COVID-19 et énergie : 5 points à retenir

par | Juin 10, 2020 | Actualités

La crise sanitaire liée au COVID-19 a fortement impacté l’économie et de nombreux marchés… Y compris ceux de l’énergie et de l’électricité ! Mais du coup, le coronavirus : bon ou pas bon pour notre planète ? Opportunité ou désastre financier pour les acteurs de ces marchés ? Bonne ou mauvaise surprise pour le consommateur final ? Autant de questions que l’on s’est posé et auxquelles on va répondre ensemble.

Pour vous éviter de vous noyer dans un océan de contenus ‘spécial pandémie’ (si ce n’est pas déjà le cas), nous avons listé pour vous les 5 points à retenir sur le COVID-19 et son impact sur les secteurs énergétique et électrique.

 

1 – Baisse de l’empreinte carbone

Nous avons tous vu les images satellites impressionnantes (et assez satisfaisantes, il faut bien le dire) qui montrent l’avant/après de la pollution atmosphérique pendant le confinement. Et pour cause, la réduction des émissions de CO2 a été l’une des premières conséquences bien visibles de cette crise sanitaire qui a fait fermer un grand nombre d’usines, d’entreprises, et de centres industriels sources de fortes émissions polluantes.

Suite au COVID19

Pollution atmosphérique en France, comparaison entre mars 2019 et fin mars (du 14 au 25) 2020.
Images satellites de l’Agence Spatiale Européenne, AFP

A l’échelle mondiale, on a enregistré dès début avril une réduction de 17% des émissions de CO2 dans l’atmosphère. En regardant de plus près, le secteur du transport est celui qui a eu le plus d’impact, représentant 40% de cette baisse. Viennent ensuite l’industrie (25% de la baisse des émissions), la production d’électricité (19%) et le transport aérien (10%).

Une bonne nouvelle donc, mais à relativiser tout de même. Car non, cette baisse mondiale de l’empreinte carbone ne suffira pas à enrayer l’urgence climatique. Rappelons que l’objectif initial des accords de Paris était de viser la limitation du réchauffement à +1,5°C par an. Pour ce faire, il faudrait que l’on renouvelle l’expérience du confinement tous les ans jusqu’en 2050 ! Inutile de préciser que nous en sommes encore loin…

 

2 – Confinement = baisse de la consommation électrique

Contrairement à ce que certains ont pu penser, non la consommation électrique n’a pas explosé durant le confinement parce que tout le monde était à la maison. Au contraire, elle a même fortement diminué. Comment l’expliquer ? En raison de toutes les industries dont l’activité a été grandement ralentie ou totalement arrêtée. De même pour les petites et moyennes entreprises, sans oublier les cinémas, centres commerciaux, bars, restaurants et autres commerces.

En France, cette baisse de l’activité économique n’a pas fait exception sur la consommation d’électricité. En effet, la consommation électrique journalière moyenne a connu une baisse de 15 à 20%. Comme le montre le graphique ci-dessous, la consommation électrique d’un jour normal de semaine s’apparentait plutôt à celle d’un jour férié.

Consommation journalière d’électricité, avant et pendant le confinement

la consommation journalière d'électricité pendant la crise du COVID19

« La consommation du jeudi 26 mars 2020 présente un profil très proche de celle du lundi de Pâques 2018, et nettement plus faible que celle du jeudi 28 mars 2019. » Source : France Stratégie ; « Impacts de la crise du Covid-19 sur le système électrique ».

 

3 – Une forte production électrique issue des énergies renouvelables

Si la consommation électrique a baissé, la part de production d’électricité grâce aux énergies renouvelables a, elle, augmenté. Les EnR ont respectivement représenté 26,93% et 23,61% de la production totale d’électricité en mars et avril 2020, contre une moyenne de 19,84% en 2019.

