les constructeurs de nouveaux parcs d’énergie renouvelable français (éolien, hydraulique, photovoltaïque, etc.) estiment encore aujourd’hui avoir besoin de subventions. Cependant, la distribution de subventions par la puissance publique est souvent délicate. Pourtant, comme les habitants des Pays-Bas le démontrent, il suffit d’un engagement des consommateurs dans les énergies renouvelables pour créer un réel signal d’investissement et permettre un développement pérenne et durable des énergies renouvelables.

[1]https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-04/20180418-rapport-soutien-energies-renouvelables.pdf
[2]https://origo-renouvelable.com/fr/700-mw-deolien-offshore-finances-grace-aux-garanties-dorigine/
[3] https://www.government.nl/latest/news/2019/07/10/vattenfall-to-build-second-unsubsidised-dutch-offshore-wind-farm
[4] https://www.insider.co.uk/news/subsidy-free-wind-farm-goes-19122817
[5] http://www.journal-eolien.org/tout-sur-l-eolien/les-etapes-dun-projet/

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Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

Pourquoi la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) va impacter votre quotidien

La version définitive de la PPE (ou Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) a officiellement été publiée lundi dernier par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Elle fait état des objectifs de la France en matière de production énergétique. Si l’accent est mis sur l’importance des énergies renouvelables, la PPE ce n’est pas juste développer le parc éolien en France, bien au contraire ! La PPE devrait impacter directement la vie des Français. Concrètement, comment cela va-t-il se manifester ? On fait le point avec vous sur les objectifs et les enjeux de la PPE.

 

La PPE, qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) [1] est une programmation des objectifs à atteindre en matière de production et de consommation énergétique.  Il s’agit ici d’un engagement du gouvernement à débloquer des moyens logistiques et financiers pour atteindre ces objectifs à différents horizons. Parmi les plus relayés, celui de la France qui s’est engagée à devenir neutre en carbone d’ici 2050. Concrètement, cela implique que la France va être amenée à supprimer les émissions de gaz à effet de serre liées à sa consommation énergétique, tout en développant des moyens de production des énergies renouvelables. 

Installation de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes, fermeture de centrales nucléaires, réponses à la demande croissante en électricité… Voici les grandes lignes de la PPE qui permettront d’appliquer la loi transition énergétique [2]

🛡️ La sécurité d’approvisionnement

Tout d’abord, la sécurité d’approvisionnement. Ce premier point assure que tout le monde soit bien fourni en électricité à tout moment du jour et de la nuit, et ce quelle que soit la période de l’année, y compris pendant les épisodes de grands froids.

🏭 La baisse de la consommation d’énergie fossile

Cela passe essentiellement par de la sensibilisation et de la pédagogie, en informant le public de l’impact de leur consommation de gaz ou d’essence au quotidien. En matière de sensibilisation, il y a également  les nombreuses actions mises en place pour inciter le public à mieux isoler leur logement. En effet, à la clé : une diminution de la consommation d’énergie et une facture de chauffage moins élevée… C’est gagnant-gagnant !

🌱 Le développement de l’exploitation des énergies renouvelables et de récupération

L’enjeu principal des énergies renouvelables en France, c’est de garantir à la population un approvisionnement permanent et sans coupure. Le développement et l’installation de parcs éoliens et de panneaux photovoltaïques prend alors tout son sens.

⚡ Le développement équilibré de la gestion de l’énergie

Nous avons ensuite le développement équilibré des réseaux, du stockage, de la transformation et du pilotage de la demande d’énergie. Cet axe s’adresse particulièrement aux entrepreneurs et innovateurs en tout genre, prêts à répondre aux besoins des décennies futures. Par exemple, il n’est aujourd’hui par encore possible de stocker de l’électricité à grande échelle : saurez-vous inventer la super batterie du futur ?

🚗 La stratégie de développement de la mobilité propre

Puisque tout le monde ne peut pas aller travailler en trottinette, il est donc important d’innover pour que nos déplacements du quotidien ne polluent plus.

💰 La préservation du pouvoir d’achat des consommateurs

Il faut garantir la compétitivité des prix de l’énergie, car l’électricité est un besoin primaire dont chacun doit bénéficier.

🤹 L’évaluation des besoins de compétences professionnelles

Enfin, qui dit valorisation d’un secteur dit nouveaux métiers ! Il faut s’assurer que les formations professionnelles parviennent à s’adapter à ces nouveaux métiers de l’énergie qui émergent.

 

Objectifs de la PPE : les chiffres

Nous avons parlé des grandes lignes, parlons maintenant chiffres ! La PPE a en effet déterminé des objectifs à tenir d’ici 2023 et 2028. Voici les plus significatifs :

  • Baisse de la consommation d’énergie : baisse 7,6% en 2023 et de 16,5% en 2028 par rapport à 2012
  • Consommation primaire des énergies fossiles : baisse de 20% pour 2023 et 35% en 2028 par rapport à 2012
  • Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie : 277 MtCO2 en 2023 et 227 MtCO2 en 2028. Soit une réduction de 27 % en 2023 et 40 % en 2028 par rapport à 1990 !
  • Consommation de chaleur renouvelable : 196 TWh en 2023 et entre 218 et 247 TWh en 2028. Soit une augmentation de 25 % en 2023 et entre 40 et 60 % en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2017 (154 TWh)
  • Production de gaz renouvelables : 24 à 32 TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une baisse des coûts (soit 4 à 6 fois la production de 2017)
  • Capacités de production d’électricité renouvelables installées :  73,5 GW en 2023, soit + 50 % par rapport à 2017 et 101 à 113 GW d’ici 2028, soit le double comparé à 2017
  • Énergies renouvelables électriques : un objectif de 40 % d’énergies renouvelables électriques dans la production nationale pour 2030
  • Capacités de production d’électricité nucléaire : fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035. A court terme, ce sont 4 à 6 réacteurs nucléaires qui devraient être fermés d’ici 2028, dont ceux de Fessenheim
  • Croissance économique : hausse de 1,3 point de PIB en 2023 et de 2,1 points pour 2028.
  • Une dizaine d’appels d’offres devraient être publiés chaque année, en vue de doubler les capacités de création et de stockage des énergies renouvelables d’ici 2028. Ce qui inclut :
    • un parc éolien terrestre multiplié par 3
    • un parc photovoltaïque multiplié par 5
    • un parc hydroélectrique renforcé
    • le lancement de parcs éoliens offshores.

Les objectif de la PPE

 

La PPE et moi : qu’est-ce qui va changer ?

Si la PPE s’adresse en premier lieu aux acteurs de l’énergie, nous devrions rapidement constater ses effets sur notre quotidien [3] ! Pour finir, voici donc une petite liste, non exhaustive, des choses qui devraient changer (pour vous ?) dans les années à venir.

🏠 Le logement

  • 2,5 millions de logements seront rénovés : cela signifie une consommation d’électricité moins gourmande, des émissions moins polluantes, et pour les concernés une facture moins élevée à la fin du mois !
  • 3,4 millions d’équivalents logements raccordés à un réseau de chaleur
  • 9,5 millions de logements chauffés au bois avec un appareil efficace
  • 10 000 chauffages à charbon (la moitié de ceux restants) et 1 million de chaudières au fioul (sur un parc restant de 3 millions) vont être remplacées par du chauffage plus performant. Objectif : payer moins cher et avoir moins froid (les pulls et les plaids, ça va bien deux minutes !)
  • Enfin, entre 65 000 et 100 000 sites photovoltaïques en autoconsommation devraient voir le jour. En clair, les démarches pour installer des panneaux solaires sur vos toits vont être facilitées !

🚗 Le transport

  • 1,2 million de voitures particulières électriques devraient être mises en circulation (électriques et hybrides rechargeables) et 100 000 points de recharge publics installés dans toute la France pour démocratiser les véhicules électriques.
  • 20 000 camions au gaz en circulation
  • Une autorité organisatrice de la mobilité présente sur l’ensemble du territoire,pour construire des solutions adaptées aux besoins des citoyens.

💰 Le compte en banque

  • Création d’environ 238 000 emplois d’ici 2023 et 440 000 emplois en 2028
  • Revenu disponible brut des ménages : hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1 point en 2023 et de 2,2 points en 2028.