Voici pourquoi : la priorité est toujours aux centrales renouvelables qui ont une production dite « fatale », autrement dit, les moyens dont on ne peut pas contrôler la production. Quand l’eau coule, les barrages tournent, quand le soleil brille les panneaux solaires produisent, quand le vent souffle les éoliennes tournent : rien de plus logique ! En plus, les mois de mars et d’avril nous ont offert des conditions météorologiques particulièrement venteuses et ensoleillées (4,29 TWh d’électricité éolienne et 1,05 TWh d’électricité photovoltaïque produits). Couplées à une demande plus faible, cela a engendré une diminution de la production des centrales nucléaires, centrales à gaz, fuel et à charbon un peu partout en Europe.

La preuve concrète que, même intermittentes, les énergies renouvelables peuvent (et doivent !) assurer une partie plus importante de notre production électrique. Le nucléaire et les énergies fossiles pouvant prendre le relais pour équilibrer le réseau lorsque la demande devient trop importante et/ou les conditions météorologiques trop peu favorables…

 

4 – Les conséquences du COVID-19 sur le tarif de l’électricité

La crise sanitaire liée au COVID-19 a eu un autre impact sur le marché électrique : l’effondrement des prix. Pourquoi ? Dès lors qu’il y a une baisse de la demande, les producteurs d’électricité produisent moins, et sont donc moins payés. Jusqu’ici, rien de bien compliqué. Sauf que cette tendance se répercute ensuite sur les autres acteurs de la chaîne (fournisseurs et gestionnaires). Eux aussi voient leurs revenus diminuer.

quels seront les impacts du COVD19 sur les tarifs de l'électricité

« La crise sanitaire liée au COVID-19 a eu un autre impact sur le marché électrique : l’effondrement des prix. »

Et c’est là que nous allons être concernés en tant que consommateurs finaux. Les dépenses des gestionnaires de réseau (RTE et ENEDIS en France), concernent en grande partie des investissements dans l’évolution du parc électrique et de la maintenance… Qu’il faudra bien financer d’une manière ou d’une autre. Selon une étude menée par France Stratégie, il se pourrait que ces dépenses soient finalement couvertes par une augmentation du TURPE (le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité). Il est donc possible que cette taxe augmente pour couvrir le manque à gagner durant cette crise.

Néanmoins, le TURPE étant réévalué chaque année, il n’est pas encore possible de vérifier cette hypothèse.

 

5 – Un focus sur les mauvaises énergies ?

Finalement, la crise du COVID-19 nous a montré que les énergies renouvelables ont une place plus importante à occuper dans notre mix énergétique. Mais jusque-là, il semblerait que ce ne soit pas encore la priorité des politiques… Avec des prix historiquement bas, le prix du baril de pétrole est même devenu négatif, les énergies fossiles sont rapidement devenues le centre de l’attention des gouvernements.

Une attention qui pourrait avoir deux conséquences :

  • Le ralentissement ou le report de nouveaux projets de centrales renouvelables,
  • Un approvisionnement en énergie primaire encore dépendant de pays étrangers.

 

Dans ce contexte de déconfinement et de reprise progressive de l’activité, il faudra surveiller de près l’évolution du marché de la consommation pour confirmer ou infirmer les observations déjà établies.

Et contrairement aux idées reçues, vous pouvez vous aussi agir pour la transition énergétique et notre indépendance énergétique. Comment ? Vous pouvez faire le choix de consommer de l’électricité verte et continuer à votre échelle de contribuer à la sobriété énergétique en participant à la réduction de votre bilan carbone lié à l’énergie déjà amorcé pendant le confinement.

 

Sources :
L’info Durable ; « Des émissions carbone en baisse, mais un faible impact sur le réchauffement climatique »
L’Ener GEEK ; « Quelles conséquences à la crise du COVID-19 sur le secteur de l’électricité ? »
Novethic ; « Le Coronavirus va freiner la transition énergétique »
France Stratégie ; « Impacts de la crise du Covid-19 sur le système électrique »

Photo by Rodion Kutsaev ; Art Wall – Kittenprint

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