PPE et ses impacts sur notre quotidien

 

En conclusion, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie présente des objectifs ambitieux qui visent à diminuer l’impact carbone des Français, tout en augmentant leur confort ! En optimisant les logements et les modes de transport, mais aussi en favorisant l’innovation sur la création et le stockage de l’énergie, la PPE devrait permettre à la France de répondre à ses objectifs en matière d’émissions et de devenir un fleuron de l’électricité verte. Et vous ? Qu’avez-vous prévu de faire pour mieux maîtriser votre consommation énergétique ?

 

Article publié le 7 mars 2019 et mis à jour le 24 janvier 2020.

[1] Définis aux articles L. 100-1, L. 100-2 et L. 100-4 du code de l’énergie.
[2] Site du Ministère de la Transition écologique et solidaire – PPE
[3] Synthèse de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie

Photo by Jason Blackeye and ZACHARY STAINES

 

 

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Dirk Van Evercooren, président de l’AIB incite les consommateurs à choisir un contrat d’électricité verte

Dirk Van Evercooren, président de l’AIB incite les consommateurs à choisir un contrat d’électricité verte

Dirk Van Evercooren, président de l’AIB incite les consommateurs à choisir un contrat d’électricité verte

Pouvez-vous vous présenter ainsi que la nature de vos fonctions à l’AIB (Association Of Issuing Bodies) ?

Je suis Dirk Van Evercooren. Je travaille en tant que régulateur du marché de l’électricité en Belgique, à l’agence VREG. Il s’agit de mon principal travail. VREG est aussi désigné comme émetteur de GO en dans cette capacité, nous sommes membre de l’AIB. C’est pour cela que j’ai accepté d’être président de l’AIB qui est une position volontaire et donc bénévole. L’AIB est une association à but non lucratif européenne qui réunit les teneurs de registres de Garantie d’Origine dans 21 pays, responsables chacun d’un pays, ou d’une région en ce qui concerne la Belgique. Les pays sont tous membres de l’Union européenne ou de l’espace économique européen ce qui inclut Norvège et Islande. La Suisse a également signé pour participer. La décision de constitution de cette association part du constat qu’au début les pays commençaient à transposer les directives européennes encadrant le mécanisme des Garanties d’Origine dans leur législation nationale de manières très diverses. Chacun avait fait sa propre définition ce qui aboutissait au résultat que s’échanger des GO était un cauchemar. Il fallait donc une certaine standardisation. La 1ère contribution de l’AIB est d’avoir standardisé de façon opérationnelle les échanges des GO. Désormais, on peut s’échanger dans la zone AIB des GO sans aucun souci. Pour faciliter encore davantage ces échanges de GO, on a créé un « hub », c’est une plateforme d’échange des GO qui permet de travailler plus efficacement, car les registres de tous les pays émetteurs sont connectés ensemble. On a donc créé ce standard opérationnel appelé EECS qui permet d’échanger des GO avec toute la zone AIB.

logo EECS

Le but de cet article est d’étudier ce qui peut inciter les consommateurs à choisir un contrat d’électricité verte. Vous en votre qualité de président de l’AIB êtes au 1er plan.  Est-ce que selon vous il y a un engouement pour les contrats d’électricité verte de la part des consommateurs ? Que ce soit en Europe, en France, Belgique.

C’est une question auquel on ne peut pas répondre de manière générale. C’est clair qu’un certain nombre de pays dans lesquels cette prise de conscience a été très élevée depuis quelques années, notamment les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ainsi que d’autres pays nordiques. Je ne connais pas les chiffres de tous ces pays, mais prenons le cas de la Flandre, car c’est la région dans laquelle je travaille. On a ici plus de 40% des contrats des ménages et des entreprises qui sont verts ce qui est non négligeable ! Par contre j’ai l’impression que dans d’autres pays cette tendance est moins avancée, surtout chez les ménages et les PME. Cela dépend donc de circonstances locales.

 

Est-ce que vous pensez que les GO sont un bon moyen pour rémunérer les producteurs d’énergies renouvelables ?

C’est un thème extrêmement intéressant à discuter. Je crois que le mécanisme est là et je le soutiens à 100%. Une grande partie du travail de l’AIB consiste à rendre ce mécanisme fiable. On fait tout le nécessaire pour éviter les double-comptages par exemple. Et ça marche, le système est fiable et robuste dans la zone AIB. Mais est-ce un bon moyen pour rémunérer les producteurs ? Je pense que cela dépend des contrats que les producteurs négocient. C’est un marché de gré à gré. Le prix des GO est souvent gardé secret entre les parties. De plus, en prenant par exemple la Belgique, les producteurs ont été jusqu’ici beaucoup plus focalisés sur le système de support, le certificat vert, plutôt que de compter sur la GO. Il faut aussi constater que le prix des GO a beaucoup fluctué ces 18 derniers mois et donc pour le moment on ne peut pas dire que c’est une forme de financement qui est stable. Le prix a été au plus haut dans la 2ème partie de l’année passée, mais il a chuté assez fortement au début de cette année-ci. Ce n’est pas évident de faire un business en tant que producteur qui dépend de la valeur du GO si on a une fluctuation des prix tels que l’on a vu ces derniers mois. Mais maintenant que l’on a de plus en plus de technologies qui sont proches de la rentabilité sans support, la GO devient de plus en plus importante dans le business plan des producteurs.

Barrage hydraulique

Image par Hans Braxmeier de Pixabay 

Pensez-vous que les GO peuvent faciliter la transition énergétique ?

J’ai eu des contacts avec des ONG comme WWF et Greenpeace qui ont des doutes concernant l’intérêt des GO. Ils sont davantage attentifs au système des subventions directes plutôt qu’à un système de soutien par un marché volontaire. Néanmoins, la demande de GO augmente de plus en plus sous l’impulsion des problématiques climatiques et concrètement d’initiatives comme le RE-100. Cela va provoquer de plus en plus de pression sur le marché des GO, surtout des GO spécifiques comme l’éolien ou le solaire. Tout cela aura de plus en plus un effet accélérateur sur les investissements. On le voit déjà par exemple en Espagne et en Allemagne où sont construits maintenant des parcs solaires sans soutien public, mais uniquement sur base d’un contrat d’achat de longue durée qui inclue les GO. L’électricité du parc solaire pendant 10 ans va être utilisée par des consommateurs industriels. D’un côté il y a les GO qui prouvent aux consommateurs qu’ils utilisent l’électricité de ce parc solaire et en contrepartie il y a un flux financier qui permet de financer le projet. Donc les GO sont la pierre angulaire du projet qui peut se réaliser sans subventions. On fait la même chose avec les parcs off-shore éoliens aux Pays-Bas ! C’est une tendance de plus en plus remarquable.

 

Quels seraient pour vous les moyens les plus efficaces pour inciter les consommateurs à souscrire à des contrats d’électricité verte ?

L’AIB est plutôt une organisation qui s’occupe des aspects techniques. Nous ne sommes pas de grands communicateurs. Ce sont plutôt des organisations comme la vôtre qui font le travail de communication et nous sommes bien reconnaissants de vos efforts. Les débats sur le changement climatique permettent de donner un contexte qui déjà peut générer de l’intérêt. Si on veut faire quelque chose pour le climat et l’environnement, prendre un contrat d’électricité verte est un premier pas relativement facile. Il ne faut pas forcément changer son comportement comme dans le cas d’une décision de ne pas prendre l’avion. Et pourtant cette action a un impact significatif. Si nous l’expliquons bien, il me semble que cela peut accrocher pas mal de gens.

éoliennes offshore

Image par David Will de Pixabay 

Une étude réalisée en Chine par Xie en 2018 indique que la transparence du gouvernement ainsi que la connaissance sur les énergies renouvelables sont des facteurs importants pour les consommateurs dans leur choix de consommation d’électricité verte. Qu’en pensez-vous ?

Je suis tout à fait d’accord. C’est pour cela que l’AIB s’est investi dans la rédaction d’une vision long terme quand on a vu qu’un nouveau paquet législatif européen en matière de l’électricité était en préparation. Au début de cette procédure législative, nous avons émis notre « Reflection paper ». Le principal sujet pour l’AIB est la transparence complète. Aujourd’hui nous utilisons des GO pour les énergies renouvelables et de manière anecdotique pour les sources de cogénération. Ce n’est pas suffisant pour le public. Imaginons maintenant que nous prenions cet instrument – qui a prouvé ses mérites amplement – et que nous l’appliquions à toutes sources d’électricité. Là on obtient un système de transparence qui est beaucoup plus efficace. La vision de l’AIB est donc d’utiliser l’instrument des GO pour toute source d’électricité, ce qui permet de donner une information beaucoup plus claire afin de motiver le consommateur. Car si une facture détaille précisément le choix conscient du fournisseur de la source de l’électricité apportée, le pourcentage de charbon, de gaz, de renouvelable, de nucléaire, etc., nous pouvons plus facilement expliquer les impacts de la consommation sur l’environnement, notamment en termes de CO2.

 

En Flandre (Belgique) environ 44% de la consommation est couverte par des GO alors qu’en France c’est seulement 7%. Comment expliquez-vous ce taux en Belgique ?

Depuis un certain temps, il y a beaucoup d’attention des consommateurs pour ce type de contrats verts. Il y a des raisons historiques. Jusqu’en 2011 il y avait un soutien indirect de l’État. Si les fournisseurs prouvaient que la fourniture d’électricité était d’origine renouvelable, il y avait une déduction fiscale sur la facture. C’était surtout les nouveaux venus sur le marché qui utilisaient cette déduction et se mettaient pleinement à l’électricité verte. Ce qui fait qu’il y a eu beaucoup de contrats verts à cette époque-là. Le gouvernement s’est rendu compte que bientôt tout le monde serait vert si cela continuait comme ça, car à l’époque il y avait une abondance de GO bon marché venant des pays nordiques. Le mécanisme devenant insoutenable financièrement, le gouvernement a arrêté d’octroyer cette déduction fiscale. Mais ce qui est intéressant c’est qu’entre-temps il y avait beaucoup de ménages qui, ayant souscrit initialement pour une raison de coût, avaient développé une certaine sympathie pour les contrats verts. Ils ont donc continué avec ce contrat à cause d’une prise de conscience environnementale. Il y a aujourd’hui aussi en Flandre beaucoup de ménages qui utilisent des achats groupés organisés par la communauté ou la province. C’est systématiquement de l’électricité verte qui l’emporte. Le fait que ce soit réalisé sous l’autorité d’une collectivité locale joue sûrement dans le fait d’être soucieux de montrer l’exemple. À ce moment beaucoup de contrats sont devenus verts.

 

Merci à Dirk Van Evercooren pour cette interview réalisée par Guilhem Masson.

Vous pouvez retrouver l’actualité de l’AIB sur : https://www.aib-net.org/

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Steven Vanholme nous parle du label EKOenergy

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Quels seraient pour vous les critères importants d’un label concernant les offres d’électricité verte ?

Je suis Steven Vanholme. Je fais partie d’EKOenergy, c’est un label d’électricité déjà installé depuis 6 ans. Il n’y avait pas d’écolabel de l’électricité avant sur le marché européen. Nous avons donc étudié le marché dans de nombreux pays et nous avons parlé à de nombreux acteurs. Puis nous avons intégré ces éléments dans notre écolabel. Quand avons créé le label nous avons sélectionné les sujets que nous considérions les plus importants et établi nos critères en fonction.  Nous avons plusieurs critères : l’additionnalité, c’est-à-dire le fait de contribuer au développement des énergies renouvelables et aussi l’impact sur la biodiversité qui doit être le bas possible. Par exemple un barrage peut produire de l’énergie renouvelable, mais s’il est mal placé il peut anéantir la biodiversité de la rivière. Notre motivation est d’avoir l’impact le plus positif possible sur la nature et le climat.

 

Un label peut-il inciter les consommateurs à choisir de l’électricité verte ? 

J’en suis absolument convaincu. De nombreux consommateurs ont besoin de garantie provenant d’une organisation à but non lucratif. Cela les encourage à passer à l’achat. Même s’ils n’achètent pas de l’électricité certifiée par un écolabel, la présence d’une organisation non gouvernementale qui connaît le marché et qui interagit avec les acteurs du marché contribue crée de la confiance. Nous recherchons l’information concernant l’électricité verte et nous produisons de l’information facile à comprendre pour les consommateurs.

 

À part la confiance, pensez-vous qu’il y a d’autres effets positifs d’un label ? 

Le but est qu’il y ait plus d’énergie renouvelable. À travers notre écolabel nous soutenons de nombreux projets environnementaux qui n’auraient pas pu exister sans nous. Donc c’est un résultat très clair et positif. De plus les consommateurs, en choisissant notre label, nous donnent du pouvoir pour influencer les preneurs de décisions. Nous essayons d’être sûrs que la voix des consommateurs d’énergie propre soit représentée.

 

Quels seraient les effets néfastes d’un tel label ? Ne craignez-vous pas qu’une profusion de label amène de confusion pour le consommateur ?

Tout d’abord, il n’y a pas une multitude d’écolabels pour l’électricité, en tout cas pas de label indépendant. Si je comprends bien, en France nous sommes toujours les seuls. Mais même s’il y avait plusieurs labels indépendants, cela aurait plutôt un effet bénéfique. La transition énergétique serait dynamisée. Il y a de nombreuses organisations traitant de l’environnement. Si chacune d’elles amène de la dynamique sur le marché et incite les consommateurs à faire plus, il n’y a que du positif.

Néanmoins, je pense que les journalistes qui écrivent des articles sur le marché d’électricité verte veulent toujours trouver quelque chose de négatif, car cela crée des débats. Nous préférons nous concentrer sur les réussites et l’évolution positive de ce secteur.

EKOenergy2

Pour vous, un label peut-il faciliter la transition énergétique ? 

Pour avoir une transition énergétique, nous avons besoin d’autant d’acteurs que possible. Un label ne peut sauver le monde à lui seul, mais il fait partie d’un des nombreux facteurs qui aident cette transition. Nous essayons de progresser. Nous essayons de montrer aux consommateurs qu’il est possible de faire quelque chose de significatif pour l’environnement. Donc dans ce sens nous aidons effectivement à la transition. Si vous ne voulez pas dépenser du temps dans la conception d’un écolabel, vous pouvez utiliser le nôtre.

 

Aujourd’hui en France l’ADEME lance des discussions pour la création d’un écolabel, qu’en pensez-vous ?

Nous partageons des intérêts communs. Il serait donc intéressant de travailler ensemble pour voir les possibilités qui s’offrent à nous et ainsi accélérer la transition énergétique en France. Je veux également rappeler notre label EKOénergie étant reconnu à l’international et basé sur beaucoup d’années d’expérience. Les fournisseurs et les consommateurs d’énergie en France, comme ailleurs, peuvent l’utiliser.

 

Les offres d’électricité verte vous paraissent-elles claires et transparentes ? 

Encore une fois si tout était parfait nous n’aurions pas besoin d’un écolabel. Nous sommes là pour rendre les choses plus transparentes. Nous assurons que l’électricité achetée provient de source renouvelable, durable et que cet achat aura un impact sur le terrain. Quant aux directives européennes, elles sont assez précises et les États l’appliquent relativement bien. Mais nous, en tant qu’écolabel, nous pensons toujours que les choses pourraient être mieux faites et plus claires. Le consommateur ne connaît pas forcément la réglementation. Mais si une ONG dit « on a des études sur ça, voici comment et pourquoi on fait ça », alors les gens sont peut-être plus enclins à changer pour du renouvelable. Comme je l’ai dit avant, nous contribuons à fournir de l’information au consommateur. Mais même dans des marchés où la loi et les réglementations garantissent la transparence, un label comme le nôtre peut toujours faire la différence. Nous assurons par exemple aussi que l’électricité achetée provient de sources durables et que l’achat aura un impact sur le terrain. En choisissant EKOénergie, les consommateurs contribuent à notre Fonds pour le Climat qui finance des projets d’énergie renouvelable dans les pays en développement. L’année dernière par exemple nous avons financé des projets d’installation solaire d’ONG françaises comme Santé Sud et Fondation Énergies pour le Monde. Sans les consommateurs d’EKOénergie ces projets ne pourraient pas exister.

Merci à Steven Vanholme pour cette interview réalisée par Guilhem Masson.

Vous pouvez suivre l’actualité d’EKOenergy sur : https://www.ekoenergy.org/fr/

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Lisette Ibanez, chercheuse à l’Université de Montpellier nous parle d’un label concernant les offres d’électricité verte

Lisette Ibanez, chercheuse à l’Université de Montpellier nous parle d’un label concernant les offres d’électricité verte

Lisette Ibanez, chercheuse à l’Université de Montpellier nous parle d’un label concernant les offres d’électricité verte

Pouvez-vous vous présenter ainsi que vos fonctions ?

Je suis Lisette Ibanez. Je suis chercheuse à l’INRA depuis plus de 20 ans. J’ai été recrutée à Nancy dans un laboratoire d’économie forestière où je me suis spécialisée dans l’écocertification des forêts. Puis je me suis orientée de plus en plus vers le consommateur car ce sont eux qui sont la clé de la réussite de tout ce qui est prise en compte de l’environnement. Actuellement je travaille au CEE-M (centre économie et laboratoire de Montpellier) et je m’intéresse à l’économie expérimentale. Mes domaines d’applications sont les déchets et l’efficacité énergétique des bâtiments.

 

Quels seraient pour vous les critères importants d’un label concernant les offres d’électricité verte ?

C’est très difficile d’y répondre, à mon avis il faut une compétence technique pour pouvoir déterminer cela car il faut prendre en compte l’ACV (analyse cycle de vie) d’un produit. De plus, il y a des impacts environnementaux du fait qu’on utilise l’énergie. Maintenant est-ce que l’on peut atteindre l’idéal ? Certainement pas. Là où l’économiste intervient c’est de savoir quand on définit un critère, que le coût de sa mise en place peut être surmonté. Si ce coût est beaucoup trop élevé par rapport à ce que ça rapporte en termes de bénéfice social, ça ne marchera pas. C’est important de donner une valeur à chaque critère pour voir ce qu’il peut apporter à l’environnement. Ensuite le coût de vérification est alors à prendre en compte car c’est l’organisme qui certifie qui doit vérifier que les entreprises respectent les critères définis.

Poteaux électriques

Image par Michael Schwarzenberger de Pixabay 

Un label peut-il inciter les consommateurs à choisir de l’électricité verte ?

Il semblerait que le consommateur y soit de plus en plus sensible. Il existe des astuces pour inciter à choisir une offre. C’est sur cela que moi je travaille. C’est donner des « coups de pouce » au consommateur, par exemple donner une indication par rapport à la norme sociale (vos voisins ont déjà souscrit à….). Ce serait donner de l’information au consommateur sur sa consommation par rapport à la société. De nombreuses études expérimentales ont été faite là-dessus où il semblerait que le consommateur a vraiment une envie de consommer de l’électricité verte.

 

 À part la confiance, pensez-vous qu’il y a d’autres effets positifs d’un label ?

Les côtés positifs sont très évidents, il y a un bénéfice sur l’environnement et l’individu va intégrer peu à peu un comportement respectueux de l’environnement. Je vois deux effets négatifs possible. En général le consommateur, quand il utilise une ressource non renouvelable, va avoir une certaine culpabilité et il va être modéré dans sa consommation. S’il consomme un label vert, il va se déculpabiliser et il se peut qu’il aille surconsommer. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond. C’est un risque étant donné que l’électricité verte n’est pas sans impact sur l’environnement. La surconsommation du fait du label vert risque d’être plus importante, et donc au final de faire plus de mal que de bien. De plus, lorsqu’un individu fait quelque chose de bien il s’autorise après à faire quelque chose de moins vertueux. Donc le fait que je consomme de l’électricité verte peut m’inciter à aller polluer ailleurs. Mais cela s’applique dans tous les domaines.

panneau solaire

 

Pour vous, un label peut-il faciliter la transition énergétique ?

C’est un moyen oui. Mais moi ce que je vois dans un label c’est que c’est un signal du coté de la demande. Souvent le consommateur le perçoit comme un coté marketing de l’entreprise. Il y a beaucoup de méfiance par rapport à ça. Ils se demandent si les entreprises font ça pour se distinguer et faire des plus-values ou par éthique, d’autant plus lorsque ce sont les entreprises qui créent leur propre label.

 

Les offres d’électricité verte vous paraissent-elles claires et transparente ?

D’un point de vue personnel, je trouve cela très flou. Je ne travaille pas dessus donc c’est seulement l’impression que j’en ai. Quand je suis démarché par un fournisseur j’ai beaucoup mal à faire confiance à la personne.

 

Merci à Lisette Ibanez pour cette interview réalisée par Guilhem Masson.

